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Lancement remarqué du magazine COLLABORARE au Campus Notre-Dame-de-Foy

C’était soir de fête, à l’École de mode du Campus Notre-Dame-de-Foy, mercredi 4 octobre dernier grâce au lancement du tout nouveau magazine COLLABORARE 2023.

Et, pour cause, car issu d’une collaboration stimulante entre le CNDF, le Cégep de Matane et le SEPR, Centre de formation professionnelle français de Lyon, ce magazine est un remarquable modèle de l’internationalisation de la formation académique actuelle.

Finissantes : Rebecca Tremblay et Élodie Veillette.

Le projet

Les étudiants de la formation en photographie du Cégep de Matane collaborent avec les étudiants de l’École de mode du CNDF depuis 2017. Et, de cette façon, les collections réalisées par les finissants en design de mode du Campus Notre-Dame-de-Foy sont photographiées par leurs collègues, de futurs photographes. Depuis cette même année, le CNDF collabore également avec le programme français des métiers de la mode de la SEPR.

Allocution de monsieur Jérôme Bourque, professeur de photographie au Cégep de Matane.

Et, la suite

En 2019, Robert Baronet, qui est coordonnateur et enseignant au programme de photographie de Matane, a eu l’idée de créer une collaboration entre les trois institutions d’enseignements afin de lancer un magazine mode mettant en vedette le talent de tous ces étudiants.

Chose faite, ce magazine est réalisé depuis chaque année et permet de mettre en valeur le talent et les créations de ces futurs designers de mode. Créations qui sont magnifiées par de talentueux photographes et stylistes modes.

Olivier Plaud et Elie Maheu, étudiants de 2ième année.

Afin de réaliser cet intéressant magazine, trois enseignants de l’école de mode soient mesdames Line Bussières, Hélène Plante et Julie Ouellet ainsi que monsieur Yves Arcand, coordonnateur et enseignant au département de photographie sont en charge de l’ensemble du processus créatif de ce magazine.

Fort de cette vision créative unique en son genre, c’est monsieur Jacques Tranchant, partenaire et enseignant au programme d’Études de réalisation du projet de communication de la SEPR qui invite ses étudiants, situés de l’autre côté de l’Atlantique, à réaliser les différentes maquettes.

Celles-ci sont ensuite évaluées par un comité professoral afin de choisir la meilleure réalisation. La maquette sélectionnée est, par la suite, améliorée. Détails techniques et visuels, rien n’est laissé au hasard, puis vient ensuite l’impression du magazine chez ce précieux partenaire français qu’est la SEPR et, voilà, le résultat final !

De gauche à droite : Sabrina Blouin-Corriveau, Myriam Patry, Justine Caron, Rebecca Tremblay, Xavier Moreau, Élodie Veillette, Francis Carrier, Léa Bourget-Pelletier.

En feuilletant ce magazine avec intérêt, ce qui retient l’attention en premier lieu, c’est le professionnalisme de l’ouvrage, puis vient ensuite l’originalité de la mise en page et la qualité des photographies publiées. Finalement, l’émotion qui s’en dégage est un moment de pur bonheur !

Bref, un superbe projet qui met en valeur tout le travail de ces talentueux finissants en design et futurs designers de mode québécoise, sans oublier, bien sûr, une superbe soirée passée en leur compagnie, bravo !

Photographies : Travail personnel et François Berthiaume, École de mode du Campus Notre-Dame-de-Foy, 4 octobre 2023.

Dialogue Mode & Art entre Yves Saint Laurent et Claudia Wieser

Le Musée Yves Saint Laurent, situé au 5, avenue Marceau à Paris, est impressionnant à visiter et dimanche 24 septembre 2023 la découverte de l’exposition Yves Saint Laurent – Formes, décors et œuvres de Claudia Wieser bonifiait ce sentiment.

Yves Saint Laurent formes, c’est la rencontre artistique entre le legs d’Yves Saint Laurent, grand couturier de génie, et la talentueuse artiste allemande Claudia Wieser.

Riche d’une quarantaine de modèles haute couture et de prêt-à-porter, d’accessoires modes, de croquis parmi les plus audacieux du grand couturier, cette intéressante exposition propose un dialogue franc entre les décors et œuvres de Claudia Weiser et les créations d’Yves Saint Laurent. Conversation artistique inédite qui procure une expérience totale inscrivant sans contre dit le travail de Saint Laurent dans l’époque contemporaine.

Dès 1960, Yves Saint Laurent créé des modèles alliant simplicité de la coupe et des formes à la rigueur des lignes et couleurs vives qu’il utilise. Ses créations s’inscrivent, à ce moment, bien dans l’air du temps et suivent ainsi les courants artistiques modernes d’abstraction simple et géométrique des formes, de mouvement artistique du constructivisme et de l’art concret.

De gauche à droite : jumpsuit d’un ensemble de jour, haute couture A/H 1984, jersey de laine. Ensemble de jour blouson et pantalon, haute couture A/H 1984, tweed de laine. Jumpsuit, haute couture P/E 1975, gabardine de laine. Jumpsuit d’un ensemble habillé, haute couture, A/H 1969, jersey de soie. Ensemble tunique et pantalon, collection Saint Laurent, rive gauche, A/H 1969, jersey de laine.

