C’est toujours un plaisir de revoir Esther Garneau, artiste peintre de grands talents. Et, hier, 1er mars 2025, c’était l’ouverture officielle de sa toute nouvelle Galerie Zen qui est maintenant située au 52, rue St-Louis dans le Vieux-Québec tout près du Château Frontenac.
Entrer dans l’univers artistique d’Esther Garneau, c’est découvrir des œuvres originales et uniques en leur genre. Et, comme elle se plaît à le dire sa vision éclairée réside dans le fait de rendre l’art accessible en accueillant autant les collectionneurs novices qu’expérimentés.
Les œuvres abstraites, peintes à l’acrylique, d’Esther Garneau sont fortes et poétiques à la fois et inspirent joie, émotions et bouillonnement intérieur sans fin. Les couleurs fortes qu’elle choisit procurent ainsi vitalité et énergie aux œuvres et paysages abstraits qu’elle peint. Celles-ci s’inscrivent d’ailleurs dans les courants artistiques du pop art, de l’art contemporain et de l’art moderne.
L’artiste possède de plus un sens inné du marketing et le visiteur de la Galerie Zen pourra retrouver plusieurs produits dérivés de ses œuvres comme de belles cartes de souhaits, de charmants tapis à souris pour l’ordinateur, des casse-têtes abstraits ou bien des housses à coussin toutes plus colorées et vivantes les unes que les autres.
Une inspirante collaboration entre Art & Mode
Entrer à la Galerie Zen, c’est également retrouver les créations fort sympathiques de Carol-Anne Pelchat, designer de mode de la griffe Chacal. Et, c’est ainsi que notamment de charmants T-shirts, robes, tuniques, foulards, cache-cous, jambières, shorts, jupes courtes et camisoles trouvent vie dans ce magnifique espace galerie et boutique afin de permettre à tous et chacun de porter l’art vivant d’Esther Garneau par le biais des belles créations de Carol-Anne Pelchat.
Être éco-responsable
Les œuvres d’Esther Garneau sont imprimées sur des fibres de type polyester. Fibres qui sont durables, très confortables et chaudes, je vous le confirme. Ces fibres sont majoritairement éco-responsables et faciles d’entretien.
Bref, si vous êtes de passage par la belle ville de Québec ou bien y habitez déjà et que vous appréciez le talent des artistes d’ici, la Galerie zen vous parle ou vous parlera très certainement !
Photographies, travail personnel et François Berthiaume, Galerie Zen, 1 mars 2025, Vieux-Québec.
Cette avant-gardiste exposition qui débute aujourd’hui, 13 février et se poursuivra jusqu’au 21 avril 2025, permet de découvrir cinq univers foisonnants de créativité et de sensibilité. Et, c’est ainsi que des thèmes chers aux artistes tels que le territoire, la culture, la migration des peuples et l’identité personnelle s’inscrivent au cœur de la démarche artistique de ces cinq lauréats.
Allocution d’Anne D’Amours McDonald, P.D.G. de la Foire en art actuel de Québec.
La nature, qui est au cœur de la préoccupation de ces jeunes artistes, s’exprime ainsi dans toute sa beauté. Parfois dans des œuvres à caractère historique ou encore dans des paysages qui ont été modifiés par l’être humain. Cette nature se dévoile également par la littérature ou bien par d’intéressantes cartes postales numériques.
Ces œuvres surprendront le public par la diversité de l’approche artistique suggérée et par la richesse des parcours proposés. Les pratiques artistiques variées vont de l’installation picturale et spatiale à la vidéo, en passant par la photographie, la peinture, le body art et la musique. Et, c’est ce qui rend cette exposition si enrichissante !
L’univers artistique de Rémi Belliveau
L’artiste queer s’intéresse à son héritage culturel acadien dans lequel iel a vécu.e toute sa vie. Entre la fiction et la référence artistique, Rémi Belliveau travaille depuis 2018 sur un projet à long terme inspiré de Joan Dularge, musicien.ne phare du rock progressif acadien des décennies 60 et 70 dont l’existence est complètement fictive et imaginée par l’artiste.
Cette vidéo a été filmée dans les vestiges du Fort-Beauséjour, à Aulac, au Nouveau-Brunswick et celle-ci intitulée : L’Empremier Live à Beaubassin, 1970 s’inspire des chansons et albums de Pink Floyd dont Live at Pompeii réalisée en 1972.
Par le biais de reprises psychédéliques de chansons comme Le mitan du siècle qui s’en vient écrite par Beausoleil Broussard ou bien La ballade de Jackie Vautour écrite par Zachary Richard, l’artiste tente de créer un mythe, un genre de fiction historique dans laquelle résonne une identité singulière et évolutive inspirée de son Acadie natale et de sa propre identité en tant que personne queer.
Lorsque d’ailleurs l’on entre dans cette salle muséale, nous sommes tout de suite transportés dans cet univers musical et visuel de ces décennies éclatées. Et, pour tous ceux qui ont vécu cette époque, cette œuvre nous plonge avec nostalgie dans notre jeunesse bien aimée.
L’univers artistique de Santiago Tamayo Soler
L’artiste qui vit et travaille à Montréal est né, en 1990, à Bogota, en Colombie. Il crée d’impressionnants univers numériques dans lesquels il amalgame des éléments d’archives comme des vidéos, des photographies et des images qu’il trouve via le Web.
Artiste engagé, les environnements qu’il créé explorent l’identité latino-américaine à travers le spectre de la diaspora.
Dans la vidéo présentée lors de l’exposition, on y voit une version animée de ces paysages. Santiago Tamayo Soler invite d’ailleurs les membres de la diaspora colombienne à raconter des souvenirs qui ont marqué leurs premières années de vie au Canada.
Il offre, à travers cette grande œuvre, un espace permanent et symbolique qui célèbre leur importance au sein de la communauté colombienne grandissante au Canada.
Postales, est une série de quatre cartes postales illustrant des éléments de paysages canadiens et colombiens. Les nouveaux paysages canadiens pour l’artiste proposent une vision bien personnelle de l’immigration colombienne chez nous, par lesquels Soler explore la subtile transition entre les deux situations.
