Native de la belle ville de Québec et passionnée par l'art et la mode depuis toujours, elle a oeuvré de près ou de loin à Montréal depuis plus de 30 ans dans le domaine de la mode. De retour à Québec, elle poursuit cette passion rédactionnelle pour l'art et la mode.
Détentrice notamment d'un certificat en gestion du marketing de l'ESG-UQAM, d'un baccalauréat en commercialisation de la mode de l'ESMM et d'un DEC au Collège LaSalle, elle possède une expérience de travail bien diversifiée.
Elle a travaillé en industrie de la mode plusieurs années dans les départements de design et de commercialisation de la mode pour des entreprises spécialisées dans les domaines de la lingerie, du sportwear et des vêtements pour enfants.
Elle cumule aujourd'hui plus de 10 ans d'expérience au Collège LaSalle en tant que formatrice en ligne. Elle a de plus collaboré au Journal Métro en tant que rédactrice pour les cahiers modes et spéciaux. Elle est également l'auteure du cours de niveau collégial : Analyse des facteurs influents du marché de la mode.
Passionnée par la rédaction, elle tente aujourd'hui, par ses propos et en tant que leitmotiv, de promouvoir la mode québécoise et canadienne à son meilleur. Elle contribue ainsi, à sa façon, à apporter ce grain de sable bien modeste qui peut servir à faire évoluer ce domaine rempli de défis!
Maintenant à Québec, la comédie musicale Don Juan, La tournée 20e anniversaire, a de quoi séduire. Et mercredi 28 août 2024, c’était soir de première au Grand Théâtre de Québec et quelle formidable soirée passée à être envoûtée par cette impressionnante comédie musicale !
Il était une fois à Séville
En 1616, Tirso de Molina, un des grands auteurs du théâtre de l’âge d’or espagnol, crée le personnage de Don Juan pour la pièce de théâtre Burlador de Sevilla. Félix Gray, auteur-compositeur-interprète français, imagine à son tour, un Don Juan des temps modernes quelque peu différent.
Don Juan, un personnage fictif du XVIIe siècle
Mis en scène intelligemment par Gilles Maheu en 2004, la version québécoise de Don Juan séduit littéralement. L’immense talent des comédiens, chanteurs et danseurs sur scène, les effets sonores, les décors et l’éclairage nous transportent dans ce monde imaginaire où Don Juan qui ne connaît ni l’amour, ni la pitié, ni le regret, ni même le respect voit, une certaine nuit, son destin changer à tout jamais…
Les beaux costumes
Difficile de passer sous silence le concept des costumes imaginés avec brio par Georges Lévesque et Michèle Hamel à l’époque. L’histoire de la comédie musicale se déroule au XVIIe siècle en Espagne et la riche recherche historique procure justesse à l’ensemble de la garde-robe tant pour la lecture de la culture espagnole que pour la créativité des modèles qui s’en dégage.
À propos de Georges Lévesque – 1951-2011
Personnalité bien connue du milieu de la mode à Montréal, il est comédien et danseur, puis il devient par la suite créateur de mode. Il ouvre, sur la rue Saint-Denis, une boutique en compagnie de la designer de costumes Michèle Hamel, nommée Pur Hasard. Suite à la rupture de cette association, il s’associe cette fois-ci avec sa compagne de l’époque Marie-Josée Gagnon qui est propriétaire de la friperie Scandale. Graduellement, les créations signées Georges Lévesque pour Scandale remplacent la marchandise de seconde main.
Les robes de Lévesque, d’inspiration gitane, en font sa renommée. Son style vestimentaire est coloré, chargé de multiples patchworks et de découpes. L’intéressant métissage et la diversité culturelle qui se dégagent de ses modèles procurent des pièces uniques en leur genre.
Bref, la comédie musicale Don Juan est définitivement à voir jusqu’au 7 septembre 2024 à Québec afin d’être littéralement envoûté par ce Don Juan des temps modernes !
Photographies : François Berthiaume, 28 août 2024, Grand Théâtre de Québec. Invitation médiatique, Julie Morin, Comm’julie
Le 22 août 2024 débutait à la Place des Festivals de Montréal la 24e édition du M.A.D. Festival. Et, quelle incroyable soirée passée à admirer les créations de neuf designers québécois de grands talents !
Cette grande soirée mode a débuté en beauté avec la présentation du collectif de Fashion Preview qui célébrait cette année ses 10 ans de succès et quels mémorables moments passés à admirer les superbes créations des quatre créateurs présents.
Cette belle soirée mode s’est poursuivie avec la présentation du défilé de Jason Baerg
Et, c’est un gros coup de cœur perso pour ce défilé de mode, quelle belle prestation visuelle et sonore !
La beauté des modèles présentés, les vives couleurs, les styles, les motifs, les coupes des vêtements inspiraient tout des riches origines autochtones de Jason Baerg.
Autre défilé qui retenait l’attention était celui de Guillaum Chaigne.
Chaque décennie fournie son enfant terrible de la mode et celle-ci est représentative du travail songé de Guillaum Chaigne.
Le défilé présenté fleurtait avec des styles issus du mouvement punk, de l’intéressant style gothique et toujours ce streetwear qui est à l’honneur dont les modèles sont bien souvent de couleur noire.
Les robes longues et courtes que crée Chaigne sont également magnifiques et elles font parties de mes coups de cœur de la soirée.
Fallow the pink rabbit
Florence Lachapelle présentait à son tour sa magnifique collection intitulée : Fallow the pink rabbit et cette collection a également été un autre coup de cœur de la soirée !
Le travail technique de la créatrice est impressionnant et souvent complexe. Les modèles de cette collection sont féminins et très originaux. Les rubans placés à des endroits inusités du vêtement inspirent surprise et joie.
L’influence western à son meilleur
Le défilé de mode ultra-sexy qu’a présenté Catherine Elizabeth Préfontaine designer de Maison Préfontaine lors du festival était époustouflant à regarder.