À cette même époque, Yves Saint Laurent créé des robes minimalistes comportant des combinaisons de couleurs monochromes saisissantes. Il imagine également des compositions de formes abstraites tantôt épurées et parfois plus exubérantes, ce qui procure des surfaces planes aux teintes très vibrantes. Ce qui est visuellement de matière picturale se transforme, sous son talent, en création textile fabuleuse équilibrant ainsi aisément les couleurs, formes, surfaces et lignes de ses modèles.

En avant-plan : Robe de jour, collection Saint Laurent rive gauche, A/H 1997, jersey de laine. En arrière-plan : robe d’un ensemble habillé, haute couture, A/H 1966, jersey de laine.

Lors du parcours de l’exposition, les dynamiques installations géométriques aux couleurs vibrantes de Claudia Wieser renforcent ce sentiment d’expérience totale entre les créations d’Yves Saint Laurent et l’artiste.

Le grand couturier aux mille talents oppose également facilement le noir au blanc afin de créer par l’effet de jeux optiques de fascinants mouvements à ses créations.

Le noir est la teinte favorite d’Yves Saint Laurent pour les tenues du soir comme pour celles du jour. Par un subtile jeu de contrastes, opposé au blanc, de symétries et d’effets optiques, le grand couturier créé un incroyable répertoire visuel de formes qu’il décline sans cesse.

À gauche complètement : robe de cocktail, collection Saint Laurent rive gauche, P/E 1983. Robe de soir, haute couture P/E 2000, cloqué de soie et organdi de soie. Ensemble de soir, haute couture, P/E 1980, satin de soie brodé. Robe habillée, haute couture, P/E 1988, shantung et satin de soie. Robe de jour, collection Saint Laurent rive gauche A/H 1997. Tailleur, collection Saint Laurent rive gauche P/E 1980, gabardine gansée de laine. Robe d’un ensemble de soir, haute couture, P/E 1975, jersey de soie. Ensemble de soir, collection, haute couture A/H 1994, crêpe et velours de soie.

Claudia Wieser, pour créer ce dialogue artistique, porte une attention toute spéciale aux formes et couleurs. Plusieurs courbes, angles droits, sphères ou lignes brisées sont mises en scène afin de procurer cette expérience totale inédite.

À propos de Claudia Wieser

L’artiste se définit comme intuitive et spirituelle. Elle puise notamment ses sources d’inspiration des œuvres de Vassily Kandinsky et Paul Klee pour créer. Claudia Wieser se plaît à explorer les constructions géométriques modernes et elle est reconnue pour produire de remarquables installations immersives et contemplatives à la fois.

Bref, une superbe exposition définitivement à voir si vous êtes de passage à Paris et ce, jusqu’au 14 janvier 2024 afin d’apprécier ce fin dialogue entre le legs d’Yves Saint Laurent et le travail de Claudia Wieser.

Le Studio d’Yves Saint Laurent et le célèbre tailleur hommage à Piet Mondrian, collection haute couture P/E 1980, prototype, toile de coton.

Photographies : travail personnel, Musée Yves Saint Laurent, Paris, 24 septembre 2023.

Source : Documentation scénographique, Musée Yves Saint Laurent, Paris.

Le manifeste de la mode de Gabrielle Chanel

Présentée en 2020-21 à Paris à l’occasion de la réouverture du Palais Galliera suite à des travaux d’agrandissement, la grande exposition Gabrielle Chanel. Manifeste de la mode est maintenant présentée au V&A de Londres sous le titre : Gabrielle Chanel. Fashion Manifesto et ce, jusqu’au 25 février 2024. La mise en vente des billets, pour le grand public affiche présentement sold-out et avec raison.

Cette grande exposition est divisée en deux parties, la première, articulée de façon chronologique, évoque les débuts de Gabrielle Chanel par quelques pièces iconiques telles que la fameuse marinière en jersey créée en 1916.

La seconde partie de l’exposition relate son retour à la mode, après la Seconde Guerre mondiale, et se veut plus thématique afin de décrypter les codes vestimentaires de la maison tels que le fameux tailleur en tweed gansé, les célèbres escarpins bicolores, le sac matelassé, les bijoux de fantaisie et la haute joaillerie, tous des indispensables de l’allure intemporelle de Chanel.

Blouse marinière, 1916.

Créatrice hors norme Gabrielle Chasnel dite Coco Chanel révolutionne la mode de l’époque à sa façon et écrira au fil du temps un véritable manifeste de la mode.

Biographie – Gabrielle Chasnel

Vers une nouvelle élégance

À cette époque, Paul Poiret règne en maître en matière de mode féminine sur Paris. Et, Gabrielle Chanel va, dès 1912, révolutionner à son tour le monde de la mode. C’est à Deauville, Biarritz et Paris qu’elle signera son manifeste de la mode, l’histoire de sa vie.

Le style Chanel se précise peu à peu par notamment la création de la petite robe noire, qualifiée de Ford de la robe en 1926 par le magazine Vogue américain. Ses modèles sports durant les années folles jusqu’aux robes plus sophistiquées des années 30 affinent ce style si singulier.

Robe en crêpe de soie, verre et métal, 1926.

Robe 1930-35, coton imprimé.

Certains de ces modèles sont figés dans le temps et sont bien représentatifs de l’époque à laquelle ils appartenaient tandis que d’autres sont encore très actuels.

Robe en crêpe de soie noire, tulle, dentelle et perles brodées.

Cette section de l’exposition est magique et elle nous transporte dans un univers de rêve. Les dentelles, broderies, le travail de perlage et les fabuleux tissus utilisés confèrent tout le talent et le savoir-faire de la créatrice ainsi que de sa maison.

