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Il était une fois…la Terre et les Mosaïcultures Québec 2022

Hier avant-midi 23 juin 2022, au parc du Bois-de-Coulonge de Québec, se déroulait avec effervescence, malgré une météo plutôt grisonnante, l’inauguration officielle de l’exposition plus grande que nature des Mosaïcultures Québec 2022. Et, c’est sous le thème : Il était une fois…la Terre que cette magnifique et évolutive exposition extérieure en mettra plein la vue aux visiteurs attendus nombreux cet été à Québec. Exposition présentée dès aujourd’hui 24 juin et ce, jusqu’au 10 octobre 2022.

Lors de cette superbe visite, il sera possible de découvrir plus de 200 sculptures, pour la plupart inédites, réalisées avec plus de 6 millions de fleurs et de plantes regroupées sur 20 thématiques différentes qui charmeront très certainement les petits comme les grands.

Quelle fierté de présenter notre plus grande exposition ici, à Québec ! affirme Lise Cormier, directrice générale et vice-présidente des Mosaïcultures Internationales de Montréal d’où tout a commencé.

L’exposition Mosaïcultures Québec 2022 est un des projets phares de la relance touristique dans notre Capitale-Nationale affirme fièrement Geneviève Guilbault, vice-première ministre, ministre de la Sécurité publique et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale.

La Ville est heureuse de recevoir un événement d’une telle envergure. Quelle belle occasion pour les touristes de partout au Québec de venir découvrir ou redécouvrir notre belle ville constate fièrement Bruno Marchand, maire de la Ville de Québec.

Cette incroyable exposition met notamment en valeur le passé historique du parc du Bois-de-Coulonge et l’incroyable richesse de la nation huronne-Wendat.

Le circuit proposé se déroule en cinq étapes et les visiteurs pourront découvrir dès leur arrivée une reproduction de la résidence du Lieutenant Gouverneur, par la suite découvrir avec émerveillement un Monde polaire et marin, les Espèces menacées, la Nation huronne-Wendat et la Ferme.

Cette grande exposition est évolutive et dans quelque temps les sculptures en forme de béluga se pareront de jolies fleurs blanches rappelant ainsi leur couleur naturelle.

Le Monde polaire et marin permet de voir des sculptures représentant le beau manchot d’Adélie qui a été observé pour une première fois en 1841 sur la terre d’Adélie, une région de l’Antarctique. Les adultes sont souvent la proie de phoques léopards. Des études et projections modélisées suggèrent aussi une possible diminution future de cette population à l’échelle circumpolaire en raison notamment des changements climatiques.

Ce qui frappe l’imaginaire lors de ce circuit est l’incroyable véracité des sculptures présentées de par leur allure bien vivante, celles-ci procurent un fascinant effet de mouvement projetant ainsi le visiteur dans un univers animal fantastique.

L’arbre de vie Wendat est un des éléments mythiques dans la mythologie de la création du monde chez les premières nations amérindiennes Hurons-Wendats. Il est important dans l’univers dit cosmogonique de ce peuple et il est souvent représenté par différents motifs qui se retrouvent par exemple sur les vêtements ou les bijoux.

Lors de cette visite, l’on remarque que certaines sculptures animales semblent avoir un regard triste, c’est qu’elles appartiennent malheureusement à la catégorie des espèces menacées.

Par exemple : le charmant koala, ce marsupial qui se nourrit uniquement d’eucalyptus. En 2022, l’Australie a classé officiellement cette espèce de la côte orientale comme étant en danger en raison notamment de la destruction de leurs habitats, des feux de brousse, de la sécheresse et les maladies. Les changements climatiques sont également un enjeu considérable menaçant la survie de l’espèce.

À propos des Mosaïcultures :

La corporation à but non lucratif Mosaïcultures Internationales de Montréal est considérée comme leader internationale en terme de Mosaïcultures. Depuis sa création, en 1999, elle a orchestré cinq compétitions internationales, 7 expositions et a réalisé plus de 100 oeuvres présentées dans une vingtaine de pays et ce, pour le plus grand bonheur de 15 millions de visiteurs qui ont été conquis, selon une étude menée, à 100%.

Il était une fois…la Terre, Mosaïcultures Québec 2022, exposition évolutive au fil des saisons définitivement à voir pour la beauté des oeuvres présentées et l’émotion qui s’en dégage !

Photographies, François Berthiaume, 23 juin 2022, Mosaïcultures Québec 2022, parc du Bois-de-Coulonge, Québec.

Imagine Monet : les couleurs et la lumière du peintre envahissent Québec cet été

Enfin à Québec ! Le 8 juin 2022, c’était jour de fête et lancement médiatique au Terminal 30 du Port de Québec de la poétique exposition immersive intitulée Imagine Monet. Présentée du 10 juin au 5 septembre 2022, cette belle exposition créée par Annabelle Mauger, Julien Baron et l’historienne de l’art Androula Michael propose de découvrir, dans l’environnement enchanteur du Vieux-Port de Québec, l’oeuvre grandiose du peintre français Claude Monet.

Forte du succès remportée à Montréal en pleine pandémie avec plus de 100 000 visiteurs, cette belle exposition réunit 200 tableaux du grand maître dont la série de peintures des Cathédrales et des Nénuphars de son jardin de Giverny.

Séparée en trois parties, cette émouvante exposition immersive plonge définitivement le visiteur dans un univers de beauté et de poésie. Cette expérience en immersion totale permet d’apprécier les coups de pinceaux, la gestuelle de l’artiste et toute l’émotion qui s’en dégage.

Claude Monet est né à Paris en 1840 et meurt à Giverny en 1926. Il peint dès l’âge de 16 ans plusieurs caricatures et fait alors la rencontre du peintre Eugène Boudin qui l’invite à peintre avec lui les beautés de dame nature. Monet fait par la suite à Paris la rencontre de peintres célèbres tels qu’Auguste Renoir, Frédéric Bazille et Alfred Sisley. Groupe qui deviendra l’essence même de l’impressionnisme dont Monet en est considéré comme le père.

