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Alexander McQueen lorsque l’art rencontre la mode

C’est avec grande fierté que le MNBAQ lançait mercredi 14 juin dernier, la superbe exposition mode consacrée au génie créateur de Lee Alexander McQueen.

Après un passage remarqué à Los Angeles aux États-Unis et Melbourne en Australie, c’est à Québec qu’est présenté, du 15 juin au 10 septembre 2023, l’exposition vedette intitulée Alexander McQueen : l’art rencontre la mode.

La ville de Québec entre dans la cour des grands en matière d’exposition de mode en présentant cette exposition majeure qui propose une réflexion songée sur le processus créatif d’Alexander McQueen. Lui, que l’on surnommait de son vivant l’enfant terrible de la mode britannique.

Jean-Luc Murray, directeur général

C’est ainsi qu’afin de mieux comprendre les sources d’inspiration du créateur, des pièces conçues par McQueen sont mises en relation avec des œuvres d’art issues de différentes époques, d’origines culturelles différentes et de techniques artistiques très variées.

Stéphane Le Duc, ambassadeur de l’exposition

L’art rencontre la mode permet de rassembler un impressionnant corpus visuel à savoir d’admirer 225 objets d’art, 195 objets provenant de la collection du LACMA dont 69 ensembles signés du créateur lui-même et issus de la collection personnelle de Regina J. Drucker -, 50 œuvres d’art composant une sélection de costumes historiques, 17 coiffes et chaussures réalisées par Michael Schmidt et 32 œuvres de la collection du MNBAQ.

À cet impressionnant corpus s’ajoute trois œuvres provenant du Musée de la Civilisation de Québec, du Musée des beaux-arts de Montréal et du Musée des beaux-arts du Canada.

Acclamé à de nombreuses reprises par la critique, le travail de McQueen prouve la virtuosité technique du processus créatif du designer. Ses sources d’inspiration sont nombreuses et elles sont à la fois autobiographiques, encyclopédiques, historiques, médiatiques, technologiques et s’inspirent également de la culture populaire.

Des thèmes chers à Alexander McQueen tels que la vie, la mort, la nature, la mythologie, les systèmes de croyances religieuses et la condition humaine sont aussi finement illustrés dans cette exposition.

Cette exposition grandiose est séparée en quatre thèmes porteurs qui sont ;

Mythe, celui-ci relate les sources d’inspiration lointaines du créateur comme l’iconographie chrétienne de la Renaissance nordique et de la Renaissance italienne ou celles puisées dans l’antiquité grecque et romaine.

Cette fusion de sources multiples transforme une convergence des styles vestimentaires et artistiques hétéroclites en une vision singulière propre à McQueen.

Mode Narrative explore l’intérêt de McQueen à partager des histoires qu’elles soient issues d’éléments autobiographiques ou bien historiques. Ce qui en découle des collections qui ont pour thèmes, la tradition, la découverte, l’échange, le pouvoir, la persécution, la violence et la métamorphose.

À droite de l’image, ensemble pour femme, manteau et jupe, collection Explorateur A/H 2003-04, bottes en cuir de la même collection.

Technique et innovation proposent d’explorer le talent créatif manuel de McQueen et de s’attarder à sa façon de tout réinventer. Il a ainsi travaillé des technologies émergentes pour l’époque tels que le découpage au laser et l’impression numérique qui sont toujours bien présentes dans l’industrie de la mode actuelle.

Veston pour femme, collection Jeanne A/H 1998-99, impression de superposition d’images sur polyester, acétate et paillettes en plastique.

Évolution et existence s’intéresse à la fascination du créateur pour les cycles de la vie et la condition humaine en général. Le regard que pose McQueen sur la nature, l’évolution de la vie et la mort à donner naissance à des collections qui démontrent la fragilité de la vie et trouve espoir dans sa perpétuelle régénération.

Robe pour femme, collection P/E 2010, L’Atlantide de Platon, soie impression numérique, lamé et cuir peint, découpe au laser.

Difficile de choisir parmi tant de beauté, de créativité et de talent, les modèles qui personnellement retenaient l’attention, néanmoins, en images, quelques coup de cœur de cette sublime exposition.

Robe pour femme, collection A/H 2010-11, Sarah Burton, Anges et démons, soie avec fermeture à glissière et boucle en métal. Inspiration source de la Renaissance. Trois photos amalgamées numériquement tirées de trois tableaux et tissées de façon jacquard.

Robe pour femme, soie et perle de verre, taille empire, Régence, corsage rehaussé de glands, symboles de stabilité chers aux arts déco de Grande-Bretagne, collection A/H 2008-09, La fille qui vivait dans l’arbre. Bottes pour femme, même collection, cuir et cuir verni.

Robe pour femme en soie à plies creux inspirée du 18e siècle, pré collection A/H 2007-08,

Bref, une grande exposition art et mode définitivement à voir cet été si vous êtes de passage ou habitez la belle ville de Québec afin d’être transporté dans un univers flamboyant d’un personnage plus grand que nature, celui de Lee Alexander McQueen.

Photographies, travail personnel et François Berthiaume, 14 juin 2023, MNBAQ, Québec.

Mon cher Jean Paul : incursion intime dans l’univers du grand-maître

Dans le cadre des festivités entourant le 100e anniversaire de naissance de Jean Paul Riopelle, hier après-midi, 15 juin 2023, avait lieu le lancement médiatique de la poétique et touchante exposition présentée à la Bibliothèque de Montmagny intitulée : Mon cher Jean Paul.

Pour cette occasion toute spéciale, une vingtaine d’œuvres d’art rassemblées par madame Huguette Vachon, compagne des 16 dernières années de vie de Jean Paul Riopelle, y sont présentées. Œuvres qui ont été généreusement prêtées par des amis intimes de l’artiste.

Allocution de Marc Laurin, maire de Montmagny

Cette magnifique exposition se veut une incursion privilégiée dans la vie du grand maître afin de célébrer les 100 ans de celui qui a marqué la région de Montmagny et de ses îles par sa renommée internationale. Peintre, qui a notamment passé les dernières années de sa vie entre sa maison de L’Isle-aux-Grues et son atelier de L’Ile-aux-Oies.

