Entrer dans l’univers poétique de l’Espace Riopelle au Musée national des beaux-arts du Québec

Il y a de ces visites de presse qui sont mémorables. Et, celle d’hier, 21 octobre 2026, au Musée national des beaux-arts du Québec afin de visiter l’Espace Riopelle – Pavillon Michael Audain est de celle qui reste gravée dans notre mémoire.

Ce qui retient l’attention lorsque l’on entre dans ce pavillon d’exception, c’est la magnificence des lieux, la luminosité qui s’en dégage et l’impressionnante architecture du bâtiment conçue par la firme Les Architectes FABG. Outre la beauté des lieux, ce pavillon qui s’étale sur 3 étages permet de mettre en valeur l’œuvre gigantesque de Jean-Paul Riopelle (1923 – 2002) et de ses contemporains.

Plus de 230 œuvres mise en valeur

Grand legs des célébrations entourant le centenaire de l’artiste, l’Espace Riopelle célèbre l’œuvre d’un des artistes québécois et canadiens les plus marquants du 20e siècle : Jean Paul Riopelle. Ce nouvel espace abrite ainsi plus de 130 œuvres de l’artiste, à savoir des peintures, sculptures et œuvres sur papier, toutes issues de la plus grande collection publique lui étant consacrée. De plus, cet espace permet d’apprécier une centaine d’œuvres d’artistes ayant façonné l’histoire de l’art moderne du Québec.

Des acquisitions récentes

Nommé en l’honneur de Michael Audain, président de Polygon Homes et philanthrope, l’Espace Riopelle permet de découvrir plusieurs acquisitions récentes, d’une valeur de 125$ M, dont une sélection d’œuvres provenant d’un remarquable ensemble de 63 œuvres incluant 46 de Jean Paul Riopelle offertes par Michael Audain et son épouse Yoshiko Karasawa ainsi que par Pierre Lassonde.

Une expérience visiteur hors du commun

L’Espace Riopelle se déploie sur trois étages et le parcours est guidé par tous les sens ainsi que les différentes émotions. C’est ainsi que 4 nouvelles expositions associent des dispositifs de méditation innovants à une surprenante scénographie immersive, plaçant de cette façon notre vécu émotionnel et notre perception sensorielle au cœur de l’expérience visiteur.

Raconte-moi Riopelle

Au rez-de-chaussée, l’exposition temporaire Art et Émotions propose une intéressante immersion, sous forme d’expérience humaine, dans l’univers intime de l’artiste. Et, à l’image du rapport privilégié qu’entretenait Jean Paul Riopelle avec ses proches, c’est par le biais de vidéos que des personnalités ayant côtoyé celui-ci racontent, à leur façon, des anecdotes et souvenirs en sa compagnie.

Toujours au rez-de-chaussée, Art et Émotions permet également une expérience vécue entre le visiteur et l’œuvre. Projet de recherche mené par le laboratoire Co-DOT qui vise, à l’aide de dispositifs interactifs, à mieux saisir la diversité des réponses émotionnelles suscitées par une œuvre d’art. Projet qui ouvre des pistes de réflexion permettant de mieux saisir comment les musées peuvent interagir avec leurs publics.

Puis, à l’étage, l’univers de l’artiste se dévoile sous nos yeux par Riopelle. L’expression du geste. Grande rétrospective séparée en 7 thématiques, qui célèbre le parcours exceptionnel de Jean Paul Riopelle et qui retrace toutes les périodes de sa carrière s’échelonnant de 1940 à 1990. Parmi ces thèmes, notons : l’artiste en action, l’effet mosaïque, le sentiment de la nature, la rencontre des formes d’art, un fabuleux bestiaire, l’appel du Nord et les migrations de l’automne.

Et, mon coup de cœur perso va pour Les migrations de l’automne. En raison du sentiment poétique des œuvres présentées et pour le charme qu’elles dégagent. Travail de l’artiste qui me rappelle aisément celui de Marc Chagall.

Durant les dernières années de sa vie, Jean-Paul Riopelle passe ses automnes dans l’archipel de L’Isle-aux-Grues et observe la migration des oies blanches qui se posent par milliers sur les battures du fleuve Saint-Laurent. C’est ainsi que la beauté des phénomènes naturels de l’endroit, les saisons qui passent et le cycle de la vie constituent ses nouvelles sources d’inspiration.

Ses dernières œuvres démontrent d’ailleurs avec beauté la faune et la flore de l’archipel, à savoir les oiseaux, les plantes et autres objets qui sont déposés sur la toile et vaporisés à la peinture en aérosol. Amalgamant aisément les différentes techniques, Jean Paul Riopelle éloigne ainsi les frontières entre l’art et le simple bricolage s’inspirant à la fois de l’univers des graffiteurs, des arts populaires et de celui des patenteux, ce qui procure des œuvres fortes, bien assumées.

Art Moderne du Québec : Revendiquer

Le niveau 2 de l’Espace Riopelle permet également d’admirer l’art moderne du Québec par Revendiquer. Ce nouvel accrochage de la collection nationale d’art moderne rassemble les créations d’environ 50 artistes, dont notamment celles de plusieurs artistes automatistes tels que Madeleine Arbour, Marcel Barbeau, Marcelle Ferron, Fernand Leduc ou bien Jean-Paul Mousseau. Et, quelques-unes de ces toiles ont attiré mon attention.

Être épaté

Le summum de ce formidable espace muséal se situe au 3e étage où l’œuvre monumentale intitulée Hommage à Rosa Luxembourg se révèle à nous telle une symphonie, de couleurs, de lumières et de joie de vivre. Ultime chef-d’œuvre de l’artiste, cette fresque mesurant 40 mètres de long se déploie dans une salle circulaire où nous sommes invités à contempler l’œuvre à 360 degrés. Disons, que l’expérience visuelle est assez saisissante !

À la sortie de cette salle, une expérience olfactive ingénieuse développée par François Chartier, créateur de science aromatique et cofondateur de Chartier World LAB, nous invite à Sentir, pour voir Riopelle. Expérience sensorielle que j’ai adorée qui crée un dialogue entre l’art, la nature, la mémoire olfactive, les sens et les émotions personnelles.

Comment cela fonctionne ?

À partir de 6 bornes olfactives, nous sommes invités à humer des créations olfactives inspirées par l’environnement cher à l’artiste : l’île aux Oies. Endroit où le chef-d’œuvre Hommage à Rosa Luxemburg a été réalisé, ces senteurs insufflent ainsi l’histoire et les symboles qui meublent cette œuvre emblématique.

La fabuleuse visite de l’Espace Riopelle – Pavillon Michael Audain se termine par l’accès à la magnifique terrasse extérieure donnant vue sur le majestueux fleuve Saint-Laurent. De là, on peut observer Lévis, ville située de l’autre côté de la rive, et les environs de Québec.

Bref, le nouvel Espace Riopelle est définitivement à visiter afin d’être envoûté par la magnificence des lieux, être séduit par l’œuvre monumentale de ce grand maître du mouvement automatiste et être transporté dans cette période historique charnière du 20e siècle.

Photographies : François Berthiaume, 21 et 22 octobre 2026, Espace Riopelle – Pavillon Michael Audain, Musée national des beaux-arts du Québec.

Sources : Dossier de presse.

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