Claude Monet – Biographie

La première partie de l’exposition met en évidence le peintre et l’espace dans lequel il vît soit son environnement familial, ses femmes, ses enfants, son jardin, les champs, les fleurs, l’eau, les paysages qui l’entourent et la nature au fil des saisons.

Les femmes qu’il peint sont d’ailleurs authentiques. Ce ne sont pas simplement des allégories de nymphes, de superbes déesses de beauté ou des femmes puisées du fruit de son imagination.

Non, ces femmes vivent leurs vies quotidiennes, leurs vies sociales ou intimes. Elles sont dessinées par Monet dans la nature ou lors de promenades dans leur jardin. De cette façon, l’artiste capte la lumière ambiance, la couleur et la nature dans toute sa beauté.

La seconde partie de l’exposition traite des différentes thématiques de son oeuvre telles que les meubles, les cathédrales, la Gare de Saint-Lazare et les villes.

Chaque thématique est en fait un laboratoire visuel de l’artiste qui tente ainsi de saisir la lumière changeante du jour et ce, à différents moments.

Conscient des modifications visuelles engendrées par le temps qui passe, Monet désire, telle que le ferait un photographe aujourd’hui, capter et retenir cet instant éphémère, ce moment magique, afin de partager en image cette émotion ressentie provoquée par la luminosité du jour qui est à chaque moment unique en soi.

La troisième partie de l’exposition est grandiose et se termine par la présentation du jardin de Monet à Giverny et le grand cycle des Nymphéas, ses grands décors et l’aboutissement de l’incroyable installation au Musée de l’Orangerie à Paris.

D’une sérénité absolue, le jardin du peintre offrant des milliers de nymphéas rend gloire à la nature dans toute sa beauté. Le pont japonais réunissant les deux rives procure une vue imprenable sur le jardin et le bassin d’eau qui s’y trouvent.

Giverny est en fait LE manifeste de Claude Monet. Ce tableau évoque la façon dont l’artiste conçoit la peinture soit sans ciel, ni horizon. Giverny confond le spectateur qui le regarde, car ce tableau possède une perspective rapprochée, sans repère sur l’espace environnant, ce qui a pour effet de prolonger le regard dans toutes les directions à la fois sans jamais s’arrêter d’où la notion d’abstraction de l’oeuvre. Et, si l’on s’en éloigne, celle-ci se dessine véritablement sous les yeux.

Cette exposition est remarquable pour la poésie et l’émotion qui s’en dégage. Elle est à voir afin d’apprécier l’oeuvre de Claude Monet sous un regard nouveau grâce à la magie de l’immersion totale !

Photographies, travail personnel et François Berthiaume, Imagine Monet, l’exposition immersive, Terminal 30 du Port de Québec, 8 juin 2022.

Grande exposition présentée au MNBAQ intitulée : America. Entre rêves et réalités

Mercredi 8 juin 2022 se déroulait, au Musée national des beaux-arts du Québec, la conférence de presse de la fascinante exposition présentée tout l’été à Québec intitulée America. Entre rêves et réalités. Et, DL Vision Mode y était !

En exclusivité mondiale et créée spécialement pour le MNBAQ à partir de la prestigieuse collection du Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington DC, le Musée national d’art moderne de la Smithsonian Institution, cette grande exposition permettra au visiteur de découvrir une vue d’ensemble de l’art américain datant de 1914 et ce, jusqu’à de nos jours.

Regroupant 82 artistes et 96 oeuvres telles que des peintures, sculptures, oeuvres sur papier et des vidéos, cette exposition nous plonge directement dans l’univers contrasté, et effervescent de notre grand voisin du sud soit les États-Unis d’Amérique. Pays à la culture des multiples paradoxes, cette dernière constitue l’essence même de cette collection.

Cette fascinante exposition s’articule autour de sept thèmes démontrant pertinemment bien la lecture artistique qui a permis de définir et de réinventer ce fameux rêve américain.

Dès l’arrivée dans la première salle dont le thème est Rêves et Réalités, l’oeuvre de Rosalyn Drexler intitulée Chubby Checker créée en 1964, attire rapidement l’attention. Cette artiste, dramaturge, romancière et lutteuse professionnelle, visualise le célèbre chanteur afro-américain dansant le twist. Cette mise en valeur du personnage, à l’époque où le mouvement de la défense des droits civiques s’amplifie émeut et surprend.

Autre oeuvre marquante est celle d’Andy Warhol intitulée Les lèvres de Marilyn Monroe créée en 1962. Fascinée par cette icône de la mode et du cinéma, l’artiste découpe la bouche de la vedette et l’a reproduit par sérigraphie. Cette répétition du sujet révèle la connotation sexuelle de celle-ci, mais également la surabondance de la publicité bien présente dans la société de l’époque.

Malcolm Morley, peintre hyperréaliste, réalise en 1968 une oeuvre intitulée Scène de plage. Celle-ci démontre bien le rêve américain tel qu’on le connaît traduisant ici les aspirations au bonheur des classes sociales moyennes américaines de l’époque.

Le thème Paysages Imaginés nous fait découvrir la superbe oeuvre du peintre abstrait Morris Louis intitulée Point de quiétude. Celle-ci fait partie de la série Florals. Ici, l’artiste, par l’innovation technique et formelle de l’oeuvre, fait allusion de façon suggestive aux abstractions organiques des oeuvres des peintres modernistes américains de cette période.

Le thème Le corps social permet de découvrir l’impressionnante oeuvre de Nick Cave créée en 1959 et intitulée Costume sonore. Cette oeuvre dénonce l’intervention policière envers Rodney King en 1991 à Los Angeles.

Artiste de race noire, Cave sent tout de suite sa vulnérabilité. Ce costume sonore représente donc une muraille qui protège le corps contre l’accès des regards envers la race, le genre et la classe sociale. La représentation artistique liée à la fête de Pâques symbolise ici l’idée de la résurrection prochaine.

Le corps social en tant que portrait permet à travers l’art de mieux exprimer la perception qu’ont les Américains d’eux-mêmes et l’environnement dans laquelle ils évoluent.

