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Le rejet responsable des matières textiles, c’est l’affaire de tous !

Collective Détour est une agence de consultation spécialisée en développement durable de textile et de vêtement. Et, samedi 6 avril dernier, Myriam Laroche, une des fondatrices de l’entreprise était à Québec, dans le cadre de l’événement Rose Buddha, afin de dévoiler et promouvoir tous les aspects de l’utilisation de la seconde main et de l’économie circulaire dans le domaine de la mode.

Événement écoresponsable qui a permis du 4 au 6 avril derniers de rassembler à l’Espace Saint-Grégoire de Beauport plusieurs ateliers ainsi qu’une grande vente de produits écoresponsables.  

C’est toujours un plaisir de revoir la pétillante Myriam Laroche et lors de cette intéressante conférence mode concernant l’économie circulaire, concept central de notre responsabilité collective, Myriam Laroche nous a premièrement informés du fait que l’industrie du textile est l’une des plus polluantes au monde.

Et, en tant que consommateur/trice, il existe des solutions beaucoup plus accessibles qu’on ne le pense afin de réduire notre impact sur l’environnement d’où l’importance de bien prendre soin de nos vêtements afin de pouvoir leur donner une seconde vie.

Quelques chiffres afin de s’en convaincre :

En 2000, la production mondiale de nouveaux vêtements s’élevait à 50 milliards d’items.

À ce rythme, en 2025, cette production aura plus que doublé.

Le gaspillage textile représente en Amérique du Nord, 81 livres de textiles par personne alors que 95% du textile, bas solitaires, chiffons souillés, chemisiers sans boutons, etc., se recyclent.

En tant que consommateur/trice, il est possible de changer les choses affirme Myriam Laroche. Par exemple, au printemps ou bien à l’automne lors du tri saisonnier des vêtements, elle propose quelques pistes de solutions intéressantes.

À savoir :

Regarder ce qui est vendable et portable;

Regarder ce qui ne peut se vendre, mais qui est portable et réparable à la fois;

Regarder finalement ce qui est invendable, mais recyclable.

Myriam Laroche rappelle aussi qu’organiser des soirées magasinage entre filles afin de revendre les vêtements monnayables ou portables à travers son réseau d’amies ou encore sur des plateformes Internet de revente permettent de réduire sa consommation de produits modes tout en se divertissant.

Elle propose également de faire don de ses vêtements à différentes œuvres de charité locales ou bien dans sa famille et ses amis. Les sous-sols d’église ou les friperies de quartiers spécialisées comme celle de Cap-Rouge en sont de bons exemples.

Autre belle façon de donner, et c’est ce que je fais personnellement, est de se tourner vers les grands recycleurs comme le Village des Valeurs, Les Grands Frères Grandes Sœurs de Québec ou bien à Montréal notamment chez Renaissance.

Avec toutes ces solutions, donnez n’aura jamais été aussi facile ! indique Myriam Laroche.

À propos de Collective Détour

Collective Détour est une agence de consultation spécialisée en développement durable. Elle apporte son expertise aux entreprises issues du secteur de la mode pour que celles-ci développent des stratégies de transparence, de traçabilité, d’économie circulaire, de communication et de direction artistique respectueuses de l’environnement. À l’intersection de la durabilité et de la créativité, les cofondatrices, Myriam Laroche et Abby Marino, usent de leur expérience, de leur passion et de leur dévouement pour offrir un accompagnement personnalisé et authentique.

À propos de Rose Buddha

Maxime Morin, sa cofondatrice, et adepte de yoga, offre des leggings et des vêtements entièrement écoresponsables fabriqués à Montréal dans le but d’adhérer à un mode de vie plus écologique. Rose Buddha utilise des plastiques recyclés au Québec, des fibres biologiques ou bien éco-responsables afin d’offrir des produits modes respectueux de l’environnement.

Afin d’en apprendre davantage à propos de la vision environnementale de Rose Buddha

https://myrosebuddha.com/fr/pages/about-us

Bref, une enrichissante conférence qui permettait de prendre conscience de notre impact sur l’environnement en tant que consommateur/trice de produits modes. Et, il était également intéressant de connaître des pistes de solutions viables, sommes toute assez simple et facile à appliquer, car il s’agit tout simplement d’y penser de saison en saison afin de contribuer un tant soit peu à l’avenir de notre planète.

Mention de sources photos, Travail personnel et François Berthiaume, 6 avril 2024, Espace Saint-Grégoire, Beauport, Québec.

L’envoûtant univers cubain de Manik Fashion

Elle est resplendissante, bourrée de talent, son sourire est contagieux et jeudi soir 21 mars 2024 Manika Gaudet, créatrice de Manik Fashion, recevait à sa boutique éphémère qui est située au 136 avenue Laurier Ouest, le tout Montreal Fashion. Et, quelle agréable soirée passée en sa compagnie !

Lors de cette soirée des plus festives, où de nombreux invités s’étaient activement réunis, Heidi Hollinger autrice bien connue lançait son nouvel ouvrage intitulé 300 raisons d’aimer La Havane, tome 2 publié aux Éditions de l’Homme et Manika Gaudet présentait sa magnifique collection signature intitulée collection HAVANE par Manik.

Heidi Hollinger & Jiana

Une soirée remplie de surprises et de découvertes

Le second livre d’Heidi Hollinger permet de poursuivre la visite de celle-ci amorcée à travers La Havane, pur joyau de l’Espagne coloniale de l’Art déco et de l’architecture moderne. Cet ouvrage permet ainsi de découvrir, sous l’oeil photographique de l’écrivaine, la véritable Havane.

Une heureuse rencontre

Manika Gaudet célébrera bientôt quinze ans de passion et de création. Et, ce livre est un peu une façon de boucler la boucle, mentionne la créatrice, car Heidi Hollinger est LA personnalité publique qui a inspiré les débuts de sa marque alors que l’autrice portait fièrement les premières créations de Manik Fashion peintes à la main alors qu’elle animait l’émission Port d’Attaches présentée sur TV5 et Discovery Channel.

Au centre gauche Manika Gaudet et à droite Heidi Hollinger

Une remarquable collection

Cette superbe collection, dont les couleurs vibrantes et les chatoyants motifs, inspirent mer du sud, soleil et bonheur procure assurément bien être et joie de vivre. Chaque modèle est conçu et fabriqué fièrement à Montréal. Les pièces uniques en leur genre et les quantités limitées sont fabriquées afin de mettre en valeur le style et la personnalité de la clientèle. C’est ainsi que les modèles peuvent être peints selon leurs propres goûts.