Huguette Vachon, commissaire de l’exposition

Lors de cette visite, il sera possible d’admirer des œuvres inédites. Celles-ci sont de signatures très variées et elles couvrent la période allant de 1958 à 1990. Certaines d’entre elles n’ont jamais été exposées publiquement.

Le visiteur pourra aussi admirer des huiles sur toile, des acryliques ainsi que plusieurs œuvres utilisant des techniques mixes. Des pastels, une eau-forte et même une sculpture de bronze nommée le Chien-Isabelle, faisant ainsi référence à leur compagnon à quatre pattes, sont exposés.

Commissaire de l’exposition, Huguette Vachon explique ;

Cette exposition est une déclaration d’amour pour Jean Paul. Chacune des œuvres prêtées par ses amis nous rappelle un moment partagé avec lui.

Lors de cette visite, il sera aussi possible de découvrir des thèmes chers à l’artiste tel que l’oie blanche, oiseau qui a tant fasciné l’artiste. De plus, un magnifique paravent mesurant environ 10 pieds de long est exposé et est l’élément frappant de la salle.

Cette exposition permet d’admirer des œuvres de grands collectionneurs et amis du peintre tel que Champlain Charest, le père de Marie Saint-Pierre, de Jean-Côté et un admirateur du tout début de l’artiste, l’avocat Marc Bellemare.

Jocelyn Landry, directeur de la bibliothèque de Montmagny, Huguette Vachon, Marc Laurin, Sonia Godbout présidente corporation de la bibliothèque municipale.

Bref, une charmante exposition à voir cet été et ce, jusqu’au 17 septembre prochain afin d’être envouté par les œuvres touchantes de cet artiste d’exception !

Photographies, travail personnel et François Berthiaume, Bibliothèque de Montmagny, 15 juin 2023.

Ange ou démon ? Stéphane Le Duc raconte Alexander McQueen au MNBAQ

Entendre Stéphane Le Duc en conférence, journaliste mode bien connu depuis de nombreuses années, est toujours un moment de découverte incroyable. Et, mercredi après-midi 14 juin, ne faisait pas exception lors du lancement de la grande exposition au MNBAQ consacrée à l’impressionnant travail du créateur britannique Lee Alexander McQueen intitulée Alexander McQueen : l’art rencontre la mode.

Stéphane Le Duc a intitulé sa conférence Alexander McQueen Ange ou démon ? Et, celle-ci se voulait un survol biographique de la prolifique carrière de ce créateur de mode hors normes qualifié à juste titre d’enfant terrible de la mode britannique.

Stéphane Le Duc est un des privilégiés qui a eu la chance de rencontrer le créateur à New York et il raconte ;

En arrivant, je ne connaissais pas son travail, car il était très jeune. C’était sa première collection, il avait un côté provocateur, très sûr de lui, arrogant et qui parlait d’une façon très crue, presque vulgaire. Il disait fuck tout le temps, avec un accent anglais difficile à comprendre, mais je voyais que c’était quelqu’un de convainquant, qui avait quelque chose à dire et qui remettait la mode en question et qui allait innover, quelqu’un qui avait envie de faire la révolution.

Stéphane Le Duc se dit alors que ce créateur sera à surveiller et l’avenir lui donnera raison.

Les collections de McQueen racontent des histoires et elles sont souvent inspirées des sources artistiques du passé, également de l’histoire de ses racines familiales écossaises. Stéphane Le Duc, en conférence, relève quelques exemples fort éloquents.

La collection créée en 1992 lors de l’année de sa graduation scolaire et intitulée Jack the Ripper stalked his victims est inspiré de l’histoire de Jack the Ripper et dénoncent les victimes de la Whitechapel en 1888 de Jack l’Éventreur, tueur en série. Fasciné par l’époque victorienne, McQueen coupe également ses propres mèches de cheveux pour les encapsuler et fabriquer des étiquettes pour ces vêtements, faisait ainsi référence à cette période historique où les prostituées vendaient leurs cheveux.

L’amitié entre Isabella Blow et Alexander McQueen est indéfectible. Après avoir travaillé chez plusieurs tailleurs londoniens, McQueen passe directement au troisième cycle de la prestigieuse école Central Saint Martins de Londres et dès 1992, il se fait remarquer par Isabella Blow, journaliste mode, qui achète tous ses modèles et publie dans le magazine Vogue britannique sa première collection. Elle le prend en quelque sorte sous son aile et l’aide à bâtir sa carrière.

En 1996, McQueen succède à John Galliano en tant que directeur artistique chez Givenchy. Il reçoit également le prix du Créateur britannique de l’année. Ironiquement, sa première collection pour la maison est très critiquée en raison de sa vision opposée aux codes établis. Le choc des cultures quoi.

Il conserve les codes de couleurs de la maison à savoir le blanc et le doré, mais a du mal a lier les deux forces créatrices à savoir la sienne sous un esprit provocateur et celle d’Hubert de Givenchy reflétant plutôt le glamour de l’âge d’or de la haute couture parisienne.

En 1997, sa collaboration avec l’artiste Björk, dont Stéphane Le Duc apprécie beaucoup le talent, est remarquable. McQueen est alors directeur artistique de l’album de la chanteuse intitulé Homogenic et lui dessine une fabuleuse robe de geisha.

La collection A/H 2006-07 de McQueen est inspirée de ses ancêtres écossais et est l’une de ses collections les plus autobiographies. Elle fait référence aux veuves de Culloden. The Widows of Culloden, la bataille de Culloden en 1745 marque la défaite du quatrième des débarquements royalistes en Écosse.

La pression s’accentue alors contre le mode de vie traditionnel des Highlanders pour notamment les tissus de laine écossais propre à un clan à savoir les tartans. C’est une collection hommage pour toutes ces veuves qui ont perdu leurs maris lors de cette bataille sanglante.

Alexander McQueen, ange ou démon ? À cette question, Stéphane Le Duc répond définitivement un ange, un artiste tourmenté et il termine sa conférence en lisant un inspirant poème d’Émile Nelligan intitulé : Prélude triste.

Créateur de mode angoissé, Lee Alexander McQueen s’enlève la vie en 2010, il avait 40 ans. Son destin tragique laisse dans le deuil toute une famille mode britannique et internationale. Il laisse un legs professionnel incroyable et une source d’inspiration inestimable pour les créateurs de mode actuels et futurs de partout dans le monde.

