Lors du M.A.D. Festival et dans le cadre de la présentation du défilé de mode collectif de Fashion Preview, Helmer Joseph présentait jeudi soir 22 août 2024 sa superbe collection dont le titre plutôt surprenant et bien assumé était : le bouillon de 11 heures, les âmes s’apprêtent pour l’enfer ou le paradis.
Collection inspirée de cette ancienne expression haïtienne qui venait de l’habitude des Frères de la Charité de donner à cette heure, 11 h 00, un bouillon aux condamnés à mort pendant leur garde.
Et, les dix modèles présentés, tirés de nouvelles collections et de collections d’archives de Joseph, étaient tout simplement magnifiques. Par ce passage entre le paradis espéré et l’enfer tant redouté, la mode s’exprime sous l’œil aiguisé du créateur.
C’est ainsi que quelques techniques de haute couture apprissent en Europe et de prêt-à-porter ainsi que l’utilisation de matières nobles telles que le coton procurent à cette collection beauté, originalité et immense savoir-faire.
On aimerait toutes et tous, l’avoir comme amie, elle est intelligente, comique comme pas une, flamboyante et elle était en conférence au Festival M.A.D., Mode, Art & Divertissement de cette année. Marylin Fitoussi, styliste et costumière derrière la série culte Emily in Paris nous a fait l’honneur de sa visite à Montréal mercredi 21 août 2024, et quelle formidable soirée passée en sa compagnie !
Et, qui de mieux placé pour interviewer cette star du costume ? Peggy Frey, star du journalisme des semaines de mode et bien connue pour ses célèbres bisous aux plus grands de la mode comme Anna Wintour ou bien Karl Lagerfeld, a mené cet entretien en main de maître.
L’entretien débute d’ailleurs rapidement par plusieurs questions posées en rafale concernant la vie, le parcours professionnel et le travail au quotidien de la costumière.
Parlons auparavant de la télésérie
Emily in Paris est une série télévisée qui compte quatre saisons et qui a été créée par le réalisateur américain Darren Star. Elle est diffusée depuis décembre 2021 via la plateforme Netflix.
Le personnage principal de cette série, Emily Jane Cooper interprétée par Lilly Collins, est une Américaine et elle est originaire de Chicago. Elle accepte un jour un nouveau défi professionnel, dans le domaine du marketing, et part vivre à Paris. La société pour laquelle elle œuvre vient d’acquérir Savoir. Une agence qui est basée en France et qui désire apporter une vision américaine novatrice afin de redorer son image de marque.
Or, pour Emily Cooper s’adapter à la vie parisienne, son nouveau travail, ses amours, ses amis et le mode de vie à l’européenne, ne sera pas chose facile et elle vit alors un immense choc culturel. Elle devra donc s’adapter à cette nouvelle réalité et composer avec les clichés qui y sont rattachés.
Le peu de respect que porte cette nouvelle venue pour la conception du chic parisien l’amène à mélanger effrontément styles, motifs et couleurs de façon très bigarrée. Et, à cette façon de se vêtir, Marylin Fitoussi admet, en souriant, qu’il y a un peu d’elle-même cachée derrière ce personnage.
Jeune adulte, elle fréquente les boîtes de nuit parisiennes telle que la célèbre Les Bains Douches puis d’une rencontre à une autre s’intéresse aux tenues vestimentaires que portent les gens. C’est de cette façon qu’elle infiltre graduellement le milieu du jet-set parisien. Un jour, une costumière intéressée par sa personnalité, la prend alors sous son aile et c’est ainsi que débute son apprentissage dans le domaine du costume.
En 1997, aux Philippines, elle décroche un contrat de designer de costume cinématographique pour le film Birds of Passage des Films du Triangle. Citoyenne du monde, elle œuvre par la suite dans plusieurs endroits du globe dont notamment le Mexique, la Belgique, les États-Unis, le Panama et le Maroc.
La carrière
Marylin Fitoussi adore briser les codes établis et, en 2019, elle réalise les costumes du film Kaamelott qui se déroule au moyen Âge. Or, elle se demande, tout en réfléchissant, mais quels sont les textiles ou bien les matières premières que l’on ne retrouve pas à cette époque. Les paillettes et la fausse fourrure ! s’exclame-t-elle. De là, lui vient l’idée de vêtir une armée complète de petits soldats, 100 personnages, en costumes de paillettes et de fausse fourrure.
Devenir designer de costume pour une série telle qu’Emily in Paris signifie être LA bonne personne, au bon moment. Et, oui, malgré ses plus de 20 ans de carrière à l’époque, elle passe tout de même une audition pour avoir le job. Par la suite, Daren Star la contacte et démontre son intérêt envers son profil et le type de costume qu’il désire voir créer pour la série.
L’habit fait le personnage
Les vêtements et les accessoires sélectionnés pour la série proviennent en partie de créateurs établis tels que Louboutin, Kenzo ou bien Chanel. Ils proviennent également des créations des jeunes designers de mode, des friperies, des modèles vintage et de la fast fashion.
Et, pour 100 costumes sélectionnés, 30 d’entre eux seront retenus. Il en va de même pour les chaussures, lors d’un seul essayage de chaussures, 300 paires sont alors proposées explique la costumière.
Fait intéressant, chaque acteur bénéficie d’un double de son personnage pour l’essayage des costumes afin de vérifier le confort du vêtement durant le tournage, la souplesse des mouvements et l’ajustement de ceux-ci. Dialoguer avec l’acteur devient dans ce cas primordial explique Marylin Fitoussi.
Forte de ses 27 ans de carrière, elle clame haut et fort qu’elle vend du rêve à travers les costumes qu’elle crée pour la série. Le style extravagant d’Emily Cooper, c’est un message de liberté, habillez-vous comme vous voulez, libérez-vous de vos carcans, des diktats de la mode !
J’aime le vêtement et non la mode, une pièce intemporelle, c’est ce qui fait qu’une pièce devient iconique affirme Marylin Fitoussi.
S’inspirer pour créer
La costumière s’inspire des gens qui gravitent autour d’elle pour créer, elle aime les observer. Elle se passionne pour la recherche documentaire. Le parallèle se trace donc aisément avec le grand Karl Lagerfeld qui épluchait jour après jour plusieurs magazines et livres afin de recréer l’allure Chanel s’inscrivant dans chaque époque dans laquelle il travaillait et ce, tout en respectant les codes stylistiques bien établis de la maison de couture.
Bref, une conférence des plus enrichissantes et c’est définitivement un gros coup de cœur perso pour cette personne d’exception, sa vision de la mode et son sens inné de la répartie !
Merci infiniment Chantal Durivage, cofondatrice du festival, d’avoir permis cette grande rencontre à Montréal afin de mettre à l’avant scène Marylin Fitoussi dans le cadre des Conférences du Festival M.A.D.
Photographies, travail personnel, ÉDIFICE WILDER – Espace danse, Montréal, 21 août 2024.
Visiter le Musée Ferragamo en juin 2024, c’était en apprendre davantage sur l’histoire de cette grande entreprise de chaussures italiennes, découvrir la vie de son fondateur Salvatore Ferragamo et apprécier ses incroyables créations. Et, si tout comme moi, vous êtes une fan finie de chaussures, la visite de ce musée vous parlera très certainement.
Ouvert en mai 1995 grâce à la volonté de la famille Ferragamo afin de rendre hommage à la créativité de ce prolifique designer de chaussures, ce musée, qui est situé au sous-sol du Palais médiéval Spini Feroni à Florence et qui est le siège social de l’entreprise, contient 10 000 modèles de chaussures créées par Salvatore Ferragamo entre 1920 et 1960, année de son décès.
Lors de la visite de ce fabuleux musée l’on peut découvrir, mis à part les magnifiques chaussures exposées, des courts-métrages, des documents de presse, des affiches publicitaires, des vêtements et des accessoires datant de 1950 jusqu’à aujourd’hui.
Suede and Kidskin sandal with wedge heel in covered cork, 1938.Kimo, silk satin with socklet, 1951. Claretta, synthetic raffia (pontova) and kidskin, 1955.
Séparé en neuf salles distinctes, ce musée permet la synthèse d’une rétrospective de l’œuvre artistique de Salvatore Ferragamo, de sa vie et du rôle qu’occupe ce musée d’entreprise par le biais de la pratique muséale qui y est associée.
Calfskin and kidskin pump, 1957.
À partir de 2006, afin de rendre la visite de ce musée plus dynamique, il a été décidé de choisir chaque année un thème de recherche différent afin d’explorer l’univers Ferragamo de façon transversale et ce, en le combinant avec d’autres formes d’art telles que l’architecture, le design ou bien l’histoire économique, sociale ou philosophique de l’entreprise. Or, la scénographie de ce musée se renouvelle constamment et ses thématiques changent au fil du temps.
