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Miró à Majorque. Un esprit libre : poétique et ludique exposition à découvrir !

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Le soleil de l’Espagne s’installe cet été à Québec, car des 30 mai au 8 septembre prochain est présenté, au Musée National des beaux-arts du Québec, une grande exposition retraçant une partie de la carrière du peintre et sculpteur espagnol de réputation internationale Joran Miró.

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Cette touchante exposition, unique en Amérique du Nord, retrace la période artistique de maturité de Miró qui s’étend de 1956 à 1981 lorsqu’il s’est établi à Majorque . Le MNBAQ propose ainsi une sélection des oeuvres de l’artiste conçues à partir des collections de la Fundaciô Pilar i Joran Miró à Mallorca en Espagne et de la Successió Miró . Le visiteur pourra donc admirer près de 200 peintures, sculptures et oeuvres d’art sur papier et de nombreuses toiles de grand format.

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Joan Miró est né à Barcelone en Espagne en 1893. En 1907, il s’inscrit à l’école des beaux-arts de La Llotja et présente entre 1918-19 sa première exposition personnelle aux Galerie Dalmau à Barcelone. En 1920, il fait la rencontre de Pablo Picasso à Paris et les deux hommes resteront liés par une amitié et une admiration réciproques sans bornes. En 1921, Miró expose ses oeuvres à Paris à la galerie La Licorne et c’est le début d’une fulgurante carrière.

Joan Miro – Biographie

À Majorque, Miró est très prolifique et créé ainsi plus du tiers de ses oeuvres. Jouissant d’un environnement exceptionnel pour peindre, il se laisse ainsi guider par son grand talent pour expérimenter pendant 25 ans un langage pictural unique en son genre.

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Séparée en six thématiques distinctes, cette vibrante exposition plonge littéralement le visiteur dans des univers très différents comme pour l’atelier Sert, le renouveau et l’inachèvement, les racines et l’identité, l’inspiration, les signes et symboles ainsi que la métamorphose : la matière, le noir, le vide.

Les calligraphies japonaises sont particulièrement intéressantes à admirer, car Miró, fasciné par l’art et la philosophie orientale depuis son plus jeune âge, exprime une nouvelle conception de l’espace en regard du vide procurant ainsi à ses peintures des formes allongées touchantes et inusitées.

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Bref, si vous êtes de passage par la belle ville de Québec où y habitez, cette ludique et charmante exposition vous parlera très certainement !

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Photographies, travail personnel, 6 juin 2019, MNBAQ, Québec.

La mode 4.0 à l’ère de la quatrième révolution industrielle

Du 22 au 24 mai dernier se déroulait à la Maison du développement durable à Montréal un programme de formation et activités organisé par Vestechpro,  Centre de recherche et d’ innovation en habillement, intitulé : Stratégies Mode 4.0 et développement durable.

Le 24 mai, dernière journée d’activité, permettait aux membres des médias invités d’assister à l’événement de clôture à l’Institut du Tourisme et Hôtellerie du Québec, l’ITHQ.

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Lors de cette après-midi riche en information, le panel d’experts composé de Steve Bérard, PDG de Vêtements SP et de Manuel Duran-Murray retenait particulièrement l’attention. Interviewé par Helen Brunet, chargée de projet chez Vestechpro, les deux invités ont tour à tour livré leur intéressant point de vue.

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Mais ce qu’il faut savoir avant d’entrer dans le vif du sujet, c’est qu’en ce début de 21e siècle s’amorce mondialement une quatrième révolution industrielle de technologie numérique nommée Industrie 4.0 dans lequel humains et robots cohabiteront côte à côte afin de mieux servir l’industrie. Dans ce contexte l’industrie de la mode en fera nécessairement partie.

Si on recule dans le temps et ce jusqu’au 18e siècle, il y a eu à venir jusqu’à nos jours quatre révolutions industrielles importantes.

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La seconde moitié du 18e siècle a vu naître la première révolution, soit l’industrie 1.0 par la venue de la mécanisation, de l’utilisation du charbon et des machines à vapeur. La seconde révolution, l’industrie 2.0, s’est amorcée au 19e siècle avec la découverte de l’électricité, la production de masse sous le modèle de Taylor et des lignes d’assemblage. La troisième révolution, l’industrie 3.0, s’est effectuée au milieu du 20e siècle par l’automatisation, la venue des ordinateurs, des composantes électroniques et des télécommunications.

Cette quatrième révolution industrielle, grâce notamment à l’Internet, se fait par une nouvelle façon d’organiser le mode de production à l’aide du monde virtuel, de la conception numérisée, de la gestion des finances et du marketing par le biais de produits et objets du monde réel dans le but d’attirer le consommateur par une offre commerciale personnalisée et unique. Dans ce cas, le volume de production est réduit d’où le concept de slow fashion et le défi sera désormais, pour les entreprises, de maintenir les profits.

Cette nouvelle façon de concevoir la production implique la prise en compte de l’aspect économique, social et environnementale de l’entreprise d’où émerge la notion de développement durable.

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Afin de faire face à cette grande révolution industrielle et tous les changements qu’elle comporte, les deux panélistes invités s’entendent pour dire qu’il est primordial, en tout premier lieu, de faire un diagnostic interne de l’entreprise et dans ce contexte, l’être humain fait partie intégrante de ce changement. Éduquer et former la main-d’oeuvre de demain sont au cœur des soucis de l’employeur.

