Native de la belle ville de Québec et passionnée par l'art et la mode depuis toujours, elle a oeuvré de près ou de loin à Montréal depuis plus de 30 ans dans le domaine de la mode. De retour à Québec, elle poursuit cette passion rédactionnelle pour l'art et la mode.
Détentrice notamment d'un certificat en gestion du marketing de l'ESG-UQAM, d'un baccalauréat en commercialisation de la mode de l'ESMM et d'un DEC au Collège LaSalle, elle possède une expérience de travail bien diversifiée.
Elle a travaillé en industrie de la mode plusieurs années dans les départements de design et de commercialisation de la mode pour des entreprises spécialisées dans les domaines de la lingerie, du sportwear et des vêtements pour enfants.
Elle cumule aujourd'hui plus de 10 ans d'expérience au Collège LaSalle en tant que formatrice en ligne. Elle a de plus collaboré au Journal Métro en tant que rédactrice pour les cahiers modes et spéciaux. Elle est également l'auteure du cours de niveau collégial : Analyse des facteurs influents du marché de la mode.
Passionnée par la rédaction, elle tente aujourd'hui, par ses propos et en tant que leitmotiv, de promouvoir la mode québécoise et canadienne à son meilleur. Elle contribue ainsi, à sa façon, à apporter ce grain de sable bien modeste qui peut servir à faire évoluer ce domaine rempli de défis!
Si vous êtes comme moi, il y a des designers de mode dont le travail vous parle énormément et c’est le cas d’Émilie Bouffard fondatrice, directrice artistique et teinturière textile d’Empreintes Vestiges.
Et, le 30 novembre 2024, dans le cadre de l’événement ON SHOW III X Lignes de Fuite, Émilie Bouffard, talentueuse designer, présentait son intéressante collection issue de son travail résultant du fruit du hasard. Lors de cet événement mode présentant le travail de designers émergents, cette collection a été mon coup de cœur de la soirée.
Celle qui se dépeint comme étant créatrice, cuisinière, plant whisperer, teinturière, photographe et cinéaste imprime de la couleur sur des textiles à partir de résidus organiques qu’elle trouve ici et là tels que des pelures d’oignon, des récoltes sauvages ou bien cultivées comme des pétales de rose, des tagètes, des feuilles de framboisier ou différentes plantes locales et le résultat est saisissant.
Cette bricoleuse passionnée se plaît à tacher des vêtements afin de vaincre l’appréhension de disparaître un jour tentant ainsi de laisser une empreinte bien personnelle dans les matières textiles qu’elle teint afin d’apporter un legs unique.
Pour Émile Bouffard, la revalorisation des vêtements de seconde main, par le biais du travail de la teinture naturelle et de la confection, s’insère dans un processus d’économie circulaire bien songé, mais à la fois dans une certaine forme de rébellion créative.
Le coup de cœur
Cet exercice de teinture naturelle de façon artisanale a pour effet de s’en remettre chaque fois au fruit du hasard, ce qui procure des résultats saisissants et mystérieux à l’abri de toutes attentes artistiques.
Et, j’aime cet effet vestimentaire de torsion de la matière, cet aspect froissé de celle-ci, cette créativité débordante un peu rébellion, cette nouvelle féminité parfois androgyne, cette déconstruction du style, ces textures inusitées, ces résidus de matières organiques retrouvés aléatoirement et ce mouvement du vêtement qui procurent originalité, poésie et intéressante surprise visuelle.
Sa marque : « Empreintes Vestiges est une matérialisation des possibles, une promesse de constance, une lettre d’amour à soi-même », précise la créatrice.
Ce travail manuel me rappelle aisément la teinture par nouage, le tie-dye, réactualisé au goût du jour. Procédé qui était en vogue durant les années 60-70 aux États-Unis et qui deviendra par la suite emblématique des mouvements hippie et psychédélique.
Bref, un prometteur avenir pour celle qui a fondée en 2021 ces remarquables Empreintes Vestiges vestimentaires !
Mention de sources photos : Guillaum Kirouac et Philippe Manh Nguyen.
En cette période de réjouissances, je souhaite à chacun d’entre vous, un joyeux temps des fêtes rempli d’amour et de bonheur en compagnie de ceux que vous chérissez !
Samedi, 16 novembre dernier, les étudiants de 2e année en commercialisation de la mode du Collège LaSalle de Montréal présentaient, à la Salle Jean-Paul Morin, la 11e édition de leur défilé annuel intitulé : Soirée Mode Collège LaSalle, SMCL. Événement mode d’envergure dont le financement a été entièrement trouvé par ces étudiants déterminés et passionnés.
Ce défilé de mode permettait d’inspirer la célébration et l’expression de soi à travers le phénomène mode. De plus, grâce à différents types de mannequins, de l’intéressante scénographie et du stylisme recherché, la SMCL a démontré, une fois de plus, de quelle façon la mode peut être un puissant outil de communication, d’expression personnelle et d’individualité.
Lors de cette soirée haute en couleurs et en styles, ce fashion show novateur a permis de présenter une variété de modèles, tous plus originaux les uns que les autres, de présenter également des formes d’identités et de cultures variées remettant ainsi en question les critères de beautés déjà établis, et ce, sous forme de trois thématiques dont seule cette jeunesse inspirante en connaît la magie !
L’expression personnelle
Intitulé UNTAMED, ce thème se voulait une célébration de la mode en tant que forme d’expression personnelle remettant ainsi en question les règles sociales et culturelles acquises ainsi que l’uniformité qui a cours.
De ce fait, ce thème permet d’encourager les gens à s’affranchir des styles vestimentaires souvent trop conventionnels afin de mettre en valeur pleinement leur personnalité.
Être différent
Dans la société actuelle dans laquelle nous vivons qui est plutôt basée sur l’avoir pécuniaire, les choix vestimentaires sont souvent influencés par l’appartenance à un groupe social en particulier, par les influenceurs présents sur les réseaux sociaux ou bien par les nombreuses publicités visibles notamment via nos téléphones cellulaires.
Le thème DISSIDENSE permettait de réfléchir un instant sur cette constatation en se posant la question toute simple à savoir si notre apparence vestimentaire reflète véritablement notre propre identité et individualité, ou bien si nous nous conformons résolument à un groupe social en regard des tendances du moment.
Ce défilé hypothétique permettait ainsi d’imaginer un monde idéal où tous et chacun serait enfin libéré de ces tendances de mode éphémères afin d’exprimer son propre style librement.
Défier le statu quo
Le thème du défilé JACK IN THE BOX exprimait le fait que le phénomène mode, qui est notamment relié aux émotions, est un exutoire artistique libre permettant ainsi aux gens de se différencier afin d’exprimer leur propre personnalité tout en mettant en valeur leurs traits de caractère, ici, opposés.