C’est donc dans ce contexte que certaines salles du musée ont retenu particulièrement mon attention comme la première où, par de nombreuses photographies, croquis, chaussures, coupures de presse, catalogues et autres documentations, nous découvrons de façon chronologique de 1898-1960 l’histoire de la vie et de la carrière de ce grand designer de chaussures.
La matière première
Une des sources d’inspiration d’un créateur de mode est le tissu et pour ce qui est d’un designer de chaussures, le matériau utilisé est bien souvent le cuir. Or, Salvatore Ferragamo aimait explorer différentes avenues et en l’occurrence diverses matières premières, bien souvent inhabituelles comme de la peau de poisson, le gros grain, le raphia ou bien la cellophane qu’il manipulait avec ingéniosité. Et, j’ai adoré visiter cette section du musée !
Raffia and kidskin sandal, 1955.
Par ces diverses utilisations, Ferragamo démontre que ces matériaux peuvent être valorisés et peuvent avoir aussi leur raison d’être dans le mode de vie contemporain.
L’utilisation de ces matériaux était d’ailleurs pour l’époque un processus de création innovant, car ces chaussures inspiraient une allure mode qui était complètement à l’opposé des tendances du moment.
Durant la Seconde Guerre mondiale, Salvatore Ferragamo ose travailler avec des matériaux plutôt mal aimé comme le bois laqué, le feutre, la dentelle ou bien la résine synthétique. Lorsque la guerre se termine en 1945, il poursuit l’utilisation de ces matériaux avec cette fois-ci la vinylite et le fil de nylon. Il va même jusqu’à travailler avec l’or pur.
Le chic Hollywood Boot Shop
Autre section du musée qui retient l’attention est celle dédiée à ce magasin qu’achète Salvatore Ferragamo en 1923 et qui est situé sur le Hollywood Boulevard en Californie afin d’en faire un lieu de magasinage qui s’inspire de son pays d’origine.
De style Néo Renaissance, aux colonnes classiques bien visibles, cet endroit procure ainsi une ambiance intime à l’européenne qui plaît dès lors à la clientèle fortunée d’Hollywood.
Cette boutique prisée devient graduellement L’ENDROIT de référence par excellence afin de chausser les célébrités telles que Pola Negri, Mary Pickford, Joan Crawford, Rudolph Valentino, mais également les danseurs professionnels, les directeurs artistiques et les producteurs de films d’Hollywood.
Kidskin shoe with eastern-style toe, 1924 – Calfskin shoe with eastern-style, 1923.Scene from the movie The Thief of Bagdad, 1924.
La bibliothèque de Salvatore Ferragamo
Autre section fascinante du musée est celle de sa bibliothèque. S’intéressant autant à la science qu’aux phénomènes métaphysiques, Salvatore Ferragamo puise ses sources d’inspiration pour créer de son apprentissage singulier et de sa vision du monde qui l’entoure.
Les brevets d’invention de Salvatore Ferragamo
Ferragamo conçoit le design de la chaussure telle que le fait un designer industriel. Autant, il dessine des modèles fabriqués exclusivement à la main, autant il pense à la fabrication en série et en ce sens, il a produit 368 brevets enregistrés. Ses dessins techniques démontrent également d’intéressantes vues de perspective axonométrique de la chaussure.
Certains de ces modèles créés dans les années 30 ont révolutionné la façon de dessiner des chaussures comme les sandales, à talons compensés en liège, créées en 1937. La hauteur du talon de cette sandale procure ainsi, pour l’arche du pied, un support beaucoup plus stable.
Vers une nouvelle renaissance
Cette section du musée qui est la 8e salle de l’exposition est éclatante et elle permet d’admirer les scintillantes chaussures que Ferragamo a dessinées au fil du temps.
Le bagage de connaissances et le savoir-faire italien de Salvatore Ferragamo combinés aux années de formation en Californie, amènent le designer à s’inspirer des beaux paysages méditerranéens qu’il admire pour créer.
Kidskin sandal with platform and layered wedge heel in covered cork, 1942.
C’est ainsi que les bleus vifs, les verts émeraudes, et comme dans cette section du musée, les variations de tons dorées, les nombreuses déclinaisons argentées et le rouge vif, sa couleur fétiche qui symbolise la vie et l’énergie, procurent glamour et modernité aux chaussures dessinées.
Poppea kidskin and pvc with shaped wedge heel in covered, 1959 – Kidskin sandal with layered wedge heel in covered cork, 1947.
Ferragamo combine astucieusement le blanc et le noir de façon géométrique pour designer. D’inspiration cubiste, d’autres formes se coordonnent entre elles, comme par magie, afin de créer des chaussures des plus modernes. Le maître joue également avec les effets d’optiques afin de dessiner des modèles tous plus surprenants les uns que les autres.
L’art de chausser les célébrités du monde entier
La dernière partie du musée à visiter et non la moindre nous fait découvrir un monde de rêve à travers les nombreuses stars d’Hollywood que le designer a chaussé au fil des ans.
Kidskin pump, 1956.
Salvatore Ferragamo créa des chaussures non pas seulement pour les stars du cinéma, mais aussi pour les grands de ce monde, les aristocrates et le jet set international.
Marilyn Monroe on the set of the movie Bus Stop wearing Ferragamo shoes, 1956.
Des célébrités aux goûts précis
Dans l’autobiographie du maître, on y apprend que Gloria Swanson et Claudette Colbert préféraient les chaussures classiques. Marlene Dietrich quant à elle demandait des modèles dernier cri qu’elle portait au plus deux fois. La duchesse de Windsor, Wallis Simpson, commandait des chaussures deux tons pour l’été et celles de couleur unie pour l’hiver. Ingrid Bergman préférait les chaussures à talons plats et Eva Perón désirait des chaussures créées en peaux de cuir exotiques de son pays natal l’Argentine.
Actress Audrey Hepburn with Salvatore Ferragamo at Palazzo Spini Feroni, 1954.
Les Cendrions, Vénus et Aristocrates de Ferragamo
L’imagination de Ferragamo est fertile et il visualise les femmes, ses muses, telles que de somptueuses divinités.
La femme Cendrillon porte des chaussures dont la pointure est inférieure à un six. Celle-ci est féminine, elle adore les bijoux et la fourrure. Elle n’est totalement heureuse que lorsqu’elle est en amour.
La femme Vénus chausse des six. Elle est très belle, elle est glamour et sophistiquée à la fois et malgré les apparences, elle aime les choses simples de la vie. Or, cette contradiction a pour effet qu’elle est souvent incomprise par son entourage qui la perçoit plutôt comme une personne aimant uniquement le luxe et les frivolités.
La femme Aristocrate chausse une pointure de sept ou plus. Elle est sensible, voire même mélancolique. En revanche, elle possède le précieux don de l’empathie.
Bref, si vous êtes de passage par la belle ville de Florence durant votre séjour en Italie et vous aimez les chaussures tout comme moi, ce musée dédié à l’histoire de cette grande maison de chaussures vous parlera très certainement !
Photographies, travail personnel et François Berthiaume, Musée Salvatore Ferragamo, Florence, Italie, 17 juin 2024.
Milan est l’une des quatre grandes capitales de la mode au même titre que Paris, Londres et New York. Dans ces villes, de saisons en saisons se déroulent les semaines de la mode afin de présenter les collections de prêt-à-porter et de haute couture des créateurs de mode du monde entier.
Et, visiter Milan en juin 2024 signifiait notamment découvrir l’incroyable Armani/Silos, salle d’exposition permanente dédiée à la longue carrière du célèbre créateur de mode italienne Giorgio Armani qui a eu 90 ans le 11 juillet 2024.
En avril 2015, le créateur italien décide d’ouvrir au 40, via Bergognone à Milan cet espace muséal en hommage à ses 40 ans de carrière. Cette riche collection permanente comprend environ 200 tenues et 200 accessoires, tous tirés de ses fabuleuses collections de prêt-à-porter créées au fil des ans.
Armani/Silos est situé dans un bâtiment qui a été construit en 1950 et celui-ci servait justement de silo à grains. Cet espace muséal couvre une superficie d’environ 4 500 m² et il est réparti sur quatre étages. L’ambiance des lieux procure une allure industrielle et moderne à la fois. Sa beauté architecturale froide inspire un lieu qui est tout à fait hors du temps.
C’est ainsi que dans cet espace muséal est retracé le travail artistique du grand designer de mode italienne Giorgio Armani afin de présenter des créations de toutes beauté qui datent de 1980 jusqu’à de nos jours.