À propos de Manika Gaudet

Permettre un jour aux gens de tous gabarits de se sentir beaux et bien dans leur peau. C’est le rêve que caressait Manika Gaudet à sa sortie de l’École de mode du Campus Notre-Dame-de-Foy de Québec en 1999.

Récipiendaire d’une bourse pour ses performances dans le domaine et lauréate de plusieurs concours de mode, cette jeune diplômée possédait alors un enthousiasme grandissant pour l’univers du prêt-à-porter commercial. Confiante d’avoir choisi son domaine de passion, celle-ci allait voir rapidement ses désirs se concrétiser. Quelques années plus tard, elle se retrouve designer en chef pour la compagnie BGN&CO, griffe riche en vêtements stylés d’inspiration européenne pour laquelle elle oeuvra pendant plus de douze ans.

Après avoir lancé sa ligne de vêtements artistiques Manik Fashion, celle-ci se concentre maintenant sur la quête perpétuelle de nouveauté, la création de design distinctifs, la maîtrise de la coupe du vêtement et le confort sans concessions dans le but de ravir et avantager toutes les silhouettes féminines est son leitmotiv.

Bref, une charmante soirée passée en la compagnie de Manika Gaudet et d’Heidi Hollinger à découvrir leurs univers respectifs ayant en commun cette envoûtante capitale cubaine qu’est La Havane.

Mention de sources photos, travail personnel et François Berthiaume, 21 mars 2024, Boutique Éphémère Manik Fashion, Montréal.

La route du coton d’Helmer Joseph

Jeudi 22 février 2024, le Tout Montreal Fashion s’était donné rendez-vous au WIP MONTREAL afin de découvrir la nouvelle collection du talentueux créateur de mode Helmer Joseph intitulée : La route du coton d’Haïti. Intéressant projet qui valorise les métiers d’arts du patrimoine culturel haïtien et qui est soutenu par le Ministère des Affaires étrangères et des Cultures de la République d’Haïti.

Et, à en croire l’ambiance des lieux ainsi que le tsunami médiatique qui s’en est suivi, ce défilé de mode n’a laissé vraisemblablement personne indifférent. Et, pour cause, car une fois de plus Helmer Joseph a démontré son immense talent et tout son savoir-faire en exploitant cette fibre naturelle et noble qu’est le coton.

C’est ainsi que le créateur a rendu hommage de façon artistique à trois tissus de coton qui sont fabriqués en usine dans son pays d’origine à savoir le Karabella soit le chambray de coton, le siam, une rudimentaire toile de coton et l’Abako qui est le traditionnel denim que nous connaissons.

Le sens de l’humour d’Helmer Joseph est toujours bien présent dans ses collections. Les coupes de ses vêtements sont nettes. Les méticuleux détails, le savant travail de perlage et les nombreuses broderies procurent aux vêtements raffinement et luxure. Il y a de plus un je-ne-sais-quoi dans son air du temps qui est toujours à propos.

Le style d’Helmer Joseph est unique en son genre et chaque modèle semble raconter sa propre histoire, l’art de la création à son meilleur !

Pour donner suite à ce grand défilé de mode, cette collection partira en tournée vers le Cap haïtien pour se diriger ensuite vers les États-Unis dans les villes de la Nouvelle-Orléans, d’Atlanta, de Miami, de Washington, de New York et de Boston. Et, il va sans dire que ce projet a bien plu à nos voisins du sud puisque l’histoire du coton haïtien est similaire et parfois complémentaire à celle de l’histoire américaine du coton.

Bref, un incroyable parcours pour Helmer Joseph et il est à parier que le créateur n’a pas fini de nous surprendre !

Mention de sources photos Frank S., WIP MONTREAL, 22 février 2024.

Relations de presse Matthieu Lizotte, Wolfe MTL.

Aller à la rencontre du peuple huron-wendat grâce à ONHWA’ LUMINA

Yiheh, Bienvenue !

ONHWA’ LUMINA, c’est une fabuleuse forêt enchantée qui permet lors d’un incroyable parcours nocturne de 1,2 Km d’aller à la rencontre du peuple huron-wendat de Wendake.

Conçu par Moment Factory, studio de création multimédia situé à Montréal, qui a notamment réalisé l’illumination du Pont Jacques-Cartier, ONHWA’ LUMINA est impressionnant à visiter tant pour les effets visuels présentés, tous plus étonnants les uns que les autres, que pour la magnifique musique et les sons réalistes de la forêt accompagnant les projections vidéo.

La scénographie du thème nous plonge d’ailleurs littéralement dans une atmosphère des plus saisissantes, nous transportant ainsi dans le mode de vie et les valeurs ancestrales de cette grande première nation.

C’est ainsi qu’un merveilleux voyage onirique commence dans cette forêt enchantée à l’intérieur d’un grand cercle lumineux, cercle qui symbolise la conception circulaire du monde qui nous entoure. Ce voyage se poursuit à dos de tortue et par la suite, c’est autour de l’âtre d’une longue maison imaginaire de nous accueillir. Ensuite, l’on circule à travers un village lumineux bien mouvementé, puis nous sommes invités à découvrir la station Notre monde. En poursuivant notre chemin, nous apercevons sous nos yeux, et c’est impressionnant, les ancêtres hurons-wendat se dresser devant nous. La visite du parcours se termine en grand par la découverte des étoiles lumineuses.

Tout au long de ce parcours, la langue Wendat prend graduellement vie pendant que des histoires se racontent et que les chants accompagnent chacun de nos pas.

Le symbole de la tortue chez les hurons-wendat

L’île de Grande Tortue est le nom traditionnel donné par les Hurons-Wendat à cette vaste étendue qu’est l’Amérique du Nord. Cette appellation est partagée par plusieurs autres nations autochtones. Dans la version du mythe de création des Hurons-Wendat, un morceau de terre, jadis tombé du ciel, est ramené du fond des eaux par grand-mère crapaud et étendu sur le dos de Grande Tortue qui devient ainsi une île. Yäa’tayenhtsihk peut alors y vivre après qu’elle fut tombée du Monde-Ciel vers le monde-Océan (1)

Personnellement, j’étais depuis longtemps intéressée à parcourir ce sentier nocturne hors du commun, mais en même temps, je me demandais si j’allais avoir ce WOW, cet étonnement soudain digne d’un conte de fées. Et, bien oui, j’ai été émerveillée, enchantée et même surprise, affichant ainsi les grands yeux étonnés d’une enfant de 5 ans.