Sources recherches complémentaires Wikipédia – L’encyclopédie libre

Photographies, travail personnel, MNBAQ, 14 juin 2023, Québec.

La magie des impressionnistes ensorcelle la belle ville de Québec

Maintenant à Québec ! Après avoir charmé plus de 50 000 visiteurs à Montréal, l’unique expérience 3D intitulée La magie des Impressionnistes prend l’affiche dans un endroit idyllique de la belle ville de Québec, soit l’Espace Quatre Cents du Port de Québec.

Et, cette impressionnante expérience 3D, car c’est le mot, se poursuivra jusqu’au 23 juillet prochain.

Le mouvement artistique impressionnisme en peinture est l’art de représenter en images la variation de la lumière du jour en regard de ses effets sur les couleurs et les formes que le peintre de l’époque observait.

En ce sens, cette expérience 3D entraîne, dès le début de l’immersion, le public à travers l’histoire fascinante des détails picturaux minutieux des plus grandes œuvres d’art de ces grands maîtres de l’impressionnisme du 19e siècle.

Parmi ces grands maîtres, notons l’impressionnant travail de Marie Bracquemond, Gustave Caillebotte, Paul Cézanne, Edgar Degas, Henri Fantin-Latour, Paul Gauguin, Éva Gonzales, Édouard Manet, Claude Monet, Berthe Morisot, Camille Pissarro, Jean-François Raffaëlli, Pierre-Auguste Renoir, Henri Rousseau, Georges Seurat, Alfred Sisley et Vincent Van Gogh.

Cette poétique expérience tridimensionnelle se déploie en deux parties. La première plonge littéralement le visiteur dans la ville lumière, Paris, de la fin du 19e siècle.

En guise d’introduction, Sophie Renoir, arrière-petite-fille de Pierre-Auguste Renoir, donne par son inspirante voix, tout de suite, le ton à ce que le visiteur pourra découvrir. Et, quel mémorable moment passé à apprécier les nombreuses œuvres d’art défiler sous nos yeux ébahis de façon interactive et dynamique.

Au XIXe siècle, le peintre impressionniste peignait à l’extérieur à l’aide d’un chevalet et observait la nature qui l’entourait. Il observait par exemple les vagues de l’eau s’agiter devant ses yeux et tentait alors de recréer ce mouvement nautique. Ce qui procurait une intéressante perspective visuelle à laquelle, de nos jours, l’expérience 3D se prête bien à ce genre de rendu visuel.

En seconde partie de l’immersion, le visiteur est invité à porter des lunettes tridimensionnelles afin de vivre plus intensément l’expérience sensorielle qui s’offre devant lui.

De cette façon, le visiteur peut observer le monde qui entourait les yeux des peintres impressionnistes de cette Belle Époque comme de s’assoir avec les convives du Déjeuner des canotiers de Renoir ou bien de danser avec les ballerines peintes par Edgar Degas.

Lors de cette expérience sensorielle hors du commun, plus de 100 chefs-d’œuvre impressionnistes sont ainsi présentés. Tous plus fabuleux les uns que les autres.

Cette impressionnante expérience visuelle est finement orchestrée par de magnifiques trames sonores comme celles de Debussy ou bien de Ravel. Fredonner également en sourdine des succès connus comme Sous le ciel de Paris, en entendant la mélodie, c’était lors de la présentation, un pur moment de bonheur et donnait le goût de s’envoler à nouveau pour cette ville lumière de prestige !

Entendre, de plus, le grand Charles Aznavour interpréter Hier encore nous plongeait dans une agréable ambiance nostalgique du temps passé. Toutes ces mélodies procuraient, en parfaite harmonie avec les œuvres présentées, une émotion intense de joie et d’émerveillement.

Bref, une incroyable expérience tridimensionnelle définitivement à voir cet été afin d’être ensorcelé par la magie des impressionnistes qui se vit, devant nos yeux, au Port de Québec jusqu’au 23 juillet 2023.

Photographies, travail personnel et François Berthiaume, Espace Quatre Cents, Vieux-Port de Québec, 12 juin 2023.

Le Cirque du Peel Paddock débarque à Montréal

Tambours et trompettes ! Pour le lancement d’une nouvelle tradition montréalaise afin de célébrer en grande pompe la venue de la Formula 1 Pirelli Grand Prix du Canada 2023.

Et, c’est lors d’une prometteuse soirée privée et VIP, organisée par Formule Peel, le 14 juin prochain pour la première fois en pole position que les festivités entourant le Grand Prix du Canada débuteront sur la rue Peel entre les rues de Maisonneuve et Sainte-Catherine.

Lors de cette soirée grandiose, les arts du cirque et le Grand Prix ne formeront plus qu’un. Cet événement spécial intitulé : Le Cirque du Peel Paddock promet d’être le happening le plus couru de la saison, car il rassemblera des personnalités artistiques connues et des personnalités du monde des affaires du grand Montréal métropolitain.

Mercredi 14 juin prochain, ce sera donc soir de fête et tapis rouge sur la rue Peel alors que cette mythique et emblématique rue des célébrations les plus enivrantes et extravagantes de Montréal verra défiler sur son tapis rouge les nombreuses stars de la métropole invitées.

Stars qui se retrouveront littéralement projetées dans un spectaculaire univers grandiose où la faune nocturne montréalaise s’amalgamera aux acrobates, showgirls et artistes de cirques variés afin d’insuffler une ambiance digne des soirées les plus glamours de Montréal.   

L’événement Formule Peel débutera officiellement le jeudi 15 juin prochain et se poursuivra jusqu’au dimanche 18 juin de 11 h à 23 h.

Photographies, relations de presse, Felipe del Pozo, Montréal, 5 juin 2023.

Vêtir nos pieds avec style grâce à Zatara & E.garneau

Samedi dernier 3 juin 2023, c’était jour de fête à la Galerie Zen de Québec alors qu’Esther Garneau, artiste peintre et Patrick Marleau, cordonnier et cireur de chaussures de Le Valet Cireur lançaient, issue du fruit de leur collaboration, leur éblouissante collection de chaussures nommée Zatara & E.garneau.