Au fil des années, de nombreux thèmes ont inspiré Giorgio Armani afin de dessiner ses collections telles que
Le style androgyne
Plusieurs designers de mode s’inspirent de cette dualité homme-femme pour créer et plusieurs célébrités arborent d’ailleurs ce style intemporel. L’on n’a qu’à penser à Annie Lennox, Sharon Stone, Grace Jones, feu David Bowie ou bien Tamy Glauser pour s’en convaincre.
Les tailleurs pour dames signés Giorgio Armani sont d’ailleurs remarquables et ont fait sa renommée. Bien structuré, de coupe impeccable insufflant confiance en soi et modernité, il procure élégance à toutes celles qui les portent.
Les sources d’inspiration d’un designer de mode sont nombreuses et variées et parmi celles-ci l’on retrouve les voyages qui procurent au créateur une immense boîte à idées afin d’imaginer des thèmes tous plus étonnants les uns que les autres.
Lors de la visite d’Armani/Silos, le style orientale est bien présent. Les motifs, les couleurs, les tissus et les broderies des modèles exposés inspirent rêverie, féminité et voyage dans des pays lointains où le dépaysement est assuré.
Collection Printemps/Été 1993.
Le glamour des stars d’Hollywood
Cette section du musée est la dernière et non la moindre à visiter, car lorsque l’on y entre, l’effet des lieux est tout à fait WOW !
S’inspirant de ces stars du cinéma hollywoodien bien connues, Giorgio Armani insuffle, par ses impressionnantes créations, luxure, glamour et soir de fête. La beauté des tissus choisis, leur scintillement, les riches broderies appliquées, les dentelles, le travail de perlage procurent à chaque modèle beauté et richesse.
Collection Printemps/Été 1997.
Afin de compléter ce riche corpus de la collection permanente, l’espace muséal accueil des expositions temporaires comme celle présentée jusqu’au 11 août 2024 intitulée
Cette impressionnante exposition de photographies de mode retrace presque 30 ans de collaboration artistiques entre les deux hommes. Et, sur deux étages sont présentés environ 250 photos qui ont été diffusées dans de prestigieux magazines de mode permettant ainsi une importante retombée médiatique.
Des archives numériques, une librairie et un charmant café complètent la visite de ce magnifique espace muséal.
Bref, si vous êtes de passage à Milan, Armani/Silos est définitivement à visiter afin d’être envoûté par cet univers de rêve !
Photographies, travail personnel et François Berthiaume, Armani/Silos, Milan, Italie, 13 juin 2024.
Sources recherches, documentation de la collection permanente.
Revivre 30 ans de costumes abracadabrants, c’est ce que met en lumière l’hallucinante exposition présentée au Centre d’art Diane-Dufresne de Repentigny jusqu’au 29 septembre 2024 intitulée Michel Robidas pour Julie Snyder – 30 ans de costumes fous.
La rencontre de ces deux êtres passionnés et passionnants remonte en 1994 à l’époque des éditions de la quotidienne télévisée L’Enfer c’est nous autres. Julie Snyder anime alors cette émission lorsqu’elle fait la connaissance de Michel Robidas qui est designer au département des costumes de Radio-Canada. Graduellement, une belle complicité se tisse entre les deux et naît une amitié profonde qui amènera le duo à imaginer, au fil des ans, des tenues télévisuelles extravagantes toutes plus surprenantes les unes que les autres.
Julie Snyder et Michel Robidas en 1998.
Et, c’est ainsi que depuis 30 ans, le designer Michel Robidas crée des costumes uniques en leur genre pour la pétillante Julie Snyder. Tous deux imaginent des concepts des plus audacieux que le costumier réalise ensuite afin de surprendre l’auditoire des différentes émissions de télévision qu’anime celle pour qui l’audace n’a aucune limite.
Parmi ces émissions, on se souviendra :
de 2020 à 2023, La semaine des 4 Julie – talk-show quotidien présenté à Noovo ;
de 2007 à 2017, Le Banquier – Jeu télévisé présenté à TVA ;
en 2000, Du lundi au vendredi, c’est Julie – talk-show quotidien présenté à TVA et sur France 2 ;
en 1999, Vendredi, c’est Julie – talk-show présenté à TVA et sur France 1 ;
de 1997 à 2000, Le Point J – talk-show quotidien présenté à TVA ; et
1992 à 1996, L’Enfer c’est nous autres – magazine culturel présenté à Radio-Canada.
Lors de la visite de cette ludique exposition l’on peut découvrir le fil conducteur qui unit le costumier et sa muse à travers l’impressionnant corpus de celle-ci qui comprend trente croquis réalisés entre 1994 et 2024, vingt robes costumes toutes plus extravagantes les unes que les autres, de nombreuses coupures de journaux ainsi que deux vidéos qui viennent bonifier le riche visuel de l’exposition.
Robe de plage, Du lundi au vendredi, c’est Julie. Textile et matériaux mixte. Collection Michel Robidas. Robe printemps en fleurs, 2000. Du lundi au vendredi, c’est Julie. Textile et matériaux mixtes. Collection Michel Robidas.
Lors du visionnement de l’une de ces vidéos, Michel Robidas explique avec conviction que pour porter les costumes qu’il crée, qui sont souvent assez lourds et volumineux, ce choix assumé demande une personnalité quand même assez forte comme celle de Diane Dufresne ou bien celle de Julie Snyder, car à défaut de quoi, ce costume peut aisément détruire au lieu de servir celle qui le porte.
Visiter également cette ludique exposition, pour quiconque connaît moindrement la coupe à plat, le toilisme à savoir la technique de moulage en couture, et la confection de vêtements signifie apprécier l’immense talent et le grand savoir-faire technique de Michel Robidas tant pour la complexité des costumes qu’il crée que pour l’incroyable travail manuel que demande chaque pièce réalisée.
Robe maison hantée, halloween 2022, La semaine des 4 Julie. Textile et matériaux mixtes. Collection Michel Robidas. Robe Poisson. 2000-2020, Du lundi au vendredi, c’est Julie et La semaine des 4 Julie. Textile et matériaux mixtes. Collection Julie Snyder.
Bref, une belle exposition qui est définitivement à voir cet été jusqu’au 29 septembre prochain afin d’être émerveillé et transporté dans cet univers éclaté soutenu admirable bien par Julie Snyder et Michel Robidas.
Robe Poussin, 2000. Du lundi au vendredi, c’est Julie. Textile et matériaux mixtes. Collection Michel Robidas.
Photographies, travail personnel et François Berthiaume, Centre d’art Diane-Dufresne, Repentigny, 5 juillet 2024.
Sources recherches, documentation de l’exposition.
Mercredi 29 mai 2024, c’était soir de fête chez Mercedes-Benz de Québec grâce à la tenue de l’événement de l’Espace Boutique Prêt-à-REporter dont sa fondatrice Magaly Lamarre célèbre cette année les 10 ans d’existence de sa boutique dédiée au mouvement slow fashion. Et, plusieurs belles fashionistas et clientes emballées par cette prometteuse soirée mode s’étaient d’ailleurs donné rendez-vous à cet endroit.
Séance de coiffure et de maquillage !Cocktail de bienvenueAmbiance des lieux juste avant le défilé de mode
Le mouvement slow fashion
Ce mouvement est apparu en Europe durant la décennie 90 et s’oppose vivement au fast fashion. Fondamentalement, il préconise la fabrication de produits qui est respectueuse de l’environnement en regard du développement durable, des animaux et des personnes qui travaillent sur la fabrication de vêtements en série.
De base, celui-ci implique des artisans locaux et l’utilisation de matériaux respectueux de l’environnement dans le but de favoriser l’artisanat local et l’environnement afin de fournir une plus-value aux consommateurs et aux producteurs. La philosophie de création des designers québécois va d’ailleurs en ce sens.
À cette philosophie s’ajoute l’achat de vêtements vintage, de seconde main et les friperies en sont de bons exemples afin de donner une deuxième vie à des vêtements déjà fabriqués et portés dans le but de trouver des solutions à une mode plus éco-responsable et durable. Bien souvent ce type de vêtement est classique, intemporel et de qualité supérieure. L’Espace Boutique de Magaly Lamarre en est un bon exemple.
L’Espace Boutique Prêt-à-REporter est précurseur du slow fashion de type seconde main, à Québec. Depuis 2014, sa fondatrice Magaly Lamarre offre avec fierté des trésors griffés pour dames de moyen et haut de gamme dans des marques telles que Kate Space, Ted Baker, BCBG, Marciano, Burberry, Marc Jacobs, Coach, Michael Kors et encore plus. À cette belle offre commerciale viennent s’ajouter des griffes de créateurs internationaux comme YSL, Gucci, Louis Vuitton, Prada, Chloé et même Chanel.
