
Dimanche 23 août 2026 se terminait la 26e édition du Festival M.A.D.. Édition où définitivement la diversité de la programmation était à l’honneur. On dit souvent que la mode est une question de goût et avec ses 110 designers de mode au programme, oui, les festivaliers ont découvert tout un univers mode se présentant à eux : la Mode Locale à son meilleur !

Le coup d’envoi du festival a débuté le 13 août au Fairmont Le Reine Elizabeth par le cocktail de lancement, suivi en soirée du magnifique défilé de mode présenté par Helmer Joseph afin de célébrer ses 45 ans de succès.
HELMER célèbre en grand ses 45 ans de carrière lors du Festival M.A.D.


Par la suite, les 17 et 18 août, se déroulait le MAD PRO et en soirée la Série Rencontres. MAD PRO qui permettait un intéressant masterclass, une dynamique speed mentoring, d’enrichissants panels de discussion et une tournée M.A.D. PRO dans les entreprises montréalaises concernant le développement durable. La Série Rencontres quant à elle, animée par Lolitta Dandoy et Stéphane Leduc , a permis d’en apprendre davantage sur des personnalités connues au parcours fort inspirant.


Les Journées de la Mode Italienne dans le monde
Présentée dans le cadre de la seconde édition des Journées de la Mode Italienne dans le Monde et durant le festival, cette exposition, conçue par la commissaire Clara Tosi Pamphili, telle une scène théâtrale, permettait de présenter des vêtements et des accessoires de la vie quotidienne du jour, du soir et pour la pratique sportive.
Lors de cette visite, l’on pouvait découvrir notamment deux costumes authentiques du Casanova réalisé par Federico Fellini, imaginés par Danilo Donati et réalisés par la Sartoria Farani, lauréats d’ailleurs de l’Oscar en 1977.

Cette exposition rassemblait les entreprises, les créateurs issus des principales associations professionnelles italiennes qui représentent toute la filière mode à savoir la haute couture, la maroquinerie, le textile, les chaussures, la lunetterie, la joaillerie, l’orfèvrerie et les cosmétiques. Dynamique écosystème qui incarne toute la vitalité d’un secteur économique majeur en Italie totalisant plus d’un demi-million de personnes réparties dans 62 000 entreprises.
Créée en 2025, Italia È Moda s’inscrit dans une stratégie de diplomatie culturelle et économique globale ayant pour but de faire rayonner la création italienne grâce au réseau diplomatique et culturel italien au niveau international. Grâce à cette tournée mondiale, Montréal confirme son statut de métropole créative et consolide ainsi les liens culturels et économiques exceptionnels entre le Canada et l’Italie.

L’inspirante Série Rencontres

Rencontre avec Clara Tosi Pamphili
C’est toujours un plaisir d’entendre Stéphane Leduc en conférence et lors de cette série il s’entretenait, pour débuter, avec Clara Tosi Pamphili, architecte et historienne des arts appliqués afin de nous parler du haut savoir-faire artisanal italien bien au-delà de la mode.
Clara Tosi Pamphili a démontré, lors de cet entretien, par des exemples concrets, l’influence du design, de l’architecture et du cinéma en tant que sources d’inspiration qui permettent de forger le riche patrimoine créatif de son pays. Éléments culturels qui insufflent à la mode italienne tant de caractère et d’originalité.

Rencontre avec Samira Nasr, rédactrice en chef du Harper’s Bazaar

Stéphane Leduc recevait également Samira Nasr, rédactrice en chef, du prestigieux magazine Harper’s Bazaar. Et, quel fascinant moment passé en leur compagnie.