Issu de cette constatation, ce thème incarne tout à fait l’imprévisibilité de l’être humain et l’expression de soi. En mélangeant des vêtements dits traditionnels aux vêtements hors normes afin de défier le statu quo, JACK IN THE BOX amalgame aisément l’impressibilité et l’individualité de la mode, reflétant ainsi notre propre style de vie.
Et, ce thème est d’ailleurs MON coup de cœur personnel de ce remarquable défilé de mode, comme seuls les étudiants du Collège LaSalle savent nous les offrir !
Bref, Soirée Mode Collège LaSalle est le reflet de notre société actuelle et de notre mode de vie vue à travers le regard éclatant de cette belle jeunesse affirmée, bravo !
Sources :
Communiqué de presse, Soirée Mode Collège LaSalle, SMCL, Montréal, 24 octobre 2024.
Wikipédia, l’encyclopédie libre.
Mention de sources photos Rory Creelman, Collège LaSalle, Montréal, 16 novembre 2024.
Jeudi 14 novembre 2024 avait lieu en soirée, au Campus Notre-Dame-de-Foy, le lancement tant attendu de la 3e édition du magazine COLLABORARE, Spécial Stylisme. Et, quelle agréable soirée passée en compagnie de cette belle jeunesse inspirante afin de découvrir cette toute nouvelle édition.
Lors de cette soirée mode, de la grande visite à Québec en la présence des représentants de mmode ainsi que de celle de Monsieur François Roberge, président de la grappe métropolitaine de la mode et président-directeur général de La Vie en Rose.
De la grappe mmode, Mathieu Saint-Arnaud Lavoie, Louis Arsenault, Sara-Jade Théberge, Gautier Berlemont, Chloé Thibault et Marine Savard. Sophie Tremblay et Élizabeth Ruel Couture, étudiantes en commercialisation de la mode.
Inspirer la réussite
Ce magazine est le résultat d’une prolifique collaboration entre trois écoles multidisciplinaires et divers intervenants de l’industrie de la mode québécoise. Il insuffle ainsi la grande passion et le talent artistique des diplômés.
Émilie Couture, coordonnatrice du programme de photographie et enseignante au CEGEP de Matane.
La 3e édition du magazine COLLABORARE permet de découvrir les collections des finissants de la cohorte 2023 du Campus Notre-Dame-de-Foy en design de mode sous l’œil photographique des finissants du CEGEP de Matane. Le magazine a également été mis en page par les étudiants des métiers de l’édition de la SEPR de Lyon.
Allocution de Caroline Roy, directrice générale du CNDF.
L’idée première
Le projet de ce magazine remonte à 2019 et a été initié par Robert Baronet qui était professeur et coordonnateur du programme de photographie du CEGEP de Matane. En raison de la pandémie, ce projet a été porté plus tard par une équipe de professeurs de trois écoles et a vu le jour en 2022.
Allocution de François Roberge, président directeur-général de La Vie en Rose
Pour cette 3e édition, l’équipe du magazine s’est attardé aux coulisses du milieu de la mode en mettant en lumière l’intéressante collaboration entre le styliste de mode et le photographe, relation complice qui est indispensable à la réalisation de l’image de mode.
C’est donc les collections de treize finissants en design de mode de la cohorte 2023 qui ont été mises en beauté sous la lentille de cinq finissants en photographie du CEGEP de Matane. La mise en page a été confiée principalement à Matthias Ruiz qui étudie aux métiers de l’édition de la SERP à Lyon.
Allocution de Mathieu Saint-Arnaud Lavoie, directeur général de mmode.
Lors de la réalisation du magazine, se tisse un dialogue qui débute en amont de la première prise de photo. Celui-ci se doit d’être franc, ouvert et admis de tous. Au fil de leur expérience, les étudiants découvrent ce dialogue lors des séances de photographies mode. Ce magazine permet ainsi de mettre en valeur le travail d’équipe, créatif et professionnel des étudiants.
Marco Roy, Gautier Berlemont, Marine Savard, Mathieu St-Arnaud Lavoie, Sara-Jade Théberge, Louis Arsenault, Chloé Thibault, Jonathan Leclercq et Karine Bibeau.
En feuilletant ce magazine, on remarque immédiatement la qualité des images et la mise en valeur du travail d’apprentissage des étudiants. D’intéressants articles viennent également bonifier le contenu, comme celui de l’interview d’Émile Vanehuin, d’originaire française, qui a décidé de poursuivre ses études en photographie au CEGEP de Matane afin de parfaire ses connaissances et de découvrir le Québec.
En 2022, celle-ci a eu la chance de travailler pour La Maison Simons en tant que photographe et technicienne photo, et cette expérience l’a amenée à collaborer avec des photographes professionnels, des mannequins, des stylistes et des maquilleurs, lui permettant ainsi d’enrichir sa créativité et son savoir-faire.
Bref, un superbe magazine de mode qui permet de mettre en valeur le talent et la créativité des étudiants tout en valorisant l’approche COLLABORARE, bravo !
Photographies, travail personnel et François Berthiaume, Campus Notre-Dame-de-Foy, Regardons vers l’avenir ! 14 novembre 2024.
C’est demain, 14 novembre 2024, que s’ouvrira au Musée McCord Stewart la grande exposition intitulée : Bals costumés – Habiller l’Histoire, 1870-1927. Exposition qui permettra une incroyable immersion dans les bals costumés qui se déroulaient il y a environ 150 ans à Montréal.
Lors de cette exposition, plus de 40 éblouissants costumes provenant de la collection du Musée, des photographies, des personnages costumés, des publications souvenirs et des programmes de soirée témoignent de l’ampleur de ces prestigieux bals mondains.
Le public pourra ainsi constater que cette exposition pose un regard plutôt critique sur ces célébrations qui parfois étaient synonymes de liberté peu commune pour l’époque dans cette société très codée qui contribuaient à véhiculer les mythes colonialistes et impérialistes qui avaient cours au Canada.
Notman & Sandham, Florence M. David costumée en « Incroyable », Montréal, 1880, Musée McCord Stewart, II-56542.1
L’histoire canadienne comme source d’inspiration
Bien que les participantes et participants de ces bals costumés puisent leur inspiration dans la culture populaire pour choisir leurs costumes, c’est dans l’histoire du pays que les invités incarnent, le temps d’une soirée, des personnalités qui ont marqué l’histoire canadienne.
Rendre un moment de vie gravé à jamais
Les participants de ces bals costumés ou bien ceux participant à un carnaval de patinage exhibaient fièrement leurs costumes confectionnés lors notamment d’une visite au studio de photographie afin d’immortaliser ces précieux moments.