Ces belles cartes postales, qu’il adresse à sa famille en Colombie, relatent des moments charnières de son expérience personnelle en tant qu’immigrant en sol canadien.
L’univers artistique de Michelle Lacombe
L’artiste songé vit et travaille à Montréal. Elle a développé au fil des ans une pratique artistique bien personnelle en art corporel se situant entre les arts visuels et l’art action.
Son travail, qui est tourné vers le body art, explore son propre corps, la place qu’il occupe dans la société et à travers l’histoire. Son corps devient ainsi l’espace d’une transformation contrôlée, procurant de ce fait des références symboliques, historiques et formelles.
Ce processus créatif se manifeste notamment par le dessin sous la forme de tatouages ou bien de scarifications auxquels elle accorde des valeurs positives et libératrices.
L’univers artistique d’Eruoma Awashish
Artiste engagée issue des Premières Nations, elle est Atikamekw Nehirowisiw et a grandi dans la communauté d’Opitciwan en Haute-Mauricie, son univers artistique est fabuleux.
Empreinte de spiritualité et de symbolisme bien personnels, la démarche artistique d’Eruoma Awashish est bien souvent décrite comme une offrande.
L’œuvre installée au sol dans l’espace muséal et intitulée : Nimisak otci / Pour mes soeurs, créée en 2025, en est un bon exemple. L’artiste explorant, par le biais de cette œuvre magistrale, le métissage culturel et la métamorphose pousse ainsi l’audace jusqu’à combiner la spiritualité autochtone à la religion catholique.
L’artiste intègre également bien souvent des auréoles lors de la réalisation de ces œuvres, ainsi que des effets de symétrie qui sont inspirés du Test de Rorschach élaboré en 1921.
La forêt bienfaisante
Lors de la diffusion de la vidéo onirique intitulée Kiwew/Elle entre chez elle, la fille d’Eruoma Awashish, Onimskiw, court dans le bois et elle rejoint ainsi ses sœurs disparues, certaines de façon cruelle, au cœur du territoire de ses ancêtres.
Cette œuvre est intéressante, car la forêt selon le regard que nous, occidentaux, posons sur celle-ci est bien souvent menaçante selon notre imaginaire collectif. Or, il en va tout autrement pour les autochtones, car cette forêt représente plutôt un lieu d’apaisement, d’accueil et de protection.
L’univers artistique d’Anne-Marie Proulx
L’artiste vit et travaille à Saint-Roch-des-Aulnaies et à Québec. Elle a également présenté plusieurs expositions personnelles et collectives au Québec et à l’étranger.
Lors de son processus créatif, Anne-Marie Proulx qui est photographe se plaît à disperser ses photographies dans ses installations afin de transmettre le récit de ses lectures, ses expéditions et de ses rencontres.
L’installation photographique intitulée : Être encore réalisée entre 2024 et 2025 s’inspire du parcours de Flora Fontanges qui est l’héroïne du roman Le premier jardin écrit par Anne Hébert en 1988. Forte de cette inspiration, l’artiste rassemble des images et des textes résultant d’une vision personnelle de l’ouvrage.
Cette œuvre grandiose inspire de nouvelles avenues à partir du voyage littéraire de Flora Fontanges et de la traversée transatlantique bien réelle qu’a effectuée l’artiste. D’ailleurs, ce n’est pas par hasard si le motif de fenêtre est présent dans cette installation, à côté d’un miroir usé par le temps.
Ces images semblent de plus chavirer comme ont tangué les bateaux qui ont inspiré l’artiste et Flora Fontanges, reflétant ainsi le profond vertige de toute quête identitaire absolue.
Bref, si vous êtes de passage par la belle ville de Québec ou bien y habitez déjà, cette exposition est définitivement à voir pour être transporté dans ces cinq univers distinctifs si poétiques !
Photographies, travail personnel et François Berthiaume, Musée des beaux-arts du Québec, Québec, 12 février 2025.
Hier, 26 janvier 2025, c’était une ambiance de fête qui régnait sur le Théâtre Capitole lors de la présentation de la pièce culte La Cage aux Folles.
Et, c’est sous des airs bien connus de la décennie 70 de Dalida, ABBA, Eurythmics et Patsy Gallant que les drag-queens Rainbow, Michel Dorion, Tracy Trash et Nana nous ont transportés en début de spectacle dans cet univers déjanté qu’est celui des danseurs travestis.
De plus, les 12 artistes présents sur scène nous ont offert une remarquable performance artistique où joie et fous rires étaient au rendez-vous.
Mention de source photo Lise Breton
L’histoire
Cette pièce de théâtre a été créée par Jean Poiret au Théâtre du Palais-Royal le 1er février 1973 et relate l’histoire, qui se déroule dans un cabaret de danseurs travestis, La Cage aux Folles, d’un couple d’homosexuels, Albin et Georges, qui sont sous le choc d’apprendre l’annonce du mariage prochain de leur fils, que George a eu lors d’une relation hétérosexuelle, avec la fille d’un politicien ultra conservateur. Or, que découvriront les parents de cette jeune fille lorsqu’ils rencontreront les parents du jeune homme ?…
Pièce de théâtre qui a d’ailleurs été présentée au Théâtre du Vieux-Terrebonne de juin à septembre 2011 et à Québec, au Théâtre Capitole, en septembre et octobre 2011. Pour cette nouvelle production, c’est Joël Legendre qui signe avec enthousiasme la mise en scène.
Mention de source photo Lise Breton
Interprétée avec brio notamment par Alex Perron, dans le rôle d’Albin, et par Marcel Leboeuf dans le rôle de Georges, qui forme d’ailleurs un duo hilarant, cette pièce est émouvante, comique et parfois burlesque.
Se divisant en deux parties, elle permet une formidable incursion dans cet univers parfois étrange du travestissement, avant la pièce et lors de l’entracte, afin d’apprécier le spectacle des drag-queens de grands talents.