Lors de cette sympathique après-midi passée en leur compagnie, le public invité a pu notamment assister à une performance live de démonstration de peinture sur chaussures des plus incroyables. L’ambiance des lieux était cosy à souhait et tous ont pu échanger avec les créateurs à propos de cette nouvelle collection et ce, tout en sirotant l’apéro.

Une heureuse collaboration :

Un jour, Patrick Marleau est entré à la Galerie et est tombé en amour avec mes œuvres et il m’a proposé de faire une collaboration, j’ai tout de suite accepté se souvient spontanément Esther Garneau.

Des styles variés pour tous

Les chaussures pour hommes, femmes, et enfants fabriquées à la main par Patrick Marleau et inspirées des magnifiques toiles d’Esther Garneau seront offertes à la Galerie Zen dans quelques modèles sélectionnés. D’autres modèles seront également fabriqués sur mesure sous la forme de commande spéciale comme les chaussures de style derby et elles seront vendues au prix de 450 $ la paire. Des chaussures de type baskets fabriquées aussi sur mesure se détailleront quant à elles au prix de 325 $.

Lorsque la commande est placée, les mesures sont prises à la Galerie Zen et le choix des cuirs se fait sur place. Patrick Marleau assemblera par la suite les chaussures à Montréal et Esther Garneau peindra ensuite les modèles à Québec.

À propos d’Esther Garneau

Artiste peintre de grands talents, Esther Garneau dont la bonne humeur est contagieuse, a œuvré pendant quelques années dans le domaine de la santé. Au début de la trentaine, sa passion pour la création artistique est de plus en plus présente en elle au point de songer à en faire une carrière. Elle cofonde alors, en 2015, la Galerie Zen à Québec, puis quelques mois plus tard elle devient l’unique propriétaire de la Galerie et le rêve artistique commence.

Son travail de création s’inscrit dans le mouvement artistique de l’abstraction gestuelle s’inspirant ainsi des œuvres des célèbres peintres Jackson Pollock et Jean-Paul Riopelle pour créer. Travail qui procure des œuvres d’art puissantes et unique en leur genre.

À propos de Patrick Marleau

Cireur de chaussures et cordonnier de métier, Patrick Marleau sympathique comme pas un, acquière sa formation professionnelle auprès de Diego Montefusco, maître chausseur italien reconnu.

Son passage remarqué lors des 9e et 10e éditions de l’événement mode Fashion Preview à Montréal, où il présente lors de la 10e édition une intéressante collection de chaussures sport chic, lui confère alors assurance et visibilité.

La boutique en ligne de Patrick Marleau nommée Zatara lui permet également de distribuer sa collection de chaussures et d’accessoires modes. Sa mission est d’offrir un produit en cuir de haute qualité à un prix abordable.

Ses créations des plus originales s’inscrivent dans le mouvement du slow fashion en regard du respect de l’environnement et du développement durable.

Fort de cette vision actuelle, Patrick Marleau encourage les gens à lui apporter leurs vêtements de cuir usagés qui, au lieu de se voir jeter aux ordures, leur redonne une seconde vie. De cette façon en les récupérant, de nouvelles créations voient le jour.

Bref, une superbe incursion dans l’univers coloré et vivant de ces créateurs d’art et de mode pour qui la passion de se réaliser rime avec originalité, savoir-faire et audace, bravo !

Photographies, travail personnel et François Berthiaume, Galerie Zen, 1111 rue St-Jean, Québec, 3 juin 2023.

Une exposition nécessaire : Unique en son genre présentée au Musée de la civilisation

L’exposition Unique en son genre, présentée au Musée de la civilisation de Québec, a débuté jeudi 18 mai dernier et elle se poursuivra jusqu’au 14 avril 2024. Mercredi 17 mai, les représentants des médias étaient notamment conviés à prendre part à la conférence de presse de cette pertinente exposition. Et, DL Vision Mode y était.

La question du genre :

L’identité d’une personne n’a jamais été aussi tendance qu’en ce moment. Celle-ci engendre nécessairement des transformations sociales, culturelles et des remises en question fondamentales qui ont un impact direct sur la société dans laquelle nous vivons. Et, le mieux vivre-ensemble fait partie de cette réflexion.

Stéphane Laroche, PDG du Musée de la civilisation

Stéphane Laroche, président-directeur général du Musée de la civilisation s’exprime en ce sens :

« Nous disons souvent que le Musée de la civilisation est la maison du monde. Un musée de société qui en fait autant partie qu’il en est le reflet. Unique en son genre est une main tendue, une initiative pour un dialogue bienveillant, nourri d’une meilleure compréhension des réalités et des vécus des personnes qui nous entourent. Qui que nous soyons, nous avons en commun cette part d’humanité nécessaire à la construction d’un monde ou chaque personne a sa place. »

Marie-Philippe Phillie Drouin, direction générale de Divergenres et membre de l’équipe de conception de l’exposition.

Également, Marie-Philippe Phillie Drouin poursuit en ces mots :

« Rares sont les espèces ou la diversité de genre est traitée avec nuance et sensibilité. C’est pour moi une fierté d’avoir collaboré avec le Musée de la civilisation pour créer une exposition accessible, éducative et trans affirmative qui célèbre la créativité des communautés trans binaires et non-binaires. »

Partant de la prémisse que chaque personne a une identité de genre qui lui est propre et qu’elle est en relation avec des gens de différentes identités de genre, l’exposition Unique en son genre prend tout son sens et propose des œuvres ainsi qu’une série de contenus éducatifs qui permettront d’éclairer et favoriser une meilleure compréhension de l’autre et des dynamiques qui en résultent.

Une exposition nécessaire affirme Barbada de Barbade, de son véritable nom, Sébastien Potvin artiste drag, afin de favoriser la discussion et le mieux vivre ensemble.

Celle-ci est divisée en sept intéressants thèmes qui sont : le genre, en bleu et rose, le genre par la lentille de la biologie, des identités de genre, des sociétés et des époques, entre norme et marginalité, il y a des personnes, violences, luttes et droits trans, voir la beauté et la résilience et le vivre ensemble.

En tant que réalité sociale et culturelle, DL Vision Mode s’est principalement intéressée au phénomène mode lié à cette pluralité d’identité de genre.