L’univers Wendat

Pour le peuple Wendat, le monde qui les entourent représente une grande famille où ils ont le privilège et la responsabilité de respecter tous ceux qui en font partie. Reconnaissant de ce monde qui les soutient depuis toujours, ils chantent, dansent et saluent toute la création en guise d’offrandes et de remerciements à poursuivre ce travail afin que leurs esprits ne forment plus qu’un avec la nature.

Autrefois

La Confédération wendat comptait des dizaines de milliers de personnes réparties dans des villages accueillant parfois de plus de 2 000 personnes. Les femmes cultivaient les trois sœurs des wendats qui étaient le maïs, la courge et les haricots dans d’immenses champs entourés par d’imposantes palissades.

ONHWA’ LUMINA, événement partenaire du Carnaval de Québec.

Eh oui, cette année, ONHWA’ LUMINA fait partie des événements partenaires de la 70e édition du Carnaval de Québec. Carnaval hivernal des plus festifs et rassembleurs, pour les petits comme pour les grands, qui débute le 25 janvier prochain et se poursuivra jusqu’au 11 février 2024.

Définitivement, ONHWA’ LUMINA est à voir, pour l’incroyable travail visuel et sonore de Moment Factory, pour être émerveillé par tant de féérie et de beauté et pour en apprendre davantage sur cette fascinante première nation !

Sources recherches : Affiches explicatives en début de parcours.

(1) Citation, site Web, Onhwa’ Lumina Onhwa’ Lumina – Parcours nocturne enchanté à la rencontre du peuple Huron-Wendat – Onhwa Lumina

Photographies : travail personnel et François Berthiaume, 12 janvier 2024, Wendake.

HAIR 1968 : Époque où la mode se voulait éclatée, empreinte de joie de vivre et de liberté

L’effervescente comédie musicale HAIR, qui a été présentée dans le cadre du Festival Juste pour Rire à Montréal, est maintenant présentée à Québec. Et, jeudi soir dernier, c’était soir de fête à la Salle Albert Rousseau lors de cette première médiatique !

Traduite et mise en scène, avec brio, par le talentueux Serge Denoncourt, cette grande comédie musicale nous plonge directement en 1968. Époque où la paix, l’amour et la liberté résonnent, à grands coups de Flower Power sur l’air du temps.

Synopsis

À cette époque de grands bouleversements sociaux, la guerre qui sévit au Vietnam n’est évidemment pas rose et l’on entre dans l’ère du Verseau. À ce moment, un groupe de jeunes gens, que l’on surnomme les hippies, occupent un théâtre abandonné de New York et protestent vigoureusement contre cette guerre violente et rêvent alors d’un monde plus harmonieux,  paisible et respectueux envers l’environnement. Ils prônent l’amour libre et espèrent à une Amérique meilleure qui est en mesure de tenir les promesses annoncées. L’un d’entre eux, Claude Bukowski, personnifié par Philippe Touzel , reçoit son avis d’enrôlement pour l’armée américaine et profite de ses derniers moments à vivre en compagnie de ses amis avant de se rendre au Vietnam ne sachant pas nécessairement s’il en reviendra un jour vivant…

Plusieurs thèmes abordés, lors de cette grande comédie musicale, sont encore très actuels aujourd’hui tel que les complexes relations homme-femme, les crises identitaires de genre, la crise économique et la crise climatique ainsi que les guerres.

Dynamique et endiablée comme pas une, cette rafraichissante comédie musicale permet aux artistes de démontrer tous leurs talents allant du jeu des comédiens, aux numéros de danse performants, en passant par d’incroyables prestations vocales. Et ce, particulièrement, pour ce qui est d’Étienne Cousineau dans le rôle de Margaret Mead qui met en valeur sa voix de soprano d’un timbre exceptionnel.

La mode de cette époque

Elle est colorée, éclatée et les costumes portés par les artistes sont très représentatifs de cette période historique endiablée. Et, pour ceux qui, tout comme moi, on vécut cette période de la mode, se rappelleront aisément avoir portés l’une ou l’autre de ces tenues vestimentaires avec joie. Et, il était facile d’esquisser un sourire rempli de souvenirs lors de la présentation de ce spectacle grandiose.

De façon plus détaillée, à quoi ressemblaient la mode de la décennie 70 ?

Les chemisiers, ornés de fleurs éclatantes enjolivaient les corsages savamment dessinés des jeunes filles. Les blouses en batik étaient également très à la mode. Les joyeux imprimés folkloriques donnaient eux aussi le ton aux tendances du moment. Les fines broderies, placées un peu partout sur le vêtement procuraient exotisme à l’ensemble du vêtement.

Le travail de patchwork dont certains vêtements étaient ornés inspirait alors savoir-faire et créativité. Le macramé était également dans l’air du temps et plusieurs accessoires modes étaient fabriqués de cette façon comme les bracelets. Le tricot était roi, et autant les vêtements que les accessoires étaient fabriqués ainsi tels que les bonnets, les chandails et camisoles, certains pantalons et même les maillots de bain.

Les franges ornaient joyeusement plusieurs pièces de vêtements telles que les vestes autant celles à manches courtes que longues. Ces franges ornaient également les sacs à main. Les pantalons longs à pattes d’éléphant étaient une tendance forte du moment et le denim devenait de plus en plus populaire.

Les cheveux se portaient long autant pour les filles que pour les garçons en guise de contestation sociale envers par exemple la génération puritaine des années 50.

Cette allure cool et très bohème à la fois, ce total look, afin d’en capter une fois de plus l’air du temps, confère alors ce mode de vie éclaté prônant la paix, l’amour et la liberté afin d’espérer un monde meilleur où tout est possible.

Bref, une comédie musicale à voir pour les incroyables performances artistiques, au contexte social toujours aussi actuel, qui est présentée à la Salle Albert Rousseau de Québec jusqu’au 7 janvier 2024.

Photographies : François Berthiaume, Salle Albert Rousseau, 14 décembre 2023.

Le son et la mode du rap québécois en vedette au Musée de la civilisation

Jeudi dernier, c’était grand jour de rap au Musée de la civilisation de Québec grâce au lancement médiatique de l’exposition Sur paroles. Le son du rap queb : la culture hip-hop dans toutes ses dimensions.

Allocution de Webster

Lancée en présence de l’artiste hip-hop et conférencier Webster, cette fascinante exposition est présentée du 10 novembre 2023 au 2 septembre 2024 et elle nous propulse directement dans l’histoire de cet important mouvement culturel qu’est le hip-hop. Elle met notamment en lumière ses artisans et artisanes qui tente de démontrer comment leurs luttes sociales engagées et leurs propos affirmés ont influencé notre société québécoise au fil des ans.