Le thème Migrations permet d’apprécier cet art américain qui est issu des rencontres et des interactions sociales entre les différentes cultures provenant du monde entier.

L’oeuvre de Rozeal, Iona Rozeal Brown, créée en 2006 et intitulée Style libre : ne fait pas semblant, on voit clair en toi, pose un regard songé sur l’hybridité culturelle et sa manifestation envers l’identité culturelle.

Le thème de l’exposition Éloge du quotidien réfère au fait que la vie quotidienne occupe une place importante dans la vie des Américains. Et, cette démonstration représente un trait unique de l’identité nationale.

En ce sens, cette ludique oeuvre de Claes Oldenburg intitulée 7-UP et créée en 1961 est éloquente. Ici, l’artiste pose une réflexion ironique sur la commercialisation de la société américaine. Cette sculpture fabriquée de plâtre, toile et fil de fer est une réplique grossière et satirique des biens de consommation courants.

L’oeuvre de Mary Weatherford intitulée Moteur et créée en 2014 fait partie du thème Nouvelles technologies. Au cours du 20e siècle les inventions telles que la radio, le cinéma, la télévision et l’ordinateur ont transformé les États-Unis d’Amérique et ont eu une influence marquante sur le travail artistique.

Ici, Mary Weatherford s’inspire de l’ambiance des ports new-yorkais pour évoquer le motif de l’eau. Elle ajoute par la suite des néons de couleurs contrastantes afin de produire une lumière vive procurant ainsi intensité et force au dessin.

Le dernier thème de l’exposition intitulé Pluralismes est remarquable. La décennie 60, aux États-Unis, est marquée par de profonds changements sociaux et politiques. Plusieurs oeuvres artistiques dénoncent ainsi ces bouleversements.

Difficile de passer sous silence l’impressionnante oeuvre de Beverly Semmes intitulée Robe rouge et créée en 1992. L’artiste bien connue pour ses oeuvres textiles abordant des thèmes liés à la féminité et son image corporelle, exploite ici le pouvoir dit théâtral du vêtement et sa capacité à évoquer notre personnalité.

Cette robe rouge est flanquée au mur du musée tel un tableau et l’immense cascade de velours rouge vif qui s’étend au sol symbolise pour l’artiste une flaque, voir des composantes de sa vie plus intime évoquant probablement les périodes féminines.

Présentée jusqu’au 5 septembre 2022, cette impressionnante exposition nous fait revivre artistiquement tous les bouleversements sociaux et culturels qui ont marqué principalement l’histoire américaine mouvementée du siècle dernier. Exposition définitivement à voir !

Photographies, travail personnel et François Berthiaume, Musée national des beaux-arts du Québec, 8 juin 2022.

Superbe présentation des finissants du Collège LaSalle sur la Promenade du Vieux-Port

Vendredi 13 mai 2022 était présenté, au Vieux-Port de Montréal lors d’une chaude soirée d’été, l’impressionnant défilé de mode intitulé Signature 2022 des finissants en design de mode du Collège LaSalle – Montréal.

Et en images, quelques moments forts de cette mémorable soirée !

Toujours beaucoup de créativité chez les étudiants du Collège LaSalle et celle-ci est encouragée, elle est souvent éclatée et audacieuse. Cette année ne fait pas exception, les modèles présentés étaient colorés, originaux, éclectiques et inspiraient jeunesse et joie de vivre.

C’est sur un parcours situé sur la Promenade du Vieux-Port que déambulaient plus d’une centaine de mannequins aller-retour, du Grand Quai jusqu’au Quai de l’Horloge.

Bravo aux finissants du Collège LaSalle, cohorte 2022, et bon début de carrière dans ce domaine rempli de défis !

Crédits photographies : Chau Wong et Thessa Thomas

Présentation grandiose des finissants de l’École de mode du Campus Notre-Dame-de-Foy

Mercredi soir, 11 mai 2022, c’était soir de fête dans la belle ville de Québec alors que se déroulait au Campus Notre-Dame-de-Foy l’impressionnante prestation des finissants de l’ÉM en design de mode, cohorte 2022. Lors de cette soirée des plus festives et remplies d’émotion, douze jeunes finissants ont proposé à un public conquis d’avance, sous forme de vidéos et de parcours inspirants, des présentations artistiques variées de leurs belles collections. Et DL Vision Mode y était.

Parmi cette inspirante relève notons le remarquable travail de Rebecca Tremblay, Stéphanie Brunelle, Justine Caron, Xavier Moreau, Justine Gosselin, Francis Carrier, Élodie Veillette, Léa Bourget-Pelletier, Josiane Gobeil, Amélia Gagnon, Sabrina Blouin-Corriveau et Myriam Patry. Les étudiants de 2ième année en commercialisation de la mode ont également contribué à la gestion des projets.

Lors de cette grande soirée, Justine Gosselin, pétillante comme pas une, présentait sa collection unisexe intitulée : Mystérieux cow-boy. Et, Justine nous parle de ce titre :

Mystérieux Cowboy est née d’une vision que j’ai eue avant de dormir. J’ai vu une jeune fille qui lave la vaisselle dans une belle vieille maison plongée dans la pénombre. Il y a une fenêtre devant elle. Par la fenêtre, elle aperçoit la silhouette d’un cowboy de dos. Ce cowboy porte une robe avec des bottes western. Elle ne comprend pas. Elle n’a jamais vu de cow-boy comme celui-ci. C’est alors qu’elle crie: « MAMAN!! IL Y A UN MYSTÉRIEUX COWBOY DANS LA COUR! »

Inspirée du farwest américain, cette jeune créatrice propose des styles modernes conçus de façon écoresponsable. Les jeans de sa collection sont recyclés et le débardeur est tricoté à la main. Passionnée par cet art, elle poursuivra d’ailleurs des études à l’École des métiers d’art de Québec. Ses matières de prédilection sont le chanvre et le coton. Elle apprécie le mélange des couleurs naturelles à celles éclatantes telles que le violet ou bien le fuchsia.

Francis Carrier présentait à son tour son intéressante collection intitulée : Le coloriste par Fever. Bien de son temps, ce jeune homme est préoccupé par les questions environnementales. C’est pourquoi, ses tenues sont fabriquées de 55% chanvre et 45% coton et elles sont teintes à la main.