La chorégraphie était fort dynamique, les mouvements de danse totalement synchronisés entre eux et la musique qui l’accompagnait percutante, wow !
Toute une performance artistique qu’a offerte Catherine Elizabeth Préfontaine aux nombreux festivaliers venus assister à cet incroyable défilé de mode d’influence western.
Se dire oui pour la vie
Le dernier défilé de mode à être présenté et non le moindre était celui d’AG Laro designer de Les Aguicheuses afin de clore la soirée. Magnifique défilé de mode de robes de mariées à faire rêver toutes plus somptueuses les unes que les autres.
La présentation de ce défilé était agréablement accompagnée d’une violoniste et d’une chanteuse d’opéra qui ont notamment interprété la célèbre chanson l’Hymne à l’amour qui est d’ailleurs LA chanson souvent choisie le jour du mariage.
Bref, une grande soirée mode comme on les aime remplies de moments fort et de grandes émotions !
Photographies François Berthiaume, Place des Festivals, Montréal, 22 août 2024.
Un bel album photos est également en ligne sous ce lien :
Dans le cadre du M.A.D. Festival, Emanuela Lolli, fondatrice de Fashion Preview, la semaine de mode des créateurs de Montréal, présentait jeudi 22 août 2024 un remarquable défilé de mode collectif afin de célébrer ses 10 ans de succès.
Défilé qui proposait ainsi les magnifiques collections des créateurs de mode Helmer Joseph, Wiwa Blue, Alliez Studio et LAKUACHIMOTO. Et, quels beaux moments passés à admirer leurs superbes créations !
L’art de toujours surprendre avec Helmer Joseph
Ce collectif a débuté avec le défilé de mode présenté par Helmer Joseph qui bien sûr était de toute beauté et des plus mémorables. De plus, gros coup de cœur perso pour cette blouse masculine, féminine ? De toute beauté !
Wiwa Blue voit la vie en rose et l’amour est au rendez-vous
La présentation du collectif de Fashion Preview s’est poursuivi avec le défilé de mode de Wiwa Blue. Designer chez qui la créativité, le sens de l’humour et l’audace marquent souvent les lignes directrices de ses collections.
Lors de la présentation de celle-ci, l’amour était à l’honneur. Et, cet amour était bien palpable par les milliers de cœurs insérés un peu partout dans sa collection. J’ai bien aimé le sens de l’humour de Wiwa Blue pour l’ensemble de sa présentation !
Le denim vu sous l’œil créatif d’Alliez Studios
Par la suite, Étienne Lévi créateur d’Alliez studios a présenté un intéressant défilé de mode où notamment le denim était exploité d’une façon fort intéressante. Beaucoup de créativité et de savoir-faire dans le travail de Lévi.
J’ai bien aimé les sources d’inspiration du créateur de mode qui sont basées bien souvent sur les contes, les légendes et la mythologie, car Étienne Lévi aime raconter des histoires.
LACUACHIMOTO, c’est la jeunesse, la modernité et la douce folie insouciante
Le dernier défilé de mode et non le moindre à être présenté ce soir-là par Fashion Preview était celui de LAKUACHIMOTO. Défilé où la diversité des styles inspiraient jeunesse, modernité et douce folie insouciante.
Et, j’ai particulièrement aimé ce superbe pantalon de denim d’allure patchwork tout à fait dans l’air du temps, wow !
Bref, un mémorable défilé de mode collectif où Audace, Savoir-Faire et Créativité étaient au rendez-vous, Bravo Fashion Preview d’être aussi fabuleux !
Photographies François Berthiaume, Quartier des spectacles, Montréal, M.A.D. Festival, 22 août 2024.
Lors du M.A.D. Festival et dans le cadre de la présentation du défilé de mode collectif de Fashion Preview, Helmer Joseph présentait jeudi soir 22 août 2024 sa superbe collection dont le titre plutôt surprenant et bien assumé était : le bouillon de 11 heures, les âmes s’apprêtent pour l’enfer ou le paradis.
Collection inspirée de cette ancienne expression haïtienne qui venait de l’habitude des Frères de la Charité de donner à cette heure, 11 h 00, un bouillon aux condamnés à mort pendant leur garde.
Et, les dix modèles présentés, tirés de nouvelles collections et de collections d’archives de Joseph, étaient tout simplement magnifiques. Par ce passage entre le paradis espéré et l’enfer tant redouté, la mode s’exprime sous l’œil aiguisé du créateur.
C’est ainsi que quelques techniques de haute couture apprissent en Europe et de prêt-à-porter ainsi que l’utilisation de matières nobles telles que le coton procurent à cette collection beauté, originalité et immense savoir-faire.
On aimerait toutes et tous, l’avoir comme amie, elle est intelligente, comique comme pas une, flamboyante et elle était en conférence au Festival M.A.D., Mode, Art & Divertissement de cette année. Marylin Fitoussi, styliste et costumière derrière la série culte Emily in Paris nous a fait l’honneur de sa visite à Montréal mercredi 21 août 2024, et quelle formidable soirée passée en sa compagnie !
Et, qui de mieux placé pour interviewer cette star du costume ? Peggy Frey, star du journalisme des semaines de mode et bien connue pour ses célèbres bisous aux plus grands de la mode comme Anna Wintour ou bien Karl Lagerfeld, a mené cet entretien en main de maître.
L’entretien débute d’ailleurs rapidement par plusieurs questions posées en rafale concernant la vie, le parcours professionnel et le travail au quotidien de la costumière.
Parlons auparavant de la télésérie
Emily in Paris est une série télévisée qui compte quatre saisons et qui a été créée par le réalisateur américain Darren Star. Elle est diffusée depuis décembre 2021 via la plateforme Netflix.