Les nouvelles technologie de la révolution 4.0 gagneront à être testées en entreprise et afin d’éliminer le gaspillage, les employés devront être formés adéquatement.

Les panélistes invités constatent aussi que l’avenir du secteur de la mode passe définitivement par la robotique. Le travail avec ces nouvelles machines remplacera dorénavant l’humain d’où la nécessité de former la main-d’oeuvre afin d’opérer adéquatement ces nouvelles machines. Les écoles devront également y contribuer.

Les choix écoresponsables que feront les entreprises en regard de l’environnement son important et immédiat. Ce grand virage de l’industrie 4.0 se fera toutefois graduellement.

L’aspect politique joue un rôle majeur et une certaine volonté doit être palpable. En ce sens, l’aide gouvernemental financier reste indispensable.

Depuis la délocalisation de la production en série vers des pays où le coût de la main-d’oeuvre est bas en raison de la mondialisation des marchés, la recherche et le développement de produits modes se font de plus en plus à l’interne et ce mouvement se continue afin de procurer une valeur ajoutée au produit.

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Bref, de belles rencontres et surtout de riches connaissances sur cette fascinante révolution industrielle qui s’amorce présentement.

Source recherche, Wikipédia, l’encyclopédie libre.

Industrie 4.0

Centre de recherche et d’innovation en habillement

Vestechpro

Photographies, travail personnel, ITHQ, Montréal, 24 mai 2019.

Photographie table ronde fournie par Vestechpro, Centre de recherche et d’innovation en habillement.

Remarquables prestations des finissants de l’École supérieure de mode ESG UQAM

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Jeudi 25 avril dernier, c’était soir de fête et pour cause, car les finissants des trois concentrations de l’École supérieure de mode ESG UQAM de l’année 2019 s’étaient donné rendez-vous afin de présenter fièrement leurs projets de fin d’études devant une foule enthousiaste venue assister à l’événement MÔMENTUM lancement et exposition.

Lors de cette remarquable soirée, huit finissants en design et stylisme de mode ont proposé, sous forme de défilé de mode statique et d’exposition, leurs impressionnantes créations. Les sources d’inspirations d’un designer sont nombreuses et variées et les créateurs de demain en ont bien fait la preuve.

Inspiré par le thème Illness Hill, Pierre-Olivier Allard s’est laissé guider pour créer par la maladie, de ce qu’elle comporte et de cette lutte silencieuse pour s’en sortir. Inspiré aussi par cette cliente bourgeoise retraitée à qui on a prescrit, en tant que remède, grand air, repos et immobilité.

Les matières utilisées pour cette impressionnante collection telle que la laine, la soie, les effets plissés et les volumes proposent l’état trouble de la patiente. En opposition, le vêtement suggère la dégradation progressive de l’état physique de celle-ci qui porte en elle une psychologie de combat toujours forte.

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Olivia Bretheau Bidon s’est inspirée quant à elle pour créer du thème intitulé Stimulation bicéphale. Tel un laboratoire médical, des dentiers, des empreintes, des formes organiques, des couleurs cliniques, de la soudure et des petits outils forment cet univers éclaté.

C’est ainsi que prennent vie des styles colorés aux matières plastiques et de type métallique. Des câblages et développement de mécanismes songés donnaient le ton à l’ensemble de cette audacieuse collection.

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Juliette Jorane Charron s’est inspirée pour créer du thème Motherland duquel elle puise un souvenir d’enfance assumé, transformé et raconté en images.

Sous ce thème, la créatrice explore la garde-robe chère aux baby-boomers de l’époque et développe une satire bien personnelle de cette génération. De facture environnementale, cette collection met en évidence le travail recyclé d’un tailleur fait main ou bien d’un pull-over offert en cadeau par grand-maman.

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Le travail de Guillaume Delisle est impressionnant, car inspiré pour créer du thème Conjuration, ce dernier réinterprète de façon admirable le mouvement artistique romantique propre au 19e siècle. Période historique trouble ou démesure et tourmente donnaient le ton au bon goût du moment.

Inspiré par les tableaux de William Blake, de Goya et de Johann Füssli, l’univers froid de Delisle se veut ténébreux et ludique à la fois. L’utilisation de la fourrure et des plumes permet de présenter l’aspect bestial illustré dans les oeuvres de ces grands maîtres.

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Alexis Fontaine-Sylvestre s’est inspiré pour créer du thème Au paradis, tout va bien. Cette collection puise ses racines de la vie mélancolique que le créateur a vécue dans une jolie banlieue boisée, de ses soirées télévisions casanières passées en famille et de ses souvenirs de jeunesse.

Des jeux de substitution de la structure textile sont les éléments-clé de la réflexion du créateur. Les coupes structurées et l’effet de transparence de l’ensemble procure à cette collection une intéressante modernité.

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Le thème Li+ fait référence à la santé mentale et plus particulièrement aux troubles bipolaires. Carl-Olivier Henry propose, pour cette collection, un univers technique et géométrique comportant des habits professionnels traditionnels.