Le public pourra aussi découvrir plusieurs portraits réalisés par William Notman et William James Topley qui dirigeaient les studios de photographie les plus renommés de l’époque.
Vêtir l’agressivité coloniale
Caricaturer l’AUTRE était en vogue à l’époque et cette exposition pose un regard sur l’histoire de cette pratique en vogue en tant qu’acte de violence coloniale.
« Au-delà de la splendeur et de la variété bigarrée des personnages présents à ces bals, le public est amené à découvrir chez les participants et participantes une vision partagée de l’exclusion – ces personnages incarnant l’AUTRE, souvent à l’aide d’un mélange incongru d’objets culturels et éléments créés en guise de costumes » explique Cynthia Cooper.
Costume porté par Alice Graham costumée en Mary, Mary, Quite Contrary en 1907. Don de la Succession d’Alice Hallward, M972.75.71. 1-6, Musée McCord Stewart.
Un travail de recherche de longue haleine
Cette grande exposition est le résultat du travail de recherche s’étalant sur plus de 30 ans de Cynthia Cooper, cheffe, Collections et recherche. Conservatrice, Costume, mode et textile.
De plus, la mise en exposition des 40 costumes présentés, qui sont conservés dans la collection Costume, mode et textile du Musée McCord Stewart, a nécessité un travail titanesque de la part des équipes œuvrant au Musée et ce, en regard des limites traditionnelles de pratique de restauration qui ont dû être dépassées afin de permette la mise en exposition de tous les costumes sélectionnés.
Robe portée par Maud Terroux costumée en Baronne de Beaumouchel en 1898, Musée McCord Stewart, M966.53.1.1-3
« Confrontés à la condition précaire de certains vêtements, voire à des dommages significatifs, nous avons mené une réflexion approfondie sur les approches à adopter. Cette démarche nous a conduits non seulement à remettre en question des traitements traditionnellement mis en œuvre, mais aussi à prendre des décisions audacieuses et à expérimenter de nouvelles idées en matière de préservation de l’intégrité matérielle », explique Catherina Florio, cheffe, Restauration.
Robe portée par Alice Scott costumée en Jeu de cartes, 1887. Don de Katherine Cleaver, Musée McCord Stewart, M2014. 111.96. 1-3
C’est donc une grande exposition à voir au Musée McCord Stewart jusqu’au 17 août 2025 afin d’être transporté dans cet univers inédit des bals costumés où les participants et participantes se métamorphosaient littéralement en personnages fantaisistes, tous plus extravagants les uns que les autres.
Mentions de sources photo Laura Dumitriu
Source rédactionnelle : Communiqué de presse, Bals costumés – Habiller l’Histoire, 1870-1927, Musée McCord Stewart, 12 novembre 2024.
Cape en laine, don de Léonard Gorski, fondateur de Gorski Montréal
Jeudi 7 novembre 2024, c’était soir de fête au Musée McCord Stewart alors que plusieurs invités triés sur le volet s’étaient donné rendez-vous afin d’assister à la première édition du Bal de Laine dont le slogan est : « Tisser l’avenir des fibres naturelles pour une durabilité culturelle et environnementale ».
Soirée bénéfice qui avait pour objectif d’amasser des fonds destinés à la Fondation Bal de Laine qui, de concert avec Fibershed Québec, soutient la recherche et le développement dans le but de fabriquer des fibres naturelles issues de la laine des moutons en l’occurrence des agneaux que l’on consomme et des brebis que l’on trait pour la fabrication du fromage.
Les faits
Au Québec, chaque année, 130 000 toisons de moutons sont brûlées et gaspillées. (1)
Et ce, en raison d’un manque de ressources. La Fondation Bal de Laine permettra ainsi de participer à une relance et une transformation viable de l’industrie de la mode québécoise dans ce secteur afin que des produits de qualité issus de la laine se retrouvent dans nos commerces de détail et ultimement dans nos garde-robes.
Relance qui permettra également de développer l’autonomie et l’économie régionale et ce, tout en valorisant l’environnement et la culture locale.
Lors de cette soirée riche de sens, un montant de 25 000 $ a d’ailleurs été amassé. Fort de cette somme, en plus de soutenir le processus de fabrication, nous encourageons ainsi une production en série responsable afin de conserver notre héritage textile.
De nombreux prix prestigieux ont également été mis à l’encan ce soir-là, dont la magnifique cape offerte par Léonard Gorski, fondateur de Gorski Montréal, un forfait au Spa Eastman et un catalogue accompagné d’une visite à l’exposition Bal costumés – Habiller l’Histoire, 1870-1927 qui est présentée au Musée McCord Stewart jusqu’au 17 août 2025.
Le Bal de Laine n’était pas uniquement un événement d’un soir, mais bien un mouvement social et un lieu de rencontre qui a permis de découvrir le grand savoir-faire de notre terroir québécois.
À gauche Madame Jocelyna Dubuc et Monsieur Olivier Vermeersch
Cette intéressante soirée a d’ailleurs permis de riches échanges entre les éleveurs, les agriculteurs ainsi que les professionnels qui travaillent la laine locale.
Jobair Jaber, fondateur de l’entreprise haut de gamme fondée en 2021, est spécialiste dans la fabrication de produits mode faits à partir de la laine d’agneau et il a lancé une gamme de produits Milo & Dexter nommée Le projet Laine.
Le fondateur désirait fabriquer ces modèles à partir de la laine locale. Or, il n’y a pas suffisamment de laine produite ici pour assumer une fabrication en grande quantité de façon industrielle. Jobair Jaber a cherché les rares entreprises locales qui travaillent encore la laine et aujourd’hui 5 000 livres de laine canadienne sont transformées grâce notamment à la Filature Lemieux qui est située dans la Beauce. (2)
Bref, un bal de laine porteur de sens afin de permettre de relancer la fabrication de cette fibre noble qu’est la laine et ainsi contribuer à l’économie régionale, bravo !
Photographies : travail personnel et François Berthiaume, Musée McCord Stewart, Montréal, Bal de Laine, 7 novembre 2024.
Kent Monkman. Mariage à Sodome, 2017, acrylique sur toile.
Mercredi avant-midi 16 octobre 2024, c’était le lancement médiatique de la très attendue exposition présentée au Musée national des beaux-arts du Québec jusqu’au 21 avril 2025 et intitulée : Premiers jours. Œuvres autochtones de la Collection McMichael d’art canadien. Et, quelle enrichissante visite passée à découvrir les nombreux artéfacts Art & Mode de cette grande exposition issus de ces riches communautés culturelles autochtones.
Affiche de l’exposition œuvre de Lawrence Paul Yuxweluptun. Paysage du nouveau climat (changement climatique sur la côte du Nord-Ouest) 2019, acrylique sur toile.