Le personnage principal de cette série, Emily Jane Cooper interprétée par Lilly Collins, est une Américaine et elle est originaire de Chicago. Elle accepte un jour un nouveau défi professionnel, dans le domaine du marketing, et part vivre à Paris. La société pour laquelle elle œuvre vient d’acquérir Savoir. Une agence qui est basée en France et qui désire apporter une vision américaine novatrice afin de redorer son image de marque.
Or, pour Emily Cooper s’adapter à la vie parisienne, son nouveau travail, ses amours, ses amis et le mode de vie à l’européenne, ne sera pas chose facile et elle vit alors un immense choc culturel. Elle devra donc s’adapter à cette nouvelle réalité et composer avec les clichés qui y sont rattachés.
Le peu de respect que porte cette nouvelle venue pour la conception du chic parisien l’amène à mélanger effrontément styles, motifs et couleurs de façon très bigarrée. Et, à cette façon de se vêtir, Marylin Fitoussi admet, en souriant, qu’il y a un peu d’elle-même cachée derrière ce personnage.
Jeune adulte, elle fréquente les boîtes de nuit parisiennes telle que la célèbre Les Bains Douches puis d’une rencontre à une autre s’intéresse aux tenues vestimentaires que portent les gens. C’est de cette façon qu’elle infiltre graduellement le milieu du jet-set parisien. Un jour, une costumière intéressée par sa personnalité, la prend alors sous son aile et c’est ainsi que débute son apprentissage dans le domaine du costume.
En 1997, aux Philippines, elle décroche un contrat de designer de costume cinématographique pour le film Birds of Passage des Films du Triangle. Citoyenne du monde, elle œuvre par la suite dans plusieurs endroits du globe dont notamment le Mexique, la Belgique, les États-Unis, le Panama et le Maroc.
La carrière
Marylin Fitoussi adore briser les codes établis et, en 2019, elle réalise les costumes du film Kaamelott qui se déroule au moyen Âge. Or, elle se demande, tout en réfléchissant, mais quels sont les textiles ou bien les matières premières que l’on ne retrouve pas à cette époque. Les paillettes et la fausse fourrure ! s’exclame-t-elle. De là, lui vient l’idée de vêtir une armée complète de petits soldats, 100 personnages, en costumes de paillettes et de fausse fourrure.
Devenir designer de costume pour une série telle qu’Emily in Paris signifie être LA bonne personne, au bon moment. Et, oui, malgré ses plus de 20 ans de carrière à l’époque, elle passe tout de même une audition pour avoir le job. Par la suite, Daren Star la contacte et démontre son intérêt envers son profil et le type de costume qu’il désire voir créer pour la série.
L’habit fait le personnage
Les vêtements et les accessoires sélectionnés pour la série proviennent en partie de créateurs établis tels que Louboutin, Kenzo ou bien Chanel. Ils proviennent également des créations des jeunes designers de mode, des friperies, des modèles vintage et de la fast fashion.
Et, pour 100 costumes sélectionnés, 30 d’entre eux seront retenus. Il en va de même pour les chaussures, lors d’un seul essayage de chaussures, 300 paires sont alors proposées explique la costumière.
Fait intéressant, chaque acteur bénéficie d’un double de son personnage pour l’essayage des costumes afin de vérifier le confort du vêtement durant le tournage, la souplesse des mouvements et l’ajustement de ceux-ci. Dialoguer avec l’acteur devient dans ce cas primordial explique Marylin Fitoussi.
Forte de ses 27 ans de carrière, elle clame haut et fort qu’elle vend du rêve à travers les costumes qu’elle crée pour la série. Le style extravagant d’Emily Cooper, c’est un message de liberté, habillez-vous comme vous voulez, libérez-vous de vos carcans, des diktats de la mode !
J’aime le vêtement et non la mode, une pièce intemporelle, c’est ce qui fait qu’une pièce devient iconique affirme Marylin Fitoussi.
S’inspirer pour créer
La costumière s’inspire des gens qui gravitent autour d’elle pour créer, elle aime les observer. Elle se passionne pour la recherche documentaire. Le parallèle se trace donc aisément avec le grand Karl Lagerfeld qui épluchait jour après jour plusieurs magazines et livres afin de recréer l’allure Chanel s’inscrivant dans chaque époque dans laquelle il travaillait et ce, tout en respectant les codes stylistiques bien établis de la maison de couture.
Bref, une conférence des plus enrichissantes et c’est définitivement un gros coup de cœur perso pour cette personne d’exception, sa vision de la mode et son sens inné de la répartie !
Merci infiniment Chantal Durivage, cofondatrice du festival, d’avoir permis cette grande rencontre à Montréal afin de mettre à l’avant scène Marylin Fitoussi dans le cadre des Conférences du Festival M.A.D.
Photographies, travail personnel, ÉDIFICE WILDER – Espace danse, Montréal, 21 août 2024.
Visiter le Musée Ferragamo en juin 2024, c’était en apprendre davantage sur l’histoire de cette grande entreprise de chaussures italiennes, découvrir la vie de son fondateur Salvatore Ferragamo et apprécier ses incroyables créations. Et, si tout comme moi, vous êtes une fan finie de chaussures, la visite de ce musée vous parlera très certainement.
Ouvert en mai 1995 grâce à la volonté de la famille Ferragamo afin de rendre hommage à la créativité de ce prolifique designer de chaussures, ce musée, qui est situé au sous-sol du Palais médiéval Spini Feroni à Florence et qui est le siège social de l’entreprise, contient 10 000 modèles de chaussures créées par Salvatore Ferragamo entre 1920 et 1960, année de son décès.
Lors de la visite de ce fabuleux musée l’on peut découvrir, mis à part les magnifiques chaussures exposées, des courts-métrages, des documents de presse, des affiches publicitaires, des vêtements et des accessoires datant de 1950 jusqu’à aujourd’hui.
Suede and Kidskin sandal with wedge heel in covered cork, 1938.Kimo, silk satin with socklet, 1951. Claretta, synthetic raffia (pontova) and kidskin, 1955.