Au lieu d’opposer les contradictions de ses troubles mentaux en les représentants, Henry mise plutôt sur l’intégration homogène de la variété de cette garde-robe. La cohérence et la fonctionnalité de celle-ci permettent de défier le soi-disant statu quo social lié aux troubles de bipolarité.

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Noémie Vallières s’est inspirée pour créer du thème Qualia. Mot qui symbolise cette  perception bien personnelle du monde extérieur qui nous entoure selon notre vécu et notre bagage.

Cette collection est inspirée du spectre de lumière, telle notre vision du monde, de la flore et des expériences sensorielles et émotionnelles qui nous habitent. Celle-ci est réalisée dans des matières nobles. Des jeux de volants, des coupes en biais et l’utilisation d’une technique de transfert d’image à l’acétone, permettant l’insertion de motifs imprimés floraux, donnent le ton à cette vivante collection.

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Sarah Danis-Cyr a signé ses créations sous le thème Trouble et celles-ci sont LE coup de cœur personnel de la soirée pour la simplicité des modèles proposés, l’épuration des styles et en même temps la recherche, la créativité et la cohérence qui s’en dégage.

Trouble part du concept ou la réalité reflète ce que notre cerveau veut bien percevoir. Or, il en est tout autrement en raison de la distorsion visuelle et notre capacité à rêver de façon éveillée, donc plus cette distorsion devient grande, plus le cerveau devient trouble et instable, d’où cette idée de brouillement.

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Les finissants des concentrations commercialisation et gestion industrielle de la mode ont présenté leurs projets de recherche réalisés en équipe. Projets finaux d’études qui ont pris la forme de projet de recherche, de consultation d’entreprise, de plan d’affaires, de développement technologique, de nouveau produit ou de projet de l’organisation de l’événement final.

Tous plus intéressants les uns que les autres, ces projets ont permis aux finissants de développer leurs compétences acquises afin de préparer ceux-ci à affronter le compétitif domaine de la mode et ce, tout en travaillant en équipe et souvent sous pression.

Bref, de mémorables moments passés en leur compagnie à découvrir leurs fabuleuses créations et leur capacité à innover en tant que futurs gestionnaires de la mode.

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Photographies, travail personnel, 25 avril 2019, Musée d’art Contemporain de Montréal.

Une formidable incursion dans l’univers du métier de styliste mode

Toujours un plaisir que d’assister aux conférences animées par le journaliste mode bien connu Stéphane Leduc. La conférence de mercredi 3 avril dernier n’y faisait pas exception, car était présenté au Musée McCord de Montréal une fascinante incursion dans l’univers glamoureux du métier de styliste mode.

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C’est ainsi que Sabrina Deslauriers, agence TEAMM, Cary Tauben, Folio Montréal, et Martin Charbonneau, consultant en shopping personnalisé chez Holt Renfrew ont tour à tour parler de leur fascinant parcours.

Ce type de fonction, de l’industrie de la mode, demande bien évidemment d’être capable de travailler en équipe avec les photographes et maquilleurs professionnels en studio. Une tendance de la demande se dessine aujourd’hui en trois types de mandats différenciés à savoir les stylistes qui collaborent avec les célébrités, ceux qui collaborent pour les magazines de mode et il y a les mandats spéciaux pour des équipes sportives ou autres formes de collaboration.

Sabrina Deslauriers cumule plusieurs années d’expérience dans le domaine. Pour elle, ce métier est avant tout la capacité de mettre en valeur une création afin d’en construire un univers thématique exclusif. Celui-ci demande, c’est certain, beaucoup de travail et il est primordial lors d’un l’accomplissement d’un mandat d’être bien à l’écoute des besoins du client. Elle habille des célébrités telles que Béatrice Martin alias Coeur de Pirate, Valérie Roberts, Sarah-Jeanne Labrosse.

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Fort sympathique et d’une excentricité bien assumée, Cary Tauben inspire par sa personnalité flamboyante et remarquable. Ses sources de création lui viennent principalement de son environnement, des lieux qu’il fréquente et qui l’entoure. Il admire tout ce qui est fantaisiste et différent. Il aime raconter, par son travail, une histoire via les images qu’il réalise. Pour lui, la passion du métier est la clé de la réussite et il garde toujours en tête que c’est le client qui a raison.

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Martin Charbonneau est styliste personnel depuis 15 ans et est consultant chez Holt Renfrew. De personnalité extravertie et au verbe facile, sa prestigieuse clientèle comprend des gens aisés du milieu des affaires et des personnalités connues telles qu’Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada à Paris. Par ce travail, le styliste mode entre dans l’intimité des gens, explique-t-il. Cette fonction demande donc beaucoup de doigté, de discrétion, de professionnalisme et une bonne dose de psychologie. Il est aussi important de mettre les gens à l’aise ainsi ils vous feront confiance et adhèreront plus facilement à vos propositions.

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Les sources d’information des stylistes sont nombreuses et variées et ceux-ci s’inspirent de tout ce qui les entourent pour créer, tant ici qu’à l’étranger, que ce soit au niveau social, artistique ou culturel, une image, une émotion ou un lieu précis tout à la fois peut les inspirer.