Chandail et jupe en laine, 1920.

Robe à plis et veste en taffetas de soie, 1926.

Robe en chiffon de soie imprimée, 1930

La visite de cette impressionnante exposition permet également de découvrir une salle dédiée exclusivement au célèbre parfum No 5 lancé en 1921, symbole même de l’ADN de Coco Chanel.

Au cours de ce riche parcours biographique, plusieurs superbes portraits photographiques de Gabrielle Chanel accompagnent l’intéressante scénographie et démontrent à quel point la créatrice française incarnait sa marque.

1939 – Début de la Seconde Guerre mondiale

La Seconde Guerre mondiale éclate en Europe et force la fermeture de sa maison de couture. Seule, au 31 rue Cambon à Paris, demeure ouverte la boutique phare où la clientèle peut retrouver les parfums et accessoires modes de la marque.

La Seconde Guerre mondiale prend fin en 1945 et, en 1947, Christian Dior innove à son tour en proposant le New Look. Gabrielle Chanel n’apprécie pas du tout ce style corseté qu’elle conteste vivement et réagit, en 1954, par son retour à la mode en proposant, allant complètement à l’opposé de ce style, le célèbre tailleur Chanel.

Ce tailleur en laine, gansé s’accompagne d’escarpins bicolores, d’un sac à main matelassé, de bijoux de fantaisie et de la haute joaillerie. À nouveau, une silhouette moderne et bien dans l’air du temps poursuit l’écriture de ce manifeste de la mode.

La dernière section de l’exposition est émouvante à visiter, puisqu’elle nous plonge littéralement dans le décor fictif du célèbre escalier de la boutique Chanel de la rue Cambon.

Bref, une remarquable exposition qui permet d’apprécier l’histoire de la vie, sous forme de manifeste, de cette grande dame de la mode qu’était Gabrielle Chanel.

Photographies : travail personnel et François Berthiaume, 20 septembre 2023, V&A, Londres.

Sources recherches :

Palais Galliera, exposition passée 2020-21, Gabrielle Chanel. Manifeste de la mode.

Gabrielle Chanel, édité par Oriole Cullen & Connie Karol Burks, V&A Publication, 2023.

Esther Trépanier raconte la beauté et l’apparence des années folles

Toujours aussi passionnée et volubile, Esther Trépanier, professeure émérite au département d’histoire de l’art de l’UQAM de 1981 à 2020, a présenté le 6 septembre 2023 au MNBAQ une conférence Art & Mode des plus fascinantes.

Pour clore la magnifique exposition de l’été présentée au musée intitulée Alexander McQueen : l’art rencontre la mode, Esther Trépanier a dressé un éloquent portrait permettant de comprendre le lien unissant l’art et la mode notamment sous le regard artistique des frères Henri et Adrien Hébert.

Couvrant principalement la période de 1920 à 1930, cette conférence nous a transportés dans cette période de transition qui marqua le monde entier. Celle de l’après-Première Guerre mondiale jusqu’au krach boursier de 1929.

Cette période de transformation est notable au Québec, car la belle province évolue afin de passer d’un mode de vie rural à celui d’Urbain. Et, en 1931, 63% de la population vit en ville.

De ce fait, les canons de la beauté et du corps changent aussi, de même que les codes vestimentaires. L’influence des activités sportives et des loisirs amène les peintres à observer ce nouveau mode de vie en s’en inspirent pour créer des toiles évocatrices de cette époque.

L’Art déco succède à l’Art nouveau, ses formes architecturales sont plus carrées, droites, longilignes et la mode féminine suit également cette influence.

Les femmes s’émancipent, c’est la mode dite à la garçonne, elles fument, sortent dans les cabarets et adoptent des comportements sociaux jusque-là réservés à la gente masculine.

Le Québec de cette période demeure tout de même puritain et très religieux. Dans ce contexte, tout excès de goût, de manière de faire ou d’être est réprimandé ou proscrit.

Par exemple : le nu peint par Lilias Torrance Newton, en 1933, fait scandale. La pilosité du personnage féminin est apparente, elle est maquillée, porte du vernis à ongle et porte également des sandales à talons hauts. Hauteur de talons à la mode à cette époque.

Bref, une enrichissante conférence qui a permis de saisir le contexte historique, artistique et culturel de cette période foisonnante de changements.

Photographies : travail personnel, 6 septembre 2023, MNBAQ.

La seconde soirée passée au M.A.D. Festival était remplie d’émotion et de créativité

La seconde soirée passée au M.A.D. Festival, festival Mode, Art et Divertissement, était tout aussi vibrante que celle précédente et, ce soir-là, Dame Nature était plus coopérante.

Pauline Berndsen danse

Une programmation variée permettait de découvrir les créations de douze designers argentins, de Véda Danaé designer de la marque Sad Rich Kids, de Gisela Belo designer de la marque AFROKIKI, d’Ysaline Lannes designer d’Atelier 1er MAI, de Guillam Chaigne, de l’impressionnant défilé du Collège LaSalle et de Barcode Magazine.

Véda Danaé designer de Sad Rich Kids présentait ce soir-là son intéressante collection aux lignes simples et épurées intitulée : Envoi des corps.

Accompagnés du talentueux chanteur Edwin Basora Hernandez alias Ed Winter les corps en mouvement déambulaient sur cette mélodie enivrante procurant bonheur et soir de fête !