Séparé en neuf salles distinctes, ce musée permet la synthèse d’une rétrospective de l’œuvre artistique de Salvatore Ferragamo, de sa vie et du rôle qu’occupe ce musée d’entreprise par le biais de la pratique muséale qui y est associée.
Calfskin and kidskin pump, 1957.
À partir de 2006, afin de rendre la visite de ce musée plus dynamique, il a été décidé de choisir chaque année un thème de recherche différent afin d’explorer l’univers Ferragamo de façon transversale et ce, en le combinant avec d’autres formes d’art telles que l’architecture, le design ou bien l’histoire économique, sociale ou philosophique de l’entreprise. Or, la scénographie de ce musée se renouvelle constamment et ses thématiques changent au fil du temps.
C’est donc dans ce contexte que certaines salles du musée ont retenu particulièrement mon attention comme la première où, par de nombreuses photographies, croquis, chaussures, coupures de presse, catalogues et autres documentations, nous découvrons de façon chronologique de 1898-1960 l’histoire de la vie et de la carrière de ce grand designer de chaussures.
La matière première
Une des sources d’inspiration d’un créateur de mode est le tissu et pour ce qui est d’un designer de chaussures, le matériau utilisé est bien souvent le cuir. Or, Salvatore Ferragamo aimait explorer différentes avenues et en l’occurrence diverses matières premières, bien souvent inhabituelles comme de la peau de poisson, le gros grain, le raphia ou bien la cellophane qu’il manipulait avec ingéniosité. Et, j’ai adoré visiter cette section du musée !
Raffia and kidskin sandal, 1955.
Par ces diverses utilisations, Ferragamo démontre que ces matériaux peuvent être valorisés et peuvent avoir aussi leur raison d’être dans le mode de vie contemporain.
L’utilisation de ces matériaux était d’ailleurs pour l’époque un processus de création innovant, car ces chaussures inspiraient une allure mode qui était complètement à l’opposé des tendances du moment.
Durant la Seconde Guerre mondiale, Salvatore Ferragamo ose travailler avec des matériaux plutôt mal aimé comme le bois laqué, le feutre, la dentelle ou bien la résine synthétique. Lorsque la guerre se termine en 1945, il poursuit l’utilisation de ces matériaux avec cette fois-ci la vinylite et le fil de nylon. Il va même jusqu’à travailler avec l’or pur.
Le chic Hollywood Boot Shop
Autre section du musée qui retient l’attention est celle dédiée à ce magasin qu’achète Salvatore Ferragamo en 1923 et qui est situé sur le Hollywood Boulevard en Californie afin d’en faire un lieu de magasinage qui s’inspire de son pays d’origine.
De style Néo Renaissance, aux colonnes classiques bien visibles, cet endroit procure ainsi une ambiance intime à l’européenne qui plaît dès lors à la clientèle fortunée d’Hollywood.
Cette boutique prisée devient graduellement L’ENDROIT de référence par excellence afin de chausser les célébrités telles que Pola Negri, Mary Pickford, Joan Crawford, Rudolph Valentino, mais également les danseurs professionnels, les directeurs artistiques et les producteurs de films d’Hollywood.
Kidskin shoe with eastern-style toe, 1924 – Calfskin shoe with eastern-style, 1923.Scene from the movie The Thief of Bagdad, 1924.
La bibliothèque de Salvatore Ferragamo
Autre section fascinante du musée est celle de sa bibliothèque. S’intéressant autant à la science qu’aux phénomènes métaphysiques, Salvatore Ferragamo puise ses sources d’inspiration pour créer de son apprentissage singulier et de sa vision du monde qui l’entoure.
Les brevets d’invention de Salvatore Ferragamo
Ferragamo conçoit le design de la chaussure telle que le fait un designer industriel. Autant, il dessine des modèles fabriqués exclusivement à la main, autant il pense à la fabrication en série et en ce sens, il a produit 368 brevets enregistrés. Ses dessins techniques démontrent également d’intéressantes vues de perspective axonométrique de la chaussure.
Certains de ces modèles créés dans les années 30 ont révolutionné la façon de dessiner des chaussures comme les sandales, à talons compensés en liège, créées en 1937. La hauteur du talon de cette sandale procure ainsi, pour l’arche du pied, un support beaucoup plus stable.
Vers une nouvelle renaissance
Cette section du musée qui est la 8e salle de l’exposition est éclatante et elle permet d’admirer les scintillantes chaussures que Ferragamo a dessinées au fil du temps.
Le bagage de connaissances et le savoir-faire italien de Salvatore Ferragamo combinés aux années de formation en Californie, amènent le designer à s’inspirer des beaux paysages méditerranéens qu’il admire pour créer.
Kidskin sandal with platform and layered wedge heel in covered cork, 1942.
C’est ainsi que les bleus vifs, les verts émeraudes, et comme dans cette section du musée, les variations de tons dorées, les nombreuses déclinaisons argentées et le rouge vif, sa couleur fétiche qui symbolise la vie et l’énergie, procurent glamour et modernité aux chaussures dessinées.
Poppea kidskin and pvc with shaped wedge heel in covered, 1959 – Kidskin sandal with layered wedge heel in covered cork, 1947.
Ferragamo combine astucieusement le blanc et le noir de façon géométrique pour designer. D’inspiration cubiste, d’autres formes se coordonnent entre elles, comme par magie, afin de créer des chaussures des plus modernes. Le maître joue également avec les effets d’optiques afin de dessiner des modèles tous plus surprenants les uns que les autres.
L’art de chausser les célébrités du monde entier
La dernière partie du musée à visiter et non la moindre nous fait découvrir un monde de rêve à travers les nombreuses stars d’Hollywood que le designer a chaussé au fil des ans.
Kidskin pump, 1956.
Salvatore Ferragamo créa des chaussures non pas seulement pour les stars du cinéma, mais aussi pour les grands de ce monde, les aristocrates et le jet set international.