C’est une grande fierté et un honneur pour moi de collaborer avec le Musée de la civilisation. Dès le départ, je voulais faire de cette exposition un outil pédagogique afin que la population en général puisse mieux comprendre cette culture qui nous a tant apporté et, par le fait même, la manière dont les voix racisées au Québec ont pu être amplifiées grâce au hip-hop. J’espère aussi que les adeptes de la première heure, les real hip-hop heads, puissent se retrouver dans ce projet et se dire oui, nous voilà.

Affirme Webster lors du lancement médiatique.

Le vaste corpus de l’exposition comprend des vêtements et accessoires de scène, du matériel d’enregistrement, plusieurs archives photographiques, des manuscrits, des vidéos, de l’art visuel et bien sûr un pertinent parcours sonore.

Le hip-hop est un univers qui est dense et il a été longtemps considéré comme une culture plutôt marginale qui a fait résonner des préoccupations sociales fondamentales. Lorsqu’il est apparu dans notre société québécoise, ce mouvement culturel a témoigné d’un long chemin parcouru et, de celui qu’il reste à parcourir pour connaître, reconnaître et faire entendre toutes ses voix dans leur pleine diversité.

Les origines du hip-hop : Le Bronx

C’est plus précisément dans le South Bronx de New York dans les années 70 qu’Afro-Américains et Latinos, principalement d’origine portoricaine, créés une identité culturelle unique en son genre. Cet endroit est situé juste au sud de l’arrondissement du Bronx et est aussi un ghetto. Une ségrégation ethnique, culturelle, sociale et économique s’y développe alors au fil du temps.

Le courant musical du hip-hop émerge alors au cœur des luttes raciales de ces communautés afin de représenter leurs réalités marginales. Ces voix riches en sonorité dénoncent les embûches liées à leurs réalités et conditions sociales pénibles affirmant ainsi le souhait de les surmonter, explique Jenny Salgado, J. KYLL.

Migration du mouvement de New York vers Montréal

Dès le début des années 80, plusieurs jeunes Montréalais d’origine caribéenne comme les Haïtiens et les Jamaïcains visitent des membres de leur famille dans le Bronx et à Brooklyn. Lors de ces visites, ils découvrent cette culture hip-hop, tendance du moment, et rapportent dans leurs bagages des cassettes de musique rap que l’on ne retrouve pas encore au Québec. Plusieurs de ces jeunes vont s’initier graduellement au DJing, au Breaking danse et vont continuer à se pratiquer lors de leur retour à la maison.

Ce genre de pèlerinage culturel se poursuit dans les années 80 et 90 et cette diaspora afro descendante va inspirer la communauté hip-hop québécoise. Cette culture de masse leur permettra de s’affirmer dans un milieu social où ces jeunes se sentent souvent marginalisés et invisibilisés.

Un riche environnement sonore

Le visiteur, lors du parcours de l’exposition, pourra plonger directement dans cet univers musical varié grâce à la réalité sonore augmentée et ce, à l’aide d’une technologie de pointe novatrice développée par le Musée de la Civilisation en collaboration avec SAGA Stratégie Sonore.

Cet environnement auditif innovant emmène le visiteur à se replacer dans l’espace au fur et à mesure qu’il découvre les différents artefacts sonores des pièces musicales des artistes hip-hop mis à l’honneur. Parmi ces artistes notons DJ Horg, Kenzhelo, Nazbrok, Shash’U et Soraï.

Être à la mode

Le hip-hop, le streetwear, qui est apparu au milieu des années 80 et qui connaît son apogée dans les années 90 est définitivement un mode de vie créé au départ par les gangs de rue. Par exemple, la façon de parler, de se vêtir ou de bouger le corps forme une attitude propre à cette culture qui se reconnaît rapidement et exprime une vision personnelle du monde.

Ce mouvement réactionnaire fait alors contrepoids aux tendances ostentatoires, coûteuses et voyantes de la décennie 80. S’éloignant ainsi du luxe clinquant présenté sur les podiums des défilés, le streetwear regroupe des jeunes ayant comme affinités le graffiti, le skateboard et la musique.

Ceinture et boucle de ceinture de D-Shade, métal et cuir vers 2000, prêtée par Justin Phillips allias D-Shade.

Cette mode bien personnelle, pratique et inspirée du sportwear se veut avant tout anticonformiste et représente une valeur qui est chère à la communauté hip-hop.

Tenue de scène d’inspiration traditionnelle sénégalaise portée par Saramée dans la vidéoclip de la chanson Bun Dem. Designer Abdou Barry, textile, wax, 2019.

Tee-shirt du collectif 83, textile en coton, vers 2011 prêté par Frédéric Auger allias T-Mo. Tee-shirt du collectif Limoilou Starz, textile de coton, 2002, prêté par Webster.

Les vêtements comme les joggings, les sweat-shirts à capuchon et les t-shirts se veulent de tailles extralarges, les pantalons sont également portés sous le bas du dos, les chandails d’équipes sportives ont la cote, les chaînes portées autour du cou sont massives, les chaussures sont très volumineuses et les vêtements sont graffés formant ainsi une panoplie de couleurs et de styles flamboyants.

Chaîne en or, métal, milieu des années 1990, prêtée par Martin Sanchez allias Cholo

Couronne de la rappeuse Ruby, plastique, 2017, prêtée par Marie-Hélène Leroux allias Ruby.

L’image de marque revêt une grande importante et les vêtements logotés deviennent ainsi un signe de reconnaissance de soi à savoir d’appartenance à un groupe social que l’on nomme aussi tribu. Les styles se portent autant le jour comme de soir et deviennent ainsi une sorte d’uniforme standardisé. La mode en mouvement n’a jamais pris autant de sens et rime alors avec streetwear.

Veste arborant des motifs incas, création du graffeur SINO, textile, denim, vers 2019, prêtée par Martin Sanchez allias Cholo.

De par ce style vestimentaire et gestuel, cette communauté culturelle se distingue aisément autant parmi les siens que parmi les autres.

Jersey de baseball identifié Muzion en cuir, 2002 prêté par Stanley Rimsky alias Imposs. Trophée Félix de l’Album francophone de l’année – Rap remis à Muzion. Foulard, textile vers 1999, prêté par Jenny Salgado alias J-Kyll.