Gisela Belo designer de la marque AFROKIKI a présenté un défilé de mode à couper le souffle intitulé : Afro Summer Vibe

La superbe vidéo diffusée en toile de fond et les jolis modèles proposés qui sont taillés dans de fabuleux tissus à motifs colorés, pour la saison estivale à venir, inspiraient mer du sud, bonheur et joie de vivre.

La mode argentine était à l’honneur au festival vendredi soir dernier. Et, douze créateurs argentins de grands talents donnaient le ton à cette superbe soirée Mode, Arts et Divertissement.

Parmi ceux ci : ACENTO DE AUTOR B L A C K Ñ A N D Ú Chicco Ruiz FRUTO Luciana Regolo Marina Massone Lasmmpascual Nicéfora PÓLVORA Qara Totl’e Velasco

Ce défilé haut en couleur et en style était d’ailleurs un des coups de cœur perso de la soirée en raison de l’originalité des modèles présentés, les matières utilisées et l’incroyable talent des créateurs présents.

Toujours un plaisir renouvelé que de découvrir les belles créations d’Ysaline Lannes designer de 1er MAI

Et, vendredi soir dernier ne faisait pas exception avec la présentation de sa nouvelle collection unisexe inspirée des vêtements de travail et des contre-cultures.

Le savoir-faire de fabrication à partir de tissus recyclés, l’upcycling, est bien visible dans l’ensemble de ses collections. Et, celle-ci est un coup de cœur également de la soirée en raison de l’originalité des modèles présentés, de la complexité du design et de la fabrication de chaque pièce.

Ah, Guillaum Chaigne c’est l’enfant terrible de la mode actuelle et sa collection de streetwear haut de gamme démontrait aisément ce côté rebelle assumé.

Complètement autodidacte de formation, en jasant avec lui on apprend que sa réflexion artistique est songée, car il déconstruit le vêtement pour mieux le reconstruire par la suite et le résultat est probant.

Et, qui dit esprit rebelle, dit souvent esprit romantique à la fois. Pour cette collection, Chaigne a revisité à nouveau la petite robe noire créée par Gabrielle Chanel en 1926, la Ford des robes, de façon ultra féminine et sexy à la fois. Ces jolies robes sont d’ailleurs LES coup de cœur perso de la collection.

Autre enfant terrible de la mode, celui des écoles de mode à savoir le Collège LaSalle. Et, ce défilé performance ne manquait pas de créativité ni d’audace.

Intitulé le WALK-IN, les mannequins, danseurs et artistes, qui ont défilé devant les festivaliers ébahis, ont épaté ces derniers en créant des looks incroyables à partir des 250 créations réalisées par les finissants en design de mode du collège.

Cette prestation artistique était follement agréable et festive à la fois, un mémorable moment !

Bref, d’inoubliables moments passés au M.A.D. Festival à admirer tout le talent et la créativité des designers d’ici et de l’étranger. Longue vie donc à ce grand happening Mode, Art et Divertissement qu’est le M.A.D. Festival.

Photographies, François Berthiaume, M.A.D. Festival, 25 août 2023, Place des Festivals, Montréal.

Mémorable soirée d’ouverture passée au M.A.D. Festival 2023

Le M.A.D. Festival, festival Mode, Arts et Divertissement a débuté jeudi 24 août dernier et cette première soirée de défilés de mode, de danse et de musique était mémorable.

Au programme ce soir-là, Cassandre Brillant designer de la marque La Fille de Priam, Dorsa Babaei designer de la marque Dorsali, Casimir Paquet designer de la marque MI-CARÊME et Helmer Joseph ont présenté leurs splendides collections.

Pour débuter la soirée en émotion à 17 heures, un vibrant hommage a été rendu, par Geneviève Borne, à Raymond Pilon allias Zïlon artiste peintre canadien décédé subitement cet été. Elle a lu, pour son défunt ami, un touchant poème intitulé : Mon punk à moi.

À l’image de l’été que nous avons vécu, une averse soutenue est venue clore le festival de façon inattendue un peu avant 20 h 00 et le lancement du MAD SHOPPE a donc été reporté à dimanche 27 août dernier.

Cassandra Brillant, designer de La Fille de Priam, a présenté un incroyable défilé de mode. Performance artistique des plus originales ou chorégraphie et musique s’amalgamaient à merveille afin de réaliser des modèles peints à la main directement sur la scène procurant ainsi des styles uniques d’un bleu saisissant.

Dorsa Babaei designer de Dorsali a présenté à son tour un superbe défilé de mode au titre évocateur tiré du slogan Femme- Vie – Liberté. Moment fort de la soirée, Dorsa Babaei rendait ainsi hommage au peuple iranien, son pays d’origine, après le décès tragique de Mahsa Amini, âgée seulement de 22 ans, l’an passé.

Accompagnés par une impressionnante vidéo, les mannequins déambulaient sur scène en se fondant au décor visuel des lieux procurant ainsi un effet optique hors du commun.

Énorme coup de cœur d’ailleurs pour les modèles créés à partir du tissu à joli motif coloré. Une des sources d’inspiration des designers est bien souvent d’ailleurs le tissu.

Le défilé de mode intitulé Grésil présenté par Casimir Paquet, designer de la marque MI-CARÊME, était fort sympathique.

Son approche réfléchie du travail de style patchwork révisé suivant les tendances du moment était fort intéressante. Les chapeaux, sacs, chandails et vestes présentés sont d’ailleurs LES coup de cœur perso de ce défilé.

La danse était aussi à l’honneur lors du festival et, en images, quelques mémorables moments de la soirée.