Le créateur prévilégie l’aspect naturel du vêtement. Il tente d’utiliser le moins de matières premières possible afin de créer une collection entièrement écoresponsable.

Élodie Veillette présentait ce soir-là sa coquette collection intitulée : Aux petits oiseaux. Créatrice proche de dame nature, elle propose des modèles colorés destinés aux travaux manuels tels que le jardinage. Ses styles songés sont originaux et les nombreuses poches placées à des endroits stratégiques du vêtement sont pratiques et fonctionnelles.

Léa Bourget-Pelletier quant à elle proposait son inspirante collection intitulée : Mimozha. Premier coup de coeur de la soirée, cette collection aux couleurs de la lavande se veut tout en douceur, en féminité et elle est fluide à la fois. Inspirée de la divinité, être supra naturel, et du cycle lunaire, la collection de Léa procure une ambiance féérique incroyable.

Josiane Gobeil présentait la collection intitulée : Sérénité par Josiane et celle-ci est le second coup de coeur de la soirée.

Collection élégante, elle démontre un parfait équilibre entre confort du vêtement et style. Intemporelle et moderne à la fois, cette collection est remarquable tant par la recherche du design qu’elle inspire que par l’originalité qui s’en dégage, bravo !

Amélia Gagné présentait ce soir-là sa poétique collection intitulée Korallium. Inspirée par les fonds marins et les merveilles qui l’habitent telles que les nombreux coraux, plantes aquatiques et méduses, cette créatrice a choisi le satin comme matière première, a de plus utilisé le travail de perlage, de paillettes et les jeux de transparence ainsi que les superpositions afin de nous transporter, un instant, dans un univers océanique fabuleux.

Xavier Moreau quant à lui proposait sa féminine collection intitulée XM Brand. S’inspirant de la décennie 50, il voue un culte sans bornes envers Gabrielle Chanel. De ce fait, cette collection se veut classique et moderne à la fois. Ses matières de prédilections sont bien sûr le tweed et le crêpe de satin.

Sabrina Blouin-Corriveau proposait à son tour sa collection Sincérité par Kelsey Kins. Collection qui se veut décontractée, colorée et polyvalente à la fois. Porté de jour comme de soir ainsi que les fins de semaine, cette collection futée a été dessinée afin qu’elle soit hyper-confortable dans le but de procurer un maximum de confort à celle qui la porte.

Cassiopée est le titre de la collection de Justine Caron. En mythologie grecque, la reine Cassiopée est l’épouse du roi des Éthiopiens Céphée. Cette créatrice, la tête dans les nuages, s’est inspirée pour créer des impressionnantes aurores boréales, des constellations lointaines et des beaux couchés de soleil procurant ainsi émerveillement et quiétude d’esprit.

Les styles de la collection sont coupés de façon asymétrique, ce qui procure dynamisme à l’ensemble. Les tissus sont transparents, légers et le travail de perlage permet l’idée d’étoiles brillantes au firmament.

Myriam Patry dégage jeunesse et joie de vivre. Elle s’est inspirée, pour créer sa collection intitulée : Wemme, de la décennie 60. Ses matières fétiches sont le coton, la soie, le lin et la viscose, quelques pierres semi-précieuses viennent agrémenter les modèles. Les coloris choisis sont de tons chauds et naturels.

Le leit motiv de cette pimpante créatrice est basé sur un état spirituel de bien-être et de respect réciproque envers le monde qui nous entoure.

Rebecca Tremblay présentait mercredi dernier sa collection intitulée : Nhoir qui est inspirée de la flamboyante décennie 70. La jeune créatrice précise que Noir s’écrit, ici, avec un H en hommage à sa maman nommée Hélène.

Sa collection se veut un brin rockeuse et sexy à la fois tout en préservant l’aspect glamour propre aux années 70. La couleur fétiche de Rebecca est le noir et elle affectionne également le travaille de perlage qu’elle a choisi de couleur or.

La magnifique collection de Stéphanie Brunelle est le troisième coup de coeur de la soirée et elle s’intitule : L’ère de la marguerite. Une fois de plus, elle est inspirée de la décennie 70.

Cette collection se veut fantaisiste, explosive, frivole et sans-soucis à l’image de cette décennie éclatée. Les couleurs sont vivantes, riches et les styles sont fluides, vaporeux et ultra-féminins. Collection qui prône ainsi, la liberté, l’amour libre et la paix. C’était le début d’un temps nouveau !

Bref, une mémorable soirée passée avec les talentueux finissants de l’École de mode du Campus Notre-Dame-de-Foy à Québec. Bravo à toutes et tous pour ce travail acharné et ces belles réalisations !

Photographies : travail personnel et François Berthiaume.

ÉM 22, Campus Notre-Dame-de-Foy, Québec, 11 mai 2022.

Le Festival Mode + Design 2022 célébrera la Diversité, la Créativité et l’Originalité

Belle nouvelle ! Le Festival Mode + Design est de retour en force cette année pour une 22e édition et se déroulera du 25 au 28 août 2022 à la Place des Festivals au centre-ville de Montréal.

Pour cette grande occasion, la mode, la musique, l’art, le design et la danse seront mis à l’honneur. Forte de son succès au cours des dernières années, la zone mode pop-up permettra à des milliers de personnes de découvrir une quarantaine d’entreprises lifestyle locales et des designers québécois de grands talents. Plusieurs défilés de mode seront présentés tout au long du festival et permettront aux nombreux festivaliers d’admirer les nouvelles collections des créateurs d’ici.

Les espaces chill, où il sera possible de se sustenter tout en prenant un verre et manger via les foodtrucks, feront le bonheur des visiteurs et ce, dans une ambiance des plus décontractées. Le FMD dévoilera également, durant l’été, des performances artistiques gratuites conçues par des artistes émergents de l’année.

Et le Festival Mode + Design, c’est surtout l’occasion rêvée d’enfiler ses tenues les plus extravagantes afin de mettre en mode #DRESSTOEXPRESS et de partager un agréable moment en famille ou entre amis tout en découvrant de nouveaux créateurs de mode, artistes, artisans et marques d’ici.