Marilyn Monroe on the set of the movie Bus Stop wearing Ferragamo shoes, 1956.
Des célébrités aux goûts précis
Dans l’autobiographie du maître, on y apprend que Gloria Swanson et Claudette Colbert préféraient les chaussures classiques. Marlene Dietrich quant à elle demandait des modèles dernier cri qu’elle portait au plus deux fois. La duchesse de Windsor, Wallis Simpson, commandait des chaussures deux tons pour l’été et celles de couleur unie pour l’hiver. Ingrid Bergman préférait les chaussures à talons plats et Eva Perón désirait des chaussures créées en peaux de cuir exotiques de son pays natal l’Argentine.
Actress Audrey Hepburn with Salvatore Ferragamo at Palazzo Spini Feroni, 1954.
Les Cendrions, Vénus et Aristocrates de Ferragamo
L’imagination de Ferragamo est fertile et il visualise les femmes, ses muses, telles que de somptueuses divinités.
La femme Cendrillon porte des chaussures dont la pointure est inférieure à un six. Celle-ci est féminine, elle adore les bijoux et la fourrure. Elle n’est totalement heureuse que lorsqu’elle est en amour.
La femme Vénus chausse des six. Elle est très belle, elle est glamour et sophistiquée à la fois et malgré les apparences, elle aime les choses simples de la vie. Or, cette contradiction a pour effet qu’elle est souvent incomprise par son entourage qui la perçoit plutôt comme une personne aimant uniquement le luxe et les frivolités.
La femme Aristocrate chausse une pointure de sept ou plus. Elle est sensible, voire même mélancolique. En revanche, elle possède le précieux don de l’empathie.
Bref, si vous êtes de passage par la belle ville de Florence durant votre séjour en Italie et vous aimez les chaussures tout comme moi, ce musée dédié à l’histoire de cette grande maison de chaussures vous parlera très certainement !
Photographies, travail personnel et François Berthiaume, Musée Salvatore Ferragamo, Florence, Italie, 17 juin 2024.
Milan est l’une des quatre grandes capitales de la mode au même titre que Paris, Londres et New York. Dans ces villes, de saisons en saisons se déroulent les semaines de la mode afin de présenter les collections de prêt-à-porter et de haute couture des créateurs de mode du monde entier.
Et, visiter Milan en juin 2024 signifiait notamment découvrir l’incroyable Armani/Silos, salle d’exposition permanente dédiée à la longue carrière du célèbre créateur de mode italienne Giorgio Armani qui a eu 90 ans le 11 juillet 2024.
En avril 2015, le créateur italien décide d’ouvrir au 40, via Bergognone à Milan cet espace muséal en hommage à ses 40 ans de carrière. Cette riche collection permanente comprend environ 200 tenues et 200 accessoires, tous tirés de ses fabuleuses collections de prêt-à-porter créées au fil des ans.
Armani/Silos est situé dans un bâtiment qui a été construit en 1950 et celui-ci servait justement de silo à grains. Cet espace muséal couvre une superficie d’environ 4 500 m² et il est réparti sur quatre étages. L’ambiance des lieux procure une allure industrielle et moderne à la fois. Sa beauté architecturale froide inspire un lieu qui est tout à fait hors du temps.
C’est ainsi que dans cet espace muséal est retracé le travail artistique du grand designer de mode italienne Giorgio Armani afin de présenter des créations de toutes beauté qui datent de 1980 jusqu’à de nos jours.
Au fil des années, de nombreux thèmes ont inspiré Giorgio Armani afin de dessiner ses collections telles que
Le style androgyne
Plusieurs designers de mode s’inspirent de cette dualité homme-femme pour créer et plusieurs célébrités arborent d’ailleurs ce style intemporel. L’on n’a qu’à penser à Annie Lennox, Sharon Stone, Grace Jones, feu David Bowie ou bien Tamy Glauser pour s’en convaincre.
Les tailleurs pour dames signés Giorgio Armani sont d’ailleurs remarquables et ont fait sa renommée. Bien structuré, de coupe impeccable insufflant confiance en soi et modernité, il procure élégance à toutes celles qui les portent.
Les sources d’inspiration d’un designer de mode sont nombreuses et variées et parmi celles-ci l’on retrouve les voyages qui procurent au créateur une immense boîte à idées afin d’imaginer des thèmes tous plus étonnants les uns que les autres.
Lors de la visite d’Armani/Silos, le style orientale est bien présent. Les motifs, les couleurs, les tissus et les broderies des modèles exposés inspirent rêverie, féminité et voyage dans des pays lointains où le dépaysement est assuré.
Collection Printemps/Été 1993.
Le glamour des stars d’Hollywood
Cette section du musée est la dernière et non la moindre à visiter, car lorsque l’on y entre, l’effet des lieux est tout à fait WOW !
S’inspirant de ces stars du cinéma hollywoodien bien connues, Giorgio Armani insuffle, par ses impressionnantes créations, luxure, glamour et soir de fête. La beauté des tissus choisis, leur scintillement, les riches broderies appliquées, les dentelles, le travail de perlage procurent à chaque modèle beauté et richesse.
Collection Printemps/Été 1997.
Afin de compléter ce riche corpus de la collection permanente, l’espace muséal accueil des expositions temporaires comme celle présentée jusqu’au 11 août 2024 intitulée
Cette impressionnante exposition de photographies de mode retrace presque 30 ans de collaboration artistiques entre les deux hommes. Et, sur deux étages sont présentés environ 250 photos qui ont été diffusées dans de prestigieux magazines de mode permettant ainsi une importante retombée médiatique.
Des archives numériques, une librairie et un charmant café complètent la visite de ce magnifique espace muséal.
Bref, si vous êtes de passage à Milan, Armani/Silos est définitivement à visiter afin d’être envoûté par cet univers de rêve !
Photographies, travail personnel et François Berthiaume, Armani/Silos, Milan, Italie, 13 juin 2024.