Lors de cette discussion, Samira Nasr nous a parlé de son impressionnant parcours professionnel et a prodigué quelques conseils pour cette jeune relève avide de connaissances, à savoir :
Œuvrer en journalisme, c’est d’abord être curieux et s’intéresser au monde qui nous entoure. La persévérance est également une qualité à cultiver. De plus, le droit à l’erreur, essayer et recommencer afin de s’améliorer pour devenir meilleur. Toutes ces habiletés mènent au succès !
Le grand Helmer Joseph se raconte

Le 18 août, Stéphane Leduc recevait, en tant qu’invité tout spécial, et afin de célébrer ses 45 ans de carrière et de succès le Grand Helmer Joseph.
Et, je dis Grand parce que, mis à part sa taille physique, le couturier cumule une feuille de route vraiment impressionnante, tant par les formations suivies que par l’ensemble de sa carrière professionnelle. Ses créations d’ailleurs sont époustouflantes et sa reconnaissance est internationale.
Ce soir-là, Helmer Joseph nous a fait bien rire grâce à son sens de l’humour parfois ironique, cependant toujours délicieux.

Et, assister à cette rencontre, c’était apprendre notamment que Joseph possède une confiance en soi quasi inébranlable et que ses convictions ont toujours guidé le cours de sa vie. Le couturier travaille d’ailleurs sans relâche afin de nous épater toujours plus d’une collection à l’autre.
Certes, un inspirant moment passé en sa compagnie et je pense que c’est une chance inouïe de compter parmi les créateurs de mode d’ici le Grand Helmer Joseph !
Rencontre avec Gisèle Lullaby

C’était soir de fête, ce mardi-là, alors que Lolitta Dandoy, qui avoue avoir une passion pour les drag queens, recevait en tant qu’invité spécial Gisèle Lullaby, drag queen d’exception, afin de parler de son impressionnant parcours professionnel et de sa formidable ascension suite au gain en 2022, lors de la troisième saison, du prix Canada’s Drag Race. Remarquable victoire qui marquait également la première fois qu’une drag queen québécoise remportait ce prix.
Natif de Boucherville et de son véritable nom Simon Gosselin, Gisèle Lullaby, rêvait de faire carrière au théâtre. Il, elle, débute en tant que danseuse pour les drag queens du Cabaret Mado. En 2009, Gisèle Lullaby fait sa première prestation en tant que drag queen lors d’une fête en l’honneur de Franky Dee, figure bien connue de la vie nocturne montréalaise. Elle y interprète alors la chanson « Single Ladie » interprétée par Beyoncé. Gisèle Lullaby anime maintenant depuis plusieurs années sa propre soirée drag queen, les mardis soirs, au mythique Cabaret Mado.

26 édition – 20 au 23 août 2026
La programmation très diversifiée du Festival M.A.D. a permis à 110 talentueux designers de mode de présenter leurs collections, et ce, par le biais de performances toutes plus impressionnantes et époustouflantes les unes que les autres.
Difficile de choisir parmi tant de variétés. Or, mon choix de sujets s’est arrêté simplement sur mes principaux coups de cœur perso.

20 août 2026
Ce soir-là, le volet mode m’a permis de retenir l’intéressant défilé de mode d’Ysaline Lannes, designer de la marque 1ER MAI.

Et, quel remarquable défilé de mode présenté, inspiré de l’eau, source de vie. Thème qui était bien visible dans les modèles présentés. Pour sa 5e présentation au festival, Ysaline Lannes propose un monde imaginaire de transformation façonné par cet élément aussi vital qu’imprévisible qu’est l’eau. Force destructrice parfois, celle-ci nous rappelle la fragilité de notre condition humaine et de notre lien profond envers cette nature qui nous entoure.
Par le biais de cette collection, Ysaline Lannes invoque les notions de survie, de résilience et d’adaptabilité. Ces notions inspirent les défis personnels et sociétaux auxquels nous sommes tous confrontés un jour ou l’autre, ainsi que les changements qui en découlent.
Ysaline Lannes travaille à partir de matériaux récupérés et transformés, grâce à des techniques de métiers d’art tels que le tissage, le patchwork, le matelassage, le macramé et le perlage, afin de célébrer un geste artisanal bien personnel insufflant un acte de résistance empreint d’une grande sensibilité.