C’est ainsi que le streetwear devient graduellement une tendance vestimentaire dominante au Québec comme dans le monde entier. Des marques connues comme FUBU, Cross Colors ou Phat Farm s’affichent fièrement dans les rues québécoises. Contestataire au début, l’esthétique hip-hop devient graduellement un courant de mode dominant.

Aujourd’hui, cette mode fait partie intégrante d’un lucratif marché de masse et demeure un moyen d’expression et d’affirmation vestimentaires de soi et de ses idées.

Tenue d’inspiration traditionnelle, création du designer Irako-canadien Cheb Moha, textile en coton et laine, 2016, prêté par Yassin Alsaiman allias NARCY.

À propos d’Aly Ndiaye alias Webster

Webster est né et a grandi dans le quartier populaire de Limoilou à Québec. Membre fondateur du collectif Limoilou Starz, il est un vétéran et l’un des pionniers du mouvement hip-hop québécois et est reconnu pour la qualité de ses textes ainsi que pour l’intelligence de ses propos.

Militant, il s’implique énormément socialement et donne régulièrement des conférences sur une multitude de sujets tel que l’histoire de la présence afrodescendante et l’esclavage au Québec et au Canada depuis l’époque de la Nouvelle-France.

Bref, une fascinante exposition à découvrir pour tous les amateurs de hip-hop et pour le public en général curieux d’en apprendre davantage sur ce mouvement culturel hors du commun. Celle-ci est présentée au Musée de la civilisation jusqu’au 2 septembre 2024.

Photographies, travail personnel et François Berthiaume, 9 novembre 2023, Musée de la civilisation de Québec.

Sources recherches :

Scénographie de l’exposition et communiqué de presse

Wikipédia, l’encyclopédie libre.

Les véritables couleurs de la mode

Présentée à la galerie courbe du rez-de-jardin du Palais Galliera jusqu’au 15 mars 2024, dans le cadre de La mode en mouvement, l’exposition Les Couleurs de la modeAutochromes du Salon du goût français 1921-1923 est magnifique à visiter.

Aussitôt entré dans la salle, une ambiance feutrée et un éclairage tamisé donne tout de suite le ton à une visite qui nous plonge directement dans cette période foisonnante de l’après-première guerre mondiale.

Le corpus de l’exposition, riche d’une centaine d’images, permet d’ailleurs de découvrir la subtile palette de couleurs de l’autochrome et ce, en regard des costumes, accessoires et documents d’archives du musée qui ont été soigneusement sélectionnés.

Le procédé technique de l’autochrome

De 1921 à 1923, ces images d’exception permettaient de promouvoir à Paris le luxe français lors d’une manifestation artistique tout à fait nouvelle nommée : Le Salon du goût français.

Présentée de 1921 à 1923 au Palais de Glace des Champs-Élysées, l’actuel Théâtre du Rond-Point, cette exposition créée par l’éditeur parisien Maurice Devriès est originale et moderne à la fois.

Conçue par l’architecte-décorateur Robert Mallet-Stevens, elle rassemble la production des industries françaises du luxe. De plus, l’idée novatrice du salon du goût français est de remplacer chaque objets fabriqué en série par sa reproduction photographique sur une autochrome.

Pour la France qui se sort difficilement des suites de la Première Guerre mondiale, cette exposition, dont l’objectif est de promouvoir la fabrication nationale des arts déco, de la haute couture et des maisons de luxe, permet de relancer l’économie nationale. Celle-ci voyagera par la suite à travers le monde.

Lors de cette visite, il est notamment intéressant d’apprécier ces photographies, aux couleurs inédites, qui amène une vision tout à fait nouvelle de la mode du début des années 20.

C’est ainsi que le Palais Galliera renoue aujourd’hui avec la mode de cette période historique au prisme des couleurs éclatantes de blanc, mauve, bleu, rouge, des riches imprimés et des fabuleuses matières textiles de ces magnifiques autochromes qui ont été présentées au Salon du goût français.

Offerte par Maurice Devriès au musée des Arts et Métiers en 1928, cette exceptionnelle collection permet également à l’époque de relancer les industries françaises du luxe et de réintroduire culturellement le bon goût français.

Les couleurs de la mode

La teinte de la lumière de toutes les couleurs : le blanc.

Au début des années 20, la mode parisienne continue d’être influencée par les Ballets russes. Celle-ci se veut alors très vivante et arbore des couleurs flamboyantes. Cependant, un engouement soudain pour le blanc procure une pause visuelle à ce spectre lumineux qui est la bienvenue.

Ce qui frappe d’ailleurs sur ces belles photographies, ce sont la richesse et la beauté des broderies présentées.

Le blanc se porte alors de la tête aux pieds pour des ensembles de jour avec une préférence pour le blanc cassé. Le blanc se veut immaculé pour les modèles de jeunes filles. Et, l’été, le blanc domine sur des voiles légers parés de broderies colorées. Sur les robes et chapeaux portés aux courses de Chantilly, il sort définitivement grand gagnant.

Le blanc est également coordonné au noir afin de procurer de formidables effets graphiques comme pour des accessoires ou pour des manteaux. Sur certains modèles, il procure l’illusion de porter un ensemble jupe et veste.

Grâce au procédé de l’autochrome, il est enfin possible de saisir les infinies nuances de blanc. Celle-ci restant la couleur la plus difficile à reconstituer, la synthèse de l’addition des trois couleurs primaires soit le cyan, le magenta et le jaune, doit être parfaite.

Le mauve

Les premiers colorants synthétiques apparaissent vers les années 1860, ce qui donne lieux à une nouvelle palette de violet, de pourpre, de lilas et de mauve. Et, c’est l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, qui donne le ton à cette romantique couleur, car le mauve s’accorde à merveille avec la couleur de ses yeux.

L’engouement pour cette couleur est tel que lorsque pour le bal de l’Opéra de juin 1921, orchestré par la princesse Murat et sous la direction artistique de Paul Poiret qui signe les décors et les costumes, la presse en fait grand bruit. Celle-ci affirme que dorénavant toutes les nuances de violet sont à la mode.

À partir de l’été 1921 et ce, jusqu’à l’été 1923, on retrouve sur les robes et accessoires féminins plusieurs déclinaisons de mauve comme le parme, la lavande, le lilas et le cyclamen. Cette section de l’exposition est d’ailleurs tout en douceur et en féminité.

Le rouge

À cette époque, le rouge se décline en plusieurs nuances telles que le rouge chaud ou bien le rouge vermillon qui sont les préférés.

En ce sens, le rouge pur étant jugé trop éclatant, on lui préfère également des teintes beaucoup plus douces comme le physalis ou la mandarine dont la nuance semble délayée dans l’or.