Sources recherches, documentation de la collection permanente.
Revivre 30 ans de costumes abracadabrants, c’est ce que met en lumière l’hallucinante exposition présentée au Centre d’art Diane-Dufresne de Repentigny jusqu’au 29 septembre 2024 intitulée Michel Robidas pour Julie Snyder – 30 ans de costumes fous.
La rencontre de ces deux êtres passionnés et passionnants remonte en 1994 à l’époque des éditions de la quotidienne télévisée L’Enfer c’est nous autres. Julie Snyder anime alors cette émission lorsqu’elle fait la connaissance de Michel Robidas qui est designer au département des costumes de Radio-Canada. Graduellement, une belle complicité se tisse entre les deux et naît une amitié profonde qui amènera le duo à imaginer, au fil des ans, des tenues télévisuelles extravagantes toutes plus surprenantes les unes que les autres.
Julie Snyder et Michel Robidas en 1998.
Et, c’est ainsi que depuis 30 ans, le designer Michel Robidas crée des costumes uniques en leur genre pour la pétillante Julie Snyder. Tous deux imaginent des concepts des plus audacieux que le costumier réalise ensuite afin de surprendre l’auditoire des différentes émissions de télévision qu’anime celle pour qui l’audace n’a aucune limite.
Parmi ces émissions, on se souviendra :
de 2020 à 2023, La semaine des 4 Julie – talk-show quotidien présenté à Noovo ;
de 2007 à 2017, Le Banquier – Jeu télévisé présenté à TVA ;
en 2000, Du lundi au vendredi, c’est Julie – talk-show quotidien présenté à TVA et sur France 2 ;
en 1999, Vendredi, c’est Julie – talk-show présenté à TVA et sur France 1 ;
de 1997 à 2000, Le Point J – talk-show quotidien présenté à TVA ; et
1992 à 1996, L’Enfer c’est nous autres – magazine culturel présenté à Radio-Canada.
Lors de la visite de cette ludique exposition l’on peut découvrir le fil conducteur qui unit le costumier et sa muse à travers l’impressionnant corpus de celle-ci qui comprend trente croquis réalisés entre 1994 et 2024, vingt robes costumes toutes plus extravagantes les unes que les autres, de nombreuses coupures de journaux ainsi que deux vidéos qui viennent bonifier le riche visuel de l’exposition.
Robe de plage, Du lundi au vendredi, c’est Julie. Textile et matériaux mixte. Collection Michel Robidas. Robe printemps en fleurs, 2000. Du lundi au vendredi, c’est Julie. Textile et matériaux mixtes. Collection Michel Robidas.
Lors du visionnement de l’une de ces vidéos, Michel Robidas explique avec conviction que pour porter les costumes qu’il crée, qui sont souvent assez lourds et volumineux, ce choix assumé demande une personnalité quand même assez forte comme celle de Diane Dufresne ou bien celle de Julie Snyder, car à défaut de quoi, ce costume peut aisément détruire au lieu de servir celle qui le porte.
Visiter également cette ludique exposition, pour quiconque connaît moindrement la coupe à plat, le toilisme à savoir la technique de moulage en couture, et la confection de vêtements signifie apprécier l’immense talent et le grand savoir-faire technique de Michel Robidas tant pour la complexité des costumes qu’il crée que pour l’incroyable travail manuel que demande chaque pièce réalisée.
Robe maison hantée, halloween 2022, La semaine des 4 Julie. Textile et matériaux mixtes. Collection Michel Robidas. Robe Poisson. 2000-2020, Du lundi au vendredi, c’est Julie et La semaine des 4 Julie. Textile et matériaux mixtes. Collection Julie Snyder.
Bref, une belle exposition qui est définitivement à voir cet été jusqu’au 29 septembre prochain afin d’être émerveillé et transporté dans cet univers éclaté soutenu admirable bien par Julie Snyder et Michel Robidas.
Robe Poussin, 2000. Du lundi au vendredi, c’est Julie. Textile et matériaux mixtes. Collection Michel Robidas.
Photographies, travail personnel et François Berthiaume, Centre d’art Diane-Dufresne, Repentigny, 5 juillet 2024.
Sources recherches, documentation de l’exposition.
Mercredi 29 mai 2024, c’était soir de fête chez Mercedes-Benz de Québec grâce à la tenue de l’événement de l’Espace Boutique Prêt-à-REporter dont sa fondatrice Magaly Lamarre célèbre cette année les 10 ans d’existence de sa boutique dédiée au mouvement slow fashion. Et, plusieurs belles fashionistas et clientes emballées par cette prometteuse soirée mode s’étaient d’ailleurs donné rendez-vous à cet endroit.
Séance de coiffure et de maquillage !Cocktail de bienvenueAmbiance des lieux juste avant le défilé de mode
Le mouvement slow fashion
Ce mouvement est apparu en Europe durant la décennie 90 et s’oppose vivement au fast fashion. Fondamentalement, il préconise la fabrication de produits qui est respectueuse de l’environnement en regard du développement durable, des animaux et des personnes qui travaillent sur la fabrication de vêtements en série.
De base, celui-ci implique des artisans locaux et l’utilisation de matériaux respectueux de l’environnement dans le but de favoriser l’artisanat local et l’environnement afin de fournir une plus-value aux consommateurs et aux producteurs. La philosophie de création des designers québécois va d’ailleurs en ce sens.
À cette philosophie s’ajoute l’achat de vêtements vintage, de seconde main et les friperies en sont de bons exemples afin de donner une deuxième vie à des vêtements déjà fabriqués et portés dans le but de trouver des solutions à une mode plus éco-responsable et durable. Bien souvent ce type de vêtement est classique, intemporel et de qualité supérieure. L’Espace Boutique de Magaly Lamarre en est un bon exemple.