Lors de cette belle visite, DL Vision Mode s’est particulièrement attardée aux intéressants artéfacts issus de la mode tels que les accessoires et les vêtements afin de les raconter en images et en mots.
En attente du point de presse lors du lancement média
L’art autochtone est à l’honneur au MNBAQ par le biais de cette importante exposition grâce à la mise en circulation de la Collection McMichael d’art canadien du musée de Kleinburg en Ontario.
Cette exposition internationale permet ainsi le rayonnement de plus de 50 artistes issus de 13 nations autochtones différentes. Se déployant d’un océan à l’autre du Canada, celle-ci permet notamment de découvrir près de 110 œuvres qui démontrent les traditions issues du passé et également des pratiques artistiques contemporaines.
Allocution de Xavier Watso, porte-parole de l’exposition
Séparée en huit inspirants thèmes, cette magnifique exposition permet au visiteur de plonger littéralement dans l’histoire artistique des peuples autochtones du territoire qui se nomme aujourd’hui le Canada.
Sarah Milroy, commissaire de l’exposition. Directrice générale et conservatrice en chef de la Collection McMichael d’art canadien.
Ouvrir le dialogue avec humour
Coiffe – Shadae, 2019. Impression chromogénique lightjet sur film transparent dans un caisson à éclairage DEL
Ce premier thème met à l’avant-plan le travail des artistes qui privilégient, au centre de leur démarche créative, l’humour afin d’approfondir la réflexion et la discussion favorisant ainsi les échanges et la compréhension mutuelle.
L’artiste Dana Claxon, issue de la tribu Hunkpapas, par cette représentation de coiffe, évoque, de façon humoristique, la densité des relations entre les femmes et la complexité de ce que représente l’identité autochtone de nos jours.
Afin de réaliser cette œuvre que j’ai adorée d’ailleurs l’artiste a photographié plusieurs femmes de son entourage, chacune présentant une collection de ses propres objets culturels. L’image qui est installée dans le boitier à éclairage DEL inspire le réseau privilégié des relations qui forgent l’identité de ces femmes.
L’artiste semble également se poser la question : dans quelle mesure voit-on une personne au-delà des nombreuses apparences et suppositions que l’on se fait à son sujet ? (1)
L’héritage de Norval Morrisseau et des artistes anishinaabe.
Oiseau-Tonnerre habité par l’esprit, vers 1978, acrylique sur toile.
Cet intéressant thème est consacré à celui que l’on considère comme étant le pionnier de l’art contemporain autochtone canadien et de ses tenants. Norval Morrisseau, 1932-2007, était un peintre abstrait anishinaabe qui s’inspirait pour créer d’idées et d’histoires qui repoussaient visiblement les limites temporelles et spatiales.
L’artiste et spécialiste anishinaabe Bonnie Devine explique « Morrisseau décrit ici un canal – il y a des ouvertures en haut et en bas – qui reflète d’importants concepts spirituels et métaphysiques des Ojibwa » .
« Il y a aussi une référence biologique au corps, à l’utérus et au développement du fœtus. Une grande part de l’iconographie des pétroglyphes et des pictogrammes traite de la naissance comme métaphore du développement de l’esprit et du concept de transformation. Il y a aussi une référence de transformation. Il y a aussi une référence géographique, avec l’eau d’un côté et la terre de l’autre. Enfin, c’est un autoportrait. L’artiste représente sa propre transformation en un être de pouvoir, en pleine montée vers le royaume du ciel, ou descendant dans la manifestation plus corporelle de la vie. Cet être du tonnerre peut choisir n’importe quelle direction » , précise par la suite Bonnie Devine. (2)
Bonnie Devine, artiste anishinaabe et ojibwa, commissaire, autrice et professeur ainsi que coéditrice du catalogue de l’exposition Premiers jours. Œuvres autochtones de la Collection McMichael d’art canadien.
L’art autochtone de la côte du Nord-Ouest
Jut-Ke-Nay Hazel Wilson, couverture à boutons. Légende de l’Arbre d’or, 1997. Laine melton, boutons de plastique, ormeau, nacre, cuivre et coquilles. Perles de métal, verre et plastique. Tendon de fils.
Cette région comprend aujourd’hui, la Colombie-Britannique, le Yukon et l’Alaska. Et, l’art autochtone de celle-ci se distingue par son style nommé ligne figurative. Depuis plus de 2 000 ans, ces artistes autochtones réinterprètent ces lignes fluides afin de créer un univers visuel unique en son genre et où les événements historiques ainsi que les figures emblématiques prennent alors vie.
Par exemple, l’artiste Hazel Wilson, 1941-2016, a débuté à confectionner ses premières couvertures à boutons à l’âge de 15 ans. Et, elle est devenue l’une des artistes haïdas les plus respectées de sa génération. Son art lui a permis de raconter des histoires du passé et d’en préciser les enjeux contemporains.
L’histoire de l’arbre d’or
Sa série de travail des couvertures la plus célèbre raconte l’histoire de l’arbre d’or, l’épinette dorée. Cet arbre gigantesque vieux de trois cents ans aux aiguilles d’or jaune pâle et qui possède une signification particulière pour le peuple haïda. Or, cet arbre a été abattu en 1997 par un bûcheron perturbé qui, il va sans dire, n’était pas haïda, ce qui a inspiré l’artiste pour créer cette magnifique couverture. (3)
Des masques et des objets
Cet autre fascinant thème démontre notamment qu’à partir des années 1970 et 80, quelques artistes autochtones vont sur le marché de l’art destiné au grand public. Ils créent alors des œuvres aux formes traditionnelles, mais fabriquées précisément pour le contexte artistique.
Mocassins à queues de renard, 2016. Chaussures trouvées, queues et fourrure de renard arctique, condensateurs, diodes électroluminescentes, résistances, perles de verre, piquants de porc-épic, cylindres à cheveux en os, plumes de coq, plumes fendues et teintes, cônes en étain, perles blanches du commerce en forme de cœur, grosses perles en plastique, bordures de satin, boutons en nacre, poils de porc-épic synthétiques, fil de coton, corde, métal et embauchoirs en bois.
Des mocassins à queues de renard
L’artiste Barry Ace propose à travers cette œuvre une réflexion concernant le travail de l’artiste franco-suisse Karl Bodmer, 1809-1893. Artiste qui a représenté les peuples autochtones durant ses voyages le long du fleuve Missouri vers les années 30 et ce, par le biais d’aquarelles au dessin soigneusement détaillé.
Dans plusieurs de ses œuvres, Bodmer documente les queues de renard qui sont fixées à l’arrière des mocassins servant à camoufler les pas de ceux qui les portent.