La compagnie Umoja présente Lumin’essence

Helmer Joseph, c’est la joie de vivre et ses collections sont à son image, colorées, vivantes et arborent à la fois un brin d’humour.

Celle présentée ce soir-là intitulée : Le mari de la Couturière ne faisait pas exception. Collection masculine où Joseph nous a impressionnés par les fabuleux tissus, coupes et styles composant les tailleurs masculins qui ont été présentés.

Bref, une soirée grandiose en style, en couleurs et en émotions comme seule Montreal Fashion et le M.A.D. Festival savent nous les offrir, bravo !

Photographies, François Berthiaume, M.A.D. Festival, 24 août 2023, Place des Festivals, Montréal.

L’autre chemin menant vers le jardin d’Angela Morgan

Œuvre intitulée : Try as we might

Elle est resplendissante de vie et de joie et elle lançait samedi 19 août dernier lors d’un sympathique Vernissage à la Galerie d’art Beauchamp de Québec sa toute nouvelle exposition intitulée : L’autre chemin vers mon jardin. Angela Morgan est fabuleuse !

L’artiste s’est déplacé de la Colombie-Britannique jusqu’à Québec pour venir présenter, en exclusivité à la Galerie d’art Beauchamp, cette nouvelle exposition. C’est ainsi que la galerie d’art se transforme en un formidable océan visuel de couleurs vives et les magnifiques tableaux d’Angela Morgan confèrent à l’espace intérieur un incroyable jardin luxuriant.

Œuvre intitulée : Knowing a particular garden path

Cette magnifique œuvre est le coup de cœur perso de cette charmante exposition en raison du format de la toile, de l’immense chapeau porté par le personnage et bien sûr le mélange harmonieux des vibrantes couleurs.

Lors de cette exposition, le visiteur pourra découvrir en exclusivité une vingtaine de tableaux peints à l’huile. L’artiste explore ainsi une palette de couleurs vibrantes qui s’inspire notamment des coraux chatoyants de la mer, des fuchsias vibrants de dame nature et des succulentes pêches bien mûres en été.

Ses œuvres iconiques prennent vie sous forme de portraits féminins. Tantôt des femmes élégantes se baladent à vélo ou bien se prélassent lors d’un pique-nique raffiné en plein air. Et, l’on peut s’imaginer aisément profiter de ce monde imaginaire idéal.

Œuvre intitulée : Heart to heart

Un hommage à l’hiver québécois est également rendu par de superbes tableaux évoquant la saison de ski témoignant ainsi de la richesse de nos saisons. Ludiques et colorés à la fois, les personnages de l’artiste nous transportent dans un univers familial de joie.

Œuvre intitulée : Centered for snow

À propos d’Angela Morgan

Elle vit et travaille à Fernie en Colombie-Britannique et songeait devenir designer de mode. Ses toiles, tout comme elle exprime plusieurs émotions « célèbrent l’humanité par une exploitation unique de la couleur, du motif et de la ligne. Mes personnages sont peints dans différentes situations. Tantôt, ils expriment leur joie à danser, tantôt ils semblent apprécier la vie parentale ou encore ressentent la mélancolie de l’été qui se termine. »

Devant cet imaginaire débordant de créativité, le visiteur se sent comme le témoin de scènes complètement réelles, de moments vivants. Les touches de couleurs qu’utilise Angela Morgan s’amalgament entre elles pour créer un mouvement visuel qui accentue cette sensation d’un événement qui se produit au même moment où on le regarde. Depuis 2001, ses œuvres sont diffusées dans quelques galeries au Canada, en Suisse et aux États-Unis.

Œuvre intitulée : Keeping current

Bref, une superbe exposition à découvrir à la Galerie d’art Beauchamp si vous êtes de passage par la belle ville de Québec ou y habitez déjà jusqu’au 3 septembre 2023.

Photographies : travail personnel et François Berthiaume, Galerie d’art Beauchamp, 19 août 2023.

Liste des œuvres et description

La mode au temps d’Elsie Reford

La mode au début du siècle dernier était bien différente de celle que l’on connaît aujourd’hui. Et, vendredi 4 août 2023, Françoise Dulac, sociologue de la mode, présentait aux Jardins de Métis une pertinente conférence sur le sujet.

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Durant la longue vie d’Elsie Reford, 1872 à 1967, la mode connaît plusieurs influences et bouleversements. Du port du corset à celui de la minijupe, la mode évolue considérablement.

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Elsie Reford est issue d’une grande famille bourgeoise de Montréal. Les vêtements que portent les bourgeois de cette époque sont fort différents de ceux portés par le peuple. Le Québec de l’époque est rural et c’est ainsi que le mode de vie s’y conforme.

En contrepartie, l’industrie de la fourrure est en plein essor et les femmes aisées s’y intéressent de plus en plus. Sur cette photographie, on peut apercevoir une cape en fourrure d’ours noir portée par Elsie Reford. Celle-ci évoque l’époque de la Renaissance par sa forme et son col de style Médicis.

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En 1858, Charles Frédéric Worth lance à Paris la première maison de couture et appose son nom sur les étiquettes de ses vêtements, ce qui était tout à fait inusité pour l’époque. Il est également un des fondateurs de la haute couture parisienne.

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À cette époque, la mode était synonyme de réussite sociale et la bourgeoisie de l’époque se plaît dans une certaine oisiveté. En ce ce sens, les femmes comme Elsie Reford exposent fièrement, par leurs tenues vestimentaires, la richesse de leur mari.