Le genre, en bleu et rose

Cette notion de genre, présentée lors de l’exposition, se veut une prise de conscience collective. Partant du principe que tous les êtres humains ont un sexe, une identité de genre et une expression qui lui est propre, dans notre vie de tous les jours, le concept de binarité, l’identité homme, femme, permet une prise de conscience de la dualité et de l’exclusivité des univers féminin et masculin.

Alors se pose la question qu’est-ce que l’identité des genres et à quoi peut bien t-elle servir ? Les deux images présentées posent une réflexion sur les constructions sociales et les normes établies. Sont-elles représentatives de la pluralité des genres ?

L’expression de genre :

Cette notion désigne un ensemble de caractéristiques genrées que démontre une personne. Par exemple, son apparence extérieure, ses comportements sociaux, sa façon de se vêtir, les accessoires qu’elle porte, sa façon de se coiffer, la pilosité de son corps, sa démarche, le maquillage qu’elle porte, sa posture physique, sa voix et sa façon de s’exprimer.

Cette combinaison de caractéristiques fondamentales est alors considérée comme féminine ou masculine et elles dépendent des normes sociales établies. Si cette expression de genre n’est pas féminine ou bien masculine, on dira alors qu’elle est androgyne. Plusieurs artistes au fil du temps ont inspiré cette image, l’on n’a qu’à penser notamment à Annie Lennox ou bien a David Bowie.

Des identités de genre, de sociétés et d’époques

D’un point de vue anthropologique, les catégories sociales genrées varie considérablement en fonction d’une société à l’autre. La façon d’exprimer son identité existe depuis fort longtemps.

Par exemple, normalement associée à la garde-robe féminine, la robe est portée par les garçons à une certaine époque. À partir du 19e siècle jusqu’à la première moitié du 20e siècle, les garçons de familles bourgeoises portent la robe s’incluant ainsi dès le bas âge dans l’univers domestique féminin.

Autre exemple, la société inuite traditionnelle inclue un troisième genre dans ses rangs nommé sipiniq. Ces individus son dotés de deux esprits spirituels, un esprit homme et un esprit femme.

Manteau de chaman.e

Traditionnellement, la croyance culturelle veut que ce phénomène qui survient à la naissance alors que le sexe de l’enfant se transforme curieusement sous les yeux de sa mère. Cet enfant est par la suite mis en relation sociale avec son nouveau genre jusqu’à la puberté.

La plupart du temps, ces enfants sont à la naissance des filles qui sont habitées par un esprit masculin. Elles sont ainsi considérablement respectées par leur communauté, elles sont très spirituelles et deviennent souvent des chamanes.

Entre norme et marginalité, il y a des personnes

Cette thématique de l’exposition s’intéresse ici à la notion de l’hétérocisnormativité. À savoir, comment certains type de corps, certaines identités, certains rôles et caractéristiques sociales sont soit normalisés ou soit marginalisés dans nos sociétés actuelles.

Par de nombreux témoignages, la compréhension sociale de ce qu’est l’identité politique queer, la diversité des expressions de genre, les différents types de transition et l’importance qu’elle représente pour les personnes trans se précise.

Vêtements empruntés du vestiaire masculin

Au début du 20e siècle, le contexte social et politique de l’époque telle que l’arrivée de la Première Guerre mondiale fait en sorte que les femmes aient de nouveaux besoins en matière d’habillement. Les vêtements se veulent désormais plus pratiques et les styles créés sont alors puisés de la garde-robe masculine.

Le travail de création de Gabrielle Chanel en est un bon exemple s’inspirant ainsi du vestiaire masculin pour proposer le cardigan féminin, la marinière ou bien le maillot de garçon-d’écurie fabriqué en jersey version féminine.

Violences, luttes et droits des trans

Être marginalisé signifie socialement être victime d’intimidations et de violence. De façon historique, cette section de l’exposition démontre comment les violences vécues ont mené à de grandes luttes sociales en vue de changements législatifs et sociaux importants pour les personnes de la communauté LGBT+ et en particulier les personnes trans. On n’a qu’à penser à la modification de l’acte de naissance ou bien le droit au mariage des personnes de même sexe.

Cette veste en denim appartenant à Marie-Philippe Phillie Drouin où il est inscrit Queer Power symbolise l’autodérmination et la libération. Ce terme queer d’origine anglo-saxonne réfère à toute idée, pratique, personne ou identité qui va l’encontre des normes établissant le modèle social cishétéronormatif.

Voir la beauté et la résilience

Admirer la beauté, la résilience et la diversité des personnes trans, c’est aller au-delà de la violence et des luttes discriminatoires de ces individus afin de poser un regard neuf, ouvert et bienveillant. Sous forme d’expression artistique arborant une sensibilité particulière, les artistes queer savent nous émouvoir par l’humanité et la beauté qu’ils dégagent.

Pensons notamment à Jean Guilda, mieux connu sous le nom de Guilda, personnage féminin interprété par Jean Guilda de Mortellardo. Personne flamboyante qui a marqué la scène des théâtres de variétés de Montréal, Québec et de partout en région.

Parisien d’origine, l’artiste transformiste débarque à Montréal en 1955. C’est alors l’âge d’or des cabarets de la métropole. Jean Guilda se fait dès lors remarquer et est un des pionniers dans l’expression artistique de la diversité de genre. Son personnage coloré remporte à cette époque un vif succès.

Costume de scène du drag king Rock Brière

Le costume de scène de drag king Rock Brière a été porté en 2022 lors du spectacle MajestiX dans le cadre du festival Fierté Montréal sur l’Esplanade du Parc Olympique. Rock Brière interprète ce personnage en posant un regard caricatural concernant les stéréotypes masculins afin d’explorer la question de l’identité de genre.

Lors de l’exposition, le visiteur pourra également découvrir le Vivarium. Espace d’observation des limites personnelles de chacun, cherchant ainsi à les reconnaître afin de mieux les respecter. Ce vivarium est en quelque sorte un laboratoire de rencontres et d’art vivant.

Vivarium

Le vivre ensemble

Cette dernière section de l’exposition traite de l’importance du respect de l’autre et du mieux vivre-ensemble.

Alors se pose des questions telles que : quels sont les principes de base afin de promouvoir l’inclusion des personnes trans socialement ? Quelques pistes de solutions et outils sont proposées afin de répondre à cette question et également afin de pousser plus loin la compréhension des réalités que vivent les personnes trans. Des ressources communautaires sont également proposées afin de leur venir en aide.