La nuance de ces teintes est dès lors rendue à travers les autochromes. Elle est rehaussée d’incrustations noires sur par exemple les tailleurs ou les manteaux en lainage. Elle se veut de plus monochrome pour les chapeaux décorés de plumes et de fines mousselines.

Ce rouge nuancé se déploie également sur les robes du soir. Enrichie de broderies et pierres précieuses, puis associé à l’or et aux fourrures, cette couleur procure une allure des plus glamours.

La combinaison de couleurs afin de procurer de riches imprimés

Les imprimés gagnent en popularité à cette époque et les plus audacieux sont réservés aux tenues d’intérieur comme les pyjamas ou bien les longues robes.

Ces imprimés se retrouvent également sur les blouses qui coordonnées au jupes unies procurent un contraste éclatant. Les robes d’été en foulard au tissu frais et léger se parent aussi de leurs plus beaux imprimés.

Les plaques autochromes démontrent bien toute la fantaisie et l’originalité des imprimés à la mode. Les modèles fabriqués en crêpe de soie ou en voiles de coton arborant de larges motifs se démarquent alors par leurs modernismes et leurs vifs coloris.

Bref, une superbe exposition à découvrir au Palais Galliera de Paris jusqu’au 15 mars 2024.

Photographies : travail personnel et François Berthiaume, Palais Galliera, Paris, 23 septembre 2023.

Source recherche : scénographie de l’exposition et Wikipédia, l’encyclopédie libre.

Catalogue de l’exposition :

Auteur : collectif, Les couleurs de la mode. Autochromes du Salon du goût français, 1921-1923, Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris, Éditions Paris Musées, 160 pages.

La mode en mouvement à travers trois siècles d’histoire

Peter Knapp. Modèles en maillots de bain, 1971.

Présentée au Palais Galliera de Paris jusqu’au 7 septembre 2025, l’exposition collections La mode en mouvement est fascinante à découvrir. Présentée en trois parties jusqu’en 2025, cette intéressante exposition donne le ton aux Jeux Olympiques et Paralympiques qui se dérouleront à Paris du 26 juillet au 11 août 2024.

La mode en mouvement

Scénographiée de façon chronologique, cette grande exposition retrace, à travers environ 200 œuvres tirées des collections du musée, l’histoire de la mode de la période allant du XVIIIe siècle jusqu’à de nos jours. Se dresse parallèlement à ce parcours une pertinente thématique transversale attribuée au corps en mouvement.

C’est ainsi que trois siècles de mode et de vêtements destinés à la pratique sportive telle que l’équitation, la natation, le tennis, le ski, le golf, la bicyclette nous est racontée.

L’Art et la Mode. Vive la bicyclette. Périodique, juin 1941.

Cette scénographie interroge également la place qu’occupe le vêtement dans la pratique d’activités sportives et physiques. Le rapport qu’entretient le corps entre le mouvement et le vêtement ainsi que les conséquences sociales de cette évolution.

Les sources de cette mutation

C’est en Angleterre au XVIIIe siècle que se développe, au sein d’une classe sociale aristocratique, amatrice de loisirs et de plein air, l’attirance pour l’activité physique et le sport. La société française alors grandement influencée par ce nouvel engouement adopte aisément ce nouveau mode de vie.

L’élite française, puis par la suite les classes sociales inférieures ont tôt fait d’adopter cette pratique sportive. Au XIXe siècle, la politique sociale française suivant les théories hygiénistes en vogue encourage cette pratique afin de répondre aux doléances de la santé publique.

Costume-tailleur, vers 1900, sergé de laine et velours de soie, soutaches de soie. Il permet de trotter aisément dans les rues de Paris.

C’est ainsi que le rapport au corps, autant celui masculin que féminin, évolue. Le mouvement corporel étant au cœur de la pratique sportive, le vêtement et les accessoires modes doivent s’adapter en conséquence.

Le riche dialogue de l’exposition questionne également la notion de spécialisation du vêtement sportif et d’adaptation, en particulier à la fin du 19e siècle tel que les tenues féminines pour la pratique du sport comme la bicyclette.

Adaptation qui signifie, par conséquent, la masculinisation du vêtement féminin et plus tard l’arrivée du sportswear. Style vestimentaire qui est entré graduellement dans nos garde-robes.

Pierre Louchel, scène après la chasse à courre. 1949.

La façon dont le corps évolue au cours des ans est également mis en valeur dans l’exposition à savoir ce corps sportif ainsi que la manière dont il est valorisé à travers le vêtement et ce, dans le but de mieux saisir comment cette libération du corps en mouvement, par l’activité physique, a contribué à faire évoluer les mentalités sociales.

En raison de cette évolution, les canons de la beauté changent également. D’un corps aux formes rondes qui est valorisé au XVIIIe siècle, la mode évolue afin de valoriser un corps plus svelte.

Se baigner dans la mer au XIXe siècle

Les théories hygiénistes prônées depuis le XVIIIe siècle ainsi que les vertus du bien-être des bains de mer pour la santé amènent la création des premières stations balnéaires comme celle de Dieppe en France.

Avec le développement des chemins de fer, au Second Empire, les stations balnéaires se multiplient le long des côtes normandes et basques.

À cette époque, hommes et femmes sont contraints de se baigner séparément et cette nouvelle activité nautique soulève la question à savoir quelle tenue décente porter en public.

Belle Jardinière. Costume de bain, vers 1875, toile de lin et ruban de sergé de laine.

Il est alors de mise de porter un costume de bain en laine ou en lin couvrant tout le corps se composant d’une tunique à manches longues et d’un pantalon coupé aux mollets. Pour les dames, un corset prévu à cet effet se veut plus court et peu baleiné. Des bas de laine, des espadrilles et un chapeau complètent cette nouvelle tenue balnéaire.

Graduellement, la baignade se démocratise et le costume de bain s’allège et se raccourcit afin de laisser entrevoir notamment les bras.

Costume de bain, vers 1907, sergé de laine, tresse de laine, toile de coton gratté, broderie de coton, boutons en ivoire.

Rouler à bicyclette

Autre sport d’intérêt est la bicyclette. La pratique de cette activité physique se développe vers les années 1870 et, en 1880, le Championnat de France de vélocipède est créé. Les femmes enfourchent à leur tour la bicyclette, symbole de liberté et de mouvement.

Tenue de cycliste, vers 1900. Spencer en toile de laine chinée, sergé de laine et de soie et boutons en bois. Culotte en toile de coton nattée et boutons en nacre.