Poser la question à savoir quels sont les conseils prodigués à des personnes aspirant à devenir stylistes modes. Tous s’entendent pour dire que définitivement lorsque l’on débute dans le domaine, il est nécessaire de passer par l’étape d’assistant styliste afin de bien comprendre et apprendre tous les rouages de l’industrie et de ce métier. Le réseautage est aussi une bonne façon d’entrer dans le milieu.

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Bref, une mémorable soirée passée en la compagnie de ces pros de l’image !

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De gauche à droite : Sabrina Deslauriers, Martin Charbonneau, Cary Tauben et Stéphane Leduc.

Photographies, travail personnel, Musée McCord, Montréal, 3 avril 2019.

Une mode qui bouscule et dérange

Mardi 26 mars 2019 était présenté au Collège LaSalle de Montréal une pertinente conférence bilingue concernant une tendance actuelle captant bien l’air du temps qui bouscule et dérange.

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Animé par Debbie Zakaib, directrice générale chez mmode, cette intéressante conférence a permis de découvrir les univers éclatés de quatre panélistes de choix et anciens étudiants du collège bien engagés dans leur milieu.

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C’est ainsi qu’Hannah Rose Dalton et Steve Raj Bhaskaran créateurs de la marque FECAL MATTER, Rosalie Lemay designer de la griffe Pretend Play et Estelle Gervais, rédactrice en chef du magazine international THEFINEPRINT ont partagé leurs visions éclairées de cette tendance excentrique et rebelle du moment défiant ainsi tous les règles et codes de ce qui se veut acceptable socialement. Cette audacieuse mode intrigue, choque, dérange, provoque et fait parler d’elle grandement. Elle ne laisse à coup sur personne indifférent.

De toutes les époques, le phénomène mode a bousculé et renversé les codes établis. Pensons au courant de mode des Incroyables et des Merveilleuses au 18e siècle, sous le Directoire, en France ou bien à celui de la mode punk apparue en Angleterre au milieu des années 1970 par le biais de groupes musicaux tels que les Sex Pistols pour s’en convaincre. Vivianne Westwood, cette créatrice de mode septuagénaire engagée, a bien capté d’ailleurs à l’époque cette mouvance.

Retour en images sur cette captivante après-midi.

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Étonnamment terre à terre et allumés, dans leurs propos, pour leur jeune âge et en regard de leurs audacieuses tenues vestimentaires, le duo FECAL MATTER a partagé avec un public attentif sa démarche créative, ses sources d’inspiration dont sans étonnement le travail du créateur belge Martin Margiela et leur vision éclairée du monde qui nous entoure. Cette vision d’ailleurs du développement durable est également présente chez eux en s’efforçant notamment de raccourcir au maximum le cycle de production d’un vêtement. Pas étonnant que le compte Instagram de cette marque compte plus de 425 mille abonnés étant donné l’engagement inconditionnel des générations Y et Z pour l’environnement.

Demander à ce duo de créateurs spontanément un mot-clé afin de définir la mode, c’est le mot business qui leur vient tout de suite en tête. C’est donc dire à quel point leur démarche est réfléchie.

Articulée, politisée, assumée complètement et audacieuse comme pas une, Rosalie Lemay attire l’attention par son allure mi théâtral et mi spectacle. Elle a partagé avec le public présent son grand engagement social, politique et culturel, expliqué sa démarque artistique et sa vision personnelle du phénomène mode telle que nous le connaissons aujourd’hui.

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Estelle Gervais a vanté, et avec raison, le succès international et hors du commun du magazine THEFINEPRINT en mentionnant à quel point les gens s’intéressent à tous ce qui nous entoure. Ils sont curieux d’en apprendre davantage et aiguisent constamment leur esprit critique concernant les nouveautés, les mouvements culturels et sociaux qui marquent notre époque.

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Bref de mémorables moments passés en leur compagnie !

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Photographies, travail personnel, Collège LaSalle, Montréal, 25 mars 2019.

FECAL MATTER

Pretend Play

THEFINEPRINT

Une mode qui dérange

Mardi 26 mars prochain, se déroulera au Collège LaSalle de Montréal, un prometteur panel. Animé par nulle autre que madame Debbie Zakaib, Directrice Générale chez mmode, ce panel permettra de découvrir les univers éclatés et novateurs de quatre personnalités influentes et anciens étudiants du collège des arts et de la mode.

FECAL MATTER, duo de créateurs, c’est l’excentricité à son comble. Marque qui ne laisse personne indifférent par son style provocateur, Rose Dalton et Steve Raj Bhaskaran s’inspirent de tout ce qui est extrême et bizarre pour créer, de cette relative beauté de toutes choses qui s’exprime dans la vie, la mort et aussi entre les deux.

Rosalie Lemay, artiste multidisciplinaire et styliste, c’est l’engagement pour le mouvement slow fashion, c’est ce mixte entre punk, grunge et pop culture. Depuis 7 ans, elle signe ses créations pour la marque Pretend Play. Inspirée par des pièces vintages qu’elle taillade, retravaille et distribue, elle provoque, émeut et capte l’air du temps par sa vision très lucide.

Estelle Gervais, rédactrice en chef de THEFINEPRINT, magazine dédié à l’art et la mode pose un regard critique de tous ce qui nous entoure. Magazine engagé, il traite bien sûr de mode, mais aussi de graphisme, de mouvements sociaux et d’impacts politiques.

Bref, bien hâte d’assister à cette excentrique conférence !