Bref, une exposition nécessaire qui émeut et qui fait réfléchir sur une réalité qui est bien souvent encore, de nos jours, taboue, cachée et collectivement qui est également la nôtre. Exposition définitivement à voir du 18 mai 2023 au 14 avril 2024.

Photographies, travail personnel et François Berthiaume, 17 mai 2023, Musée de la civilisation de Québec.

Prometteur avenir en vue pour les finissants de l’ESM de l’ESG UQAM

Quelle belle soirée mode passée ce lundi 15 mai 2023 au complexe des sciences Pierre-Dansereau de l’UQAM comme seul Montreal fashion sait nous les offrir ! Car, en effet les finissants (tes) de la cohorte 2023 des quatre concentrations du baccalauréat en gestion et design de la mode de l’École supérieure de mode ESG UQAM présentait : Événement-défilé ESM 2023.

Lors de cette soirée grandiose, la communauté d’affaires du grand Montréal, les membres des médias ainsi que les parents et amis des finissants (tes) étaient invités à venir découvrir le fruit de trois années de travail assidu.

Nouvellement en poste à titre de directrice à l’École supérieure de mode, Saidatou Dicko fait valoir que

« Il s’agit d’un moment charnière dans la vie de nos finissantes et finissants, une occasion de rassemblement pour la communauté, ainsi qu’une opportunité de visibilité importante pour notre belle École ».

Designer : Maria Esperanza Duenas Rodriguez

Bien plus qu’un traditionnel défilé de mode

Les invités présents ont pu découvrir également lors de cette effervescente soirée mode plusieurs projets de fin d’études. Les finissants (tes) ont présenté un plan d’affaires étoffé, un développement technologique ou de produit qui tient compte des réalités du marché du travail et ont abordé différents enjeux sociaux, économiques et environnementaux qui les préoccupent.

Designer : Monica Manuela Cano Nanclares

Le fabuleux coffre à jouets des finissants de l’ESM

Les projets finaux présentés invitaient à développer, exprimer, inventer, modifier et penser plusieurs actions qui poussent le participant à jouer avec sa propre personnalité et l’environnement dans lequel il évolue.

Les finissants (tes) invitaient donc le public à plonger dans ce coffre à jouets grâce à un assortiment de jeux de cartes, de cubes de bois, de chevaux et de carrousel afin de créer un univers magique rappelant l’enfance. Moment où tous et chacun pouvait évoquer des souhaits d’avenir. Les finissants (tes) cherchant ainsi à témoigner de leurs questionnements et de leur enthousiasme à faire changer le cours des choses.

Designer : Julia Sylvain-Beauparlant

Cette idée songée exprimant une métaphore de coffre à jouets démontre qu’il est possible d’amalgamer développement personnel et créatif tout en respectant l’environnement dans lequel on évolue dans le désir de former un avenir commun bonifié.

Designer : Pascale Leonelli

Cette grande réflexion des plus songées et abouties a donné lieux à de magnifiques créations. Intemporelles et actuelles à la fois, celles-ci arboraient pour plusieurs des coupes franches, structurales et ergonomiques. L’originalité des modèles présentés était remarquable. Les petits détails qui procurent étonnement étaient agréables à observer.

Designer Dang-Dzuy Phan

Certains futurs designers plus conscientisés par le développement durable ont exprimé leur créativité sous forme de dénonciation sociale envers les actions que nous adoptons socialement. D’autres ont exprimé le désir de montrer, dans leur travail, le concept d’économie circulaire.

Designer Laura Rouleau

La démarche créative de tous était bien canalisée et l’ensemble de chacune des collections suivait une ligne directrice bien établie par le designer. Vision aisément appréciable et voire commercialisable.

Designer Romane Poulin

Bref, une superbe soirée passée en la compagnie de cette éclatante jeunesse affirmée pour qui un prometteur avenir mode est en vue, bravo !

Designer Alexandre Simard

Afin d’en apprendre davantage sur les différents projets :

Projets de fin d’études

Photographies, travail personnel et François Berthiaume, 15 mai 2023, complexe des sciences Pierre-Dansereau, UQAM, Montréal.

Source recherche : communiqué de presse, l’École supérieure de mode de l’ESG UQAM présente les collections et les projets de recherche de la cohorte finissante 2023 lors de l’Événement-défilé ESM 2023, salle de presse, 4 mai 2023, UQAM.

Les collections rencontrent McQueen : enrichissante conférence présentée au MNBAQ

Jeudi 11 mai 2023, se déroulait au Musée National des beaux-arts du Québec l’enrichissante conférence mode et art intitulée : les collections rencontrent McQueen. Lors de cette conférence, trois panélistes de renom ont exposé leur point de vue à propos des œuvres d’art des collections du MNBAQ qui seront mises en valeur lors de cette prometteuse exposition intitulée Alexander McQueen : l’art rencontre la mode.

C’est ainsi que Bernard Lamarche, conservateur de l’art actuel au musée, Maude Lévesque, commissaire de l’exposition et Daniel Drouin, conservateur de l’art ancien, ont tour à tour traité du sujet.

Bernard Lamarche, Maude Lévesque, Daniel Drouin

Cette grande exposition mettra en lumière 32 œuvres provenant de la collection du musée et près de 195 objets y seront également exposés dont 69 ensembles créés par Alexander McQueen qui sont issus de la collection privée de Regina J. Druker. De plus, 50 œuvres d’art incluant une sélection de costumes historiques, 17 coiffes et chaussures réalisées par l’artiste de Los Angeles Michael Schmidt seront aussi mis à l’honneur.

Celle-ci permettra de découvrir des thèmes universels propres à la démarche artistique de McQueen telle que la vie, la mort, la nature, la mythologie, les systèmes de croyances religieuses, la condition humaine et le développement durable.

Holly King, Lush, 2003. Épreuve à développement chromogène, 1/5, 152 x 109 cm (œuvre); 166 x 123 cm. Collection du Musée national des beaux-arts du Québec. Achat pour la collection Prêt d’œuvres d’art du
Musée national des beaux-arts du Québec (CP.2006.22) © Holly King. Photo : MNBAQ, Patrick Altman

Les collections rencontrent McQueen

Issue du MNBAQ, l’œuvre d’Holly King, créée en 2003 et intitulé Lush a notamment inspiré Alexander McQueen pour la création de sa collection A/H 2008-09 intitulée : La fille qui vivait dans l’arbre.