L’Espace Boutique Prêt-à-REporter est précurseur du slow fashion de type seconde main, à Québec. Depuis 2014, sa fondatrice Magaly Lamarre offre avec fierté des trésors griffés pour dames de moyen et haut de gamme dans des marques telles que Kate Space, Ted Baker, BCBG, Marciano, Burberry, Marc Jacobs, Coach, Michael Kors et encore plus. À cette belle offre commerciale viennent s’ajouter des griffes de créateurs internationaux comme YSL, Gucci, Louis Vuitton, Prada, Chloé et même Chanel.
Les items modes qui ont été présentés lors de ce défilé ont d’ailleurs été mis en vente à l’Espace Boutique Prêt-à-REporter jeudi dernier.
« À la boutique, l’inventaire de seconde main griffé, très actuel et au goût du jour, offre la qualité, l’originalité et l’unicité par l’entremise de chacun des trésors impeccables que j’ai dénichés, précise la femme d’affaires aguerrie ».
Et, ce soir-là, je lui ai demandé, la clientèle de Prêt-à-REporter, à quoi ressemble-t-elle ?
« Elle est majoritairement féminine, puis au niveau de l’âge, c’est difficile de mettre un âge précis, mais il y a plus de récurrence entre les 35 et 55 ans. Ce sont des jeunes femmes d’affaires professionnelles et des mères de famille qui cherchent l’amour d’un trésor griffé ».
Et, la notion de slow fashion, quel regard porte votre clientèle sur ce mouvement ?
« Oui, il y a ce côté écologique et depuis la pandémie, il y a eu sensibilisation sur notre consommation de vêtements qui est beaucoup trop élevée. Lorsque tous les commerces étaient fermés, on pouvait subvenir à nos besoins avec ce que l’on avait déjà, donc il y avait surconsommation, puis il y a le côté économique, les gens désirent avoir de belles pièces, d’une belle qualité, une belle confection et de belles matières. Et, bien là, ils ont la possibilité de l’avoir à un prix accessible ».
Et, d’où proviennent les belles marques que vous avez en boutique ?
« Elles viennent à moi tout simplement. En fait, dans les deux dernières années, je me suis fait beaucoup connaître puis aussi par le bouche-à-oreille, ce qui fait en sorte que l’inventaire n’arrête pas de grossir et de varier. Par exemple, les clientes qui donnent en consigne une première fois vont le faire une deuxième et une troisième fois donc une belle récurrence à ce niveau-là. Et, ces mêmes clientes vont venir acheter aussi par la suite, donc c’est vraiment intéressant ».
« Je désire aller chercher des marques qui sont différentes de celles que l’on retrouve dans les centres commerciaux dans le moyen et haut de gamme et non pas dans le fast fashion. Oui, j’offre des marques européennes, des marques américaines et même des griffes québécoises de seconde main qui, elles, sont en demande. Alors, je désire me démarquer à ce niveau-là et non pas aller piger dans les marques vues ailleurs qui sont plus connues précise d’emblée Magaly Lamarre ».
Allocution de Magaly Lamarre
À propos de Magaly Lamarre
Forte d’un DEC en commercialisation de la mode de l’École de mode du CNDF, d’un baccalauréat en gestion et design de la mode de l’École supérieure de mode de l’ESG UQAM à Montréal, d’une expérience en tant qu’acheteuse, conseillère à la vente et gestionnaire pour La Maison Simons, elle est également styliste vestimentaire depuis maintenant quatorze ans.
Bagage professionnel qui lui a permis d’offrir à l’époque où elle a débuté, le service de tri de garde-robe à domicile. Lors de ses ménages vestimentaires parfois surprenants, elle constate alors que certaines de ses clientes possèdent des vêtements griffés, des trésors comme elle les appellent.
Magaly Lamarre saisi donc l’occasion de lancer un concept de revente de vêtements, de seconde main, griffés en 2014. Grâce à la création de sa plateforme de revente en ligne, elle est fière d’affirmer qu’elle possède aujourd’hui le monopole de la mode de seconde main griffée à Québec et habille ainsi des centaines de fashionistas depuis maintenant 10 ans.
L’Espace Boutique Prêt-à-REporter est maintenant situé au 3075, boulevard Wilfrid-Hamel, suite 110 à Québec et propose des tenues de ville et de soirée, des accessoires modes dont notamment des sacs à main griffés pour dames allant du moyen de gamme au haut de gamme et ce, dans un état impeccable.
Bref, une inoubliable soirée passée en sa compagnie à apprécier les magnifiques tenues déjà portées et dont Magaly Lamarre se fait un point d’honneur de leur donner une seconde vie grâce à son Espace Boutique Prêt-à-REporter.
Finale du défilé de mode Remise de prix de présence
Photographies : François Berthiaume, Mercedes-Benz, Québec, 29 mai 2024.
Sources recherches :
Communiqué de presse, l’espace boutique Prêt-à-REporter célèbre 10 ans de durabilité et de style, 29 avril 2024. Brouillard Communication.
Wikipédia, l’encyclopédie libre, slow fashion et fast fashion.
Le 6 mai dernier était présenté sur MAtv Montréal le dernier épisode de la captivante série L’histoire de la mode – L’habit comme miroir de la société portant sur la décennie 2000. Épisode qui est dorénavant présenté en ligne et que malgré ce délai rédactionnel, je ne pouvais passer sous silence !
Jean-Claude Poitras dont le narratif est toujours à propos se souvient que le troisième millénaire débute de façon bien tragique avec l’attentat perpétré contre le World Trade Center de New York en septembre 2001. En 2008, Barack Obama est le premier homme métis à être nommé président des États-Unis. Sa femme Michelle, en tant que première dame, influencera la mode tout comme Jacqueline Kennedy le fait à son époque.
Cette décennie est empreinte de nostalgie et de vision vers le futur. Les styles vestimentaires des années 60, 70 et 80 dominent le début de cette décennie. Suite aux attentats de 2001, l’on voit apparaître un peu partout des pantalons de style militaire à motifs de camouflage.