Les items modes qui ont été présentés lors de ce défilé ont d’ailleurs été mis en vente à l’Espace Boutique Prêt-à-REporter jeudi dernier.
« À la boutique, l’inventaire de seconde main griffé, très actuel et au goût du jour, offre la qualité, l’originalité et l’unicité par l’entremise de chacun des trésors impeccables que j’ai dénichés, précise la femme d’affaires aguerrie ».
Et, ce soir-là, je lui ai demandé, la clientèle de Prêt-à-REporter, à quoi ressemble-t-elle ?
« Elle est majoritairement féminine, puis au niveau de l’âge, c’est difficile de mettre un âge précis, mais il y a plus de récurrence entre les 35 et 55 ans. Ce sont des jeunes femmes d’affaires professionnelles et des mères de famille qui cherchent l’amour d’un trésor griffé ».
Et, la notion de slow fashion, quel regard porte votre clientèle sur ce mouvement ?
« Oui, il y a ce côté écologique et depuis la pandémie, il y a eu sensibilisation sur notre consommation de vêtements qui est beaucoup trop élevée. Lorsque tous les commerces étaient fermés, on pouvait subvenir à nos besoins avec ce que l’on avait déjà, donc il y avait surconsommation, puis il y a le côté économique, les gens désirent avoir de belles pièces, d’une belle qualité, une belle confection et de belles matières. Et, bien là, ils ont la possibilité de l’avoir à un prix accessible ».
Et, d’où proviennent les belles marques que vous avez en boutique ?
« Elles viennent à moi tout simplement. En fait, dans les deux dernières années, je me suis fait beaucoup connaître puis aussi par le bouche-à-oreille, ce qui fait en sorte que l’inventaire n’arrête pas de grossir et de varier. Par exemple, les clientes qui donnent en consigne une première fois vont le faire une deuxième et une troisième fois donc une belle récurrence à ce niveau-là. Et, ces mêmes clientes vont venir acheter aussi par la suite, donc c’est vraiment intéressant ».
« Je désire aller chercher des marques qui sont différentes de celles que l’on retrouve dans les centres commerciaux dans le moyen et haut de gamme et non pas dans le fast fashion. Oui, j’offre des marques européennes, des marques américaines et même des griffes québécoises de seconde main qui, elles, sont en demande. Alors, je désire me démarquer à ce niveau-là et non pas aller piger dans les marques vues ailleurs qui sont plus connues précise d’emblée Magaly Lamarre ».
Allocution de Magaly Lamarre
À propos de Magaly Lamarre
Forte d’un DEC en commercialisation de la mode de l’École de mode du CNDF, d’un baccalauréat en gestion et design de la mode de l’École supérieure de mode de l’ESG UQAM à Montréal, d’une expérience en tant qu’acheteuse, conseillère à la vente et gestionnaire pour La Maison Simons, elle est également styliste vestimentaire depuis maintenant quatorze ans.
Bagage professionnel qui lui a permis d’offrir à l’époque où elle a débuté, le service de tri de garde-robe à domicile. Lors de ses ménages vestimentaires parfois surprenants, elle constate alors que certaines de ses clientes possèdent des vêtements griffés, des trésors comme elle les appellent.
Magaly Lamarre saisi donc l’occasion de lancer un concept de revente de vêtements, de seconde main, griffés en 2014. Grâce à la création de sa plateforme de revente en ligne, elle est fière d’affirmer qu’elle possède aujourd’hui le monopole de la mode de seconde main griffée à Québec et habille ainsi des centaines de fashionistas depuis maintenant 10 ans.
L’Espace Boutique Prêt-à-REporter est maintenant situé au 3075, boulevard Wilfrid-Hamel, suite 110 à Québec et propose des tenues de ville et de soirée, des accessoires modes dont notamment des sacs à main griffés pour dames allant du moyen de gamme au haut de gamme et ce, dans un état impeccable.
Bref, une inoubliable soirée passée en sa compagnie à apprécier les magnifiques tenues déjà portées et dont Magaly Lamarre se fait un point d’honneur de leur donner une seconde vie grâce à son Espace Boutique Prêt-à-REporter.
Finale du défilé de mode Remise de prix de présence
Photographies : François Berthiaume, Mercedes-Benz, Québec, 29 mai 2024.
Sources recherches :
Communiqué de presse, l’espace boutique Prêt-à-REporter célèbre 10 ans de durabilité et de style, 29 avril 2024. Brouillard Communication.
Wikipédia, l’encyclopédie libre, slow fashion et fast fashion.
Le 6 mai dernier était présenté sur MAtv Montréal le dernier épisode de la captivante série L’histoire de la mode – L’habit comme miroir de la société portant sur la décennie 2000. Épisode qui est dorénavant présenté en ligne et que malgré ce délai rédactionnel, je ne pouvais passer sous silence !
Jean-Claude Poitras dont le narratif est toujours à propos se souvient que le troisième millénaire débute de façon bien tragique avec l’attentat perpétré contre le World Trade Center de New York en septembre 2001. En 2008, Barack Obama est le premier homme métis à être nommé président des États-Unis. Sa femme Michelle, en tant que première dame, influencera la mode tout comme Jacqueline Kennedy le fait à son époque.
Cette décennie est empreinte de nostalgie et de vision vers le futur. Les styles vestimentaires des années 60, 70 et 80 dominent le début de cette décennie. Suite aux attentats de 2001, l’on voit apparaître un peu partout des pantalons de style militaire à motifs de camouflage.
Lors de cet épisode, Geneviève Borne se souvient tout en souriant de cette époque où les femmes portent des débardeurs qui sont parfois luisants et très courts à la fois. Les pantalons quant à eux sont coupés au-dessous de la taille, laissant entrevoir le sous-vêtement. Le ventre est ainsi mis en évidence et l’allure féminine du moment est très sexy.
Stéphane Leduc nous rappelle aussi l’importance de l’activité physique dans notre mode de vie. La pratique de l’aérobie et du cyclisme avec Jane Fonda et Louis Garneau comme porte-étendards font en sorte que la mode en mouvement évolue à nouveau afin de voir apparaître dans la rue des vêtements d’aérobie, des leggings, des cuissards et des chaussures de sport qui se portent dorénavant pour la vie de tous les jours.
Stéphane Le Duc
Autre fait marquant de cette décennie est la mondialisation des marchés. Avec la levée graduelle des quotas à l’importation des marchandises venues de l’étranger entre 1995 et 2002 dans notamment le textile et le vêtement, l’achat de biens provenant de l’étranger est dorénavant facilité.
Dans ce nouveau portrait commercial où la vente de biens s’accentue également à l’étranger, de grandes bannières internationales comme Zara et H&M font leur entrée sur le marché canadien, ce qui a pour effet d’accroître la compétition locale et force ainsi nos entreprises à revoir leur stratégie de positionnement de produits sur ce nouveau marché.
Marie Saint Pierre
Marie Saint Pierre explique très bien d’ailleurs lors de cet épisode le fait qu’elle a dû revoir le positionnement de sa marque afin de choisir de conquérir le sélectif marché des vêtements de luxe.
Mariouche Gagné quant à elle soulève la problématique qu’engendre ce nouveau contexte économique à savoir l’imitation de produits. Seule à offrir sur le marché local sa célèbre tuque garnie d’un joli pompon de fourrure recyclée, il est désormais possible de retrouver une tuque similaire chez le compétiteur à moindre coût.
Durant cette période de grandes mutations, plusieurs usines de fabrication ferment leurs portes, car dorénavant il est plus avantageux de fabriquer en série un produit dans des pays tels que la Chine ou bien l’Inde où la main-d’œuvre locale est moins dispendieuse. En revanche, la R&D, le marketing, les métiers liés à l’organisation d’évènements et aux relations publiques se développent graduellement.
Des événements modes porteurs
De 2006 à 2013 est organisée par Chantal Durivage et Jean-François Daviau, co-fondateurs du Groupe Sensation Mode, la Semaine de Mode de Montréal qui permet aux créateurs de présenter biannuellement leurs magnifiques collections aux journalistes et acheteurs venus de partout.
Événement mode qui permet alors une incroyable visibilité pour les marques québécoises. Et, pour avoir couvert quelques SMM pour le Journal Métro, cet événement mode permettait également la découverte de marques émergentes.