La mode qui dérange

Fashion Preview 11e édition : créativité, audace et authenticité

Mercredi 20 mars 2019, tout le Montréal Fashion se donnait rendez-vous à la Société des Arts Technologiques de Montréal, la SAT, afin de célébrer la mode et le talent d’ici.

C’est dans une ambiance survoltée dans le cadre de l’événement Fashion Preview que Denis Gagnon, Jessy Colucci, Janie McLauglin et MARKANTOINE ont présenté, pour le plus grand bonheur de tous les fashionistas réunis, leurs nouvelles collections A/H 2019-20.

Les étudiants de trois écoles de mode dont l’École Supérieure de Mode  ESG – UQAM le Collège LaSalle et le Cegep Marie-Victorin ont également proposé, sous forme d’expositions et de prestations éphémères, leurs visions éclatées de la mode de demain.

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Les créateurs d’ici débordent de talents, de créativité et de savoir-faire et la saison prochaine ne fait pas exception. C’est dans cette vision novatrice que ceux-ci ont présenté des styles aux coupes réfléchies, aux couleurs chatoyantes et aux accents culturels venus d’ici et d’ailleurs donnant ainsi le ton à cette enivrante soirée.

Denis Gagnon a ouvert cette 11e édition avec brio en étonnant avec joie le public réuni en proposant des styles colorés et rafraichissants pour la saison à venir. Tel un arc-en-ciel de couleurs, défilaient sous nos yeux enchantés des modèles d’une belle ampleur notamment aux coupes A, tantôt à effets optiques de rayures horizontales, verticales et obliques surprenantes et tantôt au métissage de styles et de genres songés, tel que le créateur sait nous les offrir. De remarquables jupes à plis soleil portées sur des fuseaux donnaient aussi le ton à cette prochaine saison.

Coup de cœur perso définitivement pour cette éclosion de couleurs vibrantes !

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Jessy Colucci créateur de la marque PROCESS VISUAL a proposé des modèles pour hommes et femmes étonnants aux coupes songées, aux savants mélanges de drapés, de nouages et de boucles de ceinture savamment placées. Certains styles arboraient d’intéressantes manches aux larges poignets et plusieurs autres étaient croisés à l’avant et retenus par un large ceinturon procurant ainsi à cette collection un superbe parfum d’Orient et une allure résolument moderne et intemporelle.

L’utilisation de matière de type satin procurait aussi sensualité et vibrance à cette belle collection. Un audacieux mélange des genres féminin masculin, bien dans l’air du temps, rendait celle-ci audacieuse et éclatée.

Coup de cœur perso définitivement pour les coupes et nouages des modèles présentés !

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Jannie McLauglin a présenté une collection féminine à souhait ou de belles robes cocktails et de soirée notamment d’inspiration charleston, de modernes jumpsuits et des ensembles aux couleurs chatoyantes telles que le violet, le mauve et bleu roi donnaient le ton à ce charmant défilé.

Coup de cœur perso pour cette jolie robe cocktail à bustier !

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Markantoine Lynch-Boivert a clôturé, de main de maître, la 11e édition de Fashion Preview en présentant un défilé éclaté à la hauteur des attentes du public venu nombreux pour assister à cette grande prestation.

Quelques modèles arboraient, avec bonheur, un blanc lumineux pour l’automne prochain. Des styles coupés dans un superbe tissu au motif floral imprimé lime et noir procuraient cet esprit gothique exotique propre à la marque. De lumineuses couleurs florescentes très tendances, des carreaux d’inspiration britannique, de larges t-shirts aux slogans engagés donnaient le ton à ce défilé un brin punk rempli d’une créativité débordante pour assurément beaucoup de talent chez MARKANTOINE.

Coup de cœur perso pour les modèles coupés dans des matières blanches à la luminosité automnale éblouissante !

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Bref, quatre intéressantes collections de grande qualité et originales présentées pour une mémorable soirée passée chez Fashion Preview, 11e édition !

Photographies, travail personnel, Fashion Preview, SAT, Montréal, 20 mars 2019.

Crédit photos : photographies authentifiées Fashion Preview : GRL photographie

Janie McLaughlin, un nom à découvrir

Dans le cadre de la 11e édition de l’événement Fashion Preview présenté le 20 mars prochain, Janie McLaughlin, créative designer de sa marque éponyme, présentera sa nouvelle collection A/H 2019-20 pour le plus grand bonheur de tous les fashionistas réunis ce soir-là.

Passionnée par l’art et la mode depuis toujours, elle poursuit des études en design de mode au Campus Notre-Dame de Foy de Québec. Elle présente par la suite une collection A/H en février 2014 lors du Ottawa Fashion Week. Forte de ce succès, elle démarre son entreprise de vêtements et service de couture au Nouveau-Brunswick, province d’où elle est originaire.

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Désirant parfaire ses connaissances du domaine, elle entreprend en 2015 des études universitaires à l’École Supérieur de mode ESG – UQAM. C’est lors d’un stage de formation au théâtre de la Monnaie à Bruxelles en Belgique qu’elle développe un style bien personnel.

Aujourd’hui, sa mission en tant que leitmotiv est de créer des modèles et accessoires uniques en leur genre, de bonne qualité à partir de matières textiles qu’elle réinvente et imagine. Styles tous confectionnés au Canada.