Mention de source photo Paul DucharmeCroquis de Michel Robidas – Costume d’Albin Mention de source photo Lise Breton
Les magnifiques costumes de Michel Robidas
Le concepteur de costumes a plusieurs années de métier à son actif et il a créé des costumes à la mesure de la grandeur des personnages et ces costumes rendent avec justesse cet esprit d’extravagance, de démesure et de folie libertine que la pièce inspire.
C’est ainsi que des robes colorées et scintillantes, des paillettes étincelantes, de larges boas de plumes, des tissus d’organza, de soie, des dentelles, des brocards, des motifs de léopard, des volants à profusion donnent le ton à l’ensemble de la garde-robe qui rayonne de tous ces feux lors du spectacle.
Croquis de Michel Robidas -Costume de Georges Mention de source photo Lise BretonCroquis de Michel Robidas – Costume d’Albin Mention de source photo Lise Breton
J’ai vu le film français il y a plusieurs années, que j’ai d’ailleurs adoré et dont l’interprétation de Michel Serrault dans le rôle d’Albin était mémorable. Or, adapter cette pièce en version québécoise avec justesse et finesse représentait un défi de taille. La ligne est également parfois mince entre l’intelligence du propos et l’aspect caricatural du personnage.
Mention de source photo Paul DucharmeCroquis de Michel Robidas – Costume de Georges
Les décors sont sensationnels particulièrement en première partie du spectacle où nous sommes transportés dans cet univers coloré et déjanté grâce au style de l’ameublement qui est bien sûr excessif.
Mention de source photo Lise BretonMention de source photo Paul Ducharme
Bref, on assiste à cette hilarante pièce de théâtre notamment pour le jeu de rôle d’Alex Perron qui est tout à fait remarquable dans cet Albin hystérique et pour les performances musicales des drag-queens qui en mettent plein la vue aux nombreux spectateurs pour qui c’était assurément jour de fête !
Mention de source photo Paul Ducharme
Cette pièce prendra l’affiche à nouveau à L’Espace St-Denis de Montréal du 5 au 23 février 2025 et sera de retour à la Salle Albert-Rousseau de Québec les 4 et 5 avril 2025.
Si vous êtes comme moi, il y a des designers de mode dont le travail vous parle énormément et c’est le cas d’Émilie Bouffard fondatrice, directrice artistique et teinturière textile d’Empreintes Vestiges.
Et, le 30 novembre 2024, dans le cadre de l’événement ON SHOW III X Lignes de Fuite, Émilie Bouffard, talentueuse designer, présentait son intéressante collection issue de son travail résultant du fruit du hasard. Lors de cet événement mode présentant le travail de designers émergents, cette collection a été mon coup de cœur de la soirée.
Celle qui se dépeint comme étant créatrice, cuisinière, plant whisperer, teinturière, photographe et cinéaste imprime de la couleur sur des textiles à partir de résidus organiques qu’elle trouve ici et là tels que des pelures d’oignon, des récoltes sauvages ou bien cultivées comme des pétales de rose, des tagètes, des feuilles de framboisier ou différentes plantes locales et le résultat est saisissant.
Cette bricoleuse passionnée se plaît à tacher des vêtements afin de vaincre l’appréhension de disparaître un jour tentant ainsi de laisser une empreinte bien personnelle dans les matières textiles qu’elle teint afin d’apporter un legs unique.
Pour Émile Bouffard, la revalorisation des vêtements de seconde main, par le biais du travail de la teinture naturelle et de la confection, s’insère dans un processus d’économie circulaire bien songé, mais à la fois dans une certaine forme de rébellion créative.
Le coup de cœur
Cet exercice de teinture naturelle de façon artisanale a pour effet de s’en remettre chaque fois au fruit du hasard, ce qui procure des résultats saisissants et mystérieux à l’abri de toutes attentes artistiques.
Et, j’aime cet effet vestimentaire de torsion de la matière, cet aspect froissé de celle-ci, cette créativité débordante un peu rébellion, cette nouvelle féminité parfois androgyne, cette déconstruction du style, ces textures inusitées, ces résidus de matières organiques retrouvés aléatoirement et ce mouvement du vêtement qui procurent originalité, poésie et intéressante surprise visuelle.
Sa marque : « Empreintes Vestiges est une matérialisation des possibles, une promesse de constance, une lettre d’amour à soi-même », précise la créatrice.
Ce travail manuel me rappelle aisément la teinture par nouage, le tie-dye, réactualisé au goût du jour. Procédé qui était en vogue durant les années 60-70 aux États-Unis et qui deviendra par la suite emblématique des mouvements hippie et psychédélique.
Bref, un prometteur avenir pour celle qui a fondée en 2021 ces remarquables Empreintes Vestiges vestimentaires !
Mention de sources photos : Guillaum Kirouac et Philippe Manh Nguyen.
En cette période de réjouissances, je souhaite à chacun d’entre vous, un joyeux temps des fêtes rempli d’amour et de bonheur en compagnie de ceux que vous chérissez !
Samedi, 16 novembre dernier, les étudiants de 2e année en commercialisation de la mode du Collège LaSalle de Montréal présentaient, à la Salle Jean-Paul Morin, la 11e édition de leur défilé annuel intitulé : Soirée Mode Collège LaSalle, SMCL. Événement mode d’envergure dont le financement a été entièrement trouvé par ces étudiants déterminés et passionnés.
Ce défilé de mode permettait d’inspirer la célébration et l’expression de soi à travers le phénomène mode. De plus, grâce à différents types de mannequins, de l’intéressante scénographie et du stylisme recherché, la SMCL a démontré, une fois de plus, de quelle façon la mode peut être un puissant outil de communication, d’expression personnelle et d’individualité.
Lors de cette soirée haute en couleurs et en styles, ce fashion show novateur a permis de présenter une variété de modèles, tous plus originaux les uns que les autres, de présenter également des formes d’identités et de cultures variées remettant ainsi en question les critères de beautés déjà établis, et ce, sous forme de trois thématiques dont seule cette jeunesse inspirante en connaît la magie !