Les créateurs aiment organiser des défilés de mode, comme le témoigne candidement Denis Gagnon lors de l’épisode, car ceux-ci permettent l’expression de soi autant par la présentation de leur collection que par l’organisation du défilé en lui-même qui est souvent théâtrale. Le créateur peut ainsi exprimer sa créativité et son audace à la fois. Les défilés de Gagnon sont d’ailleurs plus que mémorables.
Défilé de Denis Gagnon
Depuis 2001 est également présenté à Montréal le Festival Mode & Design, aujourd’hui devenu le M.A.D. Festival pour Mode, Art et Divertissement. Toujours orchestré par Chantal Durivage et Jean-François Daviau, car l’événementiel est leur tasse de thé dans la vie, ce festival extérieur permet de démocratiser la mode et de présenter des défilés de créateurs, de détaillants et de finissants des écoles de modes au grand public. La danse, la musique et différentes prestations artistiques sont ainsi mises à l’honneur et font de ce festival un événement grandiose à ne pas manquer à la fin du mois d’août de chaque année.
La mode s’invite au musée
Créations de Denis Gagnon
Toujours lors de cet épisode, Francine Vandelac nous parle avec enthousiasme de l’arrivée de la mode dans les musées. De nombreuses expositions sont alors présentées au fil des ans comme celle organisée au MBAM, en 2010, intitulée Denis Gagnons’expose afin d’honorer le travail du créateur. Plus tard, en 2017, l’exposition intitulée Mode Expo 67 sera présentée au Musée McCord, puis en 2021, l’exposition Parachute : Mode subversive des années 80 sera également présentée sous l’insistance bienveillante de Stéphane Leduc.
En 2022, est présenté sous le commissariat de Philippe Denis au Centre d’art Diane-Dufresne l’exposition Tricoté serré – parcours d’une vie entremaillée relatant le parcours unique de celle que l’on surnomme alors « la reine du tricot », Francine Vandelac.
Exposition de Francine Vandelac au Centre d’art Diane-Dufresne
Les années 2000 sont également marquées par le développement rapide des téléphones intelligents, de l’arrivée des réseaux sociaux dans nos vies et des premiers blogueurs permettant ainsi une plus grande diffusion de l’information. Possédant de 10 000 à plus de 1 million d’abonnés, ces nouveaux influenceurs présents sur Instagram dictent à nouveau l’air du temps.
Bref, une décennie marquée par de profondes mutations et une redéfinition de notre positionnement sur l’échiquier mondial de la mode qui permet aujourd’hui un retour du balancier. Les produits modes sont fabriqués localement en petites quantités et ce, destinés à un marché haut de gamme qu’il soit national ou bien international, ce qui en fait la fierté de nos créateurs dont le slogan est souvent fabriqué avec amour à Montréal.
Geneviève Borne et feu Zilon
Mention de sources images captées sur MAtv Montréal, 13 mai 2024.
Complément de sources recherches : Wikipédia, l’Encyclopédie Libre.
Mercredi 15 mai 2024 avait lieu au Pavillon Sherbrooke de l’Université du Québec à Montréal le fabuleux défilé des neuf finissants en design de mode de l’École supérieure de mode de l’ESG UQAM et quelle magnifique soirée passée en leur compagnie !
Lors de cette même soirée, les finissants en théorie, culture et valorisation de la mode ainsi que les finissants en stratégie et gestion des affaires ont présenté une intéressante exposition dévoilant leurs univers stylistiques et uniques de la mode.
Des prix ont également été remis dont notamment le prix Maryla-Sobeck en design de mode d’une valeur de 2 500 dollars décerné à Ruochu Xie pour sa créativité et la qualité de son dossier académique.
Saidatou Dicko et Ruochu Xie
Le prix Telio Impact d’une valeur de 1 000 dollars a été décerné à Loïse Chouteau pour l’intégration dans ses créations des principes de l’ONU en matière de développement durable.
Saidatou Dikto et Loïse Chouteau
Et, c’est devant près de 400 invités triés sur le volet que les neuf finissants de cette cohorte ont présenté leurs incroyables collections.
Saidatou Dickto, directrice de l’École supérieure de mode
C’est dans une ambiance survoltée que la soirée a débuté avec la présentation de la collection de Loïse Chouteau intitulée KITSCH GRANNY.
Collection des plus ludiques et colorées qui esquissait un sourire aux lèvres. Celle-ci se veut d’ailleurs un joyeux clin d’œil aux vêtements que portaient nos grands-mères. Modèles réinterprétés d’ailleurs avec brio de façon grossièrement kitsch et humoristique.
Vieillir en beauté
Cette collection se veut un hommage au fait de vieillir et de célébrer la beauté à chaque étape de notre vie. Celle-ci tente de redéfinir la beauté. La notion de vieillissement prend alors un tout autre sens, celui de célébrer l’individualité et la confiance en soi, et ce, à tout âge.
Collection où les modèles en tricot et le joli macramé artisanal nous transportaient dans un univers complètement vintage réactualisé et j’ai bien aimé !
Le pouvoir féminin en devenir ?
Mahélie Bastille a présenté POOR BLUE. Une collection engagée où elle dénonce vivement le manque de pouvoir féminin imposé par la société dans laquelle nous vivons.
Manque de pouvoir qu’elle transforme via sa collection en un avantage social et ce, par la transition de l’innocence de l’enfance vers le sex-appeal de l’âge adulte.
Cette collection, par cette représentation imaginaire, établit le lien entre l’innocence et le pouvoir de l’âge adulte souvent associé à la gent masculine. S’oppose ici les concepts d’hyper innocence et d’hyper indépendance. Concepts vraiment intéressants et actuels.
Mahélie Bastille se reconnaissant dans cette représentation imagée met, ici, en valeur la dentelle pour exprimer l’hyper innocence et les silhouette des vêtements sont ainsi ajustées afin de marquer la finesse de la taille tout comme le faisaient les stars des années 50.
Puis à l’opposé, l’hyper indépendance s’exprime ici par le pouvoir qu’elle associe aux éléments de la garde-robe masculine telle que le chemisier en popeline, les lainages à rayures ou bien les riches carreaux.
Le danger de l’intelligence artificielle
L’intelligence artificielle se développe à pas de géant à tel point que certains sonnent déjà l’alarme et appel à freiner les capacités d’apprentissage de ces puissants outils informatiques. Or, cet avancement technologique s’inscrit dans les nouvelles révolutions industrielles de l’ère de la quatrième révolution industrielle.
Mais, retournons un peu en arrière afin de comprendre. À l’aube du XIXe, en Europe des changements majeurs se sont aussi produits comme le boom ferroviaire des années 1840.
En France, à ce moment sont organisés ce que l’on appelle le bal des victimes. Fêtes aristocratiques peu joyeuses en tant que thématique permettant de rassembler ainsi les proches des personnes ayant été guillotinées pendant la Révolution française qui durera 10 ans.
S’inspirant de cet événement marquant, Etienne Levi, à travers sa collection intitulée LE BAL DES VICTIMES, tente de construire une critique réfléchie concernant notre modèle social.
C’est ainsi que le designer indique que Bientôt nous serons toutes et tous à la fois responsables et propres victimes de cette machination infernale.
Il se demande alors pourquoi utiliser l’IA si nous y risquons nos métiers et notre savoir-faire.
Le processus créatif du designer a pour but de conjuguer l’artisanat local au savoir-faire propre à l’être humain tout en profitant des avancées technologiques et de l’IA afin de combler ses lacunes. Et, le résultat artistique est fabuleux !
S’inspirer de sa douleur physique pour créer
La collection présentée par Chloé Vaillancourt intitulée INSIDE OUT était des plus surprenantes et intéressante à la fois. Inspirée de son expérience personnelle, cette collection nous transporte dans son univers où le syndrome du côlon irritable est source d’inspiration, car elle en souffre elle-même.
Partant de cette prémisse, sa principale source d’inspiration est l’anatomie afin de créer d’intéressants volumes et textures dans le but de rendre ce qui est invisible bien visible. Ces formes et volumes se veulent ainsi irréguliers, sans angles, aux contours fluides, d’aspect aléatoire et plutôt abstrait.
Le syndrome dont souffre la créatrice l’invite à rechercher le confort et la douceur avant tout. Elle privilégie ainsi les tricots fins, l’organza, la soie ou le velours comme matières premières. Des techniques en impression 3D et des tissus synthétiques fondus ont également été utilisées afin de réaliser cette collection.
Son lit est SON refuge douillet et cette émotion s’exprime par l’utilisation du duvet, de la bourrure afin de procurer l’effet d’enveloppement. Et, j’ai bien aimé le résultat final de cette collection !