Cette mode était très codifiée et chaque moment de la journée, chaque circonstance demandait une toilette différente et le chapeau était un élément indispensable de celle-ci. Sortir, sans celui-ci donnait l’impression d’être une ouvrière négligée qui sort de la maison la tête complètement nue.

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Elsie Reford pratique notamment l’équitation, mais les vêtements de sport n’existent pas. Ils apparaissent graduellement vers 1920 tel que le démontre cette photographie où on la voit pratiquer ce sport tout en portant une traditionnelle tenue de ville.

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Elsie Reford pêche, chasse, jardine, joue du violon et ses tenues vestimentaires sont sources d’inspirations pour plusieurs femmes de l’époque. Elle est définitivement un modèle social à suivre.

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En 1906, Paul Poiret innove en proposant des modèles qui se portent sans corset. La ligne vestimentaire est plus droite et les tailles sont hautes dites de style empire.

Lors de la Première Guerre Mondiale en 1914, les robes raccourcissent en raison du manque de tissu sur le marché. Et, en 1916, Gabrielle Chasnel surnommée Coco Chanel innove en puisant de la garde-robe masculine le jersey et propose ainsi des costumes tailleurs aux lignes souples fabriqués de cette matière.

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En 1926, elle lance la célèbre petite robe noire qualifiée alors par le magazine Vogue américain de Ford de Chanel. C’est également l’époque de la mode dite à la garçonne, les cheveux sont dès lors coupés court, la silhouette est droite, les femmes s’émancipent, elles dansent, sortent et fument au rythme des années folles.

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Durant cette période de changements, on passe d’un Québec dit rural à celui d’urbain et donc l’art du bien paraître en société devient primordial. Les magazines féminins font notamment la promotion du maquillage, mais l’Église catholique si oppose formellement. La Ligue Catholique féminine est alors créée, en 1927, et 60 000 femmes y adhèreront.

Le cinéma est également une grande source d’influence pour la mode et les stars telles que Greta Garbo ou bien Marlene Dietrich donnent le ton aux tendances du moment.

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Lors de la crise économique de 1929, les femmes s’efforcent de coudre elles-mêmes leurs vêtements. Par ailleurs, les couturiers québécois de l’époque telle que Gabrielle Bernier créent des modèles pour la bourgeoise montréalaise dont Elsie Reford fait partie.

La Seconde Guerre mondiale éclate en 1939 et, les hommes parti au front, les femmes les remplacent et travaillent dans les usines et autres lieux publics. Durant cette période, les vêtements sont très codifiés. Par exemple, les modèles portés pour le travail et ceux portés à la maison sont différents.

Cette seconde guerre se termine en 1945 et, en 1947, Christian Dior innove en proposant le New Look, style élégant et très féminin qui allait plaire et qui contraste avec la mode des années de guerre. L’ampleur de la jupe est démesurée et fait scandale en raison de la quantité de tissu requise pour sa confection.

Socialement, le retour de la femme à la maison est valorisé et l’arrivée des électroménagers sur le marché facilitent grandement la vie de celle-ci. Femme que l’on surnomme alors la Reine du Foyer.

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La mode de cette époque est aussi celle de la jeunesse et les adolescents ont comme idoles James Dean ou bien Elvis Presley. Graduellement, la semaine de travail et les jours de congé sont clairement identifiés et les tenues vestimentaires sont également différenciées en fonction de ce nouveau mode de vie.

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La décennie 60 verra la mode évoluer encore plus et, en 1962, la Britannique Mary Quant lance des jupes et des robes coupées en haut du genou, ce qui était bien audacieux pour l’époque. C’est donc l’arrivée sur le marché de la minijupe. La mode se veut moins rigide et les sous-vêtements féminins évolueront en conséquence tels que l’apparition des collants et des soutiens-gorge aux formes plus naturelles.

Elsie Reford quitte pour la dernière fois, à la fin de l’été 1959, son jardin bien-aimé. Elle est alors âgée de 87 ans. Elle décède, en 1967, à l’âge vénérable de 95 ans et laisse un legs immense aux générations futures.

À propos de Françoise Dulac

Françoise Dulac est sociologue de formation et a étudié à l’Université Laval. Elle a enseigné au CNDF de Québec et a également été chargée du cours à l’ESM-ESG UQUAM durant de nombreuses années.

Elle a été ma professeur préférée durant mes études à l’école de mode et établissait aisément le lien entre le phénomène mode et l’époque à laquelle elle s’inscrivait à savoir, dans un contexte historique et social donné, pourquoi les gens s’habillaient de cette façon.

Bref, une enrichissante conférence qui a permis de saisir l’évolution rapide de la mode en ce début de 20e siècle et d’apprécier les contextes sociaux et historiques dans lesquels vivaient les gens de l’époque d’Elsie Reford.

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Photographies, travail personnel, 4 août 2023, Jardins de Métis, Gaspésie

Sans domicile fixe – 10e édition de la Biennale internationale du lin de Portneuf

Sans domicile fixe est le titre de la 10e édition de la Biennale internationale du lin de Portneuf qui se déroule présentement au Vieux Presbytère de Deschambault-Grondines ainsi qu’au Moulin de La Chevrotière et ce, jusqu’au 1er octobre 2023.

Vieux Presbytère

La Biennale Internationale de lin de Portneuf (BILP) est un événement artistique pluridisciplinaire qui permet de promouvoir les pratiques contemporaines liées à la fibre naturelle qu’est le lin. Fibre noble que l’on cultive d’ailleurs depuis la nuit des temps.