Barry Ace propose à son tour une paire de chaussures actuelles qui est dotée de circuits détournés de leur usage, mais représentative de cette transmission des connaissances. (4)
Le sac à bandoulière des autochtones de la culture ojibwa
Artiste inconnu – culture ojibwa. Sac à bandoulière perlé, début de 20e siècle. Perles de verre, tissu et fil de coton, tissu et fil de laine.
Les recherches historiques sur le sujet démontrent que ces sacs à bandoulière ont été au départ fabriqué afin d’imiter les sacs de munitions ou cartouchières dont se servaient les Européens lors de leurs croisades. Il est par contre à noter que les accessoires plus anciens ne comportaient pas nécessairement de compartiments destinés à ces fins.
La forme de ces sacs a vite évoluée afin de permettre une expression identitaire plus élaborée. Par exemple afin de faire état des titres et rangs sociaux des chefs des tribus et des diverses croyances de ces peuples.
Les Ojibwa appelaient ces sacs les aazhooningwa’on, ce qui veut dire : porter à l’épaule en diagonale. Et, fait intéressant, l’incrustation des nombreuses perles décoratives augmentait le poids du sac. Or, cette large bandoulière aidait à répartir ce poids afin de favoriser le confort de la personne qui le portait. (5)
Une monnaie d’échange
Les minuscules perles de verre que l’on appelait perles de rocailles représentaient également un lucratif produit d’échange pour l’économie des régions frontalières.
Sacs et écharpe tintante
Maria Hupfiels. Trois prototypes de sacs et écharpes tintante. 2010, feutre industriel et clochettes.
Ces trois sacs en feutre représentent les traditions de fabrication qui ont été transmises à l’artiste Maria Hupfield par ses ancêtres ojibwa. Celle-ci les recrée de nos jours avec le feutre industriel agrémenté de clochettes en étain de fabrication commerciale. Clochettes qui décorent souvent les costumes des fêtes de type pow-wow contemporaines.
Être futée
Lorsque l’artiste vend ses créations comme ses bottes, ses sacs, ses couvertures pour la danse et autres artéfacts, elle se réserve le droit de les emprunter à l’occasion et de les utiliser comme bon lui semble, renégociant ainsi les relations traditionnelles entre les peuples autochtones et les institutions inspirées du modèle européen. (6)
Dempsey Bob et Linda Bob, Couverture Des loups dans la neige. 1999-2002. couverture en feutre, fourrure de loup, boutons, fil. Fermoir-masque : bois d’aulne, peinture d’acrylique et attaches en cuir.
Cette œuvre magnifique s’intitule : couverture « Des loups dans la neige ». Vêtement qui évoque l’histoire de la mère du clan des loups auquel appartiennent les Bob et leur famille.
Une histoire émouvante
La légende raconte qu’une femme occupée à cueillir des petits fruits est littéralement séduite par un bel homme qui l’emmène chez lui. Elle en tombe amoureuse et porte ses enfants. Un jour, elle réalise qu’elle a été emmenée chez les loups. Révélation qui lui vient alors qu’elle sommeille dans la neige avec son mari loup et ses louveteaux. Après plusieurs luttes, elle parvient à retourner parmi les humains. Ses liens de parenté par contre avec les loups seront à tout jamais célébrés. (7)
L’importance des femmes dans les cultures autochtones
Ce thème de l’exposition permet de constater la force des femmes autochtones qui conjuguent leurs efforts afin de faire face à l’adversité. La solidarité entre ces femmes revêt alors une importance capitale, ce qui a pour effet de renforcer les communautés et de garder les familles unies.
Faye HeavyShield. Soeurs, 1993, chaussures modifiées avec plâtre, gesso et peinture acrylique.
La force des sœurs
L’œuvre de Faye HeavyShield intitulée Sœurs est remarquable et elle symbolise la force des femmes qui unissent leurs efforts. Certains historiens y voient une représentation de l’artiste et de ses cinq sœurs formant ainsi un cercle afin de lutter contre les menaces extérieures.
Durant son enfance, l’artiste ainsi que ses frères et sœurs ont été séparés de leur famille et envoyés dans des pensionnats où ils ne pouvaient plus parler leur langue et où ils ont subi de mauvais traitements.
Faye HeavyShield explique à propos de son œuvre que le bout fendu des souliers est en fait une allusion aux sabots des cerfs suggérant ainsi les qualités d’élégance, de force et de délicatesse de cet animal. (8)
La douleur de Jeneen Frei Njootli
Jeneen Frei Njootli. Douleur, 2019. Béton sur toile de coton, cuir, fourrure et pattes de loup, enduit étanche et tige de métal.
Âgée de 36 ans, cette artiste a grandi dans la communauté des Vuntut Gwitchin au Yukon. Les œuvres que crée Jeneen Frei Njootli démontrent l’absence ou bien la présence du corps humain. Celles-ci sont représentées par diverses techniques qui lui procurent une réputation sans cesse grandissante.
Pour réaliser cette œuvre, les parkas ont été confectionnés à la main et ont été brodés de fourrures et de pattes de loup exprimant ainsi la relation qui unit Frei Njootli au monde animal.
Le trempage des vêtements dans le béton possède une signification toute particulière pour l’artiste : celle des liens étroits qui sont tissés entre les femmes autochtones au-delà du temps qui passe et des traumatismes vécus.
Dans cette œuvre forte, le geste de connexion entre les deux corps figure également la solidarité qui unit les communautés autochtones malgré les événements malheureux survenus au cours de l’histoire. (9)
Le contact colonial et les échanges
Cette intéressante section permet notamment de rappeler le traumatisme de la contagion comme à travers l’œuvre du Ruth Cuthand.
Ruth Cuthand. Masque de Covid-19 no 8, 2020. Perle de verre, masque, fil entoilage.
La pandémie de COVID-19 qui a affecté le Canada au printemps 2020 a éveillé chez l’artiste une réflexion concernant les épidémies qui ont dévasté, dans le passé, les communautés autochtones à travers le pays du 19e siècle jusqu’au début du 20e siècle.
La pandémie que nous avons vécue nous donne un aperçu du traumatisme des contagions qui ont décimé rapidement des populations autochtones entières.
À ce traumatisme s’ajoute le retrait forcé des enfants emmenés dans des pensionnats où l’hygiène de vie était plutôt déficiente, l’alimentation inadaptée et la promiscuité des lieux visible. Tous ces facteurs ont contribué à étendre les maladies et provoquer la mort.
Ruth Cuthand évoque, par cette sculpture, une reconnaissance des pertes historiques et dénonce les inégalités sociales qui persistent toujours en matière de soins de santé dans les communautés autochtones. (10)
Thème du contact colonial et des échanges. Nadia Myre. Oeuvre sans titre, 2019. Étude pour un pays où vivent castors, cerfs, orignaux et autres animaux du genre. Céramique et fil inoxydable.