L’expression personnelle
Intitulé UNTAMED, ce thème se voulait une célébration de la mode en tant que forme d’expression personnelle remettant ainsi en question les règles sociales et culturelles acquises ainsi que l’uniformité qui a cours.
De ce fait, ce thème permet d’encourager les gens à s’affranchir des styles vestimentaires souvent trop conventionnels afin de mettre en valeur pleinement leur personnalité.
Être différent
Dans la société actuelle dans laquelle nous vivons qui est plutôt basée sur l’avoir pécuniaire, les choix vestimentaires sont souvent influencés par l’appartenance à un groupe social en particulier, par les influenceurs présents sur les réseaux sociaux ou bien par les nombreuses publicités visibles notamment via nos téléphones cellulaires.
Le thème DISSIDENSE permettait de réfléchir un instant sur cette constatation en se posant la question toute simple à savoir si notre apparence vestimentaire reflète véritablement notre propre identité et individualité, ou bien si nous nous conformons résolument à un groupe social en regard des tendances du moment.
Ce défilé hypothétique permettait ainsi d’imaginer un monde idéal où tous et chacun serait enfin libéré de ces tendances de mode éphémères afin d’exprimer son propre style librement.
Défier le statu quo
Le thème du défilé JACK IN THE BOX exprimait le fait que le phénomène mode, qui est notamment relié aux émotions, est un exutoire artistique libre permettant ainsi aux gens de se différencier afin d’exprimer leur propre personnalité tout en mettant en valeur leurs traits de caractère, ici, opposés.
Issu de cette constatation, ce thème incarne tout à fait l’imprévisibilité de l’être humain et l’expression de soi. En mélangeant des vêtements dits traditionnels aux vêtements hors normes afin de défier le statu quo, JACK IN THE BOX amalgame aisément l’impressibilité et l’individualité de la mode, reflétant ainsi notre propre style de vie.
Et, ce thème est d’ailleurs MON coup de cœur personnel de ce remarquable défilé de mode, comme seuls les étudiants du Collège LaSalle savent nous les offrir !
Bref, Soirée Mode Collège LaSalle est le reflet de notre société actuelle et de notre mode de vie vue à travers le regard éclatant de cette belle jeunesse affirmée, bravo !
Sources :
Communiqué de presse, Soirée Mode Collège LaSalle, SMCL, Montréal, 24 octobre 2024.
Wikipédia, l’encyclopédie libre.
Mention de sources photos Rory Creelman, Collège LaSalle, Montréal, 16 novembre 2024.
Jeudi 14 novembre 2024 avait lieu en soirée, au Campus Notre-Dame-de-Foy, le lancement tant attendu de la 3e édition du magazine COLLABORARE, Spécial Stylisme. Et, quelle agréable soirée passée en compagnie de cette belle jeunesse inspirante afin de découvrir cette toute nouvelle édition.
Lors de cette soirée mode, de la grande visite à Québec en la présence des représentants de mmode ainsi que de celle de Monsieur François Roberge, président de la grappe métropolitaine de la mode et président-directeur général de La Vie en Rose.
De la grappe mmode, Mathieu Saint-Arnaud Lavoie, Louis Arsenault, Sara-Jade Théberge, Gautier Berlemont, Chloé Thibault et Marine Savard. Sophie Tremblay et Élizabeth Ruel Couture, étudiantes en commercialisation de la mode.
Inspirer la réussite
Ce magazine est le résultat d’une prolifique collaboration entre trois écoles multidisciplinaires et divers intervenants de l’industrie de la mode québécoise. Il insuffle ainsi la grande passion et le talent artistique des diplômés.
Émilie Couture, coordonnatrice du programme de photographie et enseignante au CEGEP de Matane.
La 3e édition du magazine COLLABORARE permet de découvrir les collections des finissants de la cohorte 2023 du Campus Notre-Dame-de-Foy en design de mode sous l’œil photographique des finissants du CEGEP de Matane. Le magazine a également été mis en page par les étudiants des métiers de l’édition de la SEPR de Lyon.
Allocution de Caroline Roy, directrice générale du CNDF.
L’idée première
Le projet de ce magazine remonte à 2019 et a été initié par Robert Baronet qui était professeur et coordonnateur du programme de photographie du CEGEP de Matane. En raison de la pandémie, ce projet a été porté plus tard par une équipe de professeurs de trois écoles et a vu le jour en 2022.
Allocution de François Roberge, président directeur-général de La Vie en Rose
Pour cette 3e édition, l’équipe du magazine s’est attardé aux coulisses du milieu de la mode en mettant en lumière l’intéressante collaboration entre le styliste de mode et le photographe, relation complice qui est indispensable à la réalisation de l’image de mode.
C’est donc les collections de treize finissants en design de mode de la cohorte 2023 qui ont été mises en beauté sous la lentille de cinq finissants en photographie du CEGEP de Matane. La mise en page a été confiée principalement à Matthias Ruiz qui étudie aux métiers de l’édition de la SERP à Lyon.
Allocution de Mathieu Saint-Arnaud Lavoie, directeur général de mmode.
Lors de la réalisation du magazine, se tisse un dialogue qui débute en amont de la première prise de photo. Celui-ci se doit d’être franc, ouvert et admis de tous. Au fil de leur expérience, les étudiants découvrent ce dialogue lors des séances de photographies mode. Ce magazine permet ainsi de mettre en valeur le travail d’équipe, créatif et professionnel des étudiants.
Marco Roy, Gautier Berlemont, Marine Savard, Mathieu St-Arnaud Lavoie, Sara-Jade Théberge, Louis Arsenault, Chloé Thibault, Jonathan Leclercq et Karine Bibeau.
En feuilletant ce magazine, on remarque immédiatement la qualité des images et la mise en valeur du travail d’apprentissage des étudiants. D’intéressants articles viennent également bonifier le contenu, comme celui de l’interview d’Émile Vanehuin, d’originaire française, qui a décidé de poursuivre ses études en photographie au CEGEP de Matane afin de parfaire ses connaissances et de découvrir le Québec.