Bel exemple, ici, évoque Maude Lévesque, des sources d’inspiration du créateur pour cette robe strapless et de la coiffure pour femme créée par Michael Schmidt.

Alexander McQueen, Robe pour femme de la collection La fille qui vivait dans l’arbre, automne-hiver 2008-2009. Los Angeles County Museum of Art, don de la collection Regina J. Drucker, Coiffure pour femme créée par Michael Schmidt. Photo: © Museum Associates/LACMA

Autre source d’inspiration de McQueen est celle provenant de l’œuvre d’art l’Urne, créée par le céramiste Manuel Cipriano Gomes Mafra vers 1865-1887, afin de concevoir sa collection P/E 2010 intitulée : l’Atlantide de Platon.

Manuel Cipriano Gomes Mafra, Urne, vers 1865-1887, Los Angeles County Museum of Art, Don de Barbara et Marty Frenkel. Photo : © Museum Associates/LACMA

Pour cette collection, McQueen évoque un monde imaginaire après la fonte des calottes glaciaires. Monde devenu ainsi hostile, vision bien personnelle du créateur d’une nature à la fois salie et magnifiée.

Des robes-méduses, des ensembles pantalon, des manteaux qui ressemblent à des anatomies de pingouins, des scaphandres composent cette impressionnante collection. Les mannequins portent également des chaussures vertigineuses intitulées les armadillos ressemblant étrangement à des pattes d’amphibiens. (1)

Alexander McQueen, Ensemble pour femme (détail) de la collection l’Atlantide de Platon, printemps-été 2010. Los Angeles County Museum of Art, don de la collection Regina J. Drucker. Photo : © Museum Associates/LACMA

Superbe détail d’une robe pour femme tirée de la collection l’Atlantide de Platon

Alexander McQueen, Robe pour femme (détail) de la collection L’Atlantide de Platon, printemps-été 2010. Los Angeles County Museum of Art, don de la collection Regina J. Drucker. Photo : © Museum Associates/LACMA

Fait intéressant, Alexander McQueen appose à ses étiquettes de vêtements, lors de la création de sa collection P/E 2007, une mèche de ses propres cheveux, idée qui plaît alors à sa clientèle.

Thématique de la mort dans les collections artistiques

Le thème de la mort comme source d’inspiration tant en histoire de l’art que pour un créateur de mode revient périodiquement. L’être humain, de tout temps est fasciné par la mort et par l’au-delà, ce qui a permis aux artistes de mettre en images cette réalité.

Plusieurs représentations historiques de celle-ci existent, elles sont notamment religieuses, héroïques ou bien intimes. C’est pourquoi, jusqu’au milieu de XXe, la mort fait partie du quotidien des gens. Elle est montrée par l’exposition du corps du défunt. De nos jours, la mort est tenue loin de nous indique Daniel Drouin. Le deuil doit se vivre rapidement et puis, il est de bon ton de reprendre le cours de sa vie.

Ce thème se retrouve, au 19e siècle, dans les objets d’art décoratifs comme les bijoux. Les bracelets de deuils, bagues, chaînes et médailles sont les tendances du moment. Des cheveux du défunt sont encapsulés dans les bijoux en tant que souvenir de deuil. Les métaux utilisés sont précieux afin de démontrer son attachement envers l’être cher. Les labels de McQueen apposés en 2007 sur ses modèles font vraisemblablement écho à cette mode.

Broche de mariage

Alexander McQueen réinterprète, pour sa collection P/E 1999, La Mort du cygne incarné par le top modèle Shalom Harlow. Collection qui sera à l’apogée des ses défilés de mode. La robe portée par Harlow lors de ce défilé se fait littéralement arroser de peinture par deux robots.

La Mort du cygne

Le collectif d’artistes de Québec, le BGL, est un groupe reconnu pour ses installations artistiques prenant possession des lieux où ils exposent et également de l’espace public. Ce groupe revendicateur se veut provocant, critique et explosif. Les œuvres d’art réalisées utilisent l’humour, parfois grinçant et l’extravagance pour conscientiser la population concernant les différents enjeux sociaux et politiques de notre société. (2)

Bernard Lamarche relate l’exemple de l’œuvre Good Night Darty créé par ce collectif en 2006-07. Œuvre montrant le personnage de Dark Vador, cette figure paternelle du film Star Wars, qui est fondue et, par la suite, il ne reste qu’une simple réduction du personnage. Réduction qui symbolise cette abaissement.

Le travail de McQueen aborde également en termes de démarche critique. L’on a qu’à penser à la collection A/H 2009-10, The Horn of Plenty dénonçant ainsi l’abondance de nos sociétés modernes versus la pollution qui en résulte.

Horn of Plenty

Autre collection marquante, est celle du P/E 2004 intitulée Delivrance inspirée du film réalisé par Sydney Pollack They Shoot Horses Don’t They ? Film de désespoir concernant cette jeunesse en manque de moyens financiers durant la Grande dépression des années 30 aux États-Unis.

Synopsis

À propos des panélistes invités :

Biographies

Maude Lévesque, commissaire de l’exposition Alexander McQueen : l’art rencontre la mode

Bref, une intéressante conférence qui a permis d’explorer l’univers fascinant et tourmenté de ce grand créateur de mode britannique dont il sera possible, à Québec, d’admirer tout le travail et le savoir-faire de ses fabuleuses créations. C’est donc un rendez-vous mode exceptionnel jeudi 15 juin prochain !

Photographies : travail personnel, 11 mai 2023, Musée National des beaux-arts du Québec.

Images et crédits, MNBAQ, Alexander McQueen : l’art rencontre la mode du 15 juin au 10 septembre 2023.

Sources recherches complémentaires :

(1) Vanityfair, France, Mode : Alexander McQueen, le prince des ténèbres, Loic Prigent, 17 mars 2016.

(2) Site Web, BGL, Collectif d’art contemporain québécois, section à propos.