Lors de cet épisode, Geneviève Borne se souvient tout en souriant de cette époque où les femmes portent des débardeurs qui sont parfois luisants et très courts à la fois. Les pantalons quant à eux sont coupés au-dessous de la taille, laissant entrevoir le sous-vêtement. Le ventre est ainsi mis en évidence et l’allure féminine du moment est très sexy.
Stéphane Leduc nous rappelle aussi l’importance de l’activité physique dans notre mode de vie. La pratique de l’aérobie et du cyclisme avec Jane Fonda et Louis Garneau comme porte-étendards font en sorte que la mode en mouvement évolue à nouveau afin de voir apparaître dans la rue des vêtements d’aérobie, des leggings, des cuissards et des chaussures de sport qui se portent dorénavant pour la vie de tous les jours.
Stéphane Le Duc
Autre fait marquant de cette décennie est la mondialisation des marchés. Avec la levée graduelle des quotas à l’importation des marchandises venues de l’étranger entre 1995 et 2002 dans notamment le textile et le vêtement, l’achat de biens provenant de l’étranger est dorénavant facilité.
Dans ce nouveau portrait commercial où la vente de biens s’accentue également à l’étranger, de grandes bannières internationales comme Zara et H&M font leur entrée sur le marché canadien, ce qui a pour effet d’accroître la compétition locale et force ainsi nos entreprises à revoir leur stratégie de positionnement de produits sur ce nouveau marché.
Marie Saint Pierre
Marie Saint Pierre explique très bien d’ailleurs lors de cet épisode le fait qu’elle a dû revoir le positionnement de sa marque afin de choisir de conquérir le sélectif marché des vêtements de luxe.
Mariouche Gagné quant à elle soulève la problématique qu’engendre ce nouveau contexte économique à savoir l’imitation de produits. Seule à offrir sur le marché local sa célèbre tuque garnie d’un joli pompon de fourrure recyclée, il est désormais possible de retrouver une tuque similaire chez le compétiteur à moindre coût.
Durant cette période de grandes mutations, plusieurs usines de fabrication ferment leurs portes, car dorénavant il est plus avantageux de fabriquer en série un produit dans des pays tels que la Chine ou bien l’Inde où la main-d’œuvre locale est moins dispendieuse. En revanche, la R&D, le marketing, les métiers liés à l’organisation d’évènements et aux relations publiques se développent graduellement.
Des événements modes porteurs
De 2006 à 2013 est organisée par Chantal Durivage et Jean-François Daviau, co-fondateurs du Groupe Sensation Mode, la Semaine de Mode de Montréal qui permet aux créateurs de présenter biannuellement leurs magnifiques collections aux journalistes et acheteurs venus de partout.
Événement mode qui permet alors une incroyable visibilité pour les marques québécoises. Et, pour avoir couvert quelques SMM pour le Journal Métro, cet événement mode permettait également la découverte de marques émergentes.
Les créateurs aiment organiser des défilés de mode, comme le témoigne candidement Denis Gagnon lors de l’épisode, car ceux-ci permettent l’expression de soi autant par la présentation de leur collection que par l’organisation du défilé en lui-même qui est souvent théâtrale. Le créateur peut ainsi exprimer sa créativité et son audace à la fois. Les défilés de Gagnon sont d’ailleurs plus que mémorables.
Défilé de Denis Gagnon
Depuis 2001 est également présenté à Montréal le Festival Mode & Design, aujourd’hui devenu le M.A.D. Festival pour Mode, Art et Divertissement. Toujours orchestré par Chantal Durivage et Jean-François Daviau, car l’événementiel est leur tasse de thé dans la vie, ce festival extérieur permet de démocratiser la mode et de présenter des défilés de créateurs, de détaillants et de finissants des écoles de modes au grand public. La danse, la musique et différentes prestations artistiques sont ainsi mises à l’honneur et font de ce festival un événement grandiose à ne pas manquer à la fin du mois d’août de chaque année.
La mode s’invite au musée
Créations de Denis Gagnon
Toujours lors de cet épisode, Francine Vandelac nous parle avec enthousiasme de l’arrivée de la mode dans les musées. De nombreuses expositions sont alors présentées au fil des ans comme celle organisée au MBAM, en 2010, intitulée Denis Gagnons’expose afin d’honorer le travail du créateur. Plus tard, en 2017, l’exposition intitulée Mode Expo 67 sera présentée au Musée McCord, puis en 2021, l’exposition Parachute : Mode subversive des années 80 sera également présentée sous l’insistance bienveillante de Stéphane Leduc.
En 2022, est présenté sous le commissariat de Philippe Denis au Centre d’art Diane-Dufresne l’exposition Tricoté serré – parcours d’une vie entremaillée relatant le parcours unique de celle que l’on surnomme alors « la reine du tricot », Francine Vandelac.
Exposition de Francine Vandelac au Centre d’art Diane-Dufresne
Les années 2000 sont également marquées par le développement rapide des téléphones intelligents, de l’arrivée des réseaux sociaux dans nos vies et des premiers blogueurs permettant ainsi une plus grande diffusion de l’information. Possédant de 10 000 à plus de 1 million d’abonnés, ces nouveaux influenceurs présents sur Instagram dictent à nouveau l’air du temps.
Bref, une décennie marquée par de profondes mutations et une redéfinition de notre positionnement sur l’échiquier mondial de la mode qui permet aujourd’hui un retour du balancier. Les produits modes sont fabriqués localement en petites quantités et ce, destinés à un marché haut de gamme qu’il soit national ou bien international, ce qui en fait la fierté de nos créateurs dont le slogan est souvent fabriqué avec amour à Montréal.
Geneviève Borne et feu Zilon
Mention de sources images captées sur MAtv Montréal, 13 mai 2024.
Complément de sources recherches : Wikipédia, l’Encyclopédie Libre.