Ce dernier thème de l’exposition permet d’apprécier le travail des jeunes artistes autochtones. Et, depuis une vingtaine d’années, le dessin est devenu un genre artistique en soi pour cette jeune génération inuit. Ces nouveaux artistes contemporains s’inspirent du legs de leurs ancêtres pour créer des œuvres innovantes et audacieuses bien dans l’air du temps.
Itee Pootoogook. Sans titre, homme avec capuchon et lunette de soleil, 2012. Crayon de couleur et graphite sur papier.
Itee Pootoogook est, 1951- 2004, un des membres de la célèbre famille Pootoogook de Kinngait au Cape Dorset. L’artiste créa des œuvres reconnues pour leur signature minimaliste et leur rigueur de la forme décrivant ainsi les caractéristiques austères des habitations de sa ville natale. (11)
Les scènes de la vie quotidienne dépeintes portent les marques de la vie en Arctique actuelle.
Xavier Watso, animateur, chroniqueur et comédien abénakis et porte-parole de l’exposition.
Sur cette œuvre magistrale on y voit, dans le coin droit en haut, la célèbre couverture à points de la Compagnie de la Baie d’Hudson
Bref, une exposition nécessaire qui est définitivement à voir si vous êtes de passage par la belle ville de Québec ou si vous y habitez déjà jusqu’au 21 avril 2025 afin de découvrir la richesse et la diversité de l’art autochtone à son meilleur !
Photographies : travail personnel et François Berthiaume, MNBAQ, 16 octobre 2024.
Sources recherches
Communiqué de presse, 16 octobre 2024, Premiers jours. Œuvres autochtones de la Collection McMichael d’art canadien, Musée national des beaux-arts du Québec.
(1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) Mention crédits textes didactiques de l’exposition. Sarah Milroy, commissaire. Directrice générale et conservatrice en chef de la Collection McMichael d’art canadien.
Visiter la belle ville de Florence en Italie en juin 2024, c’était également découvrir le fascinant Gucci Garden. Musée qui est situé dans le Palazzo della Mercanzia de la Piazza della Segnoria et qui a été inauguré en janvier 2018. Ce dernier est maintenant dédié à la nouvelle vision de la Maison GUCCI, sa philosophie et ses nombreuses archives datant de 1921 jusqu’à de nos jours.
Vue de Florence et du fleuve Arno.
Ce musée, originellement ouvert en 2011, a été complètement revampé par Alessandro Michele, directeur de la création de 2015 à 2022. Cet espace muséal multisensoriel comprend aujourd’hui une boutique incluant les magnifiques produits de luxe GUCCI, une librairie, un restaurant dont son chef Massimo Bottura est triplement étoilé du prestigieux Guide Michelin et plusieurs salles d’exposition : le Gucci Garden Galliera.
Vue du Gucci Garden tout au font de la Piazza della Signoria
À propos de GUCCI
L’histoire de Gucci commence au début du XXe siècle avec l’ouverture d’une petite boutique, un atelier de bagagerie, dans une des charmantes ruelles de Florence, la via della Vigna Nuova.
Le Gucci Garden Galleria est divisé en huit thématiques qui se trouvent dans des salles immersives se déployant sur deux étages. Ce musée nous permet ainsi de découvrir les campagnes publicitaires historiques de la maison de couture, de l’artisanat et différents objets vintages qui sont devenus au fil du temps de véritables icônes de l’histoire de la mode des XXe et XXIe siècles.
Un motif mondialement connu
L’intéressante visite du Gucci Garden Galleria débute par le thème intitulé GUCCIFICATION. Thème qui démontre par les vêtements exposés, le célèbre motif double G, pour Guccio Gucci, le fondateur et qui se décline sous diverses formes faisant ainsi référence au vocabulaire propre à la fidèle clientèle de la marque.
GG Monogram canvas jumpsuit, Sabato De Sarno, S/S 2024. Gucci 1969, dress in GG Monogram, canevas with leather trims. Coat with Horsebit print and suede details. GG Supreme canevas trench coat featuring suede details with stretch-twill pants and leather lace-up shoes with braided panels, Alessandro Michele, S/S 20216. GG jacquard velvet jacket and pants, silk twill shirt and calf leathers boots, Tom Ford, F/W 1997. Velvet GG monogram coat with leather details, GG jacquard cotton stockkings and suede and velvet lace-ups, Alessandro Michele, cruise collection 2018.
Les artéfacts GUCCI
Puis, il y a cet autre thème PARAPHERNALIA qui est dédié aux codes et symboles signatures de la maison qui sont en fait l’ADN de GUCCI comme les célèbres mocassins Horsebit, le ruban rayé rouge et vert propre aux couleurs de l’Italie, les beaux imprimés signatures et les fameux sacs à main à poignées incurvées de bambou.
La visite du musée se poursuit avec la découverte d’une des salles qui est nouvellement aménagée et qui est dédiée à des modèles soigneusement sélectionnés par les directeurs de la création passés et présents de la maison telle que Dawn Mello, Tom Ford, Frida Giannini, Alessandro Michele et depuis 2023 Sabato de Sarno. Cet espace muséal permet ainsi d’offrir une vision unique des agencements des esprits créatifs qui sont à l’origine des différentes pièces dessinées au fil du temps.
Cotton-blend top featuring crystal embroidery and cotton jeans with leather belt featuring GG buckle, Sabato De Sarno S/S 2024. Shearling-lined denim jacket, cashmere sweater and jeans featuring G embroidery with leather driving cap, leather belt with Double G buckle, Tom Ford, F/W 2001.
Cette section de l’exposition est remarquablement intéressante, car elle permet d’apprécier le talent inventif de chacun des directeurs de la création ayant œuvré pour cette prestigieuse maison de couture.
Velvet suit and scarf, silk shirt and pony leather pumps, Tom Ford F/W 1996. Velvet suit with satin details, silk crêpe shirt leather harness with Horsebit detail and leather boots. Alessandro Michele, Gucci Aria, F/W 2021. Silk gazar dress with ruffles and sandals with rhinestone tiger-head detail, Tom Ford, F/W 2000. Silk cady gown with flounce detail, Frida Giannini S/S 2013.
Le génie créatif d’Alessandro Michele
La visite du Gucci Garden se poursuit au second étage afin de nous permettre de découvrir le thème DE RERUM NATURA rappelant ainsi le style des musées d’histoire naturelle et démontre, par le fait même, tout l’attrait artistique qu’Alessandro Michele a pour les animaux de jardins, les oiseaux, la faune et la flore. Sources d’inspiration qui insufflent la part essentielle de création de ce nouvel univers GUCCI.