Esther Trépanier en conférence au MNBAQ afin de favoriser la venue de l’exposition de McQueen

Mercredi 3 mai dernier avait lieu, au MNBAQ, l’intéressante conférence intitulée : quand l’avant-garde artistique s’investit dans l’apparence vestimentaire. Conférence présentée par Esther Trépanier, docteure en histoire de l’art, qui s’inscrit dans le cadre des activités entourant la venue de la prometteuse exposition mode en juin prochain intitulée Alexander McQueen : l’art rencontre la mode.

Parfois, la mode s’invite au musée et cette journée-là une salle bondée d’un public curieux d’en apprendre davantage sur cette relation fusionnelle entre l’art et la mode a été conquis.

Lorsque l’art rencontre la mode :

Les sources d’inspiration d’un créateur de mode sont nombreuses. Parmi celles-ci, il y a les voyages, les tissus, l’histoire, les tendances de société, tout peut inspirer un designer et particulièrement les arts comme l’architecture, la peinture, la sculpture, la danse, la musique, le théâtre ou le cinéma.

Lors de cette conférence, qui couvrait la période du début du siècle jusqu’à de nos jours, Esther Trépanier a abordé les thèmes suivants : le mouvement « réforme » en mode, quand la révolution artistique repense l’apparence vestimentaire, autour de la Révolution russe avec le constructivisme et le productivisme, une artiste qui possède sa propre maison de couture : Sonia Stern Delaunay, la collaboration entre les artistes et les maisons de couture, les couturiers qui s’inspirent de l’art pour créer et le vêtement comme médium pour la réalisation de l’œuvre d’art.

Et, quelques exemples retenaient l’attention.

Le mouvement « réforme » en mode

Le corset féminin est porté pendant plusieurs siècles. Au début du XXe siècle, des enjeux médicaux se posent sur la santé des femmes en regard du port du corset.

Emilie Louise Flögue, compagne de Gustav Klimt, propose alors des modèles dits de mouvement de réforme. La silhouette des styles est droite, le vêtement s’attache parfois à l’épaule et les robes créées laissent une grande liberté de mouvement. Cette tendance fait contrepoids et est symbole d’émancipation face aux diktats de la haute couture française.

Par contre, les femmes se sentent dénudées sans leur corset et ces styles, juger trop révolutionnaires pour l’époque, sont alors portés par une minorité de femmes.

Quand la révolution artistique repense l’apparence vestimentaire

Avec la venue de la photographie, la peinture, qui est alors figurative, devient un art plus abstrait afin d’évoluer vers le cubisme. La mode évolue également en ce sens et Giacomo Balla propose notamment un costume futuriste aux couleurs vives et aux formes géométriques qui s’inspire du tableau de Luigi Russolo intitulé : La Rivolta.

On prône alors l’égalité et le nivellement des classes sociales. Un manifeste italien voit le jour en septembre 1914 intitulé : Il vestito antineutrale afin de modifier les codes vestimentaires établis.

Autour de la Révolution russe avec le constructivisme et le productivisme

Cette période historique marque le moment de la seconde révolution industrielle avec la venue de la fabrication en série. En 1921, Singer lance une machine à coudre alimentée d’un moteur électrique. En Russie, le design textile se développe grandement.

Les robes créées par Liubov Popova en 1924 sont élégantes et les femmes peuvent les reproduire facilement à la maison grâce aux avancées technologiques telles que les machines à coudre plus performantes.

Les vêtements de travail comme les salopettes et les combinaisons une pièce deviennent tendances. Les coutures sont apparentes et elles doivent être montrées afin de s’opposer aux diktats de la haute couture française.

Une artiste qui possède sa propre maison de couture : Sonia Stern Delaunay et l’orphisme

Sonia Delaunay est artiste peintre, elle s’intéresse à la création de textile et est également designer de mode. Elle crée avec son mari Robert, le simultanéisme en couleur, une technique qui vise à trouver l’harmonie à l’aide de l’agencement simultané des couleurs mettant ainsi en valeur le rôle du jeu de la lumière.

L’orphisme ici prend tout son sens, car le poème d’Orphée écrit en 1908 fait référence à une poésie pure tel un « langage lumineux ».

La collaboration entre les artistes et les maisons de couture

Raoul Dufy qui est notamment illustrateur réalise des imprimés textiles pour la maison de couture de Paul Poiret. Son art est délicat, le trait de crayon est fin et le motif de la rose domine souvent dans son travail.

Les couturiers qui s’inspirent de l’art pour créer

Le mouvement surréaliste en peinture procure parfois des modèles des plus surprenants lorsque les créateurs de mode s’en inspirent. Elsa Shiaparelli s’inspire à cette époque du tableau de Salvador Dalí intitulé : le cabinet anthropomorphique pour créer un tailleur à poches tiroirs. Or, sur ce tailleur, comment peut-on ouvrir les tiroirs qui s’y trouvent ?

D’autres créateurs de mode comme Jean-Paul Gaultier, Issey Miyake et Jean-Charles de Castelbajac tirent également leurs sources d’inspiration de toiles célèbres.

Le vêtement comme médium pour la réalisation de l’œuvre d’art

Le processus de création prend ici un tout autre sens, car c’est le vêtement qui devient le médium de travail. Naomi London réfléchit, ici, sur le rapport qu’entretiennent mère et fille qui est en sorte fusionnelle. Elle exprime par cette œuvre allégorique le fait de rompre ce lien maternel, cette distance, cet éloignement progressif.

Bref, une enrichissante conférence qui a permis d’apprécier cet avant-gardisme artistique qui se glisse graduellement dans notre garde-robe afin de constamment faire évoluer la mode.

À propos d’Esther Trépanier :

Esther Trépanier a œuvré de nombreuses années dans le domaine des arts et de la mode autant à Québec qu’à Montréal. Professeure émérite du département d’histoire de l’art de l’UQAM où elle a enseignée de 1981 à 2020, elle a été également directrice de l’École supérieure de mode de Montréal de 2000 à 2007 puis directrice générale du MNBAQ de 2008 à 2011. Esther Trépanier est également l’auteure de nombreuses publications concernant l’art québécois et canadien des premières décennies du XXe siècle ainsi que concernant les questions relatives à la modernité.

Photographies : travail personnel tiré de la présentation d’Esther Trépanier, 3 mai 2023, Musée National des beaux-arts de Québec.