Mais, cette nouvelle activité suscite beaucoup de critiques notamment du point de vue médicale où elle représente, pense-t-on, un danger pour la fertilité de la femme. Afin de pratiquer ce sport plus aisément, une culotte, vêtement bifide, fendu en deux, inspiré du vestiaire masculin est alors portée par les femmes.

Ce nouveau vêtement féminin vient donc bousculer la définition du genre et questionne en même temps la pudeur ainsi que la décence.

Vers une nouvelle libération du corps

Les années 1910 marquent une période de transition. Entre la Belle Époque et la modernité des années 1920, la Première Guerre mondiale qui sévit en Europe de 1914 à 1918, amène de profonds changements sociaux. Les hommes partis au front pour se battent, les femmes remplacent les hommes au travail et s’émancipent graduellement.

La mode se veut dès lors plus simple et pratique. En raison du manque de tissu et du nouveau mode de vie, les tenues raccourcissent et les modèles se modernisent.

Maison Chéruit. Tailleur, 1914, toile de laine crêpée, pékin de coton.

La danse comme moyen d’expression

La guerre maintenant terminée, les femmes s’émancipent. Elles sortent, fument, prennent un verre et dansent au rythme du charleston, du fox-trot et du black-bottom. Les corps en mouvement se dévoilent, les robes raccourcissent, la silhouette est droite et l’allure féminine est androgyne. Les tenues de jour sont sobres et elles sont luxuriantes pour le soir laissant ainsi paraître de magnifiques broderies.

Robe du soir, vers 1925, taffetas de soie crêpé, broderies au crochet de perles et de demi-tubes.

Triomphe de la ligne et de la coupe

Les années 30 marquent le retour à la féminité grâce à la ligne et la coupe du vêtement qui se veulent plus sophistiquées et classiques. Toujours en accord avec le concept de la mode en mouvement, le pyjama du soir fabriqué en satin est apprécié pour son confort et se hisse au rang des tenues de réception décontractées du moment.

En marge de ce mouvement, la pratique du ski alpin favorise une évolution du style qui tend vers une certaine uniformité. La tenue féminine en vogue puise ses sources d’inspiration du vestiaire masculin. C’est ainsi que veste et pantalon de style norvégien sont à la mode. Ces tenues sont élégantes et à la fois adaptées à la pratique de ce sport.

Maison Tunmer, ensemble de ski vers 1935, sergé de laine.

En 1939, la Seconde Guerre mondiale éclate et force les maisons de couture à créer différemment, car elles sont soumises à plusieurs contraintes comme celle de l’approvisionnement en matières premières telles que la laine, la soie et le cuir.

La silhouette du vêtement est alors caractérisée par des épaules carrées, une taille plus marquée que lors de la décennie précédente et la jupe raccourcie jusqu’au genou.

Tailleur, vers 1943, toile de laine.

L’année 1945 marque la fin de cette Seconde Guerre mondiale et, en 1947, Christian Dior innove en lançant la ligne corolle alors baptisée le New Look. Les épaules sont arrondies, la taille est fine, elle est à nouveau corsetée par cette fois-ci une guêpière, et la jupe est d’une ampleur démesurée. C’est également l’âge d’or de la haute couture parisienne.

Parallèlement à cette mode très glamour, se développe aux États-Unis, le sportswear. Influencés par les stars américaines, le blouson en cuir et les vêtements confortables en maille gagnent en popularité.

Le prêt-à-porter émergent au rez-de-chaussée des maisons de couture en Europe. Il devient de plus en plus de qualité et influencera les créations de la haute couture, la mode en mouvement évolue à nouveau.

Elsa Schiaparelli, veste de chasse, haute couture, 1950, cuir pleine fleur, tricot de laine au dos, boutons en cuir et métal par François Hugo.

La mode jeunesse des années 60

Contrairement à la décennie 50, la mode des années 60 est frivole et libre. Elle est beaucoup moins cintrée et le vêtement tend à s’éloigner du corps. Par le biais de découpes échancrées et de jeux de transparence, le corps se révèle de plus en plus.

La conquête spatiale influence également la mode. La combinaison en vogue souligne la silhouette et permet une liberté de mouvement total. Le short et le pantalon sont les nouveaux symboles de la révolution sexuelle et ce désir d’émancipation chez la femme.

Madame Grès, combinaison, collection A/H 1971, cuir nubuck, tannage au chrome, toile de coton, métal cuivreux.

La créatrice britannique Mary Quant lance, en 1962, la minijupe et suivent ensuite les minirobes. Celles-ci facilitent la marche et révèlent encore plus les jambes. Portées en ville comme sur les courts de tennis, ces jupes et robes très courtes provoquent une onde de choc.

Flip Flap, robe de tennis, vers 1969, jersey synthétique et fibre de polyester mélangée.

Le culte du corps athlétique

Les jeunes créateurs français et étrangers, désormais directeurs artistiques des maisons de couture et à la tête de leurs propres griffes, vont de nouveau bouleverser la mode de la décennie 80.

Thierry Mugler et Claude Montana proposent des silhouettes structurées à carrure d’épaules très larges symbolisant ainsi une femme puissante. Elle est affirmée sur le marché du travail et son allure vestimentaire le démontre tout autant.

Claude Montana. Ensemble robe-manteau et maillot de bain, collection P/E 1984.

Lors de cette décennie, l’utilisation des matières souples procure également une certaine fluidité au mouvement. Le confort demeure la priorité des créateurs de mode qui s’inspirent de l’esthétique sportive de l’aérobic et des premiers concours féminins de culturisme pour innover.

De nouvelles matières légères et élastiques comme le stretch voient le jour et permettent d’épouser le corps en mouvement à merveille.

Michel Goma, figures en tenues de plage, vers 1980.

Le sportswear comme nouveau mode vie

Le vêtement classique en 1990 est, plus que jamais, déconstruit. Les matières techniques, le minimalisme des formes et de la coupe, la fluidité du vêtement permettent dorénavant un confort total et procurent un mouvement du corps, sans aucune entrave, jusque-là jamais égalé. Le t-shirt et les leggings en sont d’ailleurs de bons exemples.

Comme des Garçons, ensemble robe et tee-shirt, collection P/E 1990, jersey de nylon.

Des maisons de couture telles que Chanel maintenant dirigée sous la griffe artistique de Karl Lagerfeld insufflent une image de marque sportive valorisant ce corps svelte tout en respectant les codes de luxe et de sophistication de la maison.