Bref, bien hâte de découvrir cette prometteuse collection !

Remarquable MONTRÉAL COUTURE

En marge de l’exposition Thierry Mugler – Couturissime se déroule présentement et ce, jusqu’au 8 septembre 2019, au Musée des beaux-arts de Montréal, l’exposition MONTREAL COUTURE. Mardi 26 mars dernier, les médias invités lors de la conférence de presse ont pu découvrir l’immense talent des 10 créateurs québécois participants à cette remarquable exposition.

Que serait aujourd’hui Montréal, ville de Mode, sans Nathalie Bondil directrice générale et conservatrice en chef au MBAM ? Passionnée de mode et d’art, bien sûr, elle a saisi toute de suite l’occasion, lors du récent Bal du Musée en novembre dernier lors de la soirée NUIT COUTURE de présenter au grand public les créations des prolifiques designers d’ici.

Pour l’occasion, 10 créateurs de mode québécois dont Phillipe Dubuc, Denis Gagnon, Ying Gao, Helmer Joseph, Nathon Kong, Marie-Ève Lecavalier, MARKANTOINE, Fecal Matter, Atelier New Regime et Marie Saint-Pierre présentent leurs impressionnantes créations au Musée des beaux-arts de Montréal ce printemps et durant tout l’été.

Philippe Dubuc, créateur de mode masculine de renom est en constante évolution avec le modernisme et les nombreux contrastes urbains dans lesquels nous vivons, sa créativité est marquée par une grande polyvalence qui suggèrent des assemblages de matières complexes, songés et intemporel à la fois.

Son style unique en soi se distingue par des silhouettes épurées et raffinées, par des coupes nettes ainsi que la finition de ses vêtements très soignée et l’utilisation des matières textiles modernes aux tonalités très minérales et monochromes qu’il utilise.

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Denis Gagnon est considéré comme l’un des créateurs canadiens les plus prolifiques et influents de sa génération. En 2010, le MBAM lui a consacré une superbe exposition hommage intitulée Denis Gagnon s’expose. Il est également le premier créateur québécois à y avoir exposé ses oeuvres.

Reconnu pour son approche dite haute couture du cuir, sa matière fétiche, qui l’inspire profondément, il le taillade, la tresse, le plisse et le moule talentueusement. Pour cette exposition, il a choisi de présenter d’impressionnantes robes comportant un jeu d’ingénieuses fermetures à glissière en métal. Tel un sculpteur et sa matière, le style de Denis Gagnon oscille entre structure vestimentaire complètement aboutie et savante déconstruction réfléchie de son oeuvre.

Denis Gagnon

Ying Gao, c’est tout simplement le vêtement de demain. Qualifiant sa recherche et son art de design spéculatif ou design fiction, elle remet constamment en question la notion de vêtement tel que nous la connaissons alliant ainsi design de mode et design industriel, architecture et médias interactifs. Elle explore constamment la construction d’un vêtement en s’inspirant des transformations que subit l’environnement urbain et social dans lequel nous évoluons.

Ying Gao habite Montréal depuis 1993 et enseigne à l’UQAM. Elle a reçu de nombreuses distinctions pour la réalisation de plusieurs projets de créations présentés lors d’expositions notamment en France, en Suisse et au Canada. Son impressionnante oeuvre a été honoré partout par de prestigieux médias internationaux.

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Originaire d’Haïti, Helmer Joseph, créateur de mode masculine de grands talents, s’installe au Québec avec sa famille en 1977. Il étudie par la suite en design de mode puis s’installe à Paris en 1983 ou il fréquente plusieurs écoles spécialisées du domaine. Pendant plus de 20 ans, il travaille avec les plus grands noms de la haute couture et du PAP parisien dont Claude Montana, John Galliano et Thierry Mugler.

Pour cette exposition, il a choisi de travailler avec le coton, fibre très utilisée dans la fabrication de vêtements et accessoires de décoration en Haïti, le coton, pour Helmer Joseph, évoque l’enfance, le contact avec le nourrisson et les réconfortantes poupées créées avec celle-ci. Sous le chaud soleil des Caraïbes, le coton a été longtemps considéré comme l’or blanc dans cette partie du globe.

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D’origine Thaïlandaise, Nathon Kong s’installe au Québec en 2003. Créateur de mode de sa marque éponyme haut de gamme, il se spécialise dans la fabrication de complet pour hommes sur mesure.

Pour cette exposition, il s’est laissé guider par le mystère qu’entoure la soie. Les doublures de ses complets sont inspirées par cette fibre naturelle. Aux superbes motifs dignes d’une oeuvre d’art et dont les détails ont été méticuleusement sélectionnés. Ces costumes reflètent admirablement bien les différentes caractéristiques propres à cette marque.

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Marie-Ève Lecavalier, prometteuse créatrice de mode, s’est inspiré pour fabriquer ses modèles de matière entrelacée et l’effet est magnifiquement réussi. Féminins et robustes à la fois, ces vêtements inspirent douceur, calme et éléments de la nature en harmonie.