En 2022, celle-ci a eu la chance de travailler pour La Maison Simons en tant que photographe et technicienne photo, et cette expérience l’a amenée à collaborer avec des photographes professionnels, des mannequins, des stylistes et des maquilleurs, lui permettant ainsi d’enrichir sa créativité et son savoir-faire.
Bref, un superbe magazine de mode qui permet de mettre en valeur le talent et la créativité des étudiants tout en valorisant l’approche COLLABORARE, bravo !
Photographies, travail personnel et François Berthiaume, Campus Notre-Dame-de-Foy, Regardons vers l’avenir ! 14 novembre 2024.
C’est demain, 14 novembre 2024, que s’ouvrira au Musée McCord Stewart la grande exposition intitulée : Bals costumés – Habiller l’Histoire, 1870-1927. Exposition qui permettra une incroyable immersion dans les bals costumés qui se déroulaient il y a environ 150 ans à Montréal.
Lors de cette exposition, plus de 40 éblouissants costumes provenant de la collection du Musée, des photographies, des personnages costumés, des publications souvenirs et des programmes de soirée témoignent de l’ampleur de ces prestigieux bals mondains.
Le public pourra ainsi constater que cette exposition pose un regard plutôt critique sur ces célébrations qui parfois étaient synonymes de liberté peu commune pour l’époque dans cette société très codée qui contribuaient à véhiculer les mythes colonialistes et impérialistes qui avaient cours au Canada.
Notman & Sandham, Florence M. David costumée en « Incroyable », Montréal, 1880, Musée McCord Stewart, II-56542.1
L’histoire canadienne comme source d’inspiration
Bien que les participantes et participants de ces bals costumés puisent leur inspiration dans la culture populaire pour choisir leurs costumes, c’est dans l’histoire du pays que les invités incarnent, le temps d’une soirée, des personnalités qui ont marqué l’histoire canadienne.
Rendre un moment de vie gravé à jamais
Les participants de ces bals costumés ou bien ceux participant à un carnaval de patinage exhibaient fièrement leurs costumes confectionnés lors notamment d’une visite au studio de photographie afin d’immortaliser ces précieux moments.
Le public pourra aussi découvrir plusieurs portraits réalisés par William Notman et William James Topley qui dirigeaient les studios de photographie les plus renommés de l’époque.
Vêtir l’agressivité coloniale
Caricaturer l’AUTRE était en vogue à l’époque et cette exposition pose un regard sur l’histoire de cette pratique en vogue en tant qu’acte de violence coloniale.
« Au-delà de la splendeur et de la variété bigarrée des personnages présents à ces bals, le public est amené à découvrir chez les participants et participantes une vision partagée de l’exclusion – ces personnages incarnant l’AUTRE, souvent à l’aide d’un mélange incongru d’objets culturels et éléments créés en guise de costumes » explique Cynthia Cooper.
Costume porté par Alice Graham costumée en Mary, Mary, Quite Contrary en 1907. Don de la Succession d’Alice Hallward, M972.75.71. 1-6, Musée McCord Stewart.
Un travail de recherche de longue haleine
Cette grande exposition est le résultat du travail de recherche s’étalant sur plus de 30 ans de Cynthia Cooper, cheffe, Collections et recherche. Conservatrice, Costume, mode et textile.
De plus, la mise en exposition des 40 costumes présentés, qui sont conservés dans la collection Costume, mode et textile du Musée McCord Stewart, a nécessité un travail titanesque de la part des équipes œuvrant au Musée et ce, en regard des limites traditionnelles de pratique de restauration qui ont dû être dépassées afin de permette la mise en exposition de tous les costumes sélectionnés.
Robe portée par Maud Terroux costumée en Baronne de Beaumouchel en 1898, Musée McCord Stewart, M966.53.1.1-3
« Confrontés à la condition précaire de certains vêtements, voire à des dommages significatifs, nous avons mené une réflexion approfondie sur les approches à adopter. Cette démarche nous a conduits non seulement à remettre en question des traitements traditionnellement mis en œuvre, mais aussi à prendre des décisions audacieuses et à expérimenter de nouvelles idées en matière de préservation de l’intégrité matérielle », explique Catherina Florio, cheffe, Restauration.
Robe portée par Alice Scott costumée en Jeu de cartes, 1887. Don de Katherine Cleaver, Musée McCord Stewart, M2014. 111.96. 1-3
C’est donc une grande exposition à voir au Musée McCord Stewart jusqu’au 17 août 2025 afin d’être transporté dans cet univers inédit des bals costumés où les participants et participantes se métamorphosaient littéralement en personnages fantaisistes, tous plus extravagants les uns que les autres.
Mentions de sources photo Laura Dumitriu
Source rédactionnelle : Communiqué de presse, Bals costumés – Habiller l’Histoire, 1870-1927, Musée McCord Stewart, 12 novembre 2024.
Cape en laine, don de Léonard Gorski, fondateur de Gorski Montréal
Jeudi 7 novembre 2024, c’était soir de fête au Musée McCord Stewart alors que plusieurs invités triés sur le volet s’étaient donné rendez-vous afin d’assister à la première édition du Bal de Laine dont le slogan est : « Tisser l’avenir des fibres naturelles pour une durabilité culturelle et environnementale ».
Soirée bénéfice qui avait pour objectif d’amasser des fonds destinés à la Fondation Bal de Laine qui, de concert avec Fibershed Québec, soutient la recherche et le développement dans le but de fabriquer des fibres naturelles issues de la laine des moutons en l’occurrence des agneaux que l’on consomme et des brebis que l’on trait pour la fabrication du fromage.
Les faits
Au Québec, chaque année, 130 000 toisons de moutons sont brûlées et gaspillées. (1)
Et ce, en raison d’un manque de ressources. La Fondation Bal de Laine permettra ainsi de participer à une relance et une transformation viable de l’industrie de la mode québécoise dans ce secteur afin que des produits de qualité issus de la laine se retrouvent dans nos commerces de détail et ultimement dans nos garde-robes.
Relance qui permettra également de développer l’autonomie et l’économie régionale et ce, tout en valorisant l’environnement et la culture locale.