En plus de la programmation alliant la ​​musique, l’art, le design et la danse, le Festival Mode + Design, c’est l’occasion de retrouver de faire découvrir un grand nombre de marques locales au montréalais et aux touristes réunis ensemble, en plein air, en mode festif. Un rendez-vous incontournable et l’occasion unique de rencontrer en personne de nombreux créatifs et leur travail qui sont la couleur de notre environnement.»

– Jean-François Daviau, Fondateur du Festival Mode + Design

Lors de ce grand happening montréalais, plus d’une quarantaine de marques lifestyle et de créateurs québécois seront sur place afin d’offrir une expérience client de magasinage à ciel ouvert, des collections exclusives et de nombreuses promotions lors de cette prometteuse édition. Ce festival célébrera donc durant ces quatre journées de fête estivale la Diversité, la Créativité et l’Originalité.

Parmi ces marques, notons la présence de :

Hoaka Swimwear, marque de maillot de bain fondée en 2016 dont sa créatrice, l’influenceuse mode Elizabeth Rioux a pour mission de faire croître sa marque dans les nouvelles réalités sociales et environnementales de l’air du temps.

FJ Watches a été fondé par Frédérick Robichaud participant de la populaire émission de télévision Occupation Double. Il propose des montres et accessoires pour tous les goûts dont le style se démarque par son originalité, son aspect minimaliste et son caractère unique en son genre.

La marque Tamelo rend hommage aux icônes de la culture populaire issues des années 1970 à nos jours. Tintées d’une touche d’humour et de désinvolture, les créations de Tamélo font sourire et insufflent bonne humeur et joie de vivre.

Bkind est une marque de produits corporels véganes de grande qualité fabriqués à partir d’ingrédients naturels respectant l’environnement. Le but étant de promouvoir le pouvoir bénéfique des plantes sur notre corps.

Les festivaliers pourront, en se baladant à travers la zone pop-up shops, découvrir des produits modes de marques locales de qualité pour tous les styles et goûts tels que :

Créations Fervido, Twenty Compass, Atelier SYP, SarahBijoux, FDG Design, Pixie Woo, Kraywoods, Bertrand LaLigne, Daily Story, Alter Sole, Bromance, Ken & Jame, Tipou Bébé, Truand Truand, Little Yogi, Oycee, Valérie C Design, La Pimbêche, Out of The, Coast 95, Toulousely, Alowa Apparel, Balance Activewear, Marc Alexandrin x Dorsali, Lachapelle Atelier, Mamé, LilUnderwear, Another Land Nearby, Selv Rituel, La Natura Casa, Moonday, Mathilde Poterie, Les fleurs séchées et plusieurs autres.

Le Festival Mode + Design est le plus grand happening de ce type à ciel ouvert en Amérique du Nord et comptait en 2019, avant la pandémie, plus de 550 000 festivaliers. Encore cette année, ce sera jours de fête à Montréal durant ce grand happening urbain. C’est donc un rendez-vous du 25 au 28 août prochain afin de célébrer la mode et le design d’ici !

Impressionnant Défilé CML présenté au Musée national des beaux-arts du Québec

Le défilé organisé par le CML était grandiose. Les 25 et 26 mars 2022, vingt designers québécois provenant des villes de Montréal, Québec et autres régions présentaient au Musée national des beaux-arts de Québec leur belle collection.

Vendredi 25 mars, DL Vision Mode y était et partage avec enthousiasme quelques coups de cœur de cette mémorable soirée.

Création de Dorsa Bebei

La présentation de Dorsali retenait l’attention. Dorsa Babei, créatrice de cette marque montréalaise éthique, est née en Iran et s’imprègne de la culture indienne lors de sa jeunesse. Elle étudie à la prestigieuse école d’ESMOD à Dubaï et y travaille pendant 7 ans. Elle s’installe à Montréal par la suite où elle y œuvre depuis.

Ses sources d’inspiration sont multiculturelles et ses créations dépassent les modes en regard du temps. Ses tissus de prédilection sont le lin, la soie et le coton. Les coupes de ses vêtements sont ergonomiques et réfléchies. Dorsa Babei embrasse le mouvement slow fashion avec conviction. Utiliser, réutiliser et revendre sont au cœur de ses valeurs afin de contribuer à l’effort de développement durable de notre planète.

Autre présentation digne de mention et bien dans l’air du temps était celle de la jeune créatrice Roselyn McCormick. Âgée de 21 ans, elle fonde, en 2018, Roselyn Clothing.

Bricoleuse comme pas une, elle créée ses modèles à partir de retailles de tissus, de pièces de literie qu’elle trouve dans les friperies et s’efforce d’atteindre le low waiste afin de contribuer à sa façon au mouvement écoresponsable.

Ses créations sont fabriquées entièrement à la main à Montréal et l’influence de son style patchwork et mosaïque nous rappelle aisément le style vestimentaire de la décennie 70. Sa relecture de cette période éclatée est actuelle, jeune, ludique et bien affirmée.

Étudier en design de mode est le rêve de plusieurs. À Québec, une formation collégiale au privé est offerte au Campus Notre-Dame-de-Foy de Cap-Rouge. Il était difficile lors de cette soirée de passer sous silence le remarquable défilé des étudiants en design de mode de cette institution.

Toujours beaucoup de créativité chez les étudiants et celle-ci est encouragée durant la formation afin d’explorer et de développer ses talents et compétences. La présentation de cette cohorte ne faisait pas exception. La créativité réfléchie des étudiants laissait d’ailleurs place à l’intéressante possibilité de commercialiser quelques modèles.

La seconde partie de la soirée permettait de découvrir l’univers lumineux, fleuri et coloré d’Antoine Saint-Laurent. Univers qui reflète à merveille la bonne humeur et la joie de vivre. Artiste peintre, Saint-Laurent s’intéresse d’abord à la photographie, au cinéma au dessin puis naturellement se dirige vers la peinture. Ses sources d’inspiration sont nombreuses, en fait, tout l’inspire que ce soit une forme vue sur la rue ou bien une couleur en particulier.