Autre remarquable défilé de mode, était celui de PERSONNALITÉ 10. Intéressant projet multidisciplinaire alliant l’art, la santé mentale et le design de mode dans le but de sensibiliser le public aux divers enjeux relationnels et aux troubles de la personnalité dont plusieurs personnes souffrent.
Initiatrice de ce projet, Mélanie Truong, médecin de famille et étudiante en design de mode, accompagnée de son équipe, tente d’amener ce même public à réfléchir à ces sujets plutôt sensibles, et ce, par le biais des arts et de la mode.

Cet intéressant projet est porté par Toi, t’en penses quoi ? Et, de concert avec le département de mode du Cégep Marie-Victorin, de talentueux étudiants et étudiantes en design de mode de cette institution ainsi que des designers de mode créent chacun une pièce de vêtement unique afin d’interpréter l’un des mystérieux spectres de la personnalité. Spectres d’ailleurs qui font études de la santé mentale.

PERSONNALITÉ 10 était donc une invitation à découvrir cet univers afin de mieux saisir la diversité des différentes personnalités qui façonnent la société d’aujourd’hui. Bravo, car ce projet est vraiment porteur de sens et d’espoir !
21 août 2026
MODE CAPSULE permettait de découvrir notamment le travail du talentueux designer de mode Oscar Mendoza que j’admire. Ses créations sont toujours magnifiques et celles présentées lors du Festival M.A.D. ne faisaient pas exception.

Inspirées de ses racines mexicaines, ses créations sont glamour, féminines à souhait, et insufflent joie de vivre et bonheur. Le créateur met d’ailleurs en valeur le travail artisanal des petites mains québécoises, des artisans locaux et étrangers qui œuvrent afin de créer son intéressante vision artistique. Ses produits mode sont d’ailleurs fabriqués à 100% à Montréal.

À propos d’Oscar Mendoza
Artiste et créateur de mode d’origine mexicaine résidant à Montréal, il crée des modèles qui valorisent le travail artistique et le savoir-faire des différents ateliers locaux de couture, de broderie et de tricot. Sa vision artistique est de créer des vêtements modernes qui se portent aisément afin de créer un effet visuel tout simplement wow !
ONE EYE SEES

Intéressant défilé de mode présenté par Joshua Onazi, designer de One Eye Sees intitulé : RITUELS – Marcher sur la planche de la dormance.
Collection où le mélange des matières et des textures procurait beaucoup de caractère à l’ensemble de la collection. Bravo, car j’ai bien aimé cette créativité débordante au fil conducteur net !

22 août 2026
Défile ton Montréal
Ce soir-là était présenté Défile Ton Montréal. Intéressante initiative qui permettait de mettre en valeur les différents quartiers de la métropole.


Pensé comme une vitrine mode, c’est ainsi qu’à chaque tableau, un quartier prenait vie sur scène afin que le public découvre son essence, son énergie, ses commerces, ses créateurs et sa façon unique de faire rayonner la mode d’ici.
Parmi ces quartiers, notons la Plaza St-Hubert, Montréal-Nord, l’Avenue du Mont-Royal, le District Central et la Promenade Wellington.

Formidables futurs designers du Cegep Marie Victorin
Ce soir-là, les finissants et finissantes de l’École de mode du Cégep Marie-Victorin présentaient une collection capsule exclusive tirée du défilé de mode annuel COLLECTION 26.

Et, ces talentueux finissants et finissantes en design de mode ne cessent de nous étonner en proposant des modèles où expérimentations textiles, influences contemporaines et visions personnelles affirmées s’expriment par le biais de créations toutes plus surprenantes et audacieuses les unes que les autres où la fourrure est notamment mise à l’honneur.