Lin cultivé

Se déroulant à tous les deux ans, la BILP célèbre cette année son 10e événement artistique et cette année anniversaire permettra de retracer et valoriser l’histoire de cette grande biennale.

Depuis ses tout début en 2005, cet inspirant événement a permis d’exposer les œuvres de plus de 235 artistes de la région de Portneuf, de Québec, de Montréal, du Canada et de l’étranger. Des artistes de plusieurs champs de pratique artistique tels que les arts visuels, les métiers d’art ou encore de design ont vu leurs créations valorisées.

Durant toutes ces années, de nombreuses activités culturelles ont été organisées dans 11 des 18 municipalités de la MRC de Portneuf. Plusieurs expositions ont été ainsi conçues dans la région et ont également été présentées au Canada, en France, en Belgique, en Irlande du Nord et au Portugal.

L’œuvre de Karen Trask intitulée La marée monte est d’ailleurs LE coup de cœur perso de cette intéressante biennale.

Le titre de la biennale de cette année Sans domicile fixe évoque l’exclusion sociale que vivent souvent les personnes définies comme SDF. Elles sont généralement perçues comme des gens sans-abri et elles sont victimes d’une catastrophe personnelle ou bien collective.

Daniel Jules Roger, France – Déambulation

Souvent connotée négativement, l’expression sans domicile fixe peut également se voir attribuer un sens plus heureux à savoir celui d’un choix délibéré de liberté et d’une marginalité bien assumée.

Commissaires de l’exposition Adrien Landry, Donald Vézina et Dominique Roy mettent en lumière les intéressantes œuvres de vingt artistes originaires du Québec, de l’Alberta, de la Nouvelle-Écosse, de l’Ontario, de la Belgique, des États-Unis, de la France, de la Lituanie, des Pays-Bas et du Portugal.

Moulin de La Chevrotière

Les artistes créateurs de ces œuvres songées posent ainsi un regard éclairé et sensible sur cette dure réalité qui échappe collectivement et dérange.

Blair Tate, États-Unis – Dialogue

Parmi les artistes invités notons la présence de Line Dufour, Carole Frève, Marie-José Gustave, Nathalie Lavoie, Karine Locatelli, Mylène Michaud, Karen Trask, Paula Murray, Philip Hare, Bozica Radjenovic, Rochelle Rubinstein, Laura Vickerson, Carolyn Wren, Anneke Klein, Stéphanie Jacques, Daniel Jules Roger, Blair Tate, Megan Sharkey, Maria Luisa Ramires et Severija Incirauskaite-Kriauneviciene.

À propos de Portneuf

La MRC de Portneuf est une région charmante à visiter. Située aux abords du majestueux Fleuve Saint-Laurent, celle-ci se prête bien à des activités extérieures variées.

Ses nombreux restaurants, boulangeries, boutiques artisanales, foires commerciales et parcs font de cette région, classée parmi les plus beaux villages du Québec, un endroit de prédilection à découvrir ou à redécouvrir cet été et en toute saison.

Portneuf

Bref, une superbe 10e édition de la Biennale du lin de Portneuf à voir cet été pour être touché par les œuvres exposées et être envouté par la beauté du paysage et des lieux.

Photographies : travail personnel et François Berthiaume, Biennale internationale du lin de Portneuf, Deschambault-Grondines, 30 juin 2023.

Exposition à découvrir cet été : En/In vogue. Elsie Reford et la mode

Philippe Denis, commissaire de l’exposition, est cet être passionné et généreux qui nous DL Vision Mode a ouvert les portes de l’espace muséologique en exclusivité, le 18 juin dernier pour la visite de la touchante exposition présentée aux Jardins de Métis jusqu’au 1er octobre 2023 intitulée : En/In vogue. Elsie Reford et la mode.

Allocution de Phillipe Denis lors du lancement de l’exposition

Allocution d’Alexander Reford, directeur des Jardins de Métis et arrière petit-fils d’Elsie Reford

Conçue en partenariat avec l’École supérieure de mode de l’ESG UQAM et Antonio Ortega Couture, cette belle exposition nous transporte littéralement au 19e siècle alors que les bonnes manières et le savoir-être donnaient le ton à la société bourgeoise et guindée de cette période historique foisonnante.

Cette belle exposition permet également de découvrir l’influence exercée par les illustrations de mode sur l’intime relation qu’Elsie Reford entretenait avec la mode. La garde-robe présentée lors de celle-ci couvre la période allant de 1892 et 1950.

Philippe Denis explique Elle regardait les gravures de mode versus sa personnalité, qu’est- ce qui est publié et comment elle joue.

Elsie Reford – biographie

Cette exposition est séparée en cinq thèmes éloquents à savoir, la famille, l’enseignement, le modèle britannique, l’aristocratie et la nature. Thèmes qui nous permet de mieux saisir la vie quotidienne des gens aisés de cette époque. Époque qui était d’ailleurs très codifiée socialement, ce qui permettait notamment d’y détecter les intrus.

Le 19e siècle marque la venue de l’industrialisation, de la démocratisation et du nationalisme permettant un développement humain rapide et fort important.

Parlons chiffons

Les gravures de mode sont, à l’époque, ce que sont aujourd’hui les magazines de mode ou bien les pages de modes via Internet diffusées par les influenceurs sur les réseaux sociaux. Elles servaient à informer, éduquer et influencer les gens en matières de mode vestimentaire et de tendances de société.