Ce thème a d’ailleurs été l’un de mes coup de cœur de la visite en raison de la beauté des motifs créés, de l’aspect ludique qui s’en dégage et de l’originalité de ceux-ci.
Les magnifiques foulards en soie dont le FLORA
C’est en l’honneur de Grace Kelly, princesse consort de Monaco, que ce foulard a été créé. Rodolfo Gucci, l’un des quatre fils du fondateur de la Maison de couture, voulait offrir à la princesse, pour son dixième anniversaire de mariage, un cadeau très spécial et pour l’occasion, il a demandé à l’artiste bien connu de l’époque Vittorio Accornero de Testa de créer ce foulard en 1966.
De surprenants effets visuels
La visite du Gucci Garden, qui éveille définitivement les sens, se poursuit en découvrant le thème EPHEMERA où un environnement sonore et visuel plonge notre regard du présent vers cette vision de paysages, d’objets, de vidéos et de nombreux souvenirs retraçant l’histoire de la marque.
Le tennis comme sport de prédilection
Cotton cardigan, piquet polo shirt and GG jacquard pants, Gucci Ace leather sneakers, Sabato De Sarno, Gucci Tennis collection, 2024.
Cette récente section de l’exposition démontre l’intéressante relation qu’entretient la Maison de Couture avec ce sport de raquette britannique qu’est le tennis. L’on peut y découvrir dans cet espace muséal des pièces d’archives en dialogue avec la récente campagne publicitaire mettant en vedette l’un des ambassadeurs internationaux de la marque Jannik Sinner.
La salle du thème COSMORAMA est fascinante à visiter, car elle nous permet de découvrir le portrait d’une clientèle internationale huppée de la maison GUCCI provenant du jet-set international.
Les débuts
Le fondateur de la Maison, Guccio Gucci, s’installe à Londres durant sa jeunesse puis, en 1897, il commence à travailler comme bagagiste à l’Hôtel Savoy. Il remarque alors les prestigieuses valises avec lesquelles les clients de la haute société internationale voyagent. De retour en Italie en 1902, il rêve du jour où des valises porteront son nom et, en 1921, il ouvre sa première boutique spécialisée dans les bagages de luxe de style britannique.
Cette salle interactive, qui est l’avant-dernière de l’exposition, nous permet de découvrir, par le biais de ses installations vidéo, les origines de la marque en tant que fabricant de maroquinerie et démontre bien son éthique cosmopolite.
La visite du Gucci Garden se termine par la découverte d’une incroyable salle muséale dont le plancher et les espaces de rangement sont à la fois vitrés et fabriqués de miroir. Salle où sont exposés, dans des cubicules, une multitude de sacs à main et où l’on est tout simplement renversé d’y circuler.
Et, j’ai adoré l’effet de WOW que procure le fait de déambuler sur le plancher de miroir plutôt vertigineux qui donne l’impression d’être littéralement suspendu dans le vide.
Le célèbre sac à main GUCCI à poignée de bambou
Durant la Seconde Guerre mondiale, l’Italie est sous l’emprise de la dictature du duce fasciste Benito Mussolini et le pays souffre grandement de pénurie de matières premières, dont le cuir, matière fétiche de la fabrication des sacs à main qui font la renommée de la maison.
Or, Guccio Gucci fait preuve d’imagination et innove en important du Japon une plante, le bambou, afin de fabriquer une poignée tout à fait ingénieuse, pour sa maroquinerie, en pousse de bambou qu’il arquera par la suite. Le sac à main quant à lui est fabriqué d’étoffe et, en 1947, tel le New Look, le Gucci Bambou est né !
Bref, si vous planifiez, aller en Toscane un jour et penser visiter Florence, le Gucci Garden est définitivement à voir, si ce n’est déjà fait, afin de s’empeigner de l’univers GUCCI qui est tout simplement éclectique, romantique à souhait et vraiment contemporain !
Vue de la Piazza della Signoria à l’intérieur du Gucci Garden.
Photographies : travail personnel et François Berthiaume, Gucci Garden Galleria, Piazza della Signoria, 10, 50122, Florence, Italie, 16 juin 2024.
Créations de Marie Saint Pierre, Christian Chenail pour Muse et Antonio Ortega.
Vendredi 27 septembre dernier se déroulait, dans le cadre des Journées de la culture à la VILLA ESTIVAN des Jardins de Métis en présence de l’arrière-petit-fils d’Elsie Reford, Alexander Reford et directeur général, le Vernissage de la pertinente exposition présentée jusqu’au 6 octobre 2024 intitulée Legs et opportunités : pratique des ressources de la terre et du fleuve.
Organisée et présentée par Les Amis des Jardins de Métis ainsi que par Fibershed Québec, en collaboration avec Exploramer, cette belle exposition permet de valoriser les matières textiles provenant de la laine des moutons et des différents organismes vivants dans le majestueux Fleuve Saint-Laurent.
Fucus distichus evanescens, 2024, Philippe Denis, collodion humide sur plaque d’aluminium, collection privée.
Lors de son passage, le visiteur pourra ainsi découvrir quelques-unes des caractéristiques physiques qui la distinguent. Commissaire de l’exposition, Philippe Denis, PhD, dresse un portrait éclairé de ses transformations ainsi que de ses utilisations dans le but de promouvoir un usage écoresponsable.
La tortue luth présente dans le Saint-Laurent, par contre ne possède pas d’écailles kératinisées.
Philippe Denis est cet être passionné et passionnant pour qui rien n’est impossible. Et, il m’a fait découvrir lors de cet entretien, par le biais du riche corpus de cette exposition, la synthèse de ses nombreuses recherches durant la période estivale.
Recherches qui lui ont permis notamment une prise de conscience personnelle concernant l’utilisation des ressources issues de la terre, comme celles provenant de la toison des moutons ou bien celles que l’on retrouve dans le Fleuve Saint-Laurent. Ressources, constate-t-il, que l’on n’exploite pas du tout.
Philippe Denis PhD, commissaire de l’exposition.
De l’autre côté de l’Atlantique, en France, en Espagne et en Islande, grâce à la recherche, des techniques se sont développées, au fil du temps, afin de fabriquer des textiles issus notamment des algues marines, le SeaCell.
Dans le majestueux Fleuve Saint-Laurent, on retrouve par exemple le fucus communément appelé le varech et les laminaires, dites les lasagnes de mer. Or, Philippe Denis se demande s’il est toutefois possible de les transformer.
Fucus distictus edentatus, 2024, Philippe Denis, collodion humide sur plaque d’aluminium, Collection privée.
Autre exemple, de nombreuses carapaces de crabes sont rejetées sur le bord du fleuve. Même constat, est-ce possible de les utiliser en tant que matière textile ?
La fibre de Crabyon faite à partir de chitine et de cellulose.