Diplômées du baccalauréat en design de mode de l’École supérieure de mode, elle poursuit son apprentissage à New York afin d’effectuer un stage chez Alexander Wang. Récipiendaire du prix Chloé, lors du prestigieux concours du Festival international de mode et photographie d’Hyères en 2018 pour un look créé en l’honneur de cette maison ainsi que d’une mention spéciale du jury pour la collection Come get trippy with us, elle effectue au même moment un stage à Anvers chez le créateur belge Raf Simons. De retour au Québec, elle envisage de laisser définitivement sa marque dans le milieu de la mode haut de gamme tant ici qu’à l’étranger.

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Markantoine Lynch-Boisvert, créateur de la griffe MARKANTOINE, lance sa propre marque en 2015. Designer à l’esthétique gothique exotique surprenante, il s’inspire, pour créer, de tout ce qui est étrange, des dualités et des contrastes du monde qui nous entourent. Discours créatif qui prend vie sous la forme de chroniques oniriques définissant ainsi ce style unique et éclaté.

Utilisant parfois jusqu’à 60 tissus différents pour créer ses collections, il opte pour des matières recyclées, notamment le denim. Matière fétiche du créateur, ce tissu représente une bonne partie de son travail. Désirant insuffler une seconde vie à cette résistante fibre, il est d’avis que la durabilité est un aspect essentiel actuellement de développement durable dans l’industrie mondiale de la mode.

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Steven Raj Bhaskaran et Hannah Rose Dalton, duo de créateurs de la marque multidisciplinaire, FECAL MATTER, s’inspirent pour créer de l’antithèse des standards de beauté telles que nous les connaissons aujourd’hui. Chaque création dissimule un message bien songé. Leur style transgressif ne laisse personne indifférent.

Le duo de cette marque tire ses sources d’inspiration d’une interprétation bien personnelle du cycle de consommation effrénée, de nos jours, dans lequel nous vivons ainsi que du manque total de valeur envers le monde matériel qui nous entoure. Créateurs engagés, par ce désir de changement et par cette liberté d’expression, ce duo capte grandement l’air du temps.

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Les créateurs Koku & Gildas Awuye, originaire du Togo et fondateur de la griffe Atelier New Regime, forment un impressionnant duo imposant sa vision avant-gardiste de la mode depuis 2009. Inspiré de la culture urbaine, de l’art, du design et de la photographie, ce duo repousse sans cesse les limites de la création. Designers autodidactes, ils ont récemment remporté, à Toronto, le prestigieux prix de la meilleure griffe de mode masculine de l’année lors du prestigieux gala CAFA.

Pour cette exposition, une sympathique collection capsule intitulée Hometown Heroes a été créée afin de rendre hommage à tous les héros de la vie quotidienne qui luttent pour réaliser leur rêve. C’est ainsi que les mannequins ouvriers, entrepreneurs et créateurs exposés proposent des habits d’une couleur orange tangerine vibrante. Couleur préférée de ces deux créateurs éclatés et qui est devenue au fil du temps emblématique pour cette marque.

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Marie Saint-Pierre cumule aujourd’hui plus de 30 ans de remarquable carrière. Elle un peu comme notre Gabrielle Chanel québécoise, car toujours repousser les limites établies et x capter l’air du temps , n’est-ce pas là aussi le propre de la mode ?

Le style, débordant de créativité, de ses vêtements est intemporel et remarquable. Chaque vêtement créé porte visuellement la signature sa créatrice. La recherche et le développement sont au cœur de son travail. Chacune de ses créations est issue d’une réflexion songée concernant les matières utilisées ainsi que la façon la plus ingénieuse possible d’en retirer tout le potentiel intemporel.

Marie Saint-Pierre a reçu, en 2018, le prestigieux Prix de la designer de l’année, mode féminine, attribué par le Canadian Arts & Fashion Awards de Toronto, le CAFA.

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Photographies, travail personnel, Musée des beaux-arts de Montréal, 26 février 2019.

Thierry Mugler – Couturissime : poétique et superbe exposition

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Mardi 26 mars 2019, c’était jour et soir de fête au Musée des beaux-arts de Montréal, car se déroulait, en avant-midi, la conférence de presse en la présence de Thierry Mugler, et se tenait en soirée le très attendu vernissage de la grande exposition hommage consacrée à son génie créatif intitulée Thierry Mugler : Couturissime. Une foule impressionnante s’était d’ailleurs assemblée en soirée pour ce mémorable événement.

Cette grande exposition retrace la carrière et l’oeuvre de ce génie créateur à l’imaginaire particulier, débordant de poésie et de sensualité qui a marqué l’univers collectif de la mode et de haute couture de 1967 jusqu’à son départ du domaine en 2002. Cette exposition révèle également les multiples talents du créateur qui est grand couturier français, metteur en scène, photographe et parfumeur.

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Pour  cette occasion, c’est plus de 150 tenues, restaurées et exposées, pour la première fois devant public qui ont été créées entre 1977 et 2014. De nombreux accessoires, costumes de scènes, vidéos, archives et croquis sont également présentés.

Le grand public pourra également admirer une centaine de tirages rares des plus grands artistes et photographes de mode tels que Jean-Paul Goude, Karl Lagerfeld ou Max Abadian. Une galerie entière est aussi dédiée à l’heureuse collaboration entre Thierry Mugler et le photographe Helmut Newton.