S’inspirer de la musique pour créer
Yuli Chouinard Quenneville a présenté ce soir-là la magnifique collection intitulée DISSONANCE. Inspirée des instruments de musique à corde comme les violons, altos, violoncelles et contrebasses, cette collection insuffle un style classique influencé par le mouvement romantique qui était présent en Europe entre les 18e et 19e siècles.
Dissonance trouve également sa source d’inspiration dans une pièce pour quatuor composée par Mozart, le quatuor à cordes, No.19 en ut majeur, K.465′ surnommé alors dissonance et ce, en raison de son introduction lente. Chaque instrument émerge graduellement créant ainsi un effet sonore dissonant afin progressivement de former une mélodie agréable à entendre.
Dans cette collection songée, cette rupture harmonique est représentée par la déconstruction des formes, des couleurs et textures des instruments de musique. La composition vestimentaire suggère un certain désordre pour ensuite retrouver son équilibre. Les couleurs et les structures reliant les pièces de la collection s’amalgament enfin pour former un tout.
Forte de cette réflexion, Yuli Chouinard Quenneville utilise des tissus légers et fluides pour représenter la transparence et en opposition des matières fortes et rigides pour exprimer la force et la rigidité. Or, le résultat est saisissant. J’ai adoré cette collection et elle est d’ailleurs mon coup de cœur perso de la soirée.
La créatrice conclut sa réflexion en ces termes :
La présence du symbolisme de l’instrument déconstruit établit un discours sur la féminité et l’importance des femmes dans la musique classique, où une majorité masculine domine toujours, notamment chez les chefs d’orchestre. Les pièces de la collection tentent de communiquer et d’établir un discours sur la réappropriation de la musique et des instruments par les femmes. Elles sont ici maîtresses de leur corps et de leur instrument, leurs formes et lignes se superposant à celles de leur anatomie.
Lorsque la laideur côtoie le beau
ALWAYS YOUNG présentée par Géraldine Faure était une symphonie de joie, de couleurs et d’éclatement visuel sans bornes. Mais, avant d’en arriver à ce résultat, la créatrice a puisé ses sources d’inspiration, pour créer cette collection, de son adolescence insouciante et heureuse.
Géraldine Faure a étudié dans une école privée religieuse où l’uniforme était de mise. Les jours de congé étaient synonymes de jours de fête et celle-ci, par son habillement, révélait enfin sa personnalité. Son style vestimentaire authentique était alors très coloré arborant ainsi plusieurs motifs différents de styles éclatés.
Est-ce beau ou bien laid ? Peu importe, se disait-elle. Elle se sentait bien et était fière de porter ces accoutrements au détriment du regard des autres qui parfois affichaient un certain dédain. C’est de cette façon que sa personnalité et sa confiance en soi se sont forgées.
Cette collection fait ainsi écho aux vêtements qu’elle rêvait de posséder dans sa garde-robe. Vestes XXL, bermudas effrangés, jeans troués, robe en denim, manteau de cuir et t-shirts excentriques, tous font maintenant partie de cette collection qui est à son image.
Créer des motifs uniques, amalgamer des accessoires et des vêtements de styles différents, de couleurs et des textures hors normes, mélanger des matières opposées, coordonner des jeans avec une jupe, une brassière en tricot par-dessus une veste XXL tels sont les inspirations qui ont guidé la conception de cette rafraîchissante collection.
Le résultat doit être totalement inattendu et étonnamment beau explique la créatrice.
Le voyage comme source d’inspiration
Certaines villes se développent aujourd’hui à la vitesse grand V comme c’est le cas dans la région reculée de la commune de Rako, dans la province du Sichuan en Chine, que Ruochu Xie a récemment visitée.
Région qui se développe rapidement grâce notamment à la généralisation de l’Internet et du système Apple iOS traduit en langue tibétaine. Avancée technologique qui permet cette nouvelle connexion avec le reste du monde.
Or, paradoxalement, elle découvre, dans cette région reculée, un atelier de confection où le temps s’est arrêté et où l’on travaille toujours l’artisanat traditionnel tibétain de façon remarquable.
C’est ainsi que Ruochu Xie a présenté ce soir-là sa superbe collection PARADIS CACHÉ inspirée d’éléments de cette longue tradition, agencée à des silhouettes modernes afin d’offrir de superbes vêtements non-genrés aux jeunes citadins.
Cette collection est composée de larges manteaux, de vestes ouatinées, de combinaisons ingénieuses et de pantalons amples unisexes. Les tissus tibétains traditionnels procurent également à la collection un caractère sacré qui est cher à la créatrice.
Les couleurs naturelles et les nuances puisées dans les teintes de brun terreux, de rouge brique et de bleu azur évoquent ce lien entre tradition culturelle et modernité. Les fibres naturelles et feutrées dominent la collection. Les modèles imposants et structurés sont majoritairement longs et amples afin d’évoquer la quiétude et la beauté isolée d’un plateau régional.
Cette collection m’a fait rêver et m’a transporter dans des contrées lointaines, j’ai adoré !
S’inspirer d’un conte de fées norvégien pour créer
Les sources d’inspiration d’un designer sont souvent variées et c’est ainsi que Kessen LouisSaint a conçu cette intéressante collection intitulée DAME ET CHEVALIER. Collection qui a soulevé la foule lors de sa présentation.
Explorer le concept de la beauté féminine lié à une passion amoureuse interdite à travers un passage du conte de fées intitulé The Lassie and Her Godmother telle est sa principale source d’inspiration.
De plus, une série de quatre illustrations de l’artiste Kay Nielsen, qui illustre ce conte, viennent renforcer ce concept de beauté lié au désir de ce monde imaginaire.
Empreintes de poésie, les couleurs de la collection sont terreuses. Aux verts, jaunes, bleus, roses, orangés assombris se mélangent aisément le blanc et le noir.
Les matières textiles fines et légères utilisées telles que le jersey, le chiffon et le voile représentent bien la légèreté suggérée des illustrations de Nielsen.
Les personnages de ce conte de fées, du prince et de la marraine, sont exprimés dans cette collection par des tissus plus lourds. Les fibres naturelles animales et végétales utilisées évoquent l’aspect naturel des illustrations de l’artiste. Et, le résultat est agréable à l’œil !
Et, pour terminer la soirée dans la plus pure tradition de la présentation d’un défilé de mode conventionnel, c’était l’arrivée de la mariée, mais cette fois-ci toute vêtue de noir.
Quand le noir fait la mariée
À l’opposé de la mariée traditionnelle, la collection de Charlotte Houle intitulé LE NOIR FAIT LA MARIÉE explore l’absence de couleur à savoir le noir dans son opposition la plus totale.
L’interprétation de la créatrice de cette mariée vêtue de noir se rattache à une personne qui ne s’identifie pas nécessairement à l’identité de la pureté et de la simplicité associée à la mariée traditionnelle vêtue de blanc. Elle évoque plutôt la maturité, une force de caractère acquise par ses expériences passées.
Porter le noir le jour de son mariage est audacieux étant donné le symbole de cette non-couleur traditionnellement associée au deuil. Or, la tombée des vêtements se veut légère, les matières sont transparentes, cette collection se veut vaporeuse et très féminine.
Le satin et les crêpes apparaissent à travers cette légèreté qui se compose de dentelle, de filet et plumetis. S’ajoute à cette beauté, des détails de perlés et des éléments de plumage afin de procurer un mélange harmonieux dont le contraste se situe au niveau de la superposition des éléments.
J’ai adoré cette collection en raison de la féminité des modèles présentés, de leur originalité et leur modernité, bravo !
Une remarquable direction artistique
La direction artistique de ce grand événement mode était assurée par Philippe Dubuc. Alors, oui, définitivement interviewer Philippe Dubuc afin d’en apprendre davantage sur l’organisation d’une telle soirée mode !
Lors de cette entrevue, il m’a parlé de son mandat en regard de l’organisation de cet événement grandiose et des défis que lui et son équipe ont eu à relever.
Nous sommes là pour les aider à enjoliver et rehausser la qualité de leurs créations…un des défis était de respecter le plus les collections des étudiants…et de faire plaisir à tous ces beaux étudiants…le défi aussi de faire cela dans un contexte scolaire avec peu de temps devant nous…le défi aussi de créer l’exposition. L’image de marque de l’ESM est importante et le défi est d’amener cette image de marque à un niveau un peu plus élevé…mon mandat est de créer une image de marque forte.
Bref, une mémorable soirée passée en leur compagnie à admirer leur immense talent et leur riche savoir-faire. Bagage académique et personnel qui est voué à une prometteuse carrière professionnelle.