Les thèmes de l’exposition

La famille

Vers la seconde moitié du 19e siècle, la représentation familiale est grandement mise en valeur sur les gravures de mode et sur ces dessins la jeune femme y est placée au centre de l’image.

Elle est représentée de façon penchée, son attitude bienveillante tend vers ceux que l’on considère alors comme les membres les plus fragiles de cette cellule familiale à savoir les enfants et les personnes plus âgées.

Dans ce contexte, toute jeune femme qui regardait ces illustrations de mode apprenait par le fait même qu’elle était comme une sorte de solide maillon appartenant à une chaine qu’il fallait donc respecter. En se mariant, cette jeune femme se devait de respecter autant la lignée sociale à laquelle elle provenait que celle à laquelle elle allait appartenir.

L’enseignement

C’est à la maison que les jeunes filles de l’époque s’éduquaient. La mère enseigne en lisant ou bien l’enfant apprend en observant ses parents. Un peu plus tard, la jeune femme apprend un instrument de musique en compagnie d’une autre. Celle-ci pourra démontrer ainsi tout son talent musical lors de soirées mondaines organisées par ses parents.

Afin de développer son goût artistique, celle-ci fréquente également les galeries d’art et les musées en compagnie d’une amie dans le but de parfaire son éducation.

Philippe Denis mentionne elle essaie de tout codifier, les périodes de la journée, les événements, elle joue, elle donne ce que les gens s’attendent d’elle, donc sensibilité.

Le modèle britannique

À cette époque, l’art de vivre à la française, avec Paris comme capitale de la mode, était la référence fashionable du moment. L’influence britannique se fait par contre sentir par le récit des gravures de mode du pays, la légendaire ponctualité des trains, les inspirants voyages en région, la mode des étoffes de laine à carreaux tartans écossais et la démonstration de la Marine royale.

La mode et la décoration britannique insufflent alors un vent de confort et de liberté. Le capitonnage couvre autant les fauteuils que les robes. Cette promotion vestimentaire trouve échos dans le fait que les gens pratiquent de plus en plus d’activités extérieures tels que l’équitation, la bicyclette, le tennis ou bien la natation.

Philippe Denis explique

Elle promouvoit l’Empire Britannique, le commerce britannique et elle va annuellement à Londres, les grandes maisons de couture parisiennes ont des succursales, on ouvre les carnets de voyage et on a les factures, Lanvin, o.k. tu t’habilles à la mode parisienne, mais en passant par les succursales londoniennes donc personne ne pouvait lui reprocher de ne pas faire la promotion, elle est au fait de ce qui se fait de mieux.

L’Aristocratie

Le modèle aristocrate anglais est souvent diffusé par les magazines féminins de l’époque. S’ennoblir étant le but ultime à atteindre, ces gravures de mode illustrent bien la fascination que la noblesse exerce chez les gens ordinaires.

Philippe Denis précise, cette exposition, c’est la relation qu’Elsie entretient avec la mode, mais c’est aussi la relation qu’elle va imposer avec la mode au gens qui l’entoure donc soucis de l’excellence.

Attrait qui est bien présent dans les dessins des robes présentées et à porter lors d’événements officiels et mondains comme des présentations à la cour, des bals ou bien des bazars de charité.

Inspirés du 18e siècle, des motifs, des silhouettes et des éléments décoratifs sont ainsi associés à l’âge d’or du mode de vie des nobles qui partagent aisément leur vie entre les salons de leur hôtel particulier et ceux de leur résidence secondaire à la campagne. Ce qui correspond au standard du nec plus ultra en matière de bon goût et de raffinement de cette classe sociale fortunée.

La nature

Le 19e est marqué par d’importantes découvertes qui émanent de tous les domaines. De nombreux explorateurs parcours de nouveaux pays encore inconnus par les Occidentaux et rapportent avec eux, lors de leurs expéditions lointaines, de nouvelles espèces végétales.

Philippe Denis mentionne l’importance du motif floral et que beaucoup de modèles ont été réalisés avec de la broderie anglaise donc une façon de faire entrer l’extérieur à l’intérieur.

C’est dans ce contexte que des serres portatives sont ainsi créées pour transporter ces végétaux dans des jardins botaniques locaux afin que le public puisse les découvrir.

Initiées comme nouvelles sources d’inspiration, les créateurs de mode et les artistes en art décoratifs s’inspirent de celles-ci pour créer des motifs variés et de nouvelles formes artistiques.

Phénomène social intéressant, ces plantes nouvelles et fragiles à la fois importées notamment de l’Asie, contraste avec cette époque ou le développement industriel enfume littéralement les villes.

C’est dans ce contexte que les médecins spécialisés en questions d’hygiène commencent alors à inviter les gens à s’entourer de nature afin de cultiver des plantes à la maison.

Bref, un été Art et Mode où les Britanniques sont définitivement mis à l’honneur et ce, par la présentation de l’exposition consacrée au travail d’Alexander McQueen à Québec. Et, également aux Jardins de Métis par la présentation de la superbe exposition de la garde-robe d’Elsie Reford. Exposition qui est définitivement à découvrir ainsi que les superbes jardins qui entourent la Villa Estevan !

C’est une femme actuelle, elle correspond aux standards d’aujourd’hui.

Philippe Denis

Le pavot bleu

Photographies, travail personnel et François Berthiaume, Jardins de Métis, 18 juin 2023.