En fait, oui, le crabe peut être broyé pour devenir, par la suite une fibre que l’on peut filer afin d’en fabriquer une laine composée, par exemple, de soie, de mérinos et de SeaCell. Au Japon et en Corée, on l’appelle la laine de mer.
Casquette plate en laine canadienne, Milo & Dexter.
Philippe Denis me parle aussi de la laine canadienne qui était utilisée à l’époque et qui provenait de fibres courtes et rugueuses. Celle-ci servait alors à la fabrication d’accessoires modes tels que des casquettes.
Après mûres réflexions, le chercheur se demande s’il est possible d’améliorer le confort de cette laine en fabricant une laine composée de fibres plus longues afin, cette fois-ci, de fabriquer des vêtements.
Lors de ma visite, une des vitrines retient mon attention et c’est celle du travail de Vanessa Mardirossian, chercheuse à l’Université Concordia, qui démontre qu’à partir de déchets de table comme des pelures d’avocat qu’elle transforme, il est possible de fabriquer des colorants naturels moins nocifs pour la santé et plus écologiques, représentant ainsi l’ensemble du cercle chromatique des couleurs.
Plusieurs designers de mode québécois ont créé des modèles à partir de la laine, on n’a qu’à penser à Antonio Ortega, Christian Chenail, Marie Saint Pierre, Yves Jean Lacasse, Philippe Dubuc, Jean-Claude Poitras et bien sûr, Francine Vandelac. Ce qui porte à croire que la laine a toujours été présente dans le processus créatif de nos créateurs.
L’entretien se termine et Philippe Denis se demande si le public est prêt à suivre cette mouvance ou bien s’il est seul à fantasmer dans son univers. Toutes ces recherches faites en vain pour un produit qui peut-être ne verra jamais le jour. Or, oui, il y a un intérêt pour aller de l’avant vers ce changement de consommation écoresponsable, constate-t-il, qui s’inscrit définitivement dans l’air du temps.
Créations improvisées de Philippe Denis
Bref, une enrichissante exposition où il est possible, par le biais de la vision éclairée de Philippe Denis, d’apprécier les différentes possibilités qu’offre la terre et le fleuve en matière de transformation textile en regard du développement durable, bravo !
Photographies : travail personnel et François Berthiaume, 27 septembre 2024, Villa Estevan, Jardins de Métis, Gaspésie, Québec.
Dans le cadre de la 4e édition de la Semaine Mode de Montréal, le 18 septembre 2024, Yves Jean Lacasse, créateur de la Maison de Couture ENVERS, célébrait en grand ses 30 ans de carrière et ses 25 ans de collaboration avec la destination Tunisie.
Yves Jean Lacasse
Une passion marquée pour la Tunisie depuis 25 ans.
Originaire de la Tunisie, sa mère feu Denise Meunier (1938-2016) transmet promptement à son fils cette passion pour l’histoire de la mode et les différentes cultures. Fort de ce riche héritage, le créateur perpétue à son tour depuis maintenant trois générations cette tradition familiale inégalée par le biais de ses créations afin d’offrir des modèles fabriqués sur mesure qui se veulent accessibles à tous.
Mention de source photo Gérard Sillis Au centre, un portrait de Denise Meunier
Lors de cette journée toute spéciale, plusieurs activités étaient au programme dont en avant-midi, un entretien entre Yves Jean Lacasse et Amina Yagoubi Kurtin PhD., sociologue de la mode.
Mention de source photo Emanuela Lolli
En après-midi, se déroulait le cocktail de presse en présence notamment de son Excellence Monsieur Lassaad Boutara, Ambassadeur de la Tunisie au Canada et de sa muse depuis 20 ans Pascale Bourbeau, artiste, photographe et personnalité publique québécoise bien connue.
M. Lassaad Boutara
Celle-ci a d’ailleurs profité de l’occasion pour livrer un vibrant hommage à ce grand créateur de mode et ami personnel.
Allocution de Pascale Bourbeau Yves Jean Lacasse et Pascale Bourbeau Farida Henni directrice des communications et du Marketing Office National du Tourisme Tunisien (ONTT) à Consule de Tunisie à Montréal, Monsieur Kamel Makkes, Yves Jean Lacasse, Pascale Bourbeau, Son Excellence l’Ambassadeur de Tunisie au Canada Monsieur Lassaad Boutara, Monsieur Jamel Bouzid directeur de l’ONTT, Monsieur Maher Trimeche conseiller à l’Ambassade de Tunisie au Canada. Mention de source photo Gérard Sillis.
Lors de cette après-midi chargée d’émotions, Catherine Pearson, talentueuse chanteuse interprète du spectacle PASSION CÉLINE a interprété quelques chansons de notre diva, Céline Dion telles que Pour Que Tu M’aimes Encore et The Power of Love.
Parmi les invités de marque présents à cette conférence de presse, notons celle de Jacques De Montjoye, dessinateur de mode de grands talents qui marque son époque entre 1946 et 1990.
Jacques de Montjoye en compagnie de Stéphane Leduc
À propos d’ENVERS par Yves Jean Lacasse
Les créations du designer se veulent résolument ethniques, romantiques et historiques à la fois se mélangeant ainsi aux styles empruntés de la noblesse des grandes cours d’Afrique et d’Europe afin de les imposer à cet occident qui est multiculturel qu’il soit religieux ou bien laïque, et ce, dans l’acceptation de tous les genres et orientations.
Yves Jean Lacasse possède ce talent, cette sensibilité innée de créer tout en posant un regard différent sur le monde qui nous entoure. Et ce, dans le plus grand respect du service qu’il offre à ses clients en suivant les règles protocolaires en fonction de chaque événement tout en créant des modèles sur mesure adaptés à chacune des destinations.
Afin de célébrer ce trentième anniversaire de façon grandiose, c’était également soir de fête ce mercredi-là chez Yves Jean Lacasse et plusieurs clients VIP et invités triés sur le volet étaient présents pour venir féliciter et démontrer leur affection envers ce grand créateur de mode.
Au centre DL Vision Mode Pascale Bourbeau et Serge Sasseville, conseiller municipal, Arrondissement Ville-Marie, Ville de Montréal.Pascale Bourbeau et Yves Jean Lacasse
Et, de nouveau, pour le plus grand bonheur de tous les invités, Catherine Pearson a interprété de magnifiques chansons de Céline Dion telle que My Heart Will Go On.
Bref, de mémorables moments passés chez Yves Jean Lacasse, créateur de mode pour qui passion et savoir-faire procurent à ENVERS prestige et glamour !
Photographies : travail personnel et François Berthiaume, 18 septembre 2024, Maison de Couture ENVERS, 372 rue Sainte-Catherine Ouest, suite 420, Montréal.