Lors de cette soirée riche de sens, un montant de 25 000 $ a d’ailleurs été amassé. Fort de cette somme, en plus de soutenir le processus de fabrication, nous encourageons ainsi une production en série responsable afin de conserver notre héritage textile.
De nombreux prix prestigieux ont également été mis à l’encan ce soir-là, dont la magnifique cape offerte par Léonard Gorski, fondateur de Gorski Montréal, un forfait au Spa Eastman et un catalogue accompagné d’une visite à l’exposition Bal costumés – Habiller l’Histoire, 1870-1927 qui est présentée au Musée McCord Stewart jusqu’au 17 août 2025.
Le Bal de Laine n’était pas uniquement un événement d’un soir, mais bien un mouvement social et un lieu de rencontre qui a permis de découvrir le grand savoir-faire de notre terroir québécois.
À gauche Madame Jocelyna Dubuc et Monsieur Olivier Vermeersch
Cette intéressante soirée a d’ailleurs permis de riches échanges entre les éleveurs, les agriculteurs ainsi que les professionnels qui travaillent la laine locale.
Jobair Jaber, fondateur de l’entreprise haut de gamme fondée en 2021, est spécialiste dans la fabrication de produits mode faits à partir de la laine d’agneau et il a lancé une gamme de produits Milo & Dexter nommée Le projet Laine.
Le fondateur désirait fabriquer ces modèles à partir de la laine locale. Or, il n’y a pas suffisamment de laine produite ici pour assumer une fabrication en grande quantité de façon industrielle. Jobair Jaber a cherché les rares entreprises locales qui travaillent encore la laine et aujourd’hui 5 000 livres de laine canadienne sont transformées grâce notamment à la Filature Lemieux qui est située dans la Beauce. (2)
Bref, un bal de laine porteur de sens afin de permettre de relancer la fabrication de cette fibre noble qu’est la laine et ainsi contribuer à l’économie régionale, bravo !
Photographies : travail personnel et François Berthiaume, Musée McCord Stewart, Montréal, Bal de Laine, 7 novembre 2024.
Kent Monkman. Mariage à Sodome, 2017, acrylique sur toile.
Mercredi avant-midi 16 octobre 2024, c’était le lancement médiatique de la très attendue exposition présentée au Musée national des beaux-arts du Québec jusqu’au 21 avril 2025 et intitulée : Premiers jours. Œuvres autochtones de la Collection McMichael d’art canadien. Et, quelle enrichissante visite passée à découvrir les nombreux artéfacts Art & Mode de cette grande exposition issus de ces riches communautés culturelles autochtones.
Affiche de l’exposition œuvre de Lawrence Paul Yuxweluptun. Paysage du nouveau climat (changement climatique sur la côte du Nord-Ouest) 2019, acrylique sur toile.
Lors de cette belle visite, DL Vision Mode s’est particulièrement attardée aux intéressants artéfacts issus de la mode tels que les accessoires et les vêtements afin de les raconter en images et en mots.
En attente du point de presse lors du lancement média
L’art autochtone est à l’honneur au MNBAQ par le biais de cette importante exposition grâce à la mise en circulation de la Collection McMichael d’art canadien du musée de Kleinburg en Ontario.
Cette exposition internationale permet ainsi le rayonnement de plus de 50 artistes issus de 13 nations autochtones différentes. Se déployant d’un océan à l’autre du Canada, celle-ci permet notamment de découvrir près de 110 œuvres qui démontrent les traditions issues du passé et également des pratiques artistiques contemporaines.
Allocution de Xavier Watso, porte-parole de l’exposition
Séparée en huit inspirants thèmes, cette magnifique exposition permet au visiteur de plonger littéralement dans l’histoire artistique des peuples autochtones du territoire qui se nomme aujourd’hui le Canada.
Sarah Milroy, commissaire de l’exposition. Directrice générale et conservatrice en chef de la Collection McMichael d’art canadien.
Ouvrir le dialogue avec humour
Coiffe – Shadae, 2019. Impression chromogénique lightjet sur film transparent dans un caisson à éclairage DEL
Ce premier thème met à l’avant-plan le travail des artistes qui privilégient, au centre de leur démarche créative, l’humour afin d’approfondir la réflexion et la discussion favorisant ainsi les échanges et la compréhension mutuelle.
L’artiste Dana Claxon, issue de la tribu Hunkpapas, par cette représentation de coiffe, évoque, de façon humoristique, la densité des relations entre les femmes et la complexité de ce que représente l’identité autochtone de nos jours.
Afin de réaliser cette œuvre que j’ai adorée d’ailleurs l’artiste a photographié plusieurs femmes de son entourage, chacune présentant une collection de ses propres objets culturels. L’image qui est installée dans le boitier à éclairage DEL inspire le réseau privilégié des relations qui forgent l’identité de ces femmes.
L’artiste semble également se poser la question : dans quelle mesure voit-on une personne au-delà des nombreuses apparences et suppositions que l’on se fait à son sujet ? (1)
L’héritage de Norval Morrisseau et des artistes anishinaabe.
Oiseau-Tonnerre habité par l’esprit, vers 1978, acrylique sur toile.
Cet intéressant thème est consacré à celui que l’on considère comme étant le pionnier de l’art contemporain autochtone canadien et de ses tenants. Norval Morrisseau, 1932-2007, était un peintre abstrait anishinaabe qui s’inspirait pour créer d’idées et d’histoires qui repoussaient visiblement les limites temporelles et spatiales.
L’artiste et spécialiste anishinaabe Bonnie Devine explique « Morrisseau décrit ici un canal – il y a des ouvertures en haut et en bas – qui reflète d’importants concepts spirituels et métaphysiques des Ojibwa » .