Habitué des friperies, Antoine Saint-Laurent trouve aisément LA pièce de vêtement à peindre. Tissu intéressant, coupe particulière, détail inusité se transformeront sous ses mains en un modèle unique en son genre. Le designer est né un jour de chaleur torride, sa saison préférée est l’été et comme il se plaît à le dire, ce n’est probablement pas un hasard.

Autre remarquable collection était celle de Phœbe Knox-Favreau. Habitant la région de Montréal, elle est fraîchement diplômée de la cohorte du Collège LaSalle de 2021.

Bourrée de talent et de créativité, elle proposait, lors de cette grande soirée mode, sa nouvelle collection à l’éclectique songée intitulée : An Empirical Fantasy.

Bien sûr le défilé de la créatrice montréalaise d’origine italienne Nadya Toto était remarquable. Elle est la reine du riche motif jacquard qui est tricoté à même le tissu, ce qui rend ses modèles si magnifiques. Forte de plus de 30 ans de métier, elle propose des vêtements qui subliment le corps féminin. Ils sont confortables et raffinés.

Plusieurs célébrités portent fièrement ses créations, ici comme ailleurs, on n’a qu’à penser à Joannie Rochette, Angelina Jolie ou Drew Barrymore.

La présentation de Géraldine Faure était fort sympathique, car elle était vivante, colorée et festive. Diplômée du Collège LaSalle à Montréal, elle poursuit présentement des études à l’ESG UQAM en design de mode. Cette talentueuse créatrice de mode possède un sens de l’humour étonnant et son sourire est contagieux.

Cette soirée comme on les aime était remplie d’émotions et de belles découvertes, bravo à toute l’équipe du défilé CML pour une telle présentation !

Photographies, travail personnel et François Berthiaume, Défilé CML, Musée national des beaux-arts de Québec, 25 mars 2022.

Source recherche biographique :

La Maison Simons, blog, section en vedette, Antoine Saint-Laurent sous toutes ses couleurs, 22 mars 2022.

Les Énergies latentes de Paul-Émile Borduas

Enfin à Québec ! Et c’est grâce à la généreuse donation des grands mécènes et collectionneurs britanno-colombiens Michael Audain et Yoshiko Karasawa que le Musée national des beaux-arts du Québec acquière huit tableaux du grand peintre canadien Paul-Émile Borduas. Ce mercredi 23 février 2022 se déroulaient la conférence de presse et la visite médiatique de l’exposition intitulée : Les Énergies latentes. Paul-Émile Borduas au présent. Exposition qui se tient au musée du 24 février au 24 avril 2022.

Paul-Émile Borduas est un artiste-peintre canadien né en 1905 à Saint-Hilaire et est décédé à Paris en 1960 à l’âge de 54 ans. Il est reconnu pour la réalisation d’œuvres abstraites appartenant au mouvement artistique de l’automatisme. En 1948, il publie le Refus global et il a notamment influencé le travail artistique de Jean-Paul Riopelle.

Biographie de Paul-Émile Borduas

Le grand public pourra découvrir des œuvres iconiques de ce grand maître datant principalement des années 50 ainsi que des acquisitions récentes de la collection nationale du MNBAQ comme celles de Dominique Blain, Michel Campeau, Nadia Myre, Alain Paiement, Michaël Sergile et Jean-Paul Riopelle. L’œuvre puissante de Borduas établit ainsi un intéressant dialogue avec celui du travail des artistes actuels proposés.

Des énergies ou chaleurs latentes en physique, sont des énergies libérées ou bien absorbées lors d’un changent d’état de la matière par exemple l’eau qui passe de l’état liquide à solide. Ici, Borduas exprime, par sa poétique création et sa pensée, ces énergies qui existent sans toujours être apparentes, ces bouleversements d’état de la matière et les différentes polarités qui en résultent.

La pertinente scénographie de l’exposition permet de servir ces énergies latentes. La mise en espace songée vient créer des liens visuels, esthétiques et intellectuels entre les œuvres. De ce fait, le choix du rouge et du gris est judicieux en raison de leur capacité à procurer l’énergie et l’intensité pour le rouge, et la réflexion pour le gris, symbolisant ainsi les deux extrémités de ces énergies latentes.

Figures shématiques est l’une des plus grandes œuvres de Borduas et deviendra une icône de sa production parisienne. Par son travail, l’artiste tente des recherches de simplification en tirant profit de l’espace de cette grande toile pour explorer la relation existant entre le noir et le blanc. Ici, les masses noires visibles semblent entrer de chaque côté du tableau pour se fondre dans le blanc ou bien se briser. Blanc qui lui est en pleine expansion d’où l’idée d’énergie latente.

L’œuvre Grenouille sur fond bleu est l’un des rares tableaux à avoir été produit, en 1944, alors que Borduas peint à l’atelier de son maître Ozias Leduc à Saint-Hilaire, sa ville natale.

Par Arabesques, l’artiste, alors exilé à New York, propose une composition picturale de style all-over très populaire à cette époque. Cette façon de peindre suggère de dépasser l’espace organisé de la peinture traditionnelle européenne. Sans planification ni croquis, il en résulte une œuvre sans point visuel de focalisation. Telles des arabesques rouges, les puissants coups de pinceau sont posés sur le fond du tableau excluant toute forme de lecture figurative proposant ainsi une vision plus formaliste du dessin.

Cette intéressante œuvre datant de 1957 a été peinte à Paris et elle démontre une tendance à la structuration de la surface picturale du tableau, Borduas s’éloignant ainsi de sa période influencée par la peinture gestuelle, l’action painting, et de sa période automatiste vécue à New York. Influencé ici par l’artiste Piet Mondrian, Borduas va vers un travail plus structuré reprenant ainsi une forme de damier correspondant à la période tardive de création de Mondrian.

En histoire de la mode, souvenons nous aussi du grand créateur Yves Saint-Laurent qui, en 1966, lors de la conception de sa collection automne/hiver rend hommage à l’artiste néerlandais en proposant des robes Robes Mondrian inspirées de ses tableaux.