23 août 2026
La mode masculine vue par QZ SHEN
Stefan Shen, designer de QZ SHEN, présentait ce soir-là une intéressante collection où le blanc dominait tel chaque création naît d’une page blanche. Et, cette collection marque un nouveau départ pour le designer, comme une remise à zéro et un élan vers l’avenir.
Stefan Shen dévoilait de plus une figure emblématique : Uncle KONG. Créé durant la pandémie, ce personnage imaginaire s’inspire des moments que le designer a passés avec son animal de compagnie et qui l’ont amenés à réfléchir sur le lien qu’entretient l’humain envers l’animal.

En dessinant des traits humains à son chat, il donne vie à un fabuleux personnage qui est à la fois nonchalant et insolent. Dans cette vision, Uncle KONG n’est pas uniquement une figure, il se veut une attitude, à savoir celle d’imaginer la vie avec légèreté et assurance malgré l’incertitude et la complexité de celle-ci.

ONCOMMON – NO HUMAN FITS A BORDER
Ce soir-là, Wén, designer de la marque ONCOMMON, présentait un défilé de mode performance engagé. Inspiré par les expériences et les témoignages que vivent les différentes communautés migrantes dans le contexte sociopolitique actuel, Wén a présenté une collection où le vêtement, la voix et le mouvement se sont rencontrés dans un crescendo d’intensité commune.

Lors de la chorégraphie présentée, des images, des voix et des silhouettes en transformation permettaient à la scène de devenir, un moment, un espace traversé par la mémoire, le déplacement, la tension des corps et la réapparition.

Cette performance artistique, qui a fait dialoguer les corps en mouvement, les textures et les systèmes visuels, a été portée par une esthétique modulaire réassemblée afin de créer un univers sensible, rythmé et humain par-dessus tout. La mode s’affirme ainsi comme un langage commun qui est mesure d’unir les expériences sensorielles et de faire résonner les voix.

Guillaum Chaigne : Des robes afin de célébrer l’amour
Un des moments forts du Festival M.A.D., dont je reviens en fin d’article, était le défilé de mode présenté par Guillaum Chaigne samedi 22 août dernier. Pour cette occasion, le talentueux designer de mode a clôturé la soirée en présentant une collection exclusivement composée de robes, 20 au total. Cela tombe bien, car ses robes font souvent l’objet de mes créations préférées.

Connu pour son approche streetwear de la mode, le défilé de CHAIGNE a débuté avec la présentation d’un immense hoodie, laissant croire aux festivaliers qu’il s’agissait d’une nouvelle collection streetwear. Or, comme par magie, ce hoodie s’est transformé afin de révéler une surprenante robe nommée LANIAKEA. Nom inspiré d’après le superamas de galaxies auquel appartient la Voie lactée. Cette robe intégrait des lumières LED, créant ainsi une véritable galaxie à l’intérieur du vêtement.


Une grande surprise
Le talentueux designer de mode célèbre également cette année ses 10 ans de création et sa 7e participation au festival. Événement dont il dit faire « presque partie des meubles », ce festival représentait donc l’occasion de célébrer l’amour avec un grand A à savoir l’amour de la création, l’amour du savoir-faire, le craft, l’amour de la pratique de son métier et surtout l’amour de sa vie.

C’est ainsi que suite à ce grand défilé de mode, CHAIGNE a demandé la main de Fiona Fasola Stoltz, sa muse et la femme de sa vie. Et, les festivaliers en liesse ont répondu par des cris de joie, des larmes et de la danse, transformant ainsi la finale de ce défilé de mode en un mémorable moment profondément personnel, mais à la fois partagé avec bonheur avec tous.

Bref, une formidable 26e édition où diversité, créativité et émotions ont donné le ton à ce grand festival qu’est le Festival M.A.D., bravo !
Relations de presse : Marelle Communications
Photographies de la Série Rencontres François Berthiaume
Remerciement particulier à Matthieu Lizotte – Wolfe MTL pour son aide précieuse durant l’événement.