« Il y a aussi une référence biologique au corps, à l’utérus et au développement du fœtus. Une grande part de l’iconographie des pétroglyphes et des pictogrammes traite de la naissance comme métaphore du développement de l’esprit et du concept de transformation. Il y a aussi une référence de transformation. Il y a aussi une référence géographique, avec l’eau d’un côté et la terre de l’autre. Enfin, c’est un autoportrait. L’artiste représente sa propre transformation en un être de pouvoir, en pleine montée vers le royaume du ciel, ou descendant dans la manifestation plus corporelle de la vie. Cet être du tonnerre peut choisir n’importe quelle direction » , précise par la suite Bonnie Devine. (2)
Bonnie Devine, artiste anishinaabe et ojibwa, commissaire, autrice et professeur ainsi que coéditrice du catalogue de l’exposition Premiers jours. Œuvres autochtones de la Collection McMichael d’art canadien.
L’art autochtone de la côte du Nord-Ouest
Jut-Ke-Nay Hazel Wilson, couverture à boutons. Légende de l’Arbre d’or, 1997. Laine melton, boutons de plastique, ormeau, nacre, cuivre et coquilles. Perles de métal, verre et plastique. Tendon de fils.
Cette région comprend aujourd’hui, la Colombie-Britannique, le Yukon et l’Alaska. Et, l’art autochtone de celle-ci se distingue par son style nommé ligne figurative. Depuis plus de 2 000 ans, ces artistes autochtones réinterprètent ces lignes fluides afin de créer un univers visuel unique en son genre et où les événements historiques ainsi que les figures emblématiques prennent alors vie.
Par exemple, l’artiste Hazel Wilson, 1941-2016, a débuté à confectionner ses premières couvertures à boutons à l’âge de 15 ans. Et, elle est devenue l’une des artistes haïdas les plus respectées de sa génération. Son art lui a permis de raconter des histoires du passé et d’en préciser les enjeux contemporains.
L’histoire de l’arbre d’or
Sa série de travail des couvertures la plus célèbre raconte l’histoire de l’arbre d’or, l’épinette dorée. Cet arbre gigantesque vieux de trois cents ans aux aiguilles d’or jaune pâle et qui possède une signification particulière pour le peuple haïda. Or, cet arbre a été abattu en 1997 par un bûcheron perturbé qui, il va sans dire, n’était pas haïda, ce qui a inspiré l’artiste pour créer cette magnifique couverture. (3)
Des masques et des objets
Cet autre fascinant thème démontre notamment qu’à partir des années 1970 et 80, quelques artistes autochtones vont sur le marché de l’art destiné au grand public. Ils créent alors des œuvres aux formes traditionnelles, mais fabriquées précisément pour le contexte artistique.
Mocassins à queues de renard, 2016. Chaussures trouvées, queues et fourrure de renard arctique, condensateurs, diodes électroluminescentes, résistances, perles de verre, piquants de porc-épic, cylindres à cheveux en os, plumes de coq, plumes fendues et teintes, cônes en étain, perles blanches du commerce en forme de cœur, grosses perles en plastique, bordures de satin, boutons en nacre, poils de porc-épic synthétiques, fil de coton, corde, métal et embauchoirs en bois.
Des mocassins à queues de renard
L’artiste Barry Ace propose à travers cette œuvre une réflexion concernant le travail de l’artiste franco-suisse Karl Bodmer, 1809-1893. Artiste qui a représenté les peuples autochtones durant ses voyages le long du fleuve Missouri vers les années 30 et ce, par le biais d’aquarelles au dessin soigneusement détaillé.
Dans plusieurs de ses œuvres, Bodmer documente les queues de renard qui sont fixées à l’arrière des mocassins servant à camoufler les pas de ceux qui les portent.
Barry Ace propose à son tour une paire de chaussures actuelles qui est dotée de circuits détournés de leur usage, mais représentative de cette transmission des connaissances. (4)
Le sac à bandoulière des autochtones de la culture ojibwa
Artiste inconnu – culture ojibwa. Sac à bandoulière perlé, début de 20e siècle. Perles de verre, tissu et fil de coton, tissu et fil de laine.
Les recherches historiques sur le sujet démontrent que ces sacs à bandoulière ont été au départ fabriqué afin d’imiter les sacs de munitions ou cartouchières dont se servaient les Européens lors de leurs croisades. Il est par contre à noter que les accessoires plus anciens ne comportaient pas nécessairement de compartiments destinés à ces fins.
La forme de ces sacs a vite évoluée afin de permettre une expression identitaire plus élaborée. Par exemple afin de faire état des titres et rangs sociaux des chefs des tribus et des diverses croyances de ces peuples.
Les Ojibwa appelaient ces sacs les aazhooningwa’on, ce qui veut dire : porter à l’épaule en diagonale. Et, fait intéressant, l’incrustation des nombreuses perles décoratives augmentait le poids du sac. Or, cette large bandoulière aidait à répartir ce poids afin de favoriser le confort de la personne qui le portait. (5)
Une monnaie d’échange
Les minuscules perles de verre que l’on appelait perles de rocailles représentaient également un lucratif produit d’échange pour l’économie des régions frontalières.
Sacs et écharpe tintante
Maria Hupfiels. Trois prototypes de sacs et écharpes tintante. 2010, feutre industriel et clochettes.
Ces trois sacs en feutre représentent les traditions de fabrication qui ont été transmises à l’artiste Maria Hupfield par ses ancêtres ojibwa. Celle-ci les recrée de nos jours avec le feutre industriel agrémenté de clochettes en étain de fabrication commerciale. Clochettes qui décorent souvent les costumes des fêtes de type pow-wow contemporaines.
Être futée
Lorsque l’artiste vend ses créations comme ses bottes, ses sacs, ses couvertures pour la danse et autres artéfacts, elle se réserve le droit de les emprunter à l’occasion et de les utiliser comme bon lui semble, renégociant ainsi les relations traditionnelles entre les peuples autochtones et les institutions inspirées du modèle européen. (6)
Dempsey Bob et Linda Bob, Couverture Des loups dans la neige. 1999-2002. couverture en feutre, fourrure de loup, boutons, fil. Fermoir-masque : bois d’aulne, peinture d’acrylique et attaches en cuir.
Cette œuvre magnifique s’intitule : couverture « Des loups dans la neige ». Vêtement qui évoque l’histoire de la mère du clan des loups auquel appartiennent les Bob et leur famille.