Sources recherches :
Projets de fin d’études 2024, section design, École supérieure de mode, ESG UQAM.
Wikipédia, l’encyclopédie libre.
Mention de sources photos François Berthiaume, 15 mai 2024, Pavillon Sherbrooke, Université du Québec à Montréal.
Un album photos de la soirée est également visible sous ce lien :
Le printemps est la saison des défilés pour les différentes écoles de mode du Québec et jeudi 9 mai 2024, c’était au tour des finissantes en design de mode de l’École de mode du Campus Notre-Dame-de-Foy de présenter leurs belles collections lors de l’Évènement Mode 2024 ÉM 24. Découvrir les émotions.
Ambiance des lieux avant le défilé de mode.
Et, pour cette présentation grandiose, les étudiants en 2e année en commercialisation de la mode se sont joint à elles afin d’aménager quatorze kiosques présentant leurs différents univers modes. Et, c’est ainsi que parents, amis et nombreux invités VIP ont pu apprécier le résultat de trois années de laborieux travail de ces talentueuses finissantes.
Allocution de madame Caroline Roy, directrice du CNDF.
Lors de cette grande soirée, de nombreux prix ont été remis dont celui du Prix Télioaccordé à Aurélie Bérubé, finissante en design de mode, par Myriam Laroche, cofondatrice de Collective Détour.
Remise du Prix Télio par Myriam Laroche à Aurélie Bérubé Membres du jury : Li Zhang, Moni Amuli et Lolitta Dandoy
Cette soirée mode a débuté par la présentation de l’intéressante collection Ancolie par Gabrielle. Et, d’ailleurs les ancolies sont de jolies plantes vivaces à fleurs bicolores.
L’univers émotionnel de Gabrielle Mailloux est empreint de confiance et via sa collection Ancolie par Gabrielle, cet univers se veut tout en féminité et délicat. Univers qui n’est pas nécessairement fragile, mais qui insuffle secrètement force et confiance en soi.
Cette collection a d’ailleurs été l’un de mes coups de cœur de la soirée en raison de sa simplicité et de son originalité à la fois.
Gabrielle Mailloux accompagnée de ses mannequins.
L’univers émotionnel de Léa-Rose Rancourt est également fait de confiance. Et, la conception de sa collection Pinky lui a permis de se remémorer son enfance, à se vêtir des vêtements de ses parents qui étaient beaucoup trop grands pour elle, afin de s’en inspirer pour créer sa collection rose bonbon.
Ludique collection qui inspire joie de vivre, amusement et fraîcheur estivale.
Léa-Rose Rancourt et ses mannequins
L’univers émotionnel d’Émilie Boily-Veilleux est fonctionnel et élégant. À travers sa collection Essence par EBOVE chaque tenue confectionnée pour le milieu professionnel se veut un gage de succès.
C’est ainsi que des modèles au style épuré et aux lignes contemporaines procuraient simplicité, netteté et modernité à la fois pour une remarquable collection.
Émilie Boily-Veilleux entourée de ses mannequins.
L’univers émotionnel de Capucine St-Hilaire est engagé et serin à la fois, car à travers sa collection Atelier St-Hilaire, la créatrice insuffle ce besoin de réutiliser l’entièreté des matières déjà utilisées afin de donner une seconde vie aux vêtements.
Philosophie qui procure une remarquable collection et j’ai bien aimé d’autant plus que celle-ci s’inscrit fort bien dans l’air du temps.
Capucine St-Hilaire et ses mannequins
L’univers émotionnel de Moira B Rioux via sa collection Dismantled est confiant et éclaté, car récréer son style et reconstruire les classiques, afin de redéfinir sa confiance en soi, sont les thèmes qui ont inspiré sa collection.
Et, le résultat est saisissant en raison de la créativité qui s’en dégage et la complexité du travail technique du vêtement. Cette collection est d’ailleurs un autre de mes coups de cœur de la soirée.
L’univers émotionnel de Léa Bélanger est féminin et serin. Ses sources d’inspiration, pour créer Douce rêverie par Fleur de Lune Atelier, sont puisées de la fine lingerie, ce qui procure une collection presque osée et toute en légèreté.
Et, cette collection est également un de mes coups de cœur de la soirée en raison de l’originalité de celle-ci et de l’intéressante réinterprétation de la conception d’un simple sous- vêtement afin d’en réaliser un vêtement que l’on peut porter dans la rue.
Léa Bélanger
L’univers émotionnel de Constance Uhde émerveille. Intitulée Ânesse, cette collection retenait l’attention et le public présent à d’ailleurs démontré bruyamment toute son admiration.
Collection où chaque tenue réalisée est une juxtaposition savante et éclatante de couleurs et de textures. Et, j’ai bien aimé l’ensemble de cette collection en raison de la créativité qui s’en dégageait.
Constance Uhde
L’univers émotionnel d’Aurélie Bérubé est audacieux et à travers RéELLE collection Y24, la créatrice nous permettait d’apprécier différentes techniques alternatives de fabrication afin de concevoir une garde-robe féminine plus durable et écoresponsable.
Cette démarche suppose en effet de revoir la globalité du cycle à savoir du choix des matières premières et ce, jusqu’à la consommation du produit final.
Démarche réussie, car le public présent était en liesse. Et, il va sans dire que cette collection s’inscrit définitivement dans l’air du temps.
Aurélie Bérubé entourée de ses mannequins
L’univers émotionnel de Léajane Arpin Ayotte est puissant et à travers THE GROUNDERS Ettoya Clothing la créatrice a démontré, par cette collection pour le moins étonnante, tout son talent et son savoir-faire.
En effet, prise dans une sorte d’apocalypse, la nature ici reprend le cours de sa vie, illustrée, dans cette collection, par un mélange de genres inspirant un urgent besoin de survie.
J’ai bien aimé ce dialogue ainsi que les nombreux invités qui prenaient part à l’événement et cette collection est sans contre dit MON coup de cœur de la soirée en raison de cette capacité à capter de nouveau l’air du temps.
Léajane Arpin Ayotte entourée de ses mannequins
Sortir des sentiers battus
L’univers émotionnel de Micah Guillemette est audacieux et Discorde en est la preuve, car cette collection est songée et affirmée.
Et, la créatrice explique » Ce sont des vêtements professionnels pour des gens au style alternatif « . D’où cette opposition entre porter un vêtement dit conventionnel versus porter un vêtement qui se démarque !
Cette collection a retenu mon attention, car je me suis sentie transportée quelque part un instant au Royaume-Uni. Ce mélange d’allure gothique et de grunge procuraient également un intéressant style novateur.
Micah Guillemette et ses mannequins.
L’univers émotionnel de Catherine Delisle est également audacieux et la collection Phénix exprime bien ce sentiment.
Empreinte de contraste, celle-ci marie élégamment l’éclat de la couleur orange vive aux beaux bijoux de fantaisie tout en amalgamant un jeu subtil de détails se baladant ainsi entre fluidité et rigidité du tissu, ce qui procure une saisissante collection.
Catherine Delisle entourée de ses mannequins
L’univers émotionnel d’Eva Peronne est rempli d’élégance. À travers la collection COEXISTANCE par HOUSE of EVA, le public a pu découvrir cette intéressante réunion entre rigidité et fragilité afin de former une dualité dans les tenues qu’elle crée.
Eva Peronne à gauche et ses mannequins.
L’univers émotionnel de Maria Alexandra Chelgounov est audacieux. Intitulée Masha cette impressionnante collection a littéralement séduit le public.
Inspirée de la décennie 70, cette collection comportait des superpositions de vêtements et agencement de différentes matières premières des plus surprenantes procurant ainsi une intéressante allure country bien assumée et celle-ci est également l’un de mes coups de cœur de la soirée.
Maria Alexandra Chelgounov.
L’univers émotionnel de Léanne Auger est empreint d’élégance et La garde-robe de Léanne le prouve bien.
Les sources d’inspiration d’un designer de mode sont bien souvent les tissus comme pour cette collection où la créatrice a déniché un tulle à grands pois afin de concevoir l’ensemble de sa collection.
C’est donc une farandole de boucles et d’élégance qui ont séduit les nombreux invités réunis jeudi soir dernier pour admirer cette collection. La longue robe de soirée d’un vert jade étincelant qui faisait office de robe de mariée en a ébloui d’ailleurs plus d’un.
Kiosque de Léanne Auger.
De belles remises de prix par la Place Ste-Foy
Le prix Créativité a été décerné à Léajane Arpin Ayotte pour son impressionnante collection THE GROUNDERS par Ettoya Collection.
Le prix Commercialisation a également été décerné par Lollita Dandoy à Aurélie Bérubé pour sa collection futée RéELLE.