CHANEL, ensemble cocktail, veste et caleçon, Karl Lagerfeld, collection P/E 1991, jersey de coton brodé de paillettes, ganse en gros-grain, caleçon en jersey de coton et lycra.

Plus présent que jamais, le sportswear puisse ses sources d’inspiration de la rue, du hip-hop, de la mode grunge. Influences qui se veulent moins matérialistes.

Les baskets et sneakers à la conquête des podiums de la mode

C’est grâce à l’invention du caoutchouc que sont apparues les premières chaussures de sport. En 1917, l’entreprise américaine Converse lance sa première chaussure sportive adaptée pour la pratique du basket-ball. Cette chaussure à tige haute sert à maintenir la cheville en place.

Graduellement, basket et sneaker vont quitter les terrains sportifs pour s’introduire dans le vestiaire de ville. Elles vont par la suite conquérir les podiums de la mode et lors des années 2000, les maisons de couture telles que Balenciaga puis Christian Dior, Chanel et Valentino vont créer leurs propres modèles.

Fortes de ce succès, ces chaussures sont devenues au fil du temps un véritable phénomène mode qui cible la société tout entière.

Louis Vuitton, basket Archilight, collection P/E 2018, toile de nylon et cuir.

Bref, une fascinante exposition à voir qui permet de saisir l’évolution de la mode en regard du mouvement et ce, au fil du temps. La première partie est présentée au Palais Galliera de Paris jusqu’au 15 mars 2024 et cette exposition se poursuivra jusqu’en septembre 2025.

Présentation de la première partie : 16 juin 2023 au 15 mars 2024.

Présentation de la seconde partie : 20 avril 2024 au 5 janvier 2025.

Présentation de la troisième partie : 8 février 2025 au 7 septembre 2025.

Photographies : travail personnel et François Berthiaume, 23 septembre 2023, Palais Galliera de Paris.

Source recherche : Scénographie de l’exposition et Wikipédia, l’encyclopédie libre.

Aller au-delà de la mode avec ALAÏA et GRÈS

Présentée jusqu’au 11 février 2024 à la Fondation Azzedine Alaïa de Paris, l’exposition ALAÏA/GRÈS. Au-delà de la mode est fabuleuse à découvrir !

Forte de soixante magnifiques créations, cette exposition relate le dialogue fusionnel entre Azzedine Alaïa et Madame Grès, de son véritable nom Germaine Émilie Krebs.

Deux grands couturiers ayant vécu à des époques différentes et dont l’art de la sculpture était le leitmotiv de création. L’une désirait d’ailleurs devenir sculptrice tandis que l’autre a étudié la sculpture à l’école des Beaux-Arts de Tunis.

À gauche : Madame Grès, haute couture P/É 1956, robe cocktail en crêpe de soie gris perle, encolure bateau, dos fuselé dessiné par 2 pans plissés tombants. Azzedine Alaïa, haute couture, P/E 1990, robe en mousseline organza de soie grise, manches courtes, décolleté en V et jupe très ample à plis creux.

Cette passion partagée a servi à magnifier le travail du drapé pour ce qui est de Madame Grès et pour ce qui est d’Azzedine Alaïa, le travail de la coupe à plat afin de créer de superbes robes sculptées. Dépouillées de tous artifices, ces créations, apparemment toutes simples, cachent une extrême complexité de conception et de coupe du vêtement.

Au centre droit : Azzedine Alaïa, PAP, A/H 2010-11, robe courte noire à manches longues en maille jacquard à rayures.

Madame Grès, haute couture 1960, robe du soir en organza de soie bleu à découpes sur le côté, drapée et nouée au dos.

Fortement guidés par le tissu comme première source d’inspiration, les deux grands couturiers créés d’impressionnants volumes et formes. Puis, s’ajoute à cela le choix des couleurs qui sont principalement monochromes comme le noir intense et le blanc plâtre lumineux afin d’adhérer à une véritable communauté de création et d’idées.

À gauche : Madame Grès, haute couture 1960, robe de cocktail en faille de soie bleu encre, encolure fraise et poignets à volants plissés carrés, dos croisé. Azzedine Alaïa haute couture A/H 2017, robe longue en maille de laine jacquard noire et bleue à motifs floraux avec appliqués de bandes froncées, jupe en maille de soie noire doublée en organza beige plissée soleil.

Lors de cette visite, ce qui fascine le plus, c’est la beauté et la féminité des robes présentées. Le savant travail de drapé de Madame Grès est impressionnant à admirer et nous transporte littéralement à la période antique alors que les femmes grecque et romaine se paraient de leurs plus beaux atours grâce à l’art du drapé.

Le travail d’Alaïa, beaucoup plus moderne démontre toute la complexité de la coupe du vêtement. Son style ultra féminin et très sexy à la fois insuffle une allure de star digne des plus grands tapis rouges.

Au centre : Madame Grès, haute couture 1950, robe du soir en velours de soie rouge carmin, jupe rehaussée de plis canon.

Grès et Alaïa, c’est aussi la réunion de l’exigence des proportions du modèle, de la rigueur de la coupe à plat, qu’il s’agisse des robes du soir ou bien celles du jour. Les drapés de Madame Grès s’incarnent à merveille dans les robes longues fluides et plissées d’Azzedine Alaïa. Le jersey adoubé qu’utilisait Grès pour créer se traduit plus tard en maille et en matériaux souples chez Alaïa.

Au centre : Azzedine Alaïa, haute couture P/E 1986, robe longue en maille d’acétate et mousseline de soie rouge, manches longues, décolletée au dos à ourlet asymétrique.

Les créations de Madame Grès sont intemporelles et toujours actuelles aujourd’hui, quant à celles d’Azzeline Alaïa, elles sont définitivement hors du temps. C’est ainsi que cette belle exposition permet de découvrir des modèles qui vont bien au-delà des modes.

Au centre : robe de scène dessinée pour Les Noces de Figaro en 2013, robe manteau en taffetas de soie noir doublé faille de soie rouge avec grande capuche.

Bref, peu de mots pour décrire combien cette exposition est formidable à visiter et elle est définitivement à voir jusqu’en février 2024 si vous êtes de passage par l’envoutante ville de Paris !

Fondation Azzedine Alaïa, 18 rue de la Verrerie, IVe arrondissement, 75004 Paris.

Photographies, travail personnel, Fondation Azzedine Alaïa, 25 septembre 2023, Paris.

Source recherche : Communiqué de presse, AZZEDINE ALAÏA COLLECTIONNEUR – ALAÏA/GRÈS. Au-delà de la mode.