Une histoire émouvante
La légende raconte qu’une femme occupée à cueillir des petits fruits est littéralement séduite par un bel homme qui l’emmène chez lui. Elle en tombe amoureuse et porte ses enfants. Un jour, elle réalise qu’elle a été emmenée chez les loups. Révélation qui lui vient alors qu’elle sommeille dans la neige avec son mari loup et ses louveteaux. Après plusieurs luttes, elle parvient à retourner parmi les humains. Ses liens de parenté par contre avec les loups seront à tout jamais célébrés. (7)
L’importance des femmes dans les cultures autochtones
Ce thème de l’exposition permet de constater la force des femmes autochtones qui conjuguent leurs efforts afin de faire face à l’adversité. La solidarité entre ces femmes revêt alors une importance capitale, ce qui a pour effet de renforcer les communautés et de garder les familles unies.
Faye HeavyShield. Soeurs, 1993, chaussures modifiées avec plâtre, gesso et peinture acrylique.
La force des sœurs
L’œuvre de Faye HeavyShield intitulée Sœurs est remarquable et elle symbolise la force des femmes qui unissent leurs efforts. Certains historiens y voient une représentation de l’artiste et de ses cinq sœurs formant ainsi un cercle afin de lutter contre les menaces extérieures.
Durant son enfance, l’artiste ainsi que ses frères et sœurs ont été séparés de leur famille et envoyés dans des pensionnats où ils ne pouvaient plus parler leur langue et où ils ont subi de mauvais traitements.
Faye HeavyShield explique à propos de son œuvre que le bout fendu des souliers est en fait une allusion aux sabots des cerfs suggérant ainsi les qualités d’élégance, de force et de délicatesse de cet animal. (8)
La douleur de Jeneen Frei Njootli
Jeneen Frei Njootli. Douleur, 2019. Béton sur toile de coton, cuir, fourrure et pattes de loup, enduit étanche et tige de métal.
Âgée de 36 ans, cette artiste a grandi dans la communauté des Vuntut Gwitchin au Yukon. Les œuvres que crée Jeneen Frei Njootli démontrent l’absence ou bien la présence du corps humain. Celles-ci sont représentées par diverses techniques qui lui procurent une réputation sans cesse grandissante.
Pour réaliser cette œuvre, les parkas ont été confectionnés à la main et ont été brodés de fourrures et de pattes de loup exprimant ainsi la relation qui unit Frei Njootli au monde animal.
Le trempage des vêtements dans le béton possède une signification toute particulière pour l’artiste : celle des liens étroits qui sont tissés entre les femmes autochtones au-delà du temps qui passe et des traumatismes vécus.
Dans cette œuvre forte, le geste de connexion entre les deux corps figure également la solidarité qui unit les communautés autochtones malgré les événements malheureux survenus au cours de l’histoire. (9)
Le contact colonial et les échanges
Cette intéressante section permet notamment de rappeler le traumatisme de la contagion comme à travers l’œuvre du Ruth Cuthand.
Ruth Cuthand. Masque de Covid-19 no 8, 2020. Perle de verre, masque, fil entoilage.
La pandémie de COVID-19 qui a affecté le Canada au printemps 2020 a éveillé chez l’artiste une réflexion concernant les épidémies qui ont dévasté, dans le passé, les communautés autochtones à travers le pays du 19e siècle jusqu’au début du 20e siècle.
La pandémie que nous avons vécue nous donne un aperçu du traumatisme des contagions qui ont décimé rapidement des populations autochtones entières.
À ce traumatisme s’ajoute le retrait forcé des enfants emmenés dans des pensionnats où l’hygiène de vie était plutôt déficiente, l’alimentation inadaptée et la promiscuité des lieux visible. Tous ces facteurs ont contribué à étendre les maladies et provoquer la mort.
Ruth Cuthand évoque, par cette sculpture, une reconnaissance des pertes historiques et dénonce les inégalités sociales qui persistent toujours en matière de soins de santé dans les communautés autochtones. (10)
Thème du contact colonial et des échanges. Nadia Myre. Oeuvre sans titre, 2019. Étude pour un pays où vivent castors, cerfs, orignaux et autres animaux du genre. Céramique et fil inoxydable.
Ce dernier thème de l’exposition permet d’apprécier le travail des jeunes artistes autochtones. Et, depuis une vingtaine d’années, le dessin est devenu un genre artistique en soi pour cette jeune génération inuit. Ces nouveaux artistes contemporains s’inspirent du legs de leurs ancêtres pour créer des œuvres innovantes et audacieuses bien dans l’air du temps.
Itee Pootoogook. Sans titre, homme avec capuchon et lunette de soleil, 2012. Crayon de couleur et graphite sur papier.
Itee Pootoogook est, 1951- 2004, un des membres de la célèbre famille Pootoogook de Kinngait au Cape Dorset. L’artiste créa des œuvres reconnues pour leur signature minimaliste et leur rigueur de la forme décrivant ainsi les caractéristiques austères des habitations de sa ville natale. (11)
Les scènes de la vie quotidienne dépeintes portent les marques de la vie en Arctique actuelle.
Xavier Watso, animateur, chroniqueur et comédien abénakis et porte-parole de l’exposition.
Sur cette œuvre magistrale on y voit, dans le coin droit en haut, la célèbre couverture à points de la Compagnie de la Baie d’Hudson
Bref, une exposition nécessaire qui est définitivement à voir si vous êtes de passage par la belle ville de Québec ou si vous y habitez déjà jusqu’au 21 avril 2025 afin de découvrir la richesse et la diversité de l’art autochtone à son meilleur !
Photographies : travail personnel et François Berthiaume, MNBAQ, 16 octobre 2024.
Sources recherches
Communiqué de presse, 16 octobre 2024, Premiers jours. Œuvres autochtones de la Collection McMichael d’art canadien, Musée national des beaux-arts du Québec.
(1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) Mention crédits textes didactiques de l’exposition. Sarah Milroy, commissaire. Directrice générale et conservatrice en chef de la Collection McMichael d’art canadien.