Bref, une mémorable soirée passée en leur compagnie a apprécier tout le talent et le savoir-faire de cette belle jeunesse inspirante pour qui un prometteur avenir est en vue !
Un album photos a été réalisé par François Berthiaume et est disponible sous ce lien:
Norman Parkinson qui photographie Neva von Schlebrügges à New York – Manteau long en tweed et jupe, Jaeger, couverture du magazine Queen, février, 1960.
À compter de demain, vendredi 19 avril et ce, jusqu’au 2 septembre 2024 sera présentée, au Musée McCord Stewart de Montréal, la magnifique exposition vedette du prolifique photographe de mode britannique Norman Parkinson intitulée Norman Parkinson : toujours en vogue.
Et, mardi dernier se déroulait en avant-midi le lancement médiatique de l’exposition puis en soirée le Vernissage de celle-ci et DL Vision Mode y était !
La photographie de mode fascine au plus haut point et la difficulté du travail d’un photographe mode est cette capacité de capter cet instant magique du sujet, ici en l’occurrence une personne qu’elle soit statique ou bien en mouvement. Et, le talent photographique de Parkinson démontrait toute cette finesse et cette sensibilité émotionnelle.
L’apparence dont dépendent vos vêtements – Celia Hammond portant un béret en tweed rouge vif et un manteau réversible assorti Wetherall devant la tour Eiffel, Paris Queen, septembre 1962
Cette belle exposition est la première de deux expositions qui sont consacrées à la photographie de mode et de portraits qui seront présentées en première Nord-américaine ce printemps au Musée McCord Stewart.
Couvrant soixante ans de photographie de mode, le corpus de l’exposition s’étend de 1930 jusqu’à 1990, année de décès du photographe et il comprend 79 photographies de mode à savoir celles qui sont les plus représentatives de la carrière de Norman Parkinson.
Ce même corpus comprend également 56 couvertures de grands magazines modes dont notamment les Vogue britanniques et américains ainsi que dix robes et ensembles haut de gamme provenant de la collection Costume, mode et textiles du musée qui viennent compléter ce riche corpus artistique. Le commissariat de l’exposition est assuré par Terence Pepper.
Allocution de Terence Pepper lors du lancement médiatique Chapeau circa 1940, Fanny Graddon, feutre de fourrure de lapin, tulle de soie et plumes.Manteau Concorde, 1948, Christian Dior, popeline de laine fine.
Grand photographe britannique Ronald William Parkinson Smith de son véritable nom insuffle, par son audace photographique et sa personnalité flamboyante, un nouvel essor à la photographie de mode et aux portraits des célébrités qu’il captait en les photographiant en plein air plutôt qu’en studio de photo tout en mettant ses modèles en mouvement dans de somptueux décors bien souvent insolites.
Chapeau Cardin au-dessus de Paris – Neva von Schlebrügge portant un chapeau prune Cardin dans un hélicoptère volant au-dessus de la tour Eiffel, Paris Queen, août 1960.
C’est ainsi que les personnalités publiques et les stars les plus en vue du 20e siècle tel que Jerry Hall, Audrey Hepburn, David Bowie, The Rolling Stones, The Beatles et Jane Birkin se sont vues magnifiées sous l’œil photographique de Parkinson.
Audrey Hepburn, photographiée à La Vigna, villa d’Audrey Hepburn, près de Rome, magazine Glamour, décembre 1955.
Séparé de façon chronologique, le corpus de l’exposition nous plonge directement dans les années 30 où l’on découvre le début de la carrière du jeune photographe.
En Angleterre, il fréquente alors l’école de Westminster où il développe une passion pour l’art et devient, au terme de ses études, l’apprenti du photographe londonien Richard N. Speaight.
Tailleurs Simpson – Partie de golf au Le Touquet, France, Harper’s Bazaar britannique, août 1939.
En 1934, il s’associe à un autre jeune photographe nommé Norman Kibblewhite. Ils ouvrent ensemble leur propre studio de photo et les deux artistes combinent alors leur nom sous le nom professionnel de Norman Parkinson. Leur partenariat ne dure que quelque temps, mais Parkinson décide de conserver ce nom de plume.
En 1935, Norman Parkinson présente une exposition solo démontrant certaines de ses photographies phares tels que le célèbre portrait de Vivien Leigh.
Vivien Leigh Actrice – Photographie captée après le succès de l’actrice dans la pièce de théâtre intitulée The Mask of Virtue et présentée lors de la première exposition de Parkinson à son studio de la rue Dover, The Bystander, novembre 1935.
Entre les années 40 et 50, le photographe entreprend une collaboration avec le Vogue britannique qui durera plusieurs années. Collaboration qui procure des images à caractère narratif saisissant comme on peut le voir sur la photographie intitulée Young Velvets, Young Prices. Magnifique photographie qui présente quatre mannequins coiffées de chapeaux sur fond de gratte-ciel newyorkais.
Velours pour demoiselles à prix doux, mode chapelière, Vogue américain, octobre 1949.
Au cours de cette période, Wenda Rogerson qui est la muse du photographe et qui deviendra plus tard son épouse est l’une des principales mannequins vedettes de l’époque et elle se prête au jeu photographique de Parkinson avec une certaine audace.
Wenda et les autruches – Wenda Parkinson portant du Spectator Sports, Afrique du Sud, Vogue britannique, mai 1951.
Les années 60 sont marquées telle une coupure dans le temps par de profonds bouleversements sociaux, mais Parkinson sait capter ce nouvel air du temps et s’efforce de repérer de nouveaux visages et de nouveaux looks en collaborant étroitement avec le magazine Queen. Sa vision de la photographie de mode est alors très originale, voire extravagante.
La tendance est au gym – Twiggy – Fac-similé de la mise en page originale du magazine Vogue britannique, février 1967.
La décennie 70 est, elle aussi, marquée par d’importants changements de mode de vie et le corpus de cette décennie éclatée est mon coup de cœur perso de l’exposition en raison de l’utilisation des couleurs vives en photographie, de l’émotion qui s’en dégage ainsi que pour cet univers joyeux et ludique du moment qui m’a littéralement ensorcelé.
Jerry Hall et l’artiste et illustrateur de mode Antonio Lopez – Jerry Hall portant du Sonia Rykiel, Hôtel Jamaica, Ocho Rios, Jamaïque, Vogue britannique, mai 1975. Apollonia van Ravenstein portant la collection Rive Gauche d’Yves Saint Laurent, Vogue britannique, décembre 1971.
Durant cette enivrante période, les images du photographe contribuent à élever de nouveaux mannequins au rang de star du moment telle que Jerry Hall ou bien Iman.
Norman Parkinson réalise également de magnifiques photographies des créateurs de mode tels qu’Yves Saint-Laurent, Hubert de Givenchy, Jean Muir et Zandra Rhodes.
Les perfectionnistes – Hubert de Givenchy et Perla de Lucena, Vogue britannique, septembre 1974. Les perfectionnistes – Loulou de la Falaise et Yves Saint Laurent dans le jardin de ce dernier à Paris, Vogue britannique, septembre 1974.
Les années 80 marquent la consécration de l’artiste photographe, car il se voit décerné, par la reine Elizabeth II, le titre de Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique.
Durant cette période faste, il produira une série de portraits qui seront présentés lors d’une grande rétrospective organisée par la National Portrait Gallery de Londres.
Les 1840 marches de Mihintale – Pilar Crespi portant un tailleur Calvin Klein, Anuradhapura, Sri Lanka, magazine Town & Country, mai 1980.Carmen Dell’Orefice portant une robe en crêpe noire, Dimitri Kritsas, Manoir de William Randolph Hearst, San Simeon, Californie, magazine Town & Country, mai 1981.
En 1990, alors que Norman Parkinson travaille sur une séance de prises de vues pour le magazine Town & Country en Malaisie, il décède subitement à l’âge de 77 ans.
Et, la dernière photographie de l’exposition fait partie de cette séance photo. Or l’émotion de nous tous est palpable dans la salle lors de la visite de presse.
Deborah Harris portant un costume de sirène, Bob Mackie, Malaisie, magazine Town & Country, mai 1990.
Bref, si tout comme moi vous aimez la photographie de mode et l’émotion qui s’en dégage, cette superbe exposition vous parlera très certainement et elle est définitivement à voir cet été !
Et finalement le Maître – Norman Parkinson, couverture du magazine Vogue Hommes Paris, automne 1976.
Complément de sources recherches Wikipédia, l’encyclopédie libre.
Photographies, travail personnel, 16 avril 2024, Musée McCord Steward, Montréal.