Parmi les œuvres d’artistes de notre époque, notons l’immense et superbe tableau de Jean-Paul Riopelle créé en 1989.

L’artiste explore dès 1967 la pratique de l’estampe. Avant-gardiste, Riopelle récupère les rebuts de cet art pour réaliser des lithocollages ou bien s’en servir comme fond inspirant des créations graphiques et picturales étonnantes. Ici, l’artiste remet au goût du jour une célèbre lithographie Les hiboux créée en 1970. L’œuvre sans titre est réalisée à partir d’encre, de bois et de collage sur essais de lithographies marouflées sur sérigraphie et imprimées sur une toile.

L’installation textile de Michaëlle Sergile intitulée Peau noire, masques blancs est également impressionnante. Ici, Sergile propose une critique artistique du texte portant le même titre écrit en 1952 par Frantz Fanon. L’artiste dénonce des passages du livre décrivant la place des femmes dans l’histoire et le manque évident de représentations positives de celles-ci dans cet ouvrage. Ici, chaque partie suspendue de l’œuvre est associée à un chapitre du livre. Chaque fil porte une signification proposant ainsi un code textile fort en opposition.

Bref, une remarquable exposition qui émeut et impressionne à la fois. La scénographie composée de rouge et de gris démontre bien toute la force des Énergies latentes.

Photographies : travail personnel et François Berthiaume, 23 février 2022, Musée national des beaux-arts du Québec.

Les illusions sont bien réelles lors de la Manif d’art 10 – La biennale de Québec

Mercredi 16 février 2022 se déroulait au Musée national des beaux-arts du Québec la conférence de presse et la visite médiatique de la surprenante exposition intitulée : Les illusions sont réelles. Exposition réalisée conjointement avec La manif d’art 10 – La biennale de Québec qui est de retour cette année après une période de pause imposée. L’exposition sera présentée principalement au MNBAQ et dans différents quartiers et espaces de la ville de Québec à compter du 19 février prochain, et ce, jusqu’au 24 avril 2022.

L’exposition centrale regroupe les oeuvres de 21 artistes et pose une réflexion songée sur cette troublante prolifération des nombreux artifices et désinformation qui abondent dans nos vies quotidiennes. Quelques exemples : des photographies modifiées, des conspirations virales via l’Internet, des rhétoriques politiques incroyables ou bien des identités personnelles falsifiées qui sont créées en ligne.

Ce phénomène de leurre n’est pas nouveau, par contre il s’accélère aujourd’hui grâce à la présence accrue des nombreux réseaux sociaux. Cette 10e édition de la biennale de Québec propose au grand public des oeuvres d’artistes engagés qui, par leurs créations et réflexions, fabriquent et déconstruisent des illusions variées tout en posant un regard allumé concernant l’aspect séducteur et invitant, mais dangereusement potentiel de ce phénomène toujours grandissant qu’est la désinformation.

Et face à ce nouveau phénomène, deux questions nous viennent aussitôt à l’esprit : à qui, et surtout, comment peut-on dorénavant faire confiance ?

L’oeuvre de l’artiste américain Tony Tasset Snowman with Coke Can Mouth and Broom est la première visible à l’entrée de l’exposition et celle-ci analyse le rêve américain tel qu’on le connaît ainsi que ses nombreux mirages. L’artiste lors de son travail récupère des images emblématiques provenant des différents médias et réalise d’incroyables caricatures. Cette oeuvre ludique est une imitation de la forme iconique de l’art populaire bien connue : le bonhomme de neige.

Par la suite, cette visite nous mène à la superbe installation Le Salon chinois – White Gold oeuvre de l’artiste Montréalaise Karen Tam. Elle est impressionnante à regarder et elle est d’ailleurs mon coup de coeur de l’exposition. Installation grandiose, elle démontre l’engouement pour nous occidentaux envers la porcelaine chinoise communément appeler l’or blanc.

Cette installation rappelle d’ailleurs les salons privés que l’on retrouvait jadis dans les nobles demeures européennes. Mais ce salon est en réalité composé de véritables artefacts et de facsimilés provenant directement de la collection du MNBAQ. De faux objets ont été créés par l’artiste afin de dénoncer les violences qui peuvent mener à des représentations réductrices, caricaturales, voire déshumanisantes, d’autrui.

Lorsque l’on entre dans la première salle de l’exposition, une troublante vidéo retient tout de suite l’attention. Réalisée par trois chercheurs de l’entreprise américaine Nvidia, l’oeuvre One Hour of Imaginary Celebrities démontre une intelligence artificielle capable de générer des photographies synthèses de personnes qui n’existent pas réellement, et ce, à partir d’amalgames composites d’une multitude d’images se trouvant dans différentes bases de données de l’Internet.

D’un réalisme saisissant, ces visages possiblement reconnaissables se mélangent progressivement les uns aux autres procurant ainsi un effet surprenant. Ce qui est troublant ici, c’est que la personne que l’on voit apparaître devant nous est une illusion. Cette oeuvre soulève ainsi le questionnement de l’hyper trucage qui menace notamment la protection de l’identité personnelle.

Autre oeuvre remarquable est celle de l’artiste américain Glenn Kaino. Untitled (Ricky Jac) Cartes à jouer, 2010. Ici, Kaino joue avec les diverses contradictions poétiques dans le but de réconcilier des idées qui peuvent sembler conflictuelles, voire opposées ou dichotomiques. Il reforme ainsi des différentes composantes de la vie réelle tout en combinant des éléments disparates afin de construire des pièces conceptuellement fortes.

Par cette oeuvre, l’artiste rend hommage au prestidigitateur Ricky Jay en illustrant son effigie et son fameux tour du lancer des cartes. De cette façon, Kaino démontre que comme la magie, l’art peut être à la fois évasif et tromper l’oeil afin de déjouer toutes attentes.

L’oeuvre intitulée Outliers (Trace), 2012, est le travail de Maskull Lasserre. Et cette oeuvre m’a particulièrement intriguée en raison de cette relation entre l’accessoire mode, la chaussure, et son utilité.

Ici, Laserre reproduit des traces d’animaux sur les semelles des chaussures et lorsqu’elles sont portées elles laissent des imprimés de pas dans les zones urbaines, ingénieux travail ! Le montage de photographies en témoigne d’ailleurs l’émotion.

Lors de la visite de la dernière salle, l’oeuvre de la Montréalaise Karine Payette intitulée Espace sans espèce III est une oeuvre phare de l’exposition et elle est dérangeante, car d’un réalisme surprenant, elle fait référence aux lieux de confinement et de conditionnement animal tant notamment en milieu zoologique, domestique ou relatif au spectacle.

Cette triste sculpture démontre un animal plutôt amorphe qui se résigne à perdre ses points de repère naturels et sa liberté que lui impose son nouvel abri contraignant. L’artiste dénonce, de cette façon, cette victime de l’aliénation que l’on inflige aux espèces animales que l’on exploite pour les domestiquer ou se divertir. Ici, l’ours blanc démontre à peine quelques signes vitaux qui sont techniquement bien réussis visuellement par l’ajout notamment d’un moteur à l’intérieur de son ventre simulant ainsi sa respiration.

Lors de cette biennale, il sera également possible de découvrir 34 lieux intérieurs et extérieurs d’installations artistiques à Québec tels qu’à la Place D’Youville, le Château Frontenac, la Place Ste-Foy ainsi que des expositions présentées notamment au Grand Théâtre de Québec, l’Oeil du poisson et le musée Huron-Wendat.

Bref, cette exposition des plus particulières dérange et nous fait réfléchir sur notre vulnérabilité envers l’évolution de plus en plus rapide des différentes technologies de l’information et de l’intelligence artificielle. Ce troublant phénomène qu’est, pour certains, la création d’un monde parallèle fait aussi parfois sourciller.

Photographies, travail personnel et François Berthiaume, Musée national des beaux-arts du Québec, 16 février 2022.

Thierry Mugler n’est plus, son héritage demeure

Onde de choc dans l’univers de la mode hier, 23 janvier 2021, avec l’annonce du décès, à l’âge de 73 ans, du styliste et grand couturier français Thierry Mugler.

Mandfred Thierry Mugler est né à Strasbourg en France en 1948. Enfant, il est de nature plutôt rêveuse et solitaire. Il s’évade dans des mondes fantastiques s’imaginant vivre entre autres dans des grottes comme les Timour. Issu d’une famille bourgeoise, il va à l’encontre de cette mondanité en se créant un univers parallèle.

Jeune, il apprend la danse classique et se joint, à l’âge de 14 ans, aux ballets de l’opéra du Rhin au grand dam de ses parents. La danse lui fait alors découvrir le théâtre, la mise en scène, la création de costumes et lui apporte discipline non seulement du corps, mais aussi de l’esprit. Il étudie également l’architecture intérieure, ce qui lui permet de développer un intérêt marqué pour la construction de formes géométriques aux incroyables perspectives.

Il part en 1969 pour Paris où il s’y installe. Âgé de 21 ans, il fréquente alors les endroits à la mode de Saint-Germain-des-Prés et il propose ses dessins à des manufacturiers du très connu marché Le Sentier. Il se fait rapidement remarqué, car il porte ses propres créations et son style hors normes en surprend plus d’un, mais retiens rapidement l’attention. Il ouvre alors en 1970 une première boutique parisienne nommée Gudule et devient styliste indépendant à l’âge de 26 ans.

En 1973, il crée sa première marque nommée Café de Paris et en 1974 la griffe Thierry Mugler voit le jour. À cette époque la mode, pour ceux qui s’en souviennent, est folklorique, fleur bleue et vraiment déstructurée. Mugler va à l’encontre de ce courant en proposant des modèles hyperféminins, épurés et très sexy. Son style permet ainsi un bel équilibre hors du temps se situant entre classicisme et modernité. En 1978, il ouvre sous sa griffe, une première boutique située à Place des Victoires à Paris.

Dans les années 80, Thierry Mugler se fait connaître à l’international. À cette même époque, je suis jeune étudiante au Collège LaSalle de Montréal en design de mode et c’est notamment avec Claude Montana, Kenzo Takada, Anne Marie Beretta et Azzedine Alaïs qu’ils sont incostestablement NOS créateurs chouchous du moment.

En 1990, à l’invitation de la Chambre syndicale de la haute couture en raison de sa grande maîtrise de la coupe à plat et sa remarquable connaissance du métier, Thierry Mugler crée une première collection en tant que membre invité de la haute couture parisienne, ce qui est un grand honneur !

Son style vestimentaire est unique, il est fabuleux et des plus singuliers. Créateur de rêve, Mugler modifie les codes établis et dérange les conventions. Sa première source d’inspiration est la femme fatale idéalisée pour qui il conçoit des modèles très architecturés aux épaules carrées, à la taille bien marquée, voire corsetée sublimant ainsi toute la féminité de son corps. Ses matières fétiches sont notamment le cuir, le métal et le vinyle. De grands noms défilent pour lui tels que Farida Khelfa ou Jerry Hall. Il conçoit également les costumes de scène pour la première tournée de Mylène Farmer intitulée Tour 89.

Thierry Mugler quitte le domaine de la mode en 2002 pour se consacrer à ses autres passions telles la photographie, la création de costumes de spectacles et la mise en scène.

En 2019, le Musée des beaux-arts de Montréal lui consacre une incroyable exposition hommage intitulée : Thierry Mugler – Couturissime.

Décédé de causes naturelles selon son agent, Thierry Mugler laisse derrière lui un incroyable legs culturel. Talentueux créateur multidisciplinaire, il est, durant sa prolifique carrière, notamment photographe, réalisateur, metteur en scène, créateur de parfums, directeur artistique et grand couturier. Bravo et merci M. Mugler pour cet inestimable aport particulièrement au domaine de la mode où votre mémoire sera longtemps honorée !

Source recherche : Wikipédia, l’encyclopédie libre.

Photographies, travail personnel, février 2019, Musée des beaux-arts de Montréal, Exposition Thierry Mugler – Couturissime.