Cette riche exposition est divisée en six thématiques telle une pièce de théâtre divisée en six actes différents.

L’acte premier intitulé MACBETH & LADY M raconte la triste histoire de La tragédie de Macbeth, pièce écrite par William Shakespeare en 1606.

Cette histoire raconte le destin de Macbeth, chef des armées victorieux à l’époque de l’Écosse médiévale.

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Dans cette salle d’exposition, le visiteur pourra admirer les hallucinantes créations réalisées en 1985 pour la Comédie Française lors de la présentation du Festival d’Avignon.

Les imposants costumes fabriqués de cuir et de métal représentent des armures et cuirasses magistrales laissant apparaitre des pourpoints-musculatures étonnants.

Une oeuvre numérique réalisée par Michel Lemieux, concepteur et réalisateur bien connu, est projetée virtuellement sur le mur du fond de la salle. Intitulée La dissolution de Lady Macbeth cette réalisation est troublante et fascinante à la fois.

L’acte second intitulé LA MODE MISE EN SCÈNE est nettement plus joyeux. Déclarant que sa seule vraie vocation est le spectacle, Thierry Mugler conçoit en 1984, dans le cadre du 10e anniversaire de sa maison de couture, un défilé-spectacle, opératique, qu’il ouvre au public afin de présenter sa collection A/H lors de l’inauguration du Zénith à Paris.

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Le podium du défilé se transforme alors en comédie musicale, écran hollywoodien et cabaret des plus glamours, ses mannequins incarnant ainsi des personnages de science- fiction et de superhéroïnes bien assumées remplies d’humour.

Durant cette époque, les vêtements de Mugler sont portées par des célébrités telles que David Bowie, Diane Dufresne, Céline Dion, Madonna et Beyoncé.

L’acte trois intitulé BELLE DE JOUR & BELLE DE NUIT plonge littéralement le visiteur dans l’univers réinventé par le créateur de la décennie 1970. À contre-courant des modes du temps, il propose la femme glamazone, celle qui se veut moderne, chic, urbaine et fantaisiste à la fois. Désormais, pour Thierry Mugler, le pouvoir de la séduction féminine rime avec réussite professionnelle.

Le style power dressing est à l’honneur. Par ses coupes anatomiques imposantes, ses silhouettes architecturales, ses immenses chapeaux, ses épaules bien marquées, ses robes moulantes, ses rutilants corsets et ses interminables cuissardes, la femme Mugler est assumée et en pleine possession de ses moyens.

L’acte quatre intitulé DANS L’OEIL DU PHOTOGRAPHE plonge maintenant le visiteur dans l’univers de la photographie de mode. Remplaçant désormais les illustrations popularisées durant les années 60, le rôle des rédacteurs en chefs des magazines est dès lors de soutenir les jeunes créateurs, mannequins et photographes de mode.

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L’acte cinq intitulé MÉTAMORPHOSES permet de découvrir un monde animal fascinant. Depuis toujours Thierry Mugler s’intéresse à ce qu’il appelle le plus bel animal au monde soit l’être humain. Selon lui, la séduction fait référence au monde animal qui l’inspire à concevoir des créations fantastiques. Quatre collections voient ainsi le jour et marquent cette fascination.

Il conçoit en 1989, Les Atlantes une collection ou des nymphes aquatiques peuplent les fonds marins de leurs costumes. Bustiers coquillages, jupes paréo et robes à effet de raie manta, basques superposées sur les hanches de ses tailleurs font de ces muses des personnages marins plus grands que nature.

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La collection Le bestiaire que Mugler réalise est inspirée des insectes, reptiles, oiseaux et papillons. Novateur, Thierry Mugler utilise des matières synthétiques afin d’imiter les pelages et carapaces.

En 1997, la collection Les Insectes comprend, à son tour, de spectaculaires robes fourreau dont la matière utilisée rappelle sans contre dit la carapace de ceux-ci.

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La collection A/H 1997-98 La Chimère présente une créature tirée tout droit de la mythologie possédant une armure articulée, des écailles brodées de cristaux, de faux diamants, de plumes et de crin de cheval. Création qui a demandé, on s’en doute bien, des milliers d’heures de travail.

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L’acte final de cette fabuleuse exposition intitulée COUTURE GYNOIDE & FUTURISTE est impressionnant à voir en raison des silhouettes aérodynamiques et robotiques des costumes qui s’en dégage.

La collection anniversaire, A/H 1995-96, des 20 de la maison de couture, propose La Mashinenmensch cette femme-robot qui est un chef-d’oeuvre de réalisation de par sa technique inédite de bustier coulé en chrome et de sa combinaison fabriquée en plexiglas.

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En 1989, Thierry Mugler présente sa collection Hiver Buick, afin de rendre hommage à l’Américain Harley J. Earl, qui a dessiné les légendaires ailerons des Cadillac Eldorado en 1959. Il conçoit alors de façon humoristique des robes fourreaux amovibles, des bustiers dits pare-chocs, des ceintures d’allure radiateur et des sacs munis d’ailerons.

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Bref, une surprenante exposition, remplie de poésie, définitivement à voir pour tous les amoureux d’art, de beauté, de mode, de créativité, d’avant-gardisme et d’humour!

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Photographies, travail personnel, Musée des beaux-arts de Montréal, 26 février 2019.