Découvrir Les Émotions des finissantes en design de mode du Campus Notre-Dame-de-Foy

Le printemps est la saison des défilés pour les différentes écoles de mode du Québec et jeudi 9 mai 2024, c’était au tour des finissantes en design de mode de l’École de mode du Campus Notre-Dame-de-Foy de présenter leurs belles collections lors de l’Évènement Mode 2024 ÉM 24. Découvrir les émotions.

Ambiance des lieux avant le défilé de mode.

Et, pour cette présentation grandiose, les étudiants en 2e année en commercialisation de la mode se sont joint à elles afin d’aménager quatorze kiosques présentant leurs différents univers modes. Et, c’est ainsi que parents, amis et nombreux invités VIP ont pu apprécier le résultat de trois années de laborieux travail de ces talentueuses finissantes.

Allocution de madame Caroline Roy, directrice du CNDF.

Lors de cette grande soirée, de nombreux prix ont été remis dont celui du Prix Télio accordé à Aurélie Bérubé, finissante en design de mode, par Myriam Laroche, cofondatrice de Collective Détour.

Remise du Prix Télio par Myriam Laroche à Aurélie Bérubé

Membres du jury : Li Zhang, Moni Amuli et Lolitta Dandoy

Cette soirée mode a débuté par la présentation de l’intéressante collection Ancolie par Gabrielle. Et, d’ailleurs les ancolies sont de jolies plantes vivaces à fleurs bicolores.

L’univers émotionnel de Gabrielle Mailloux est empreint de confiance et via sa collection Ancolie par Gabrielle, cet univers se veut tout en féminité et délicat. Univers qui n’est pas nécessairement fragile, mais qui insuffle secrètement force et confiance en soi.

Cette collection a d’ailleurs été l’un de mes coups de cœur de la soirée en raison de sa simplicité et de son originalité à la fois.

Gabrielle Mailloux accompagnée de ses mannequins.

L’univers émotionnel de Léa-Rose Rancourt est également fait de confiance. Et, la conception de sa collection Pinky lui a permis de se remémorer son enfance, à se vêtir des vêtements de ses parents qui étaient beaucoup trop grands pour elle, afin de s’en inspirer pour créer sa collection rose bonbon.

Ludique collection qui inspire joie de vivre, amusement et fraîcheur estivale.

Léa-Rose Rancourt et ses mannequins

L’univers émotionnel d’Émilie Boily-Veilleux est fonctionnel et élégant. À travers sa collection Essence par EBOVE chaque tenue confectionnée pour le milieu professionnel se veut un gage de succès.

C’est ainsi que des modèles au style épuré et aux lignes contemporaines procuraient simplicité, netteté et modernité à la fois pour une remarquable collection.

Émilie Boily-Veilleux entourée de ses mannequins.

L’univers émotionnel de Capucine St-Hilaire est engagé et serin à la fois, car à travers sa collection Atelier St-Hilaire, la créatrice insuffle ce besoin de réutiliser l’entièreté des matières déjà utilisées afin de donner une seconde vie aux vêtements.

Philosophie qui procure une remarquable collection et j’ai bien aimé d’autant plus que celle-ci s’inscrit fort bien dans l’air du temps.

Capucine St-Hilaire et ses mannequins

L’univers émotionnel de Moira B Rioux via sa collection Dismantled est confiant et éclaté, car récréer son style et reconstruire les classiques, afin de redéfinir sa confiance en soi, sont les thèmes qui ont inspiré sa collection.

Et, le résultat est saisissant en raison de la créativité qui s’en dégage et la complexité du travail technique du vêtement. Cette collection est d’ailleurs un autre de mes coups de cœur de la soirée.

L’univers émotionnel de Léa Bélanger est féminin et serin. Ses sources d’inspiration, pour créer Douce rêverie par Fleur de Lune Atelier, sont puisées de la fine lingerie, ce qui procure une collection presque osée et toute en légèreté.

Et, cette collection est également un de mes coups de cœur de la soirée en raison de l’originalité de celle-ci et de l’intéressante réinterprétation de la conception d’un simple sous- vêtement afin d’en réaliser un vêtement que l’on peut porter dans la rue.

Léa Bélanger

L’univers émotionnel de Constance Uhde émerveille. Intitulée Ânesse, cette collection retenait l’attention et le public présent à d’ailleurs démontré bruyamment toute son admiration.

Collection où chaque tenue réalisée est une juxtaposition savante et éclatante de couleurs et de textures. Et, j’ai bien aimé l’ensemble de cette collection en raison de la créativité qui s’en dégageait.

Constance Uhde

L’univers émotionnel d’Aurélie Bérubé est audacieux et à travers RéELLE collection Y24, la créatrice nous permettait d’apprécier différentes techniques alternatives de fabrication afin de concevoir une garde-robe féminine plus durable et écoresponsable.

Cette démarche suppose en effet de revoir la globalité du cycle à savoir du choix des matières premières et ce, jusqu’à la consommation du produit final.

Démarche réussie, car le public présent était en liesse. Et, il va sans dire que cette collection s’inscrit définitivement dans l’air du temps.

Aurélie Bérubé entourée de ses mannequins

L’univers émotionnel de Léajane Arpin Ayotte est puissant et à travers THE GROUNDERS Ettoya Clothing la créatrice a démontré, par cette collection pour le moins étonnante, tout son talent et son savoir-faire.

En effet, prise dans une sorte d’apocalypse, la nature ici reprend le cours de sa vie, illustrée, dans cette collection, par un mélange de genres inspirant un urgent besoin de survie.

J’ai bien aimé ce dialogue ainsi que les nombreux invités qui prenaient part à l’événement et cette collection est sans contre dit MON coup de cœur de la soirée en raison de cette capacité à capter de nouveau l’air du temps.

Léajane Arpin Ayotte entourée de ses mannequins

Sortir des sentiers battus

L’univers émotionnel de Micah Guillemette est audacieux et Discorde en est la preuve, car cette collection est songée et affirmée.

Et, la créatrice explique  » Ce sont des vêtements professionnels pour des gens au style alternatif « . D’où cette opposition entre porter un vêtement dit conventionnel versus porter un vêtement qui se démarque !

Cette collection a retenu mon attention, car je me suis sentie transportée quelque part un instant au Royaume-Uni. Ce mélange d’allure gothique et de grunge procuraient également un intéressant style novateur.

Micah Guillemette et ses mannequins.

L’univers émotionnel de Catherine Delisle est également audacieux et la collection Phénix exprime bien ce sentiment.

Empreinte de contraste, celle-ci marie élégamment l’éclat de la couleur orange vive aux beaux bijoux de fantaisie tout en amalgamant un jeu subtil de détails se baladant ainsi entre fluidité et rigidité du tissu, ce qui procure une saisissante collection.

Catherine Delisle entourée de ses mannequins

L’univers émotionnel d’Eva Peronne est rempli d’élégance. À travers la collection COEXISTANCE par HOUSE of EVA, le public a pu découvrir cette intéressante réunion entre rigidité et fragilité afin de former une dualité dans les tenues qu’elle crée.

Eva Peronne à gauche et ses mannequins.

L’univers émotionnel de Maria Alexandra Chelgounov est audacieux. Intitulée Masha cette impressionnante collection a littéralement séduit le public.

Inspirée de la décennie 70, cette collection comportait des superpositions de vêtements et agencement de différentes matières premières des plus surprenantes procurant ainsi une intéressante allure country bien assumée et celle-ci est également l’un de mes coups de cœur de la soirée.

Maria Alexandra Chelgounov.

L’univers émotionnel de Léanne Auger est empreint d’élégance et La garde-robe de Léanne le prouve bien.

Les sources d’inspiration d’un designer de mode sont bien souvent les tissus comme pour cette collection où la créatrice a déniché un tulle à grands pois afin de concevoir l’ensemble de sa collection.

C’est donc une farandole de boucles et d’élégance qui ont séduit les nombreux invités réunis jeudi soir dernier pour admirer cette collection. La longue robe de soirée d’un vert jade étincelant qui faisait office de robe de mariée en a ébloui d’ailleurs plus d’un.

Kiosque de Léanne Auger.

De belles remises de prix par la Place Ste-Foy

Le prix Créativité a été décerné à Léajane Arpin Ayotte pour son impressionnante collection THE GROUNDERS par Ettoya Collection.

Le prix Commercialisation a également été décerné par Lollita Dandoy à Aurélie Bérubé pour sa collection futée RéELLE.

Bref, une mémorable soirée passée en leur compagnie a apprécier tout le talent et le savoir-faire de cette belle jeunesse inspirante pour qui un prometteur avenir est en vue !

Un album photos a été réalisé par François Berthiaume et est disponible sous ce lien:

Évènement Mode 2024 | Flickr

Toujours en vogue au Musée McCord, les photographies de Norman Parkinson

Norman Parkinson qui photographie Neva von Schlebrügges à New York – Manteau long en tweed et jupe, Jaeger, couverture du magazine Queen, février, 1960.

À compter de demain, vendredi 19 avril et ce, jusqu’au 2 septembre 2024 sera présentée, au Musée McCord Stewart de Montréal, la magnifique exposition vedette du prolifique photographe de mode britannique Norman Parkinson intitulée Norman Parkinson : toujours en vogue.

Et, mardi dernier se déroulait en avant-midi le lancement médiatique de l’exposition puis en soirée le Vernissage de celle-ci et DL Vision Mode y était !

La photographie de mode fascine au plus haut point et la difficulté du travail d’un photographe mode est cette capacité de capter cet instant magique du sujet, ici en l’occurrence une personne qu’elle soit statique ou bien en mouvement. Et, le talent photographique de Parkinson démontrait toute cette finesse et cette sensibilité émotionnelle.

L’apparence dont dépendent vos vêtements – Celia Hammond portant un béret en tweed rouge vif et un manteau réversible assorti Wetherall devant la tour Eiffel, Paris Queen, septembre 1962

Cette belle exposition est la première de deux expositions qui sont consacrées à la photographie de mode et de portraits qui seront présentées en première Nord-américaine ce printemps au Musée McCord Stewart.

Couvrant soixante ans de photographie de mode, le corpus de l’exposition s’étend de 1930 jusqu’à 1990, année de décès du photographe et il comprend 79 photographies de mode à savoir celles qui sont les plus représentatives de la carrière de Norman Parkinson.

Ce même corpus comprend également 56 couvertures de grands magazines modes dont notamment les Vogue britanniques et américains ainsi que dix robes et ensembles haut de gamme provenant de la collection Costume, mode et textiles du musée qui viennent compléter ce riche corpus artistique. Le commissariat de l’exposition est assuré par Terence Pepper.

Allocution de Terence Pepper lors du lancement médiatique

Chapeau circa 1940, Fanny Graddon, feutre de fourrure de lapin, tulle de soie et plumes.

Manteau Concorde, 1948, Christian Dior, popeline de laine fine.

Grand photographe britannique Ronald William Parkinson Smith de son véritable nom insuffle, par son audace photographique et sa personnalité flamboyante, un nouvel essor à la photographie de mode et aux portraits des célébrités qu’il captait en les photographiant en plein air plutôt qu’en studio de photo tout en mettant ses modèles en mouvement dans de somptueux décors bien souvent insolites.

Chapeau Cardin au-dessus de Paris – Neva von Schlebrügge portant un chapeau prune Cardin dans un hélicoptère volant au-dessus de la tour Eiffel, Paris Queen, août 1960.

C’est ainsi que les personnalités publiques et les stars les plus en vue du 20e siècle tel que Jerry Hall, Audrey Hepburn, David Bowie, The Rolling Stones, The Beatles et Jane Birkin se sont vues magnifiées sous l’œil photographique de Parkinson.

Audrey Hepburn, photographiée à La Vigna, villa d’Audrey Hepburn, près de Rome, magazine Glamour, décembre 1955.

Séparé de façon chronologique, le corpus de l’exposition nous plonge directement dans les années 30 où l’on découvre le début de la carrière du jeune photographe.

En Angleterre, il fréquente alors l’école de Westminster où il développe une passion pour l’art et devient, au terme de ses études, l’apprenti du photographe londonien Richard N. Speaight.

Tailleurs Simpson – Partie de golf au Le Touquet, France, Harper’s Bazaar britannique, août 1939.

En 1934, il s’associe à un autre jeune photographe nommé Norman Kibblewhite. Ils ouvrent ensemble leur propre studio de photo et les deux artistes combinent alors leur nom sous le nom professionnel de Norman Parkinson. Leur partenariat ne dure que quelque temps, mais Parkinson décide de conserver ce nom de plume.

En 1935, Norman Parkinson présente une exposition solo démontrant certaines de ses photographies phares tels que le célèbre portrait de Vivien Leigh.

Vivien Leigh Actrice – Photographie captée après le succès de l’actrice dans la pièce de théâtre intitulée The Mask of Virtue et présentée lors de la première exposition de Parkinson à son studio de la rue Dover, The Bystander, novembre 1935.

Entre les années 40 et 50, le photographe entreprend une collaboration avec le Vogue britannique qui durera plusieurs années. Collaboration qui procure des images à caractère narratif saisissant comme on peut le voir sur la photographie intitulée Young Velvets, Young Prices. Magnifique photographie qui présente quatre mannequins coiffées de chapeaux sur fond de gratte-ciel newyorkais.

Velours pour demoiselles à prix doux, mode chapelière, Vogue américain, octobre 1949.

Au cours de cette période, Wenda Rogerson qui est la muse du photographe et qui deviendra plus tard son épouse est l’une des principales mannequins vedettes de l’époque et elle se prête au jeu photographique de Parkinson avec une certaine audace.

Wenda et les autruches – Wenda Parkinson portant du Spectator Sports, Afrique du Sud, Vogue britannique, mai 1951.

Les années 60 sont marquées telle une coupure dans le temps par de profonds bouleversements sociaux, mais Parkinson sait capter ce nouvel air du temps et s’efforce de repérer de nouveaux visages et de nouveaux looks en collaborant étroitement avec le magazine Queen. Sa vision de la photographie de mode est alors très originale, voire extravagante.

La tendance est au gym – Twiggy – Fac-similé de la mise en page originale du magazine Vogue britannique, février 1967.

La décennie 70 est, elle aussi, marquée par d’importants changements de mode de vie et le corpus de cette décennie éclatée est mon coup de cœur perso de l’exposition en raison de l’utilisation des couleurs vives en photographie, de l’émotion qui s’en dégage ainsi que pour cet univers joyeux et ludique du moment qui m’a littéralement ensorcelé.

Jerry Hall et l’artiste et illustrateur de mode Antonio Lopez – Jerry Hall portant du Sonia Rykiel, Hôtel Jamaica, Ocho Rios, Jamaïque, Vogue britannique, mai 1975.

Apollonia van Ravenstein portant la collection Rive Gauche d’Yves Saint Laurent, Vogue britannique, décembre 1971.

Durant cette enivrante période, les images du photographe contribuent à élever de nouveaux mannequins au rang de star du moment telle que Jerry Hall ou bien Iman.

Norman Parkinson réalise également de magnifiques photographies des créateurs de mode tels qu’Yves Saint-Laurent, Hubert de Givenchy, Jean Muir et Zandra Rhodes.

Les perfectionnistes – Hubert de Givenchy et Perla de Lucena, Vogue britannique, septembre 1974.

Les perfectionnistes – Loulou de la Falaise et Yves Saint Laurent dans le jardin de ce dernier à Paris, Vogue britannique, septembre 1974.

Les années 80 marquent la consécration de l’artiste photographe, car il se voit décerné, par la reine Elizabeth II, le titre de Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique.

Durant cette période faste, il produira une série de portraits qui seront présentés lors d’une grande rétrospective organisée par la National Portrait Gallery de Londres.

Les 1840 marches de Mihintale – Pilar Crespi portant un tailleur Calvin Klein, Anuradhapura, Sri Lanka, magazine Town & Country, mai 1980.

Carmen Dell’Orefice portant une robe en crêpe noire, Dimitri Kritsas, Manoir de William Randolph Hearst, San Simeon, Californie, magazine Town & Country, mai 1981.

En 1990, alors que Norman Parkinson travaille sur une séance de prises de vues pour le magazine Town & Country en Malaisie, il décède subitement à l’âge de 77 ans.

Et, la dernière photographie de l’exposition fait partie de cette séance photo. Or l’émotion de nous tous est palpable dans la salle lors de la visite de presse.

Deborah Harris portant un costume de sirène, Bob Mackie, Malaisie, magazine Town & Country, mai 1990.

Bref, si tout comme moi vous aimez la photographie de mode et l’émotion qui s’en dégage, cette superbe exposition vous parlera très certainement et elle est définitivement à voir cet été !

Et finalement le Maître – Norman Parkinson, couverture du magazine Vogue Hommes Paris, automne 1976.

Complément de sources recherches Wikipédia, l’encyclopédie libre.

Photographies, travail personnel, 16 avril 2024, Musée McCord Steward, Montréal.

Le rejet responsable des matières textiles, c’est l’affaire de tous !

Collective Détour est une agence de consultation spécialisée en développement durable de textile et de vêtement. Et, samedi 6 avril dernier, Myriam Laroche, une des fondatrices de l’entreprise était à Québec, dans le cadre de l’événement Rose Buddha, afin de dévoiler et promouvoir tous les aspects de l’utilisation de la seconde main et de l’économie circulaire dans le domaine de la mode.

Événement écoresponsable qui a permis du 4 au 6 avril derniers de rassembler à l’Espace Saint-Grégoire de Beauport plusieurs ateliers ainsi qu’une grande vente de produits écoresponsables.  

C’est toujours un plaisir de revoir la pétillante Myriam Laroche et lors de cette intéressante conférence mode concernant l’économie circulaire, concept central de notre responsabilité collective, Myriam Laroche nous a premièrement informés du fait que l’industrie du textile est l’une des plus polluantes au monde.

Et, en tant que consommateur/trice, il existe des solutions beaucoup plus accessibles qu’on ne le pense afin de réduire notre impact sur l’environnement d’où l’importance de bien prendre soin de nos vêtements afin de pouvoir leur donner une seconde vie.

Quelques chiffres afin de s’en convaincre :

En 2000, la production mondiale de nouveaux vêtements s’élevait à 50 milliards d’items.

À ce rythme, en 2025, cette production aura plus que doublé.

Le gaspillage textile représente en Amérique du Nord, 81 livres de textiles par personne alors que 95% du textile, bas solitaires, chiffons souillés, chemisiers sans boutons, etc., se recyclent.

En tant que consommateur/trice, il est possible de changer les choses affirme Myriam Laroche. Par exemple, au printemps ou bien à l’automne lors du tri saisonnier des vêtements, elle propose quelques pistes de solutions intéressantes.

À savoir :

Regarder ce qui est vendable et portable;

Regarder ce qui ne peut se vendre, mais qui est portable et réparable à la fois;

Regarder finalement ce qui est invendable, mais recyclable.

Myriam Laroche rappelle aussi qu’organiser des soirées magasinage entre filles afin de revendre les vêtements monnayables ou portables à travers son réseau d’amies ou encore sur des plateformes Internet de revente permettent de réduire sa consommation de produits modes tout en se divertissant.

Elle propose également de faire don de ses vêtements à différentes œuvres de charité locales ou bien dans sa famille et ses amis. Les sous-sols d’église ou les friperies de quartiers spécialisées comme celle de Cap-Rouge en sont de bons exemples.

Autre belle façon de donner, et c’est ce que je fais personnellement, est de se tourner vers les grands recycleurs comme le Village des Valeurs, Les Grands Frères Grandes Sœurs de Québec ou bien à Montréal notamment chez Renaissance.

Avec toutes ces solutions, donnez n’aura jamais été aussi facile ! indique Myriam Laroche.

À propos de Collective Détour

Collective Détour est une agence de consultation spécialisée en développement durable. Elle apporte son expertise aux entreprises issues du secteur de la mode pour que celles-ci développent des stratégies de transparence, de traçabilité, d’économie circulaire, de communication et de direction artistique respectueuses de l’environnement. À l’intersection de la durabilité et de la créativité, les cofondatrices, Myriam Laroche et Abby Marino, usent de leur expérience, de leur passion et de leur dévouement pour offrir un accompagnement personnalisé et authentique.

À propos de Rose Buddha

Maxime Morin, sa cofondatrice, et adepte de yoga, offre des leggings et des vêtements entièrement écoresponsables fabriqués à Montréal dans le but d’adhérer à un mode de vie plus écologique. Rose Buddha utilise des plastiques recyclés au Québec, des fibres biologiques ou bien éco-responsables afin d’offrir des produits modes respectueux de l’environnement.

Afin d’en apprendre davantage à propos de la vision environnementale de Rose Buddha

https://myrosebuddha.com/fr/pages/about-us

Bref, une enrichissante conférence qui permettait de prendre conscience de notre impact sur l’environnement en tant que consommateur/trice de produits modes. Et, il était également intéressant de connaître des pistes de solutions viables, sommes toute assez simple et facile à appliquer, car il s’agit tout simplement d’y penser de saison en saison afin de contribuer un tant soit peu à l’avenir de notre planète.

Mention de sources photos, Travail personnel et François Berthiaume, 6 avril 2024, Espace Saint-Grégoire, Beauport, Québec.

L’envoûtant univers cubain de Manik Fashion

Elle est resplendissante, bourrée de talent, son sourire est contagieux et jeudi soir 21 mars 2024 Manika Gaudet, créatrice de Manik Fashion, recevait à sa boutique éphémère qui est située au 136 avenue Laurier Ouest, le tout Montreal Fashion. Et, quelle agréable soirée passée en sa compagnie !

Lors de cette soirée des plus festives, où de nombreux invités s’étaient activement réunis, Heidi Hollinger autrice bien connue lançait son nouvel ouvrage intitulé 300 raisons d’aimer La Havane, tome 2 publié aux Éditions de l’Homme et Manika Gaudet présentait sa magnifique collection signature intitulée collection HAVANE par Manik.

Heidi Hollinger & Jiana

Une soirée remplie de surprises et de découvertes

Le second livre d’Heidi Hollinger permet de poursuivre la visite de celle-ci amorcée à travers La Havane, pur joyau de l’Espagne coloniale de l’Art déco et de l’architecture moderne. Cet ouvrage permet ainsi de découvrir, sous l’oeil photographique de l’écrivaine, la véritable Havane.

Une heureuse rencontre

Manika Gaudet célébrera bientôt quinze ans de passion et de création. Et, ce livre est un peu une façon de boucler la boucle, mentionne la créatrice, car Heidi Hollinger est LA personnalité publique qui a inspiré les débuts de sa marque alors que l’autrice portait fièrement les premières créations de Manik Fashion peintes à la main alors qu’elle animait l’émission Port d’Attaches présentée sur TV5 et Discovery Channel.

Au centre gauche Manika Gaudet et à droite Heidi Hollinger

Une remarquable collection

Cette superbe collection, dont les couleurs vibrantes et les chatoyants motifs, inspirent mer du sud, soleil et bonheur procure assurément bien être et joie de vivre. Chaque modèle est conçu et fabriqué fièrement à Montréal. Les pièces uniques en leur genre et les quantités limitées sont fabriquées afin de mettre en valeur le style et la personnalité de la clientèle. C’est ainsi que les modèles peuvent être peints selon leurs propres goûts.

À propos de Manika Gaudet

Permettre un jour aux gens de tous gabarits de se sentir beaux et bien dans leur peau. C’est le rêve que caressait Manika Gaudet à sa sortie de l’École de mode du Campus Notre-Dame-de-Foy de Québec en 1999.

Récipiendaire d’une bourse pour ses performances dans le domaine et lauréate de plusieurs concours de mode, cette jeune diplômée possédait alors un enthousiasme grandissant pour l’univers du prêt-à-porter commercial. Confiante d’avoir choisi son domaine de passion, celle-ci allait voir rapidement ses désirs se concrétiser. Quelques années plus tard, elle se retrouve designer en chef pour la compagnie BGN&CO, griffe riche en vêtements stylés d’inspiration européenne pour laquelle elle oeuvra pendant plus de douze ans.

Après avoir lancé sa ligne de vêtements artistiques Manik Fashion, celle-ci se concentre maintenant sur la quête perpétuelle de nouveauté, la création de design distinctifs, la maîtrise de la coupe du vêtement et le confort sans concessions dans le but de ravir et avantager toutes les silhouettes féminines est son leitmotiv.

Bref, une charmante soirée passée en la compagnie de Manika Gaudet et d’Heidi Hollinger à découvrir leurs univers respectifs ayant en commun cette envoûtante capitale cubaine qu’est La Havane.

Mention de sources photos, travail personnel et François Berthiaume, 21 mars 2024, Boutique Éphémère Manik Fashion, Montréal.

La route du coton d’Helmer Joseph

Jeudi 22 février 2024, le Tout Montreal Fashion s’était donné rendez-vous au WIP MONTREAL afin de découvrir la nouvelle collection du talentueux créateur de mode Helmer Joseph intitulée : La route du coton d’Haïti. Intéressant projet qui valorise les métiers d’arts du patrimoine culturel haïtien et qui est soutenu par le Ministère des Affaires étrangères et des Cultures de la République d’Haïti.

Et, à en croire l’ambiance des lieux ainsi que le tsunami médiatique qui s’en est suivi, ce défilé de mode n’a laissé vraisemblablement personne indifférent. Et, pour cause, car une fois de plus Helmer Joseph a démontré son immense talent et tout son savoir-faire en exploitant cette fibre naturelle et noble qu’est le coton.

C’est ainsi que le créateur a rendu hommage de façon artistique à trois tissus de coton qui sont fabriqués en usine dans son pays d’origine à savoir le Karabella soit le chambray de coton, le siam, une rudimentaire toile de coton et l’Abako qui est le traditionnel denim que nous connaissons.

Le sens de l’humour d’Helmer Joseph est toujours bien présent dans ses collections. Les coupes de ses vêtements sont nettes. Les méticuleux détails, le savant travail de perlage et les nombreuses broderies procurent aux vêtements raffinement et luxure. Il y a de plus un je-ne-sais-quoi dans son air du temps qui est toujours à propos.

Le style d’Helmer Joseph est unique en son genre et chaque modèle semble raconter sa propre histoire, l’art de la création à son meilleur !

Pour donner suite à ce grand défilé de mode, cette collection partira en tournée vers le Cap haïtien pour se diriger ensuite vers les États-Unis dans les villes de la Nouvelle-Orléans, d’Atlanta, de Miami, de Washington, de New York et de Boston. Et, il va sans dire que ce projet a bien plu à nos voisins du sud puisque l’histoire du coton haïtien est similaire et parfois complémentaire à celle de l’histoire américaine du coton.

Bref, un incroyable parcours pour Helmer Joseph et il est à parier que le créateur n’a pas fini de nous surprendre !

Mention de sources photos Frank S., WIP MONTREAL, 22 février 2024.

Relations de presse Matthieu Lizotte, Wolfe MTL.

Aller à la rencontre du peuple huron-wendat grâce à ONHWA’ LUMINA

Yiheh, Bienvenue !

ONHWA’ LUMINA, c’est une fabuleuse forêt enchantée qui permet lors d’un incroyable parcours nocturne de 1,2 Km d’aller à la rencontre du peuple huron-wendat de Wendake.

Conçu par Moment Factory, studio de création multimédia situé à Montréal, qui a notamment réalisé l’illumination du Pont Jacques-Cartier, ONHWA’ LUMINA est impressionnant à visiter tant pour les effets visuels présentés, tous plus étonnants les uns que les autres, que pour la magnifique musique et les sons réalistes de la forêt accompagnant les projections vidéo.

La scénographie du thème nous plonge d’ailleurs littéralement dans une atmosphère des plus saisissantes, nous transportant ainsi dans le mode de vie et les valeurs ancestrales de cette grande première nation.

C’est ainsi qu’un merveilleux voyage onirique commence dans cette forêt enchantée à l’intérieur d’un grand cercle lumineux, cercle qui symbolise la conception circulaire du monde qui nous entoure. Ce voyage se poursuit à dos de tortue et par la suite, c’est autour de l’âtre d’une longue maison imaginaire de nous accueillir. Ensuite, l’on circule à travers un village lumineux bien mouvementé, puis nous sommes invités à découvrir la station Notre monde. En poursuivant notre chemin, nous apercevons sous nos yeux, et c’est impressionnant, les ancêtres hurons-wendat se dresser devant nous. La visite du parcours se termine en grand par la découverte des étoiles lumineuses.

Tout au long de ce parcours, la langue Wendat prend graduellement vie pendant que des histoires se racontent et que les chants accompagnent chacun de nos pas.

Le symbole de la tortue chez les hurons-wendat

L’île de Grande Tortue est le nom traditionnel donné par les Hurons-Wendat à cette vaste étendue qu’est l’Amérique du Nord. Cette appellation est partagée par plusieurs autres nations autochtones. Dans la version du mythe de création des Hurons-Wendat, un morceau de terre, jadis tombé du ciel, est ramené du fond des eaux par grand-mère crapaud et étendu sur le dos de Grande Tortue qui devient ainsi une île. Yäa’tayenhtsihk peut alors y vivre après qu’elle fut tombée du Monde-Ciel vers le monde-Océan (1)

Personnellement, j’étais depuis longtemps intéressée à parcourir ce sentier nocturne hors du commun, mais en même temps, je me demandais si j’allais avoir ce WOW, cet étonnement soudain digne d’un conte de fées. Et, bien oui, j’ai été émerveillée, enchantée et même surprise, affichant ainsi les grands yeux étonnés d’une enfant de 5 ans.

L’univers Wendat

Pour le peuple Wendat, le monde qui les entourent représente une grande famille où ils ont le privilège et la responsabilité de respecter tous ceux qui en font partie. Reconnaissant de ce monde qui les soutient depuis toujours, ils chantent, dansent et saluent toute la création en guise d’offrandes et de remerciements à poursuivre ce travail afin que leurs esprits ne forment plus qu’un avec la nature.

Autrefois

La Confédération wendat comptait des dizaines de milliers de personnes réparties dans des villages accueillant parfois de plus de 2 000 personnes. Les femmes cultivaient les trois sœurs des wendats qui étaient le maïs, la courge et les haricots dans d’immenses champs entourés par d’imposantes palissades.

ONHWA’ LUMINA, événement partenaire du Carnaval de Québec.

Eh oui, cette année, ONHWA’ LUMINA fait partie des événements partenaires de la 70e édition du Carnaval de Québec. Carnaval hivernal des plus festifs et rassembleurs, pour les petits comme pour les grands, qui débute le 25 janvier prochain et se poursuivra jusqu’au 11 février 2024.

Définitivement, ONHWA’ LUMINA est à voir, pour l’incroyable travail visuel et sonore de Moment Factory, pour être émerveillé par tant de féérie et de beauté et pour en apprendre davantage sur cette fascinante première nation !

Sources recherches : Affiches explicatives en début de parcours.

(1) Citation, site Web, Onhwa’ Lumina Onhwa’ Lumina – Parcours nocturne enchanté à la rencontre du peuple Huron-Wendat – Onhwa Lumina

Photographies : travail personnel et François Berthiaume, 12 janvier 2024, Wendake.

HAIR 1968 : Époque où la mode se voulait éclatée, empreinte de joie de vivre et de liberté

L’effervescente comédie musicale HAIR, qui a été présentée dans le cadre du Festival Juste pour Rire à Montréal, est maintenant présentée à Québec. Et, jeudi soir dernier, c’était soir de fête à la Salle Albert Rousseau lors de cette première médiatique !

Traduite et mise en scène, avec brio, par le talentueux Serge Denoncourt, cette grande comédie musicale nous plonge directement en 1968. Époque où la paix, l’amour et la liberté résonnent, à grands coups de Flower Power sur l’air du temps.

Synopsis

À cette époque de grands bouleversements sociaux, la guerre qui sévit au Vietnam n’est évidemment pas rose et l’on entre dans l’ère du Verseau. À ce moment, un groupe de jeunes gens, que l’on surnomme les hippies, occupent un théâtre abandonné de New York et protestent vigoureusement contre cette guerre violente et rêvent alors d’un monde plus harmonieux,  paisible et respectueux envers l’environnement. Ils prônent l’amour libre et espèrent à une Amérique meilleure qui est en mesure de tenir les promesses annoncées. L’un d’entre eux, Claude Bukowski, personnifié par Philippe Touzel , reçoit son avis d’enrôlement pour l’armée américaine et profite de ses derniers moments à vivre en compagnie de ses amis avant de se rendre au Vietnam ne sachant pas nécessairement s’il en reviendra un jour vivant…

Plusieurs thèmes abordés, lors de cette grande comédie musicale, sont encore très actuels aujourd’hui tel que les complexes relations homme-femme, les crises identitaires de genre, la crise économique et la crise climatique ainsi que les guerres.

Dynamique et endiablée comme pas une, cette rafraichissante comédie musicale permet aux artistes de démontrer tous leurs talents allant du jeu des comédiens, aux numéros de danse performants, en passant par d’incroyables prestations vocales. Et ce, particulièrement, pour ce qui est d’Étienne Cousineau dans le rôle de Margaret Mead qui met en valeur sa voix de soprano d’un timbre exceptionnel.

La mode de cette époque

Elle est colorée, éclatée et les costumes portés par les artistes sont très représentatifs de cette période historique endiablée. Et, pour ceux qui, tout comme moi, on vécut cette période de la mode, se rappelleront aisément avoir portés l’une ou l’autre de ces tenues vestimentaires avec joie. Et, il était facile d’esquisser un sourire rempli de souvenirs lors de la présentation de ce spectacle grandiose.

De façon plus détaillée, à quoi ressemblaient la mode de la décennie 70 ?

Les chemisiers, ornés de fleurs éclatantes enjolivaient les corsages savamment dessinés des jeunes filles. Les blouses en batik étaient également très à la mode. Les joyeux imprimés folkloriques donnaient eux aussi le ton aux tendances du moment. Les fines broderies, placées un peu partout sur le vêtement procuraient exotisme à l’ensemble du vêtement.

Le travail de patchwork dont certains vêtements étaient ornés inspirait alors savoir-faire et créativité. Le macramé était également dans l’air du temps et plusieurs accessoires modes étaient fabriqués de cette façon comme les bracelets. Le tricot était roi, et autant les vêtements que les accessoires étaient fabriqués ainsi tels que les bonnets, les chandails et camisoles, certains pantalons et même les maillots de bain.

Les franges ornaient joyeusement plusieurs pièces de vêtements telles que les vestes autant celles à manches courtes que longues. Ces franges ornaient également les sacs à main. Les pantalons longs à pattes d’éléphant étaient une tendance forte du moment et le denim devenait de plus en plus populaire.

Les cheveux se portaient long autant pour les filles que pour les garçons en guise de contestation sociale envers par exemple la génération puritaine des années 50.

Cette allure cool et très bohème à la fois, ce total look, afin d’en capter une fois de plus l’air du temps, confère alors ce mode de vie éclaté prônant la paix, l’amour et la liberté afin d’espérer un monde meilleur où tout est possible.

Bref, une comédie musicale à voir pour les incroyables performances artistiques, au contexte social toujours aussi actuel, qui est présentée à la Salle Albert Rousseau de Québec jusqu’au 7 janvier 2024.

Photographies : François Berthiaume, Salle Albert Rousseau, 14 décembre 2023.

Le son et la mode du rap québécois en vedette au Musée de la civilisation

Jeudi dernier, c’était grand jour de rap au Musée de la civilisation de Québec grâce au lancement médiatique de l’exposition Sur paroles. Le son du rap queb : la culture hip-hop dans toutes ses dimensions.

Allocution de Webster

Lancée en présence de l’artiste hip-hop et conférencier Webster, cette fascinante exposition est présentée du 10 novembre 2023 au 2 septembre 2024 et elle nous propulse directement dans l’histoire de cet important mouvement culturel qu’est le hip-hop. Elle met notamment en lumière ses artisans et artisanes qui tente de démontrer comment leurs luttes sociales engagées et leurs propos affirmés ont influencé notre société québécoise au fil des ans.

C’est une grande fierté et un honneur pour moi de collaborer avec le Musée de la civilisation. Dès le départ, je voulais faire de cette exposition un outil pédagogique afin que la population en général puisse mieux comprendre cette culture qui nous a tant apporté et, par le fait même, la manière dont les voix racisées au Québec ont pu être amplifiées grâce au hip-hop. J’espère aussi que les adeptes de la première heure, les real hip-hop heads, puissent se retrouver dans ce projet et se dire oui, nous voilà.

Affirme Webster lors du lancement médiatique.

Le vaste corpus de l’exposition comprend des vêtements et accessoires de scène, du matériel d’enregistrement, plusieurs archives photographiques, des manuscrits, des vidéos, de l’art visuel et bien sûr un pertinent parcours sonore.

Le hip-hop est un univers qui est dense et il a été longtemps considéré comme une culture plutôt marginale qui a fait résonner des préoccupations sociales fondamentales. Lorsqu’il est apparu dans notre société québécoise, ce mouvement culturel a témoigné d’un long chemin parcouru et, de celui qu’il reste à parcourir pour connaître, reconnaître et faire entendre toutes ses voix dans leur pleine diversité.

Les origines du hip-hop : Le Bronx

C’est plus précisément dans le South Bronx de New York dans les années 70 qu’Afro-Américains et Latinos, principalement d’origine portoricaine, créés une identité culturelle unique en son genre. Cet endroit est situé juste au sud de l’arrondissement du Bronx et est aussi un ghetto. Une ségrégation ethnique, culturelle, sociale et économique s’y développe alors au fil du temps.

Le courant musical du hip-hop émerge alors au cœur des luttes raciales de ces communautés afin de représenter leurs réalités marginales. Ces voix riches en sonorité dénoncent les embûches liées à leurs réalités et conditions sociales pénibles affirmant ainsi le souhait de les surmonter, explique Jenny Salgado, J. KYLL.

Migration du mouvement de New York vers Montréal

Dès le début des années 80, plusieurs jeunes Montréalais d’origine caribéenne comme les Haïtiens et les Jamaïcains visitent des membres de leur famille dans le Bronx et à Brooklyn. Lors de ces visites, ils découvrent cette culture hip-hop, tendance du moment, et rapportent dans leurs bagages des cassettes de musique rap que l’on ne retrouve pas encore au Québec. Plusieurs de ces jeunes vont s’initier graduellement au DJing, au Breaking danse et vont continuer à se pratiquer lors de leur retour à la maison.

Ce genre de pèlerinage culturel se poursuit dans les années 80 et 90 et cette diaspora afro descendante va inspirer la communauté hip-hop québécoise. Cette culture de masse leur permettra de s’affirmer dans un milieu social où ces jeunes se sentent souvent marginalisés et invisibilisés.

Un riche environnement sonore

Le visiteur, lors du parcours de l’exposition, pourra plonger directement dans cet univers musical varié grâce à la réalité sonore augmentée et ce, à l’aide d’une technologie de pointe novatrice développée par le Musée de la Civilisation en collaboration avec SAGA Stratégie Sonore.

Cet environnement auditif innovant emmène le visiteur à se replacer dans l’espace au fur et à mesure qu’il découvre les différents artefacts sonores des pièces musicales des artistes hip-hop mis à l’honneur. Parmi ces artistes notons DJ Horg, Kenzhelo, Nazbrok, Shash’U et Soraï.

Être à la mode

Le hip-hop, le streetwear, qui est apparu au milieu des années 80 et qui connaît son apogée dans les années 90 est définitivement un mode de vie créé au départ par les gangs de rue. Par exemple, la façon de parler, de se vêtir ou de bouger le corps forme une attitude propre à cette culture qui se reconnaît rapidement et exprime une vision personnelle du monde.

Ce mouvement réactionnaire fait alors contrepoids aux tendances ostentatoires, coûteuses et voyantes de la décennie 80. S’éloignant ainsi du luxe clinquant présenté sur les podiums des défilés, le streetwear regroupe des jeunes ayant comme affinités le graffiti, le skateboard et la musique.

Ceinture et boucle de ceinture de D-Shade, métal et cuir vers 2000, prêtée par Justin Phillips allias D-Shade.

Cette mode bien personnelle, pratique et inspirée du sportwear se veut avant tout anticonformiste et représente une valeur qui est chère à la communauté hip-hop.

Tenue de scène d’inspiration traditionnelle sénégalaise portée par Saramée dans la vidéoclip de la chanson Bun Dem. Designer Abdou Barry, textile, wax, 2019.

Tee-shirt du collectif 83, textile en coton, vers 2011 prêté par Frédéric Auger allias T-Mo. Tee-shirt du collectif Limoilou Starz, textile de coton, 2002, prêté par Webster.

Les vêtements comme les joggings, les sweat-shirts à capuchon et les t-shirts se veulent de tailles extralarges, les pantalons sont également portés sous le bas du dos, les chandails d’équipes sportives ont la cote, les chaînes portées autour du cou sont massives, les chaussures sont très volumineuses et les vêtements sont graffés formant ainsi une panoplie de couleurs et de styles flamboyants.

Chaîne en or, métal, milieu des années 1990, prêtée par Martin Sanchez allias Cholo

Couronne de la rappeuse Ruby, plastique, 2017, prêtée par Marie-Hélène Leroux allias Ruby.

L’image de marque revêt une grande importante et les vêtements logotés deviennent ainsi un signe de reconnaissance de soi à savoir d’appartenance à un groupe social que l’on nomme aussi tribu. Les styles se portent autant le jour comme de soir et deviennent ainsi une sorte d’uniforme standardisé. La mode en mouvement n’a jamais pris autant de sens et rime alors avec streetwear.

Veste arborant des motifs incas, création du graffeur SINO, textile, denim, vers 2019, prêtée par Martin Sanchez allias Cholo.

De par ce style vestimentaire et gestuel, cette communauté culturelle se distingue aisément autant parmi les siens que parmi les autres.

Jersey de baseball identifié Muzion en cuir, 2002 prêté par Stanley Rimsky alias Imposs. Trophée Félix de l’Album francophone de l’année – Rap remis à Muzion. Foulard, textile vers 1999, prêté par Jenny Salgado alias J-Kyll.

C’est ainsi que le streetwear devient graduellement une tendance vestimentaire dominante au Québec comme dans le monde entier. Des marques connues comme FUBU, Cross Colors ou Phat Farm s’affichent fièrement dans les rues québécoises. Contestataire au début, l’esthétique hip-hop devient graduellement un courant de mode dominant.

Aujourd’hui, cette mode fait partie intégrante d’un lucratif marché de masse et demeure un moyen d’expression et d’affirmation vestimentaires de soi et de ses idées.

Tenue d’inspiration traditionnelle, création du designer Irako-canadien Cheb Moha, textile en coton et laine, 2016, prêté par Yassin Alsaiman allias NARCY.

À propos d’Aly Ndiaye alias Webster

Webster est né et a grandi dans le quartier populaire de Limoilou à Québec. Membre fondateur du collectif Limoilou Starz, il est un vétéran et l’un des pionniers du mouvement hip-hop québécois et est reconnu pour la qualité de ses textes ainsi que pour l’intelligence de ses propos.

Militant, il s’implique énormément socialement et donne régulièrement des conférences sur une multitude de sujets tel que l’histoire de la présence afrodescendante et l’esclavage au Québec et au Canada depuis l’époque de la Nouvelle-France.

Bref, une fascinante exposition à découvrir pour tous les amateurs de hip-hop et pour le public en général curieux d’en apprendre davantage sur ce mouvement culturel hors du commun. Celle-ci est présentée au Musée de la civilisation jusqu’au 2 septembre 2024.

Photographies, travail personnel et François Berthiaume, 9 novembre 2023, Musée de la civilisation de Québec.

Sources recherches :

Scénographie de l’exposition et communiqué de presse

Wikipédia, l’encyclopédie libre.

Les véritables couleurs de la mode

Présentée à la galerie courbe du rez-de-jardin du Palais Galliera jusqu’au 15 mars 2024, dans le cadre de La mode en mouvement, l’exposition Les Couleurs de la modeAutochromes du Salon du goût français 1921-1923 est magnifique à visiter.

Aussitôt entré dans la salle, une ambiance feutrée et un éclairage tamisé donne tout de suite le ton à une visite qui nous plonge directement dans cette période foisonnante de l’après-première guerre mondiale.

Le corpus de l’exposition, riche d’une centaine d’images, permet d’ailleurs de découvrir la subtile palette de couleurs de l’autochrome et ce, en regard des costumes, accessoires et documents d’archives du musée qui ont été soigneusement sélectionnés.

Le procédé technique de l’autochrome

De 1921 à 1923, ces images d’exception permettaient de promouvoir à Paris le luxe français lors d’une manifestation artistique tout à fait nouvelle nommée : Le Salon du goût français.

Présentée de 1921 à 1923 au Palais de Glace des Champs-Élysées, l’actuel Théâtre du Rond-Point, cette exposition créée par l’éditeur parisien Maurice Devriès est originale et moderne à la fois.

Conçue par l’architecte-décorateur Robert Mallet-Stevens, elle rassemble la production des industries françaises du luxe. De plus, l’idée novatrice du salon du goût français est de remplacer chaque objets fabriqué en série par sa reproduction photographique sur une autochrome.

Pour la France qui se sort difficilement des suites de la Première Guerre mondiale, cette exposition, dont l’objectif est de promouvoir la fabrication nationale des arts déco, de la haute couture et des maisons de luxe, permet de relancer l’économie nationale. Celle-ci voyagera par la suite à travers le monde.

Lors de cette visite, il est notamment intéressant d’apprécier ces photographies, aux couleurs inédites, qui amène une vision tout à fait nouvelle de la mode du début des années 20.

C’est ainsi que le Palais Galliera renoue aujourd’hui avec la mode de cette période historique au prisme des couleurs éclatantes de blanc, mauve, bleu, rouge, des riches imprimés et des fabuleuses matières textiles de ces magnifiques autochromes qui ont été présentées au Salon du goût français.

Offerte par Maurice Devriès au musée des Arts et Métiers en 1928, cette exceptionnelle collection permet également à l’époque de relancer les industries françaises du luxe et de réintroduire culturellement le bon goût français.

Les couleurs de la mode

La teinte de la lumière de toutes les couleurs : le blanc.

Au début des années 20, la mode parisienne continue d’être influencée par les Ballets russes. Celle-ci se veut alors très vivante et arbore des couleurs flamboyantes. Cependant, un engouement soudain pour le blanc procure une pause visuelle à ce spectre lumineux qui est la bienvenue.

Ce qui frappe d’ailleurs sur ces belles photographies, ce sont la richesse et la beauté des broderies présentées.

Le blanc se porte alors de la tête aux pieds pour des ensembles de jour avec une préférence pour le blanc cassé. Le blanc se veut immaculé pour les modèles de jeunes filles. Et, l’été, le blanc domine sur des voiles légers parés de broderies colorées. Sur les robes et chapeaux portés aux courses de Chantilly, il sort définitivement grand gagnant.

Le blanc est également coordonné au noir afin de procurer de formidables effets graphiques comme pour des accessoires ou pour des manteaux. Sur certains modèles, il procure l’illusion de porter un ensemble jupe et veste.

Grâce au procédé de l’autochrome, il est enfin possible de saisir les infinies nuances de blanc. Celle-ci restant la couleur la plus difficile à reconstituer, la synthèse de l’addition des trois couleurs primaires soit le cyan, le magenta et le jaune, doit être parfaite.

Le mauve

Les premiers colorants synthétiques apparaissent vers les années 1860, ce qui donne lieux à une nouvelle palette de violet, de pourpre, de lilas et de mauve. Et, c’est l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, qui donne le ton à cette romantique couleur, car le mauve s’accorde à merveille avec la couleur de ses yeux.

L’engouement pour cette couleur est tel que lorsque pour le bal de l’Opéra de juin 1921, orchestré par la princesse Murat et sous la direction artistique de Paul Poiret qui signe les décors et les costumes, la presse en fait grand bruit. Celle-ci affirme que dorénavant toutes les nuances de violet sont à la mode.

À partir de l’été 1921 et ce, jusqu’à l’été 1923, on retrouve sur les robes et accessoires féminins plusieurs déclinaisons de mauve comme le parme, la lavande, le lilas et le cyclamen. Cette section de l’exposition est d’ailleurs tout en douceur et en féminité.

Le rouge

À cette époque, le rouge se décline en plusieurs nuances telles que le rouge chaud ou bien le rouge vermillon qui sont les préférés.

En ce sens, le rouge pur étant jugé trop éclatant, on lui préfère également des teintes beaucoup plus douces comme le physalis ou la mandarine dont la nuance semble délayée dans l’or.

La nuance de ces teintes est dès lors rendue à travers les autochromes. Elle est rehaussée d’incrustations noires sur par exemple les tailleurs ou les manteaux en lainage. Elle se veut de plus monochrome pour les chapeaux décorés de plumes et de fines mousselines.

Ce rouge nuancé se déploie également sur les robes du soir. Enrichie de broderies et pierres précieuses, puis associé à l’or et aux fourrures, cette couleur procure une allure des plus glamours.

La combinaison de couleurs afin de procurer de riches imprimés

Les imprimés gagnent en popularité à cette époque et les plus audacieux sont réservés aux tenues d’intérieur comme les pyjamas ou bien les longues robes.

Ces imprimés se retrouvent également sur les blouses qui coordonnées au jupes unies procurent un contraste éclatant. Les robes d’été en foulard au tissu frais et léger se parent aussi de leurs plus beaux imprimés.

Les plaques autochromes démontrent bien toute la fantaisie et l’originalité des imprimés à la mode. Les modèles fabriqués en crêpe de soie ou en voiles de coton arborant de larges motifs se démarquent alors par leurs modernismes et leurs vifs coloris.

Bref, une superbe exposition à découvrir au Palais Galliera de Paris jusqu’au 15 mars 2024.

Photographies : travail personnel et François Berthiaume, Palais Galliera, Paris, 23 septembre 2023.

Source recherche : scénographie de l’exposition et Wikipédia, l’encyclopédie libre.

Catalogue de l’exposition :

Auteur : collectif, Les couleurs de la mode. Autochromes du Salon du goût français, 1921-1923, Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris, Éditions Paris